Où il est question de pur et d’impur

Voyez comme le sujet est d’importance. Que la confiance repose sur cette notion de pur ou d’impur, que le soupçon s’y glisse, ou s’efface. Que cela nous unit ou nous sépare. On en revient toujours à la culpabilité et à l’innocence, au jugement et par conséquent au rachat ou à la sanction. Ce mot, d’ailleurs, fait penser à sanctus. Au fondement saint ou non des mondes. Dans un monde, un universel saint, comment le non-saint pourrait-il avoir droit de vivre ? Il aura beau réclamer, le monde restera sourd. Or ce monde semble régi par tellement d’absurdes, ou d’arbitraires, de dictatures, et de cris allant en tous sens, ce qui fait que plus personne ne s’entend plus tellement le bruit est fort, et dévastateur dans les postes qui les émettent, et les récepteurs qui les reçoivent.

Le Signe de l’Homme

Si le monde déraille, à cela il y a des causes, des raisons, des facteurs qui produisent ces maux, engendrant d’autres maux qui en masquent les causes. Ce qui fait que plus personne ne sait où chercher. Et encore moins redresser la situation périlleuse où nous nous trouvons, la proie de bien des dangers et des souffrances. On peut montrer du doigt telle personne responsable, mais cela ne suffit pas. Ou dénoncer tel propos tenu qui accuse directement celui qui les prononce. Là non plus cela ne résout rien, ne rachète rien. Cela n’éclaire rien.

Un sage, si cela existe, ne prend pas position contre ceux qui se trompent, mentent, ou sciemment nuisent afin de profiter du désordre, non, un sage, un savant éclairé, raisonnable, intelligent, mesuré dans ses propos, et ses jugements, n’affirme rien qu’il ne sache vraiment selon ses critères et sa science. Il a sans nul doute son opinion sur ceux qui commettent toutes sortes de fourberies, mais il sait que les opinions sont douteuses, et sans fondements stables, fonctions des humeurs, des passions, des bêtises, sans vérités scientifiques, et sans raisons, susceptibles de varier selon les courants, les peurs. Les frayeurs, irrationnelles par excellence, ne relèvent pas du domaine scientifique, mesurable. De même que la confiance, ou ces choses propres à la foi. Alors, là il faut être encore plus sage, ou sérieux, si on veut émettre une opinion contraire au consensus ambiant plutôt délétère.

La question première est celle qui touche à la différence entre le mort et le vivant. Certains pensent que la mort est la première question. Non, c’est la relation entre la mort et le vivant qui est primordiale. Ce qui peut être perçu comme une fonction de l’amour, échappant forcément au domaine scientifique objectif, mais non au domaine du sujet, du je qui sait. Et se sait.

Ce monde est empoisonné non seulement par des virus et des bestioles, des parasites, mais empoisonné par tout ce que nous rencontrons de vivant. Il y a là un énorme problème. On dirait qu’il y a un complot du vivant contre l’humanité, le vivant qui cherche à nous éliminer de cette existence et nous force à créer un monde totalement artificiel immortel, nous contraint à prémunir de la mort à n’importe quel prix. Ceci a pour effet que nous tuons tout sur notre passage et nous conduit à la mort, ou à la disparition.

Nous avons perdu le sens du bien commun. Et l’avons transposé dans des fictions monétaires, des fonctions symboliques ou idolâtres, des dieux étrangers aux hommes, des partis politiques auxquels nous devons obéissance parce qu’ils seraient le gage de notre salut collectif.

Mais voyez, on vit un moment de manipulation de masse assez considérable. Cela cache quelque chose, des pensées inavouées, des calculs derrière cette manipulation qui crève les yeux, et nous empêche de voir ce qu’il y a derrière et qui est beaucoup plus grave, que ces enfumages politiques ou idéologiques. Il y a le Signe de l’Homme.

Ce signe est à la fois mâle et femelle, un signe reproducteur, des cellules ou des noyaux qui se reproduisent, des molécules qui passent de l’état inerte à l’état animé. Ou l’inverse ?

