se venger de quoi ?

Quand tout est devenu compliqué, nous ne trouvons plus de raison de vivre. Vivre serait quoi exactement ? faire la part entre l’effort et le plaisir, le travail et la fête, effectuer les échanges afin qu’ils soient justes, tout cela devrait aplanir le chemin. S’il y a les biens matériels, il y a aussi ces biens moraux sans lesquels nous sommes fous. Autrement dit, le monde ne se gouverne pas en fonction des biens matériels sans la partie morale ou spirituelle, ceci réciproquement. Retrouver quelque existence plus simple devrait être à l’ordre du jour des politiques et des religions. Les biens essentiels relevant à la fois du matériel et du spirituel, devenus l’un et l’autre inextricables, entortillés dans des sacs de nœuds où nul ne comprend plus rien, mais subissant anormalement les lois des plus violents. Les effets de tout cet imbroglio se font sentir dans les dégâts des eaux et des feux, des disparitions diverses et des faits divers tragiques.

Avoir du plaisir à faire des efforts, en sachant pour qui et pour quoi nous travaillons, avoir du temps libre ensuite pour faire la fête, c’est à dire rendre grâce à tous, aux chances que nous avons, et savoir celle que d’autres n’ont pas. Cela, les anciens savaient mieux que nous de quoi il s’agissait. Ils connaissaient le prix à donner aux choses, n’ayant pas grand chose. Ils avaient la nuit noire, le froid plutôt sévère, la pesanteur et dureté des pierres, les maux nombreux, mais ils connaissaient aussi l’autre versant des fêtes et communions.

Je n’idéalise pas les temps anciens. Mais leur pauvreté n’était pas la même que la nôtre. Leur richesse non plus. Est-il possible de penser ou croire qu’ils étaient plus libres que nous le sommes, dans la mesure où ils étaient plus proches et plus liés les uns aux autres, parfois dans le mal, parfois dans le bien ?

Alors que sous nos pas, la terre se dérobe nous laissant sombrer dans l’indifférence aux deux ou hurler avec ceux qui veulent la vengeance ?

Sinécure

La hiérarchie sait attirer les meilleures têtes, les érudits, les docteurs, les diplômés, les ambitieux, afin de tenir les rênes du pouvoir et qu’elle se sente justifié dans sa position dominante. Pourquoi donc si tout était juste et bon, arrive-t-on à tous ces maux et malaises dans le monde ? Qu’est-ce qui cloche ? Alors qu’il est évident que la protestation des populations est grande, et non dénuée de fondements. Elle n’est pas instrumentalisée par des esprits pernicieux étrangers qui comploterait. Même si cette éventualité n’est pas à écarter. Ce qui cloche tient de façon tout à fait probable aux héritages historiques des puissants qui veulent conserver leur rang et la puissance.

L’exemple de Rome est édifiant. Il y eût un jour un messager anonyme, et discret, ne faisant nulle histoire, mais imprégna les consciences, avec des lumières renversantes, mises en pratique auprès de ceux qu’il rencontra. De quoi sérieusement remuer leur esprit et les vivifier. Comme une étincelle déclenche un brasier. Bref, tout ceci fut bel et bien repris en main par la curie romaine qui voyant son pouvoir vaciller et sa société s’effondrer sous les coups de boutoir qui ne pouvaient ne pas survenir dans cet état de décomposition interne à l’Empire, lié à l’incurie précisément des faiseurs de morales, et de mœurs. Comme un ver introduit dans le fruit. Il fallut donc changer le ver du fruit, comme on change d’habit. Mais surtout maintenir l’Empire, l’emprise sur les masses. On parle de la fin de Rome, mais celle-ci s’est continuée autrement. Demeurent les légions armées, la curie, les clercs, les dominants, et les clans de la cité éternelle, très enclos et très soucieux de ne pas se disperser, de ne pas être dissous dans l’insignifiance ou dans l’oubli.

Je m’étais demandé pourquoi saint Pierre était à Rome et non en Israël. Ce qui aurait été en apparence normal, vu que Jésus s’adressait à son peuple et non aux romains. Il y a là un bel exemple de recyclage, ou d’assimilation des paroles et témoignages. À propos de témoins, il fallut fonder tout cela sur des martyrs.  Martyrs effectifs plus que des témoins. On en perdit de vue donc l’essentiel du message. Malgré la résurrection, et les miracles.

