Ça

Un fois que tout a été fait, tu peux être satisfait de ton ouvrage, tu t’aperçois que ceci n’est rien. Que ces productions sont sans importance. Que ce n’est pas l’essentiel. Certes le pain que tu consommes, les fruits venant du jardin comptent non en eux mêmes, mais par ceux dont tu les reçois, tout comme par ceux à qui tu les donnes. Les choses sont importantes du fait des liens bons ou mauvais, des relations entretenues parmi les hommes et la terre. Du regard, de la conscience qui en sort. Comme c’est affreux si cela cause des larmes, au lieu des rires et des plaisirs, c’est la question des actes laids, des pensées assassines, où nous nous faisons mal.
Une fois que les besoins premiers et les devoirs ont étés accomplis, l’inverse, la beauté des chants, des images renouvelées, le temps est venu de la fête entre nous, entre tous. Reconstitution de l’humanité ayant retrouvé son sens. Parce qu’il n’y a pas eu d’aliénation. S’il n’y a en pas eu. Mais s’il y a eu un jeu d’échanges justes sans avoir profité de la faiblesse. Sinon, ce jeu serait perverti entraînant d’autres vices de fabrications, d’autres désordres dans le monde, et des contraintes remises à plus tard qu’il faudra payer.
Au fond, c’est la question du pardon, ou de la vengeance, de ce qu’on l’on a infligé ou subi, des malheurs vécus, des bonheurs qui nous manquent, et qu’aucune loi humaine ne peut jamais racheter dans l’ignorance des lois divines. Ce serait trop facile pour les méchants de se laver grâce à la beauté des chants ou des belles œuvres d’art s’ils n’ont pas contribué à leur naissance, mais n’ont fait que commettre des crimes.
Croyez vous que l’artiste n’œuvre que parce le monde est laid et pesant ou bien parce qu’il demeure dans l’essentiel une urgence de beauté à faire vivre, et qui nous rend vivant ?
Une autre question découle de tout cela, c’est celle de la lente dégradation des corps et des esprits, de cette pitoyable descente vers la misère, comme une corruption qui s’installe en tous lieux, nous plongeant dans l’ordure, et la saleté, au sens propre et figuré. Corps malades, familles éclatées, mensonges.
Voilà pourquoi il n’y a que cette idée des sommets qui nous relève de la boue. Idée, n’est pas le mot, lumière ou amour pur, peu importe, vous avez Ça en vous.
les forteresses, les cathédrales, les buildings, les aménagements urbains, ne valent que comme signes des peines et des devoirs infligés. Que de pierres les hommes ont dû tailler pour se construire eux-mêmes dans ces matières brutes !

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