Quelle trogne

Les pouvoirs sont féroces par nature, ils ne gouvernent – si on peut appeler ça gouverner – que par méchanceté, cruauté, violence, traîtrise, et ruse. Tout ce qu’ils trament relève de l’occulte, c’est à dire du caché, du secret, du fermé, sous un voile. C’est féodal, malgré les apparences de démocratie. Les gens ne sont que corvéables à merci pour assouvir une volonté et des désirs dans lesquels baignent ceux qui sont habilités, autorisés aux coulisses. Pour ces puissants tout n’est que mise en scène, théâtre de maudits et eux se sentent investis de devoir implacables, exactement comme on opère des saignées, ou farfouille dans ton nez pour en tirer les vers ou d’éventuels virus afin que tu cèdes sous le poids de la terreur. Tu n’a droit que de te taire. Et eux de décider pour toi de ce qui est bon. Ce sont des saigneurs sans aucune pitié. Ils te laissent juste la possibilité de creuser ta tombe ou d’être fusillé si tu ne marches pas. Ils ne sentent égaux qu’entre eux, dans cette guerre des gangs ayant toutes les cartes de leur château en main, château contre château, fiefs contre fiefs. Ils ont des armées décorées d’honneur à leur solde. Leur seul objectif est de ne pas perdre les clefs du château, sachant les convoitises rôdant dans les cercles et les clans autour d’eux. D’où cette méchanceté et ces crocs pour garder leur place. Ils appellent ça gouverner. Le peuple n’existe pas, n’a pas d’existence propre.
Bon, une fois qu’on a dit ça, comment faire pour qu’ils lâchent la laisse ? À quel saint allons-nous confier notre destin pour nous détacher et pouvoir vivre sans être opprimé ? Je songe à ce gouvernement réel des âmes, et des hommes. À celui qui sait où se trouvent les issues et les havres de paix, les pâturages heureux, où nous pouvons voir les enfants évoluer et grandir en se posant des questions et trouvant des réponses, jouer et être dans une joie sans faiblesse. Il faut savoir où se trouve ce qui conjugue le Verbe.
Ce ou celui à qui nous devons aller, qui nous unit et nous gouverne, en nous rendant notre liberté. Et soulève le voile des illusions. Là, vous verrez alors qu’il s’agit de vous dans ses deux visages, la Bête serait terrassée. Et de proche en proche, lentement et sûrement cela gagne la terre.

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