Il resterait à savoir en quoi consiste le Mot essentiel de Jésus. Tout cela est passé et n’a plus la même importance, les blessures se soignent à la longue. Mais nous ne sommes pas encore délivrés du mal. La Pierre d’angle est toujours rejetée par ceux qui devaient bâtir l’Esprit humain, et qui firent de la politique cardinale à la place de spiritualité. Posant un Dieu surplombant les hommes au lieu de rendre dieux les hommes. Cette action demandant aux éventuels initiés plus de force d’âme que de leur dicter leur conduite terrestre, trivialement terre à terre.

Théâtre des opérations

Très dubitatif devant tout ce spectacle, dramatique au demeurant. L’impression qu’il y a deux mondes, celui des puissants et celui des peuples. La puissance est dotée de la force et de la ruse. Les peuples, de bon sens, mais faibles, forcément abusés. Cela semble insoluble. Le pouvoir ne saurait être que machiavélique, pris dans son jeu double, de mensonge disant la vérité, de déguisement du vrai sous des encens.

Où est l’honneur des peuples ? humiliés, blessés, tenus en laisse, les peuples n’aspirent pas au pouvoir, mais à leur liberté dont il sont sont privés. Les peuples n’ont pas à s’opposer directement aux pouvoirs. Ils n’ont qu’à se pardonner tout ce qui se peut en interne, seul moyen qu’il s’unifie et soit fort, là le pouvoir ne pourra que gérer les intendances, ce qu’il sait faire dans ses cuisines… Sinon divisé on est réduit.

La démocratie est une impasse, les puissants sont toujours des aristocrates violents ou rusés, diaboliques ou féroces, intransigeants. Disons, c’est une impasse si le peuple veut régner comme règnent les rois ou les papes ou les popes, il succombera dans des intrigues de couloir, dans ces duplicités des rôles et des privilèges, des vanités et des orgueils, dans la puissance des désirs et des calculs.

Mais le peuple est mieux élevé et plus élevé, meilleur qu’eux, cela ne fait aucun doute à voir toutes leurs tromperies et turpitudes. Les nobles, les clercs font partie du peuple, tandis que les hautes fonctions demandent force ruse et démon pour y arriver, et de ce fait se détachent du peuple. Pratiquement, concrètement impossible d’arriver au sommet des hiérarchies sans se compromettre et donc de ne plus faire partie du peuple. Tout ça c’est labyrinthique.

Pourtant les civilisés ont toujours eu des gens à leur tête qui se disputent les rôles dans ce Théâtre des Opérations.

Fortuna

Supposons. À l’origine sur cette terre les hommes se souvinrent d’où ils vinrent. Mais comme les mots leurs manquaient, et pour cause, puisqu’ils n’existaient pas, ils dessinèrent des formes, évocatrices des sons.
De plus en plus compliqué de s’y retrouver dans ces labyrinthes, ce dédale verbal. Les fondements des cultures, simplement des sociétés ou groupes humains, petits ou gros, sont toujours des mythes, des mutismes dessinés, des courbes, des danses, correspondances entre forme et son. Plus que des raisons, plus que de la logique, que les équations ou les nombres. La géométrie est très moderne.
Aucune importance.
Untel sous les tropiques dresse un totem, pendant que d’autres lèvent des pierres ou des montagnes de symboles, ou des Vénus callipyge . Chacun y faisant référence au sein du clan, comme pour cimenter le groupe, et qu’il ne se disperse pas, ni se dispute en son intérieur.
Ici on croit à ceci, là on croit à cela. Tout le monde cohabite sans trop de conflits.
Mais dès lors qu’un seul pique l’os à son voisin, tout déraille. L’os, ou la nourriture. C’est probablement là que commencent les bagarres, plus que sur des luttes de croyances. Certains hommes sont dépossédés des moyens de leur existence. Il s’ensuit des luttes féroces pour la survie, des rapports de force. Mais comme la force est stérile sans la ruse, les hommes se sont attaqués aux fondements symboliques de leurs ennemis. Tout cela se passant par le truchement du langage. Des dessins respectifs. Des desseins, comme on dirait du dasein. Être là. Parce qu’on se souvient d’où on vient et on pense savoir où on va.
Comment en est-on arrivé à manipuler les hommes avec les mythes et religions, et surtout pourquoi ? Sans doute afin de garder une certaine cohérence interne au groupe. Peut-être en vue d’en tirer des larges profits ? Dans ce cas, cela voudrait dire que l’ennemi est conçu comme étant intérieur au groupe, ennemi toujours prompt à te piquer ton os. Et que seule la ruse arrive à l’en dissuader à défaut de la force.
C’est pour cela que le sabre est toujours associé au goupillon, la noblesse au clergé. Cette histoire des Puissants étant tellement compliquée, dédaléenne, demandant des études et des moyens pour y comprendre quelque chose, et encore… Ce n’est jamais garanti que nous y arrivions. D’ailleurs, le faudrait-il ?
Que faut-il pour pouvoir simplement vivre ? Nul ne peut se suffire de pain ni de logement, de ces biens matériels indispensables. Nous avons tous besoin de voir plus loin que cela. De trouver au-delà quelque chose qui nous soutienne dans notre foi.
La Raison est bonne, mais incomplète. L’Imaginaire de même.
Sans doute faut-il les deux et jongler avec ces deux là…
Je songe à ce mythe de Fortune. ( très prisée des Romains )

