Tout se change

J’ai rêvé d’un appareil, simple en apparence. Il était démantibulé, ses pièces démontées. Le moteur, comme un noyau nucléaire magnétique se cogna puis se brisa, en partie. Il me fallait recoller les morceaux protecteurs du noyau. Et reconstruire ou remonter l’ensemble. Cela m’a réveillé.
Je crois savoir d’où me vint ce rêve. Peu importe ici la cause du rêve. Il me suggéra et me remit en mémoire ce phénomène du désordre et de l’ordre, du cancer et des cellules saines, d’une maison en ruine ou debout. Cela tient à si peu et à beaucoup à la fois. Tout est au bord du gouffre. C’est la loi de la nature, cet effondrement, ou décomposition sur les bords. Nous n’y échappons pas, si nous voulons nous maintenir en vie, nous devons déployer un nombre important d’efforts. D’abord pour notre corps, de ne pas le surmener, ne l’empoisonner à outrance, nous sustenter correctement, pour pouvoir agir, et faire ce que nous devons faire. En théorie nous sommes adultes et nous avons conscience de ce que nous accomplissons pour notre corps et notre maison. Pour ne pas succomber. Cela paraît si évident qu’une demeure abandonnée tombe en ruine, tout concourant à sa dégradation naturelle, ne serait-ce que sous l’effet des rayons solaires, puis de toutes les vies infinitésimales qui viennent saper les fondations, pour leur propre compte, et s’y nicher. Comme le domaine de la belle au bois dormant envahi par les lianes, et les ronces. Sans notre présence dans cette maison elle tombe en poussière. C’est pourquoi les hommes s’acharnent à construire autour de ce vide structurel de la nature et du désordre. Cet espèce de néant autour duquel se construisent les cités, les atomes, et les galaxies. Néant à la fois en son noyau mais aussi dans sa périphérie, ses limites extérieures, ce qui n’est nullement contradictoire pour le néant puisqu’il n’a nulle existence géographique ou dimension géométrique. Difficile cependant de dire qu’il n’a aucun sens. Là n’est pas mon propos.
La question qui compte ici relève de ce que nous sommes et avons à accomplir de nous-mêmes afin de pérenniser sachant que notre existence ici n’est pas éternelle.
Aurions nous laissé derrière nous que des champs de ruines ? Nous serions alors des cellules cancéreuses qui se maintiennent sur un corps vivant en le vampirisant et pourrions vivre tant que le corps de la terre est en vie, ce qui semble une telle évidence. Mais elle n’est pas admise. La terre donc nous donne notre vie, ou plutôt nous puisons notre vie dans la terre, tout bêtement. Ce n’est pas qu’une question d’énergie. Dites moi si je me trompe. Ou alors c’est de notre capacité à trouver de l’énergie en nos propres ressources, en nous mêmes sans en prendre ailleurs et sans épuiser celui ou celle qui nous la donne.
Relativement à l’existence terre à terre, quotidienne, normale, simple et compréhensible, une maison ne tient que par le travail donc, et par l’entretien. Certains voudraient que ce soit par l’expansion indéfinie, l’agrandissement sans fin et l’ajout permanent. Alors on fait travailler les autres pour sa maison, comme on le fait pour son corps. Bien entendu, notre corps s’épuisera. Nous aurons épuisé notre temps d’existence en essayant de trouver en nous-mêmes les ressorts de l’énergie ou de la volonté, et la connaissance, et le sens. Notre existence n’a pas de fin en soi, elle n’en a qu’en connaissance de ses fins, et forcément de sa continuité, de la vie qui se poursuit, mais non pas en vain, ni dans le vide. Elle se poursuit en nous, dans un processus de croissance intime. Sans épuiser les autres. Au contraire, selon ce que avons appris, nous pouvons le transmettre, et restituer l’énergie de la bonne volonté. Mais si nous le gardons sans le rendre, il y a une perte, une décomposition une dégradation qui s’ensuit et des dommages.

N’empêche que la prudence s’impose, on ne livre pas ses secrets de fabrication à n’importe qui,  qui en ferait par stupidité des mauvais usages, et minerait à la fois ceux qui s’en servent et ceux qui croient en profiter.
Mauvais esprits donc… ça ne pardonne pas. Le rachat, c’est une épreuve de l’homme face à lui-même.
Chercher de l’énergie et du sens dans le néant, posture assez nihiliste. Nous, Moi, ne sommes pas « Rien ».
Tout s’échange, Tout se change.

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