Lumière

La Lumière est comme une Mère.
Comme ma mère malgré son oubli, dû à son grand âge, qui ne m’oublie pas, bizarrement.
La question de l’homme n’est que de retrouver cette lumière comme sur un océan qui le transporte en son lieu.
là où il n’y a plus de folie ou de maux.
Il s’agit alors de prendre soin des Muses, et de leur Mère.
Bon, s’il y a Mère c’est également parce qu’il y a Père, et eux ne se font pas la guerre. Ils ne cherchent pas non plus à dominer l’un sur l’autre, mais uniquement à s’unir et tenir leur unité d’être, leur demeure en bon état.
Comment pourrions-nous les confondre ? Nous savons bien que l’esprit et la matière ne sont pas dans notre monde présent tout à fait du même ordre.

D’où vient la lumière

Ou d’où vient la mémoire ? Cela vient de l’échange. De la Parole, comme une étincelle. Remarquez combien les secrets sont bien gardés. Ce n’est pas par hasard que nous avons été expulsés du jardin, c’est sans doute pour que par nous-mêmes, de nous-mêmes nous puissions le retrouver, afin qu’il soit nôtre. Au début nous n’avions que l’oral, puis nous avons eu l’écrit, et aujourd’hui les machines qui se souviennent pour nous, qui pensent pour nous, nous laissant encore plus démunis et pauvres qu’aux origines. Littéralement séparés des puissances organiques de la terre, et des forces instinctives, d’où nous sommes issus. Les bibliothèques sont énormes, les banques de données paraissent considérables, mais nous ne possédons rien, ne sommes rien si nous oublions.

Voyez donc, pensez donc de quel Lieu nous devrions nous souvenir, si nous ne voulons pas aggraver notre cas, dramatiquement. Mais comment le penser si nous sommes lourds de ces bagages encombrants et inutiles empêchant la lumière de passer ?

Tenez, rien que ce jeu très faussé entre l’homme et la femme, fait obstacle à l’entendement, nous piège, nous égare, se perpétue, nous divisant, nous isolant dans nos concepts, nos croyances, complique tout par la suite. Nous succombons dans le soupçon et la défiance envers chacun.

Mes aïeux

Quelle est la fin de l’histoire ? Non, cela ne peut être la mort, cela ne doit pas être ça, ce serait stupide d’avoir vécu. Si c’était la mort, c’est que nous serions déjà mort. Faut-il arriver au bout de son existence pour enfin réaliser à quel point la nature est miraculeuse, que c’est un don, une grâce, une chance donnée, qu’elle est surnaturelle. Mais que la bêtise ou l’ignorance veulent la pétrir et ne font que détruire, engendrant tellement de souffrances qui se transmettent. Quelle misère ! Quel vaisseau fantôme ! Les éveillés savent que rien ne va. Chacun attendant cet homme providentiel, qui va lui tenir des discours pour refonder ce monde à la dérive. Mais cela ne fera encore que d‘autres errements s’ils ne sont que politiques, ou religieux, ou scientifiques, il manquera cette dimension à proprement dit magique, onirique, poétique, sublime d’effroi ou d’extase, qui nous propulse vers des plans supérieurs, en étant pleinement vivants et amoureux de tout. Nous savons que nous laisserons nos os sur cette terre, mais que cela n’a guère d’importance, puisque nous avons retrouvé l’âme du monde. Qui s’exprime partout, et unit tout sans rien effacer du bien et du mal qui furent nôtre.
Il suffit de si peu pour renverser ce monde mauvais en monde meilleur, il suffit d’un seul, d’un seul bon, pour que le meilleur arrive, il n’est pas nécessaire d’être des milliards convaincus et majoritaires pour que les choses commencent à se métamorphoser en mieux. Il n’est pas nécessaire non plus d’être sur le devant de la scène publique, il faut cependant que le monde puisse entendre les voix bonnes et réalise les mauvaises, les impasses et les naufrages, afin d’éviter le pire et l’irrémédiable. Ire remède diable ? Tonnerre de Dieu.
Je pense aux anciens qui créèrent Zeus, mais aussi les autres figures bonnes et reposantes, comme on pétrit un bon pain. Ou un bon vin de Dionysos. Comme si nous devions nous disputer pour savoir quel est le meilleur ? Tout cela en vain. Quelle chute dans le vide, mes aïeux.

Pilier des anges.

Pourquoi donc les hommes actuels commettent autant d’atrocités, de destructions, de souffrances dans ce monde, des champs de mines, des zones interdites, des forêts emprisonnées, des animaux massacrés, pourquoi tout cela ? Il ne resterait comme lieux heureux ces terrasses où la bière coule à flot pour tromper les ennuis et la solitude, ou bien ces temples de la consommation, de ces luxes inutiles, ou presque, ne nous disant pratiquement rien malgré tous les talents qui les produisent. Nous nous trouvons aussi stupides et vides face à l’abîme. Je me demande si les mots peuvent modifier le cours des choses, si cela peut suffire. C’est peut-être plus la forme des mots, ou des dessins, le style et le ton de la voix, les visages parlant vrai, les masques tombés révélant la beauté ou l’horreur, la monstruosité de la mort, de ces hantises générant ces ravages, ces démons déchaînés dans leur calculs absurdes.
Rien ne peut se dire, en vérité, que sa Lumière, ou son Amour, cela, comme une flèche brisée d’une dame aux yeux bandés. Attendant sa délivrance.