À notre époque on dirait la thune…

Fortuna ou Fortune (Fortuna, ae en latin), est une divinité italique allégorique de la chance. Son nom dérive du latin « fors » qui signifie « sort ». Elle est identifiée à la Tyché grecque et était peut-être à l’origine « porteuse de fertilité » (du latin « ferre », porter, apporter).
Hésiode la fait naître d’Océan et de Téthys. Mais selon Pindare, c’est Jupiter et l’une des Parques qui lui auraient donné le jour. ( wikipédia)
Fortuna représente le destin avec toutes ses inconnues. Son nom dérive de « ferre » (porter, apporter)

quelle odeur

C’est drôle ces monothéismes sont bourrés de monde. D’ailleurs DieuX, est l’ensemble de tous les dieux quand vous avez retrouvé le votre, quand vous vous retrouvez dieu, après l’avoir reconnu et cela ne se peut que dans la reconnaissance dans l’homme, jamais dans la souffrance qu’on inflige. Mais celle qu’on supporte dans ce monde. Le mot Dieu ne veut rien dire si on ignore ce qu’il veut nous dire, ce qu’il signifie. À la fois être et avoir, savoir et voir, pouvoir et devoir, afin que tout cela s’accomplisse en nous et hors de nous. Pensez donc, vaincre la mort, renverser le démon ce n’est pas avec des bavardages. Les hommes ignorent qu’ils ont les attributs des dieux, qui peinent à éclore, et que la malignité ou le mensonge étouffent sous des tonnes de mots. On ne retrouve dieu que par les actes, pas par des génuflexions imposées si Sa lumière n’est pas restituée. Exercice difficile.

Voir

Mettons que tu cherches à voir Dieu. Disons, sa splendeur. Cet état d’émerveillement ou de ravissement. Cela vient parce qu’il fait noir, que cela va mal quelque part, et que tu ne souffres plus de vivre dans ce mal. Tu pries ou fais appel à plus grand, à cet inconnu censé rendre du sens, à l’invisible cause de tout, qui jette une lumière et te permet de supporter ou comprendre le pourquoi. Tu veux la voir, et dès que tu la vois tu ne peux la supporter, tellement elle est intense dans sa lumière. Alors tu l’écris, la dessines, d’abord pour toi afin d’en garder une image et une mémoire, moins crue et violente que celle de Dieu apparu. Ce ne sont pas ces mots et images qui vont révéler Dieu. Tu remets tous les jours ton ouvrage sur la table. tu recomposes ses images. et cela te fais progresser ou croître dans sa lumière, parce que tu l’as vue. Celui qui te lit peut vivre cette même expérience.

Mais au fond cela repose sur quoi ? La foi repose sur quoi ? Sans raison elle est faible, sans amour elle est éteinte, dans la malchance il y a de quoi se décourager complètement. Dans le bruit du monde, c’est quasiment impossible d’entendre sa voix et percevoir sa lumière.

Il reste la Nature. Magique. Regardez les arbres, ils produisent des huiles, des sucres, des protéines, nourrissent insectes, abritent des oiseaux, s’adaptent aux prédateurs, diffusent des airs purs, encaissent les poisons, nous protègent des grands froids et des soleils brûlants, nous donnent leur bois pour nos abris et nous chauffent, bref, les arbres sont arbres de vie. C’est aussi un symbole, à la fois dans sa partie visible et sa partie invisible sous terre, un symbole du vertical, et également rayonnant, dans tous les sens et les horizons.

