Salut Jean

Quand Jean parle du Verbe, il s’agit de tous les verbes dont on fait usage, qui se déploient dans notre entendement, conscience, intelligence, et nous animent. Il existe une certaine différence entre un objet inanimé et un objet animé, celui-ci ayant perçu, reçu dans son corps une sorte de vibration motrice, un frémissement, de telle sorte que l’inanimé devient animé et de lui-même s’anime. Sans doute, pouvons-nous penser ou croire que tout, absolument tout est à jamais investi d’âme animée et que l’inanimé n’est rien. Ce serait bien commode de se laisser bercer tel un bouchon sur l’océan, où quoique nous fassions de nous-mêmes nous arriverions toujours à échouer sur une île. Mais non, ce n’est pas ainsi qu’est le lot humain très spécial.
Le Verbe s’est fait chair, on se demande pour quel objet. Il aurait pu rester Verbe au lieu où il était. Puisque ce n’est pas comme ça que sont les choses et notre condition, on peut accepter ou refuser. La question tient en peu de mots. Veut-on ou refuse-t-on que le Verbe se déploie en nous ? Je veux dire dans sa plus forte manifestation, cette réalisation, cette pensée ou cette transcendance possible. Si on pense ceci impossible, si on pense que c’est impensable, effectivement on reste au niveau du pensable. Or, si on réfléchit, on constate l’infinie variation des verbes, qui touchent au Verbe.
Tout ceci est bien joli, mais un verbe sans sujet, c’est comme un verbe sans objet. L’objet du verbe étant peut-être de rejoindre le sujet en question, et donc d’y trouver sa réponse, c’est à dire que se produise un échange entre le sujet et l’objet, ou une fusion créatrice, génératrice d’entendement. Et donc de vie. On ne peut pas admettre ce monde-ci tel qu’il est, si nous ne saisissons pas les motifs profonds de notre mort et de notre amour. Cette tension entre le noir et le blanc, le jour et la nuit, qui selon toute vraisemblance sont deux objets tout à fait distincts. De même qu’entre le Feu et l’Eau.
Si nous restons au plan strictement humain des événements et des conditions diverses, il apparaît que le Verbe se profile essentiellement dans les discours, comme des rituels magique religieux, dans les propagandes, et autres paroles. Comme si nous allions pouvoir opérer sur les climats, ou sur les masses avec des injonctions.
Bref, comme si le Verbe de Jean ne devait être que de l’ordre de la parlotte. Et que nous devions absolument y adhérer sans émettre le moindre doute quant à la véracité des propos et leur efficiences prometteuses de salut ?

Sur ce, je salue Jean l’ancien.

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