Qui veut régner ?

Comment marche le monde ? D’abord, se transmirent des bases, cela se fit tout seul au sein des familles et des tribus, des groupes, génétiquement, imitation, mimétisme. On ne choisit pas, on subit la loi commune. Tout ceci passa aisément, presque sans histoire. Parce que la nature est plus forte, et que sa loi s’imposa, nous nous y coulions sans trop de difficultés. Ce n’est plus du tout ainsi. Il y a énormément de chocs entre les groupes, beaucoup d’histoires pour de multiples raisons jamais élucidées. S’installèrent donc des maux considérables, une transformation inouïe de la nature, de même que les lois humaines qui se compliquent, à tel point qu’on en perdit les bases. On a beau philosopher, plus rien ne devient intelligible. Pourtant la simplicité est encore là, mais inaudible. On se trouve face des gouvernements tous aussi absurdes les uns que les autres, et cela pour toutes les nations tendues les unes contre les autres. La loi commune est bel et bien égarée, de même que le bien commun. On peut – après coup – admettre que toutes les lois initiales ne furent que relatives, approximatives, comme des objets fabriqués à la main, imparfaites donc. Fragiles et désarmés, ce ne sont plus les lois de la nature qui nous guident mais des rapports de forces, chaque groupe voulant imposer sa loi, aux autres. De même que les religions ne sont en principe que des écoles de sagesse, elles sont devenues des ensembles de pression en lutte les unes face aux autres, voulant imposer leurs modèles. Et ceci au prix fort de nombreux massacres. Religions divisées en elles-mêmes en tous ceux qui font semblant. Règnent une sorte de mensonge collectif, une hypocrisie, un jeu de masques, des intérêts divergents, un éclatement des familles mêmes, un tissu d’humanité plus ou moins déchiré. Cela ne peut à la longue marcher. Cela préfigure des drames, des histoires finissant mal. Plongés dans le noir profond, tous ensemble. La défiance est globale, et la confiance est minimale. On peine à se comprendre, à trouver les mots justes et entendre ce qu’ils signifient. Cela devient très cacophonique. Dans ces conditions ce sont les dictatures qui s’imposent, sur un ensemble qui se délite.

On en arrive à affirmer que la nature n’existe pas. Puisque Tout est possible, nous pourrions tout recréer de nous mêmes, à notre guise, selon notre volonté. Nous recréer selon nos envies, produire et engendrer des chimères fantastiques, ce qui semble amuser le monde. Si tout est possible, le pire n’est pas exclu.

Possible aussi que notre séjour sur terre ne soit que pour se distraire. Non, ce n’est pas drôle…

Quand on songe à ce qui est réellement drôle, là c’est autre chose, cela nous enseigne, nous enrichit, nous réjouit profondément, au lieu de nous laisser dans un sentiment de vide et de vanité, avec cette envie de ne plus rien dire, tellement cela paraît inutile.

Parmi tous les possibles, il est impérieux de choisir le meilleur des possibles, si on en a encore le choix.

Et cela, à partir de quel gouvernement ? Qui donc doit régner sur Nous ?

0

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.