Certes, on ne peut pas confondre l’arbre et dieu. Mais si on arrache les arbres, si on se trouve en plein désert, quel relation entretiendrions-nous avec dieu ? De même si on abat des hommes, ou les asservit sans leur rendre leur dû. Il y a quelque chose de stérile à se battre pour rien et vouloir à tous prix convertir les autres à nos croyances. Cela ne prouve qu’une chose, c’est l’état d’indigence morale ou mentale qui nous affecte et dont nous allons avoir du mal à nous défaire, dans ces conditions.

Tout nous indique que l’humanité est rendue bien bas. Malgré sa prétention à posséder l’arbre de la connaissance. Et de là, dicter toutes sortes de politiques. Forcément toutes aussi désastreuses les unes que les autres. Dans ces chocs verbaux d’où le Verbe est absent.

Que des sectes.

Au lieu de voir les messages transmis avec patience et lucidité, de constater une certaine exemplarité des parents qui sert de modèle aux enfants afin qu’eux-mêmes deviennent des adultes conscients de leurs choix, tout ou presque dans ces agissements du monde est le fruit d’un conditionnement sectaire, fermé, et nécessairement violent en dernier recours.
Certes les groupes religieux ne sont pas sans quelques lumières, sinon cela ne pourrait pas avoir séduit les masses, ni les rendre aussi fanatiques, accrochées à leurs valeurs. Le fait religieux ne concerne pas que les spiritualités. Il imbibe la science, aveuglante par ses prouesses techniciennes, il envahi l’économie avec ses montagnes de biens et de déchets, il diffuse ses poisons dans la sphère politicienne et ses armées, bras de la morale. Glaive langagier et épée assassine. Ce qui caractérise les sectes c’est toujours la soumission au clan, à la meute, la tribu, la fratrie, même s’il arrive qu’on désavoue les agissements des frères, on est tenu par serment de fidélité.
Personne ne sait où tout cela nous mène, sauf faire des guerres, contre Nature, contre les autres meutes, les autres langues, et races et cultures, contre sa famille même. Parce que le domaine de la foi est plus fort que tout, quasiment indéracinable une fois distillée dans le cœur humain.
Les anges auront beau les prévenir les hommes continuent leurs méfaits. Hurlant, ou usant des subtilités de langage, réprimant, les groupes s’affrontent sans vraiment chercher la vérité. Ils ne cherchent que leur puissances respectives, afin de soumettre les autres plus faibles.
On pourrait résumer ceci : nul ne sert plus son dieu mais sa figure démoniaque. Par des pratiques magiques et maléfiques, sous des habits et des prêches séduisants, par le nombre et la masse des hommes prêts à en découdre.
Bref, on assiste à tout le contraire de la pratique religieuse qui vise à ce que les hommes s’élèvent ensemble vers le Royaume, et du même coup se sauvent et sauvent la vie sur terre, indispensable à ce salut.
Tout serait à revoir. C’est comme si nous n’avions encore rien appris du divin, enfermé dans le bocal de notre cérébralité névrosée, bavarde magnifique au lieu Parole véhiculant sa lumière et sa présence. Telle une Eau vive.
Sans cette Eau, tout n’est plus que malédiction et anathème. Nuit profonde. Chute.

D’âme Pierre, d’angle Terre.

Ah ces histoires de patrimoines, matrimoines à couper en deux comme une poire. Faut pas déconner c’est sérieux. C’est de la mémoire, et de la dignité, comme on honore ses morts, afin de ne pas se disperser, ou se dissoudre dans l’oubli. D’ailleurs, tout ceci relève de l’irrationnel, du rationnel mêlé de symbolique, plus que de l’objectif, du saisissable. Comme l’Alsace coincée entre France et Allemagne, ce qui donna lieu à bien des choses étranges, des naissances et des souffrances. C’est comme le monde à l’heure actuelle, partagé entre désirs de modernité et nature sauvage en voie de disparition. Coupé en urbain et rural. Ce dernier crevant à petit feu sous le joug des techniques, et des constructions sans limites. Les hommes engloutis par les ondes, les bruits des machines, les animaux en péril, sans exceptions, sauf ces illusions de jardin dans les villes mais qui n’abritent plus rien, sauf de nombreuses maladies et des équilibres impossibles à trouver à cause d’ignorances et de destructions. Véritable choc entre la prétention à la culture et aux pouvoirs, à cette forme de transcendance d’homme, et la nature, c’est à dire le donné initial par dieu ( si vous voulez ).

