Du relatif absolu ?

Exister pour rien, n’être qu’un débris, soupçonné de nuire, inutile en quelque sorte, né pour rien. Quand ton auréole est noire, ton âme comme du charbon, et que tu te penses maudit, vaincu, qu’est-ce donc qui fait défaut, à ce moment là ? Tu vois le monde comme il est méchant. Impitoyable, indifférent. Tes raisons, tes œuvres, tout cela n’est que fumée. Tu es englouti dans la cendre. Observe bien, combien les morts sont oubliés, et que tu n’as que cela comme seul horizon, te retrouver ou te perdre dans ce fleuve sombre parmi les défunts. Ce n’est pas à proprement dit une source de désespoir. C’est le passage obligé. Il est entendu que ce monde ne repose que sur du mensonge, proféré par la bouche des hommes et des doctes. Que seul le silence dit vraiment l’ombre ou la lumière. Et que ceci est absolu. Il n’est plus question de roches qui te broient de souffrances ou de caresses qui soulagent tes os, il n’est question que de ton aura de lumière. Ce que certains nomment Esprit. Non seulement ce monde est méchant, mais il est aussi fou et malade. Empoisonné par je ne sais quels endoctrinements, comme des pièges affreux, théologiques, diaboliques, carcans policiers et politiques, armées en blouse blanche qui t’éviscèrent, où tu n’es plus qu’un objet sans existence propre. Vois, c’est à ce moment là qu’il est urgent de saisir le bâton du Maître en Esprit. Parce qu’il sait. Que tout cela est en toi. Et qu’il est mauvais de mourir.

Il nous reste quelle existence ?

Qui veut régner ?

Comment marche le monde ? D’abord, se transmirent des bases, cela se fit tout seul au sein des familles et des tribus, des groupes, génétiquement, imitation, mimétisme. On ne choisit pas, on subit la loi commune. Tout ceci passa aisément, presque sans histoire. Parce que la nature est plus forte, et que sa loi s’imposa, nous nous y coulions sans trop de difficultés. Ce n’est plus du tout ainsi. Il y a énormément de chocs entre les groupes, beaucoup d’histoires pour de multiples raisons jamais élucidées. S’installèrent donc des maux considérables, une transformation inouïe de la nature, de même que les lois humaines qui se compliquent, à tel point qu’on en perdit les bases. On a beau philosopher, plus rien ne devient intelligible. Pourtant la simplicité est encore là, mais inaudible. On se trouve face des gouvernements tous aussi absurdes les uns que les autres, et cela pour toutes les nations tendues les unes contre les autres. La loi commune est bel et bien égarée, de même que le bien commun. On peut – après coup – admettre que toutes les lois initiales ne furent que relatives, approximatives, comme des objets fabriqués à la main, imparfaites donc. Fragiles et désarmés, ce ne sont plus les lois de la nature qui nous guident mais des rapports de forces, chaque groupe voulant imposer sa loi, aux autres. De même que les religions ne sont en principe que des écoles de sagesse, elles sont devenues des ensembles de pression en lutte les unes face aux autres, voulant imposer leurs modèles. Et ceci au prix fort de nombreux massacres. Religions divisées en elles-mêmes en tous ceux qui font semblant. Règnent une sorte de mensonge collectif, une hypocrisie, un jeu de masques, des intérêts divergents, un éclatement des familles mêmes, un tissu d’humanité plus ou moins déchiré. Cela ne peut à la longue marcher. Cela préfigure des drames, des histoires finissant mal. Plongés dans le noir profond, tous ensemble. La défiance est globale, et la confiance est minimale. On peine à se comprendre, à trouver les mots justes et entendre ce qu’ils signifient. Cela devient très cacophonique. Dans ces conditions ce sont les dictatures qui s’imposent, sur un ensemble qui se délite.

On en arrive à affirmer que la nature n’existe pas. Puisque Tout est possible, nous pourrions tout recréer de nous mêmes, à notre guise, selon notre volonté. Nous recréer selon nos envies, produire et engendrer des chimères fantastiques, ce qui semble amuser le monde. Si tout est possible, le pire n’est pas exclu.

Possible aussi que notre séjour sur terre ne soit que pour se distraire. Non, ce n’est pas drôle…

Quand on songe à ce qui est réellement drôle, là c’est autre chose, cela nous enseigne, nous enrichit, nous réjouit profondément, au lieu de nous laisser dans un sentiment de vide et de vanité, avec cette envie de ne plus rien dire, tellement cela paraît inutile.

Parmi tous les possibles, il est impérieux de choisir le meilleur des possibles, si on en a encore le choix.

Et cela, à partir de quel gouvernement ? Qui donc doit régner sur Nous ?

à propos du « principe féminin »

Se féconde-t-il lui-même ?

Se suffit-elle à elle-même ?

Rien ne l’effleure

Nul ne la pénètre ni en sort

Alors tout est parfait

Je crois que ceci n’est pas juste. Dans un sens, très concevable, elle peut être prise comme divinité, déité, ou déesse suprême, Mère du monde, mettons, mais à condition de s’en revêtir, de l’habiter, non comme un moine s’habille de tissus, mais de cette pensée pure, d’où nous pourrions naître, ou mieux, ressusciter.