à l’ombre d’un arbre

Si vous savez ce qu’est l’homme, vous savez tout ce qu’il convient de savoir. Non, nous ne sommes pas une simple organisation complexe d’éléments épars qui se seraient agglutinés fortuitement ou selon quelques suites de nombres décidant de nos corps, non. D’ailleurs, ceci est vrai pour le moindre élément, comme le sable jeté dans le vide absolu. Comme s’il y avait un comptable, ou un géomètre mesurant les alignements des atomes, alors que ceux-ci savent trouver sans chercher leur place dans l’ensemble. Tout se tient.
Mais nous, non, nous sommes dotés d’une sorte d’incohérence et de non sens, nous affectant, nous contraignant à sans cesse revoir nos positions, essayer de nous conformer à quelque plan afin de pouvoir vivre. Tout simplement ce besoin de vivre, relève de ces dimensions symboliques, des paroles et des sentiments qui nous traversent, de cette impression de nous sortir de la fange, ou de la masse informe dont nous sommes pétris mais qui ne peut en aucun cas nous satisfaire. Être vivant c’est sortir de cela, et s’élever vers les dimensions sublimes de l’amour, du désir même, si ce n’est pas le boulet du corps, mais sa fonction lumineuse qui nous aimante. Le lieu où le sublime se révèle tient à si peu, comme une étincelle embrase les ténèbres. Et cependant quel choc entre la violence et la douceur. Et tout ceci nous impose de tenir et résister, accepter notre condition animale, prisonnier de nos appétits, de nos habitudes, et de notre débilité congénitale. Pensez donc, notre temps d’existence ne dure que le temps d’un clin d’œil, perçu étrangement comme s’il était éternel. Mais voyez, il y a une bouche monstrueuse dans ce monde, avalant les hommes comme des bêtes, et ceux-ci succombent d’impuissance et de révolte, détruisant tout sur leur passage, et en définitive eux-mêmes se ruinant. Impossible de leur crier combien c’est idiot tous ces maux qu’ils fabriquent au nom de logiques absurdes, horribles hommes en perdition.
Je ne sais pas jusqu’où nous devrons subir ces actions néfastes, et où nous allons pouvoir nous retrouver, s’il existe dans ces univers des endroits moins violents, des havres de paix, des îles encore vivantes, et des arbres nous prodiguant leur ombre.

Toc toc

Depuis le temps que les hommes cherchent dans toutes les directions, quoi ? Ils n’auraient rien trouvé ? Ils n’auraient pas compris en quoi consiste leur existence sur cette terre ? Nous serions condamnés à l’illusion, manipulés comme des jouets de l’univers, se relever et retomber sans cesse ? N’ayant de l’espoir que dans la mort comme une délivrance. Ceci est trop bête. Parce que même mort, nous allons devoir retrouver ce que nous sommes, nous ne pouvons sortir de ce que nous sommes.
Alors la question se tient dans cela, précisément dans l’essence, ou dans l’esprit. Tout consiste à reprendre nos esprits, et agir dans ce sens, si nous l’avons perdu. Et dieu sait combien les égarements sont puissants, comme des toxiques qui nous emprisonnent, nous emmurent, c’est affreux. Pourquoi une telle déchéance ? Que peuvent ceux qui en ont conscience et qui en sont affligés ? Nous ne pouvons nous séparer de façon définitive de ceux qui sont la proie de leurs erreurs, et les laisser choir encore plus bas. Mais nous ne pouvons non plus renoncer à être ce que nous sommes, nous renier en quelque sorte. Ou renoncer à avancer.
Quel paradoxe ! Être ce que nous sommes. Comme si la jonction dans l’être n’était pas accomplie. Et qu’il y aurait par conséquent deux essences distinctes au sein d’un même être.
D’où l’immense confusion qui règne.
Cherchez, lisez les auteurs ayant encore un peu de bon sens. Écoutez des musiques porteuses d’harmonies, et de feux. Tout cela nous élève. Et nous enracine. Tout cela chasse les ombres et renvoie les démons dans leur insignifiance, nous ouvre la voie, sans avoir besoin de prendre le pouvoir. Disons que nous retrouvons le nôtre, pouvoir voir, et pouvoir vivre. Nous prenons la mesure de ce qui nous fût donné, et que nous rendons.
Bien, mais tout ceci ne se peut que dans le courage, et ce n’est pas une mince affaire…

Ça

Un fois que tout a été fait, tu peux être satisfait de ton ouvrage, tu t’aperçois que ceci n’est rien. Que ces productions sont sans importance. Que ce n’est pas l’essentiel. Certes le pain que tu consommes, les fruits venant du jardin comptent non en eux mêmes, mais par ceux dont tu les reçois, tout comme par ceux à qui tu les donnes. Les choses sont importantes du fait des liens bons ou mauvais, des relations entretenues parmi les hommes et la terre. Du regard, de la conscience qui en sort. Comme c’est affreux si cela cause des larmes, au lieu des rires et des plaisirs, c’est la question des actes laids, des pensées assassines, où nous nous faisons mal.
Une fois que les besoins premiers et les devoirs ont étés accomplis, l’inverse, la beauté des chants, des images renouvelées, le temps est venu de la fête entre nous, entre tous. Reconstitution de l’humanité ayant retrouvé son sens. Parce qu’il n’y a pas eu d’aliénation. S’il n’y a en pas eu. Mais s’il y a eu un jeu d’échanges justes sans avoir profité de la faiblesse. Sinon, ce jeu serait perverti entraînant d’autres vices de fabrications, d’autres désordres dans le monde, et des contraintes remises à plus tard qu’il faudra payer.
Au fond, c’est la question du pardon, ou de la vengeance, de ce qu’on l’on a infligé ou subi, des malheurs vécus, des bonheurs qui nous manquent, et qu’aucune loi humaine ne peut jamais racheter dans l’ignorance des lois divines. Ce serait trop facile pour les méchants de se laver grâce à la beauté des chants ou des belles œuvres d’art s’ils n’ont pas contribué à leur naissance, mais n’ont fait que commettre des crimes.
Croyez vous que l’artiste n’œuvre que parce le monde est laid et pesant ou bien parce qu’il demeure dans l’essentiel une urgence de beauté à faire vivre, et qui nous rend vivant ?
Une autre question découle de tout cela, c’est celle de la lente dégradation des corps et des esprits, de cette pitoyable descente vers la misère, comme une corruption qui s’installe en tous lieux, nous plongeant dans l’ordure, et la saleté, au sens propre et figuré. Corps malades, familles éclatées, mensonges.
Voilà pourquoi il n’y a que cette idée des sommets qui nous relève de la boue. Idée, n’est pas le mot, lumière ou amour pur, peu importe, vous avez Ça en vous.
les forteresses, les cathédrales, les buildings, les aménagements urbains, ne valent que comme signes des peines et des devoirs infligés. Que de pierres les hommes ont dû tailler pour se construire eux-mêmes dans ces matières brutes !

