Où est l’Éden ?

Lors de cette période des jours plus chauds, traversant le pays, nous avons rencontré des montagnes et des plaines, des foules et des lieux abandonnés, des terres éventrées par des machines, des gens vieillis, des maisons et villages en ruine, des palaces et des oisifs, des arbres desséchés, rien d’extraordinaire. Les sommets sont beaux tout simplement, les lacs aussi avec leurs eaux bleues. La genèse des reliefs, la formation de la terre, lente organisation magique du vivant par des génies, ayant œuvré à cette élaboration magnifique au cours des ères arrive à son terme ? Pensez donc, nous sommes ici et déchirons, brisons tellement les milieux naturels, cela exprime quoi en vérité, dans les profondeurs des faits efficients ? Que se révèle la nature humaine égarée en ces lieux, ingrate et mauvaise ? Non, il n’y a pas d’erreur dans ce qui nous précède, le plan divin créateur est trop beau dans ses œuvres. Certes, il est rude, il est fort. Immensité, pesanteur, puissance des éléments. Mais nous semblons insignifiants. Être minuscule et sans pouvoir, excepté celui de jouer, d’imiter la nature, et recréer. Pourquoi donc ce mal ? Ces ensembles de maux qui nous accablent. C’est trop bête de perdre cette vie qui nous fût offerte comme chance et comme miracle.
Assoiffés d’or, c’est le piège. Il faut comprendre que ce piège est plus malin que ce que nous croyons, qu’il nous force à entreprendre, qu’il nous oblige à la rigueur dans nos œuvres. Et donc nous nous formons dans celles-ci. Mais c’est tout. Ce ne sont pas les œuvres qui comptent, ce sont elles qui nous construisent, selon notre façon de construire.
Nous confondons la fin et les moyens. Ce qui fait que nous persistons à produire des ouvrages en masse et pour cela ne cessons de détruire les milieux naturels, au lieu de trouver en notre intérieur les raisons et les motifs de ces œuvres, les raisons de notre présence sur cette terre. Compliquant tout, comme ces Romains fabriquant des aqueducs alors que la source coule à leurs pieds. Il faut voir que ces ouvrages ne sont que des moyens de soumission à des empires. Bien entendu, ils doivent tenir debout, de même que ces millions d’automobile tiennent la route. Ou les avions les airs.
Bien, mais tout cela est vain.
Si nous n’agissons que pour de l’or, nous ne trouverons jamais la Lumière. Nous aurons perdu cette existence. L’or divin sera perdu. Nous serons perdus, il faudra recommencer comme si nous n’avions rien fait de Nous.
Pitoyable échec des hommes tombés dans la misère et la destruction d’un côté pour des constructions mortes de l’autre côté, celles-ci n’offrant en vérité que très peu de vie vraie. Sauf pour quelques chanceux. Mais tout ceci exprime un grave déséquilibre du Monde.

Si nous retrouvons notre nature, nous pourrions faire revivre le Jardin.

Le monde nouveau

Ce nouveau monde n’est pas prêt d’arriver si nous continuons ainsi. Confier son corps à des ennemis du Vivant, qui te font croire que c’est pour ton bien, et depuis des temps immémoriaux n’ont cessé de mentir, trahir, tromper le monde sur la vérité, qu’ils prétendent détenir alors qu’ils n’en ont que des parchemins poussiéreux et moisis, ignorants dans leur orgueil ou leur folie, pénétrant les corps avec leurs esprits souillés, sans cœur. Quel monde maudit, quelle possession des âmes et des corps, quelle perdition ! Tout cela, sous le joug atroce des armées, de ces légions romaines assassines. Voyez, ceux qui ont empoisonné les sols, les airs, les eaux, ceux qui ont aussi mis le feu dans les jungles, ceux-là désormais modifient les plans de la nature humaine et les gênes, s’introduisant dans les profondeurs, quelle ordure.

Je me demandais où était la haine. Eh bien voyez ceux qui se rendent complices de cela servent cette force noire épaisse du mal, et passent pour être les représentants d’un bien, d’un Ordre Divin.

Pendant ce temps nous constatons amèrement la disparition du rossignol, et de foules d’êtres vivants nécessaires à l’harmonie naturelle. Pensez bien que pour nous les cieux sont perdus dans ces conditions, que nul ne franchira le seuil. Les prières, les cierges, les plus belles images pieuses, les œuvres d’art n’auront servi à rien, les cathédrales et les mosquées, les pyramides ne seront que poussières.

Dieu a le temps, et nous, nous aurons perdu le nôtre, nous perdant.