Le prix de tous ces cris.

Saisis-tu ce que veut dire le moindre hasard, quand tu tombes sur une connaissance à des milliers de kilomètres ? Ce genre d’événements fortuits n’arrive pas pour rien. On en déduit souvent que le monde est petit. Mais ce n’est pas la seule conclusion possible.
Tout cela est trop bête, passer à côté de sa vie, passer sans se voir, et prendre la mesure de l’urgence de vivre, d’aimer, de partager le temps, au lieu de se déchirer et demeurer dans le trou affreux. La vie est un songe qui passe trop vite, il ne faut pas mourir, c’est à dire rester enfermé ou confiné dans ses maux. Il faut dire que tout pourrait nous pousser à ce retranchement intérieur tellement l’incompréhension est forte, mais il ne faudrait pas y céder. De quoi donc avons-nous peur ? Quoique que nous fassions nous sommes obligés de nous retrouver, ici ou ailleurs, nous ne pouvons sortir de ces univers, et devrons composer avec tous ses habitants, et nous soigner, et vivre ensemble, humains et non humains.
Ce qui est affreux, c’est le vide d’être, celui de toi et de moi, qui donne raison à la vie dès lors qu’on passe le seuil. Et qui vainc la mort, le doute et cet enfermement.
On va nous reprocher nos fautes, nos défauts et nous jeter la pierre, on a toujours besoin de se blanchir, et d’épurer ses propres fautes, sur le dos de l’autre, au lieu d’inverser les choses et de se repentir en soi-même de ces maux qui nous blessent.
Sans cette opération, nous faisons notre malheur, comme des maudits, âmes défuntes. Et fous. Alors qu’il est certain que tout ce que nous faisons ne vise en définitive qu’à cela. Mais nous nous y prenons mal. Nous nous trompons. Nous croyons nous en sortir dans la vengeance et l’hostilité, parce que nous nous croyons indemnes de maux, et donc nous ne percevons pas les biens de l’autre, nous ne percevons que ses tares. Et nous jugeons et effectuons cette séparation affreuse.
Ce n’est pas la théorie qui va pouvoir reconstituer le lien, il faut un passage effectif et certainement douloureux pour encaisser le poids de notre inconscience, allant vers la conscience de l’être. Celui-ci est tellement énorme, puissant, profond, silencieux, miraculeux, implacable dans ses plans conçus pour nous et pour tout.
C’est parce que nous y étions inclus que nous ne pourrons y échapper. Mais à quel prix ?

Livrés

On ne sait jamais ce que le mot dieu recouvre dans sa totalité, on n’en connaît que des bribes, mais qui nous suffisent à faire connaissance avec soi-même et avec les autres formes vivantes, elles aussi porteuses de choses semblables.
Dieu sa personne existe autant que votre personne, c’est à dire un ensemble de Paroles, de Verbes et d’échanges, dans le sens où nous sommes ce que nous disons, le dire et l’être nous rapprochent, nous unifient, nous signifient.
Alors que l’inverse nous disloque, nous disperse dans l’insignifiance. La personne humaine est comme la personne divine, comme son germe, sa graine. Portant ses fruits.
Ainsi, dans le jardin du monde et des civilisations, on peut en mesurer les fruits toxiques, très malheureux dans ces séparations, ces manques d’amour et ces violences, l’arrogance et la bêtise malgré les montagnes de livres.
La Terre, c’est à dire l’ensemble des hommes-personnes est prisonnier d’un mensonge, d’une malhonnêteté, des forces obscures souterraines, comme des pulsions non maîtrisées qui le possèdent, comme un seul homme. Une seule entité flouée au bord d’une précipice atroce.
Certains ont les armes pour dieu, d’autres les objets issus de la technique, ces fétiches de la modernité. Ils ont remplacé la croix ou les symboles devenus creux, morts laissant pour morte l’ âme vivante.
Tout cela ne nous ouvre pas un futur heureux. Si nous ne savons ce qu’il doit être. Ce n’est pas la faute du jardin, ni du jardinier.
C’est la faute de ces pouvoirs puissants qui ont toujours voulu subjuguer et diriger les hommes sans leur rendre la lumière. Et pour cause, ils ne la possédaient pas plus qu’eux, sauf ces lumières éteintes des crucifiés, des messies, restées lettres mortes, ou rendues affadies au point de se laisser mourir pour espérer la délivrance dans ce monde pesant.
Les effets sont terribles dans ce sens où le jardin est détruit. De même que le génome naturel qui nous fut donné. Dans ce chaos des actions les générations sont pour un très grand nombre dans le coma. Livrés. Pas délivrés.
Croyant dans un système, comme si Eros pouvait se réduire à ça, de même que les vents, les courants marins, les crues, l’érosion des montagnes ou les mouvements des plaques tectoniques, comme si le moindre métal pouvait être pur et homogène. En théorie.
L’idée de dieu, l’idée de l’un pur et inaltéré est une théorie des morts, et non des vivants.

Je blablate…

Perler de Dieu sans cesse, ou l’écrire, cela ne fait vivre personne, si nous ne le pensons pas, si nous ne sommes pas dans Sa Pensée. Comme si nous n’étions pas en vérité dans son corps.
Si nous y sommes en vérité, alors là ça va.