C’est quoi être un homme ?

Comme c’est lassant de devoir sans cesse se répéter, reprendre son ouvrage, comme si rien n’avait été fait. Se cogner contre des murs et si peu se  comprendre les uns et les autres, coincés dans nos opinions, sur nos mots respectifs, nos définitions, ou sur nos morales.  On veut tous avoir raison, ce en quoi on a tort. Mais nous ne pouvons faire autrement que de nous affirmer, en connaissance des erreurs des autres si visibles, ça crève les yeux. Dans ce monde monstrueux d’injustice et de méchancetés, cependant animé de justice mais qui nous fait souffrir. Possible que la seule chose à faire est de faire pour le mieux, en espérant en sortir. Ne pas succomber, passer de l’autre côté et renaître. Ne pas renier non plus ce qui furent nos raisons de vivre et de lutter, nos amours et nos fautes. Non ?

Retourner dans le ventre de notre Mère

Mourir ce serait ça ? mais qui meurt ? cette illusion d’être peut-être ? comme si nous n’étions pas également cette impression ou sensation d’être une entité en quête d’elle-même dans ce corps, nous sommes toujours autre chose, nous ne sommes jamais identiques absolument à nous mêmes, sauf en quelques moments invariables et rares. Il y a une constance dans chacune de nos voix singulières, qui se croise avec les autres, ou non. Nous y apprenons beaucoup. Que saurions nous si tout n’était que calme plat ?

( ces quelques mots, comme un pense bête )

Trash test

Se tenir au plus près de la vérité, sans se mentir, sans faire semblant, sans se penser détenteur mais simple ouvrier à l’heure imposée, agir en conscience, et constater à la fois le bien et le mal, le pire et le meilleur, la souffrance et la joie. C’est un grand jeu de cartes que nous avons entre les mains, où chacune porte la marque des plans divins, de ces énigmes que nous avons à résoudre, et qui nous édifient, non sans peine.
Prends une seule pièce de l’étoffe dont nous sommes tissés, une seule pierre de l’édifice, tu auras l’ensemble, de même quelques lignes dans un roman, ou quelques vers révèlent l’esprit du poème. Il fut une époque où je me levais très tôt pour écrire dans le silence du matin, et réfléchissant à toutes ces situations impossibles, je m’échinais à en percer le mystère, ou les secrets, partant donc d’ici, je me retrouvais à toujours retomber et buter sur la question et la raison d’ordre divin, comme la partie me questionnait sur le tout. Bien et mal sont de Dieu, comme l’être et le néant. Mais vois-tu si nous sommes en vie, non ce n’est pas pour la perdre, ou retourner dans un néant sans être. Peu importe la façon dont nous avons échoués sur terre dans cette condition très approximative et contingente, enserrés dans ce corps si minimal.
Il est porteur des choses les plus sublimes, comme il a pu être facteur d’atrocités. Il faudra bien que cela cesse, si nous voulons vivre et mourir en paix. Que cesse cette merde. Cette décomposition du monde qu’on bétonne et enferme. De même que les esprits qu’on emprisonne.
Qui donc est facteur actuel de ce merdier mondial ? Des anges révoltés contre leur condition ? Et qui s’amusent dans leurs expériences à jouer avec le feu. Pensées perverses d’hommes ou de femmes qui partent d’un principe simple : dans le néant, tout est égal. Il n’y a là plus aucun bien ni aucun mal. La souffrance s’achève avec l’inconscience. De même la mémoire.
Tout cela procède d’une erreur de logique et d’une ignorance. Nous croyons pouvoir nous anéantir ou sombrer dans l’oubli. Dans le noir le plus profond du non-être. Mais alors c’est là que la souffrance est totale, comme la source de l’angoisse. Pauvre dieu ayant perdu tous ses corps, absolument comme un fantôme réduit à l’impuissance. Dans une matrice ne pouvant plus rien pour nous.
C’est pour cela que nombre d’œuvres d’art disent des papillons, comme une résurrection de l’âme, délivrée du néant.
Bon, la vérité, vous me demanderez ce qu’elle peut bien être… ce à quoi je vous dirai qu’elle est selon notre vie. Notre reconnaissance. Et même dans mes erreurs.