Vous ne sauverez pas vos cités si la nature devient inhumaine. Inhabitée, déserte d’homme. C’est exactement comme si vous vous sépariez de votre passé. Dans vos villes artificielles, croyant acquérir les sommets du divin, vous en perdez la base, les racines. Certes, l’inverse non plus ne serait pas bon si nous étions restés à l’état de nature brute, animale, mais cela n’existe à peine, les hommes ayant toujours eu de la culture, depuis longtemps, même aux temps dits primitifs. Chants, danses, dessins, rituels liés à Éros et Thanatos, les dieux étant présents dans l’imaginaire des hommes. En quelque sorte, il y eut toujours de l’art, et du savoir, des pratiques techniques, des magies de guérisons, des connaissances des plantes et des animaux, des saisons, etc.

De nos jours, dans ces immeubles et boites urbaines, il y du bon et du mauvais. De même qu’il y a des pays et terres propices et d’autres nocives. Mais dans les machines, il n’y a pas grand chose, que du jetable, du mort. Les outils n’ont de sens que leur utilité. Ils prolongent la main. Les outils ne peuvent être pris comme fins de façon absolue. La conception de l’outil peut être une fin pour le concepteur, fin très relative, loin d’être négligeable.

La ville et ses outils se prennent pour la fin absolue, mais c’est une impasse. Le monde y est dramatiquement prisonnier et très opprimé. Pour des valeurs, de l’or et des luxes inconsidérés. avions, paquebots, campings cars, beaux habits. Les hommes sont engloutis dans la matière. Ils en perdent l’esprit s’ils n’ont que cette dimension de l’esprit de la matière, matrice qui les retient otages. Comme dans Matrix ils doivent se soumettre à cet ordre Matériel qui les surplombe, jusqu’à leur mort. Ils ne sont qu’outils pour cette matrice. Comme les cellules dociles et serviles du corps. Ils n’ont par conséquent pas de destin propre, pas de destin hors de la matrice matérielle. Il n’y a plus de deus ex machina, il n’y a plus de dieu, servant les hommes, ce sont les hommes attachés aux objets logiques, au logos, à la raison, les hommes sont devenus des objets périssables au sein des univers, servant la machine. Tout, dans ces conditions, ne se situerait ou se déroulerait en ce temps d’existence éphémère et mortelle, qu’on tente de prolonger les plus possible, à travers ces transhumanismes, et cryogénisations, comme on momifiait les rois d’Égypte. L’éternel n’est pas là.

C’est ici qu’apparaît la ruse ou le plan divin. Absent il laisse régner les hommes. Ceux-ci pensent gouverner les mondes. Mais c’est en vérité le bas qui règne, les bas fonds, pour ne pas dire les enfers. Ou les dimensions inférieures pour être plus explicite. Aussi invisibles que les dimensions supérieures, mais elles nous tirent vers le bas au lieu de nous élever. La Nature, reprise en son sens premier est un Don de Dieu oublié, qui nous paraît normal, comme un héritage de nos parents. Un don venu du Haut. Certains parmi les hommes ont rendu grâce à leurs Dieux, par toutes ces œuvres créées, comme des prières et des créations de beau, et ces recherches de vrai. La nature n’est pas une abstraction. C’est la Mère, en somme. Et qu’engendre-t-elle, s’il n’y a personne ?

Voilà, les hommes arrivent à un moment de leur existence où des choix cruciaux s’imposent. Il ne s’agit plus de pondre des théories ou des plans sur la comète qui risquent de s’avérer stériles. Mais il s’agit de concilier à fois le Père et la Mère. Matière et Esprit. Je l’ai déjà dit, Eros et Gaïa. Enfants de Chaos.
De la Pierre ? Alors il s’agit d’une pierre non pétrifiée. d’une pierre spirituelle, ou animique, pierre d’Âme, ou pierre d’angle formée de masculin et de féminin. De passé et de futur, qui embrassent les éternités.
C’est comme la propriété. Nous laissons une maison mais elle nous appartiendra pour toujours. Nous laisserons notre corps mais il sera toujours en son lieu de mémoire.
C’est comme cette différence essentielle entre la vie et la mort. La mort est enfouie sous les décombres des poussières, la vie se situe devant nous.
Qu’allons faire de nous ? Des poussières ou des Vivants ?