Quel jeu de masques et de figures qui sont pour la réflexion si utiles, de même que le principe de père, ou de fils, de fils qui devient père, et d’autres images semées dans les champs

Phare d’Em

Comme si tous nous devions obéir au moindre mot idiot couché à l’horizontal au lieu de celui qui en vérité nous élève, et nous délivre, nous extrait de la fange éphémère des temps.

Il y a une hiérarchie, le modeste est si grand. Nous pourrions essayer d’en saisir les signes, faible phare dans ces tempêtes et ces naufrages.

 

Livide

Je me retrouve devant la page blanche
Songeant à des choses sans importance
Telles ces désunions pour des broutilles
Ces calculs, envies et jalousies, ces appétits
Inassouvis, ces sentiments mauvais
Lovés comme des serpents dans les profondeurs
Des os et d’un sang aigri.
Que de défaites, quel manque d’amour
Quelles impuretés donc se tiennent
Dans les mémoires blessées
Et laissent ouvertes la porte
De tous les maléfices et la folie.
Dix mille livres n’irrigueront jamais
Les plaines rendues stériles de l’ennui.
Le capital, tu parles d’un château de cartes
Il n’en reste rien que des murs et des barbelés
Des hommes muets dans leurs mensonges
Des poignards qui transpercent les fantômes
De la nuit nous ôtant le sommeil.

Comment autant d’intelligence
A-t-elle pu engendrer autant de vices ?
Quel Dieu donc nous fait défaut ?
Ou bien à quel dieu avons nous désobéi
Depuis l’aube et qui nous rend la vie
Si difficile et la misère, l’amertume du vide
Milliards accumulés et inutiles
Tout s’efface. Page blanche livide.

Nul ne peut sans dommage se soumettre
À un dieu qui ne serait le sien
Une vérité qu’il ne fait pas sienne
Examinée à la lumière et passée au crible
de sa peine.


Nuque raide

Je me demande ce qui peut rendre les hommes (et moi) meilleurs. Est-ce que les luttes sociales, les révolutions, les changements de régime politique, ou les progrès techniques, sont la cause de cette amélioration éventuelle, discutable, ou bien faut-il chercher ailleurs ce qui peut susciter cette transformation ?
Voyez, à force de souffrir, de subir sans secours ces violences, on est devant deux postures, soit faire appel, soit tout rejeter.
Je n’ai jamais entendu dire qu’il fallait alimenter la lutte des classes pour se sauver. Sauf de la bouche de ceux qui veulent occuper la place convoitée. Ceci dit, pour un riche il est très dur d’abandonner sa richesse, ou ce qu’il pense être sa fortune, et de faire autre chose, suivre un autre chemin. Cela ne se fait pas sous les injonctions des pauvres, ou leurs menaces, les puissants dans tous les cas, transfèrent leurs forteresses, et leurs trésors en des lieux hors d’atteinte, ce qui dépouille encore un peu plus les humbles.
Les monarchies sont tombées, les républiques sont des monarchies déguisées, les illusions persistent. Comme ceux qui crurent qu’internet allait être facteur de libération et de connaissance, alors que cela développe des emprises assez terribles et inédites sur les esprits.
Non, le passé n’est pas meilleur, mais le présent non plus. Ne serait meilleur le présent que dans la mesure où nous serions meilleurs. Là, nous pourrions rendre grâce à ceux qui nous firent toutes les lumières, ne serait-ce que sur nos parts d’ombre.

Épineux

Tours de verre
et d’aciers comme des épines
couloirs de bitumes gelés
des errants aux dos voûtés
sans espoir ni désespoir
guettent le moindre magot.

Dans les ampoules du théâtre électrique
des marionnettes diffusent des messages
creux.

Le dernier indien gît dans l’oubli des promesses,
trahi.

méditations sous l’orage

Les scientifiques ne sont pas nés de la dernière pluie.. certains sont malins, d’autres plus sages. Les politiques sont aussi au parfum. et calculateurs. Tout ça, ça fabrique un monde, ou bien ça croit le fabriquer selon leurs vues, leurs planifications, et les stratégies mises en œuvre. Au fond ce n’est pas si compliqué. il y a des visions sur le futur, sur la démographie, des opinions ancrées désormais dans les crânes comme quoi nous serions trop nombreux, et qu’il faudrait réduire, à la fois le co2 et à la fois la population, mais surtout ne pas enclencher une guerre qui nous exterminerait si elle était totale. D’autre part, il faut persévérer dans ce monde de l’argent roi, et des valeurs qui fondent la civilisation, au bord de l’effondrement.

Donc tout stopper dans un sens, et accélérer dans l’autre sens, tel que le prônent hariri et les docteurs du transhumanisme, de l’IA et des spationautes, des voyages sur Mars, favorisant la relance de la machine. Mais de leurs machines à eux et au dépens de la vie des peuples. Ces peuples ne sont que des variables d’ajustement dans le calcul et les équations, des masses, comme des matériaux utilisables. D’où leur cynisme face à la vérité qui crève les yeux. Sans parler du fait qu’ils affichent leurs plans au grand jour, tel que le reset, afin qu’ils ne soient pas soupçonnés de complot.

Bigre… ainsi nous sommes empêchés de nous amuser, ou de penser aller et venir où bon nous semble, mais pas ceux qui auraient les clefs du système. d’où les masques obligatoires, pour que nulle pensée ne perce, les vaccins pour faire croire qu’ils dominent le jeu, et le pass sanitaire comme on contrôle les mouvements des masses.