à l’ombre d’un arbre

Si vous savez ce qu’est l’homme, vous savez tout ce qu’il convient de savoir. Non, nous ne sommes pas une simple organisation complexe d’éléments épars qui se seraient agglutinés fortuitement ou selon quelques suites de nombres décidant de nos corps, non. D’ailleurs, ceci est vrai pour le moindre élément, comme le sable jeté dans le vide absolu. Comme s’il y avait un comptable, ou un géomètre mesurant les alignements des atomes, alors que ceux-ci savent trouver sans chercher leur place dans l’ensemble. Tout se tient.
Mais nous, non, nous sommes dotés d’une sorte d’incohérence et de non sens, nous affectant, nous contraignant à sans cesse revoir nos positions, essayer de nous conformer à quelque plan afin de pouvoir vivre. Tout simplement ce besoin de vivre, relève de ces dimensions symboliques, des paroles et des sentiments qui nous traversent, de cette impression de nous sortir de la fange, ou de la masse informe dont nous sommes pétris mais qui ne peut en aucun cas nous satisfaire. Être vivant c’est sortir de cela, et s’élever vers les dimensions sublimes de l’amour, du désir même, si ce n’est pas le boulet du corps, mais sa fonction lumineuse qui nous aimante. Le lieu où le sublime se révèle tient à si peu, comme une étincelle embrase les ténèbres. Et cependant quel choc entre la violence et la douceur. Et tout ceci nous impose de tenir et résister, accepter notre condition animale, prisonnier de nos appétits, de nos habitudes, et de notre débilité congénitale. Pensez donc, notre temps d’existence ne dure que le temps d’un clin d’œil, perçu étrangement comme s’il était éternel. Mais voyez, il y a une bouche monstrueuse dans ce monde, avalant les hommes comme des bêtes, et ceux-ci succombent d’impuissance et de révolte, détruisant tout sur leur passage, et en définitive eux-mêmes se ruinant. Impossible de leur crier combien c’est idiot tous ces maux qu’ils fabriquent au nom de logiques absurdes, horribles hommes en perdition.
Je ne sais pas jusqu’où nous devrons subir ces actions néfastes, et où nous allons pouvoir nous retrouver, s’il existe dans ces univers des endroits moins violents, des havres de paix, des îles encore vivantes, et des arbres nous prodiguant leur ombre.

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1 réflexion sur « à l’ombre d’un arbre »

  1. Bonjour Éric,

    mon attention la plus authentique est animée aussitôt que je reçois par tes soins à lire ta littérature.

    Et j’aime considérer la flamme qui naît alors en moi de vouloir m’en saisir pour t’honorer. Puis d’y participer, et d’y répondre.

    Dans l’ordre incertain, critique et chronique actuel – lequel dure et perdure par l’exercice étrange d’une science qui ne soit ni médicale ni sanitaire mais politique ! – j’ose positionner mon analyse, ma délibération et ma conclusion pour m’offrir – d’abord à moi-même, puis à quiconque me lirait également – une lecture cohérente de ce dont nous avons le plus grand, le plus profond besoin dans notre représentation du monde.

    Et je me dis : -« Ah ? ça par exemple, en France, cette pseudo pandémie procède évidemment de notre propre mythologie. Laquelle est héritée, exclusivement héritée de la Grèce antique » ! Et la stratégie macronique fut de lui donner cette structure, ce sens. Et ce délire.

    Un élément avéré est que Macron invoquait tôt l’aréopage, le tribunal de la Cité sous l’autorité indiscutée du dieu Mars, dieu de la guerre. Et ainsi de suite, comme avec le dieu Pan, dieu de l’effroi, dieu de la peur panique … nécessairement utile. Ensuite, par le philtre d’un autre dieu antique, ce fut de solliciter par devins interposés les augures. Comme de lire dans les vol des corbeaux, comme de lire dans nos entrailles : « our » d’origine basse latine lui était disponible pour établir notre « heur ». Notre augure pour présage. Notre aléa pour croyance. Notre hasard pour destin.

    Et donc d’invoquer notre bon heur pour justifier ce qui devait s’ensuivre ; donc de la seule façon profitable, c’est-à-dire hiératique et conforme aux normes d’une tradition liturgique qui s’avérait évidemment funeste et funèbre. Par ce culte sinistre de la mort … ancestral. Et, dictatorial ! car la lecture de toutes nos entrailles lui avait dicté cette unique portée, cette conséquence ultime, idiote et assassine : par défaut de soins, les Français devront mourir. Et ils mourront : -« Coûte que coûte » !

    Car c’était très utile … à l’écu, à l’aune de sa gloire prophétique et messianique. Ainsi, Macron suppliait-il dans sa complainte onirique : -« Superstition, ô Superstition divine, daigne garder, sauver et mener mes pas aveugles » !

    Comprenons alors en quoi notre précieux bonheur procède d’un fondement, d’une dynamique et d’une finalité viscéralement mythiques. Tout fut organisé pour un usage mythologique, mensonger en somme. J’y apparaissais, nous y apparaissions vouloir survivre à l’ombre du fils caché de Jeanne d’Arc … qui un jour, un soir entendait des murmures sinistres, des voix sépulcrales.
    Emmanuel Macron a vibré de notre propre songe d’outre-tombe auquel nous avons daigné lui offrir un écho abandonné : nous sommes devenus fous de suivre un fou, car le propre de l’être humain – extrêmement fragile – est la superstition.

    À +++,

    Jean

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