Je songe ici au « sauveur ». Il ne peut être que bouc émissaire. Non seulement il délivre un message, mais il accomplit aussi une Mission. Il soigne, il donne de son corps, et de son âme pour soigner les âmes rendues blafardes par ces puissances ténébreuses. Il protège, et de ce fait là, c’est lui qui prend tous les coups.

Le démon s’immisce partout et possède tout. Enfin, si nous le laissons faire.

Carnaval tragique

L’art de cacher la vérité derrière des mots vrais. Faire semblant d’énoncer des vérités sans en révéler le contenu, la pensée contenue dans les propos. Ruse ou piège grossier…

Un mot me revient, lu quelque part : Accompli.
Un homme accomplit dieu, il n’est pas spécialement dieu dans sa personne, celle-ci reste humaine, mais il accomplit dieu dans le monde. Dieu vient dans le monde par lui, descend dans le monde par son truchement. Il se peut très bien qu’un nombre conséquent d’humains accomplissent ces missions là. Partout sur toute la terre, celle-ci se métamorphose, le monde s’ouvre alors à ces dimensions oubliées. Comme aux origines.

Dans ces conditions nouvelles, on peut parler de liberté. Ce n’est plus cette capacité à faire selon ses caprices, c’est juste obéir à quelque chose de bien, bien évident qui s’impose sans que personne ne vienne en dicter les conditions. Tout comme l’air qu’on inspire.
Là, il devient inutile de parler de dieu, par exemple, ou d’autre chose qui nous manquerait. On vit selon sa loi, on n’a personne à convertir, personne à punir. C’est comme une musique qu’on entend, et que nous n’aurions plus qu’à transcrire, ou chanter, spontanément, sans avoir quelque chose à cacher.
Nous n’aurions plus aucune honte de ce que nous sommes. Nous n’aurions plus besoin de conquérir des espaces vierges. Nous serions en phase avec la beauté du monde.
S’il en est ainsi, on peut alors parler de progrès. Par opposition à tout ce que nous vivons qui n’est que déchéance, dégradation des hommes enfermés dans leurs corps, et souillure de la terre devenue horrible. Les incendies, les inondations, les cataclysmes, les accidents nucléaires, les épidémies, tout cela est là pour nous rappeler à l‘ordre. Non pas cet ordre des hommes, mais exclusivement celui des dieux que nous sommes.

La belle monstre

C’est une terre si minuscule et si grande à la fois, le lieu où se jouent bien des choses, à notre insu. Ce n’est pas pour nous perdre que nous sommes plongés dans cette ignorance, bien au contraire, c’est pour que nous en tirions toutes les leçons, allant dans tous les sens. C’est donc une lutte, toute bête. Une escrime. Chaque nation se croyant investie de l’épée du Verbe, élue, en mission divine et civilisatrice, phare des mondes ténébreux. Ce qui est vrai dans un sens, c’est à dire que chaque nation formée à son école porte des fruits bons, mais d’autres empoisonnés.
Tout ceci, très général ne nous renseigne guère sur le résultat final. Si c’est cette fin qui nous touche au plus près. Mettons que toutes les destructions auxquelles on assiste nous conduisent au bonheur suprême, au moins cela aura servi. Ce ne serait pas plus grave que des hyènes ou des vautours rongeant un cadavre, mais qui ont cet avantage de pouvoir survivre. La terre ravagée donnerait son corps et son sang, et nous serions vivants ? Rien n’est moins sûr. Nous ne sommes vivants qu’en fonction de ce que nous rendons au vivant. Et qui en retour nous donne sa vie.

Je ne vois pas trace de cela dans ces événements si troubles. Je ne vois, et je ne suis pas le seul, que des fortunes qui jouent au casino et se font la guerre sur des malheurs, et des morts. Des prédations partout sans fertiliser la terre, et les hommes. Ainsi l’ humanité en lutte mondiale se croit maîtresse du Jeu, mais elle n’est pour l’heure que la proie souffrant pour rien, elle se mange elle-même comme un cancer. Cellule monstrueuse et suicidaire de son support.
Nous aurons du mal à dire que cette monstre est belle. Non, notre mort en aucun lieu n’est belle.

Face à l’horreur

Quelle histoire !
En quoi consiste ce scénario, ce jeu ? Nous sommes des milliards dans une situation plutôt délicate, à tous niveaux scabreuse, sans savoir de quoi demain sera fait. Comme si nous étions abandonnés au milieu de nulle part, naufragés intergalactiques. Ça crie partout, ça hurle et ça brûle. On entend tout et son contraire. On se déchire et on se tue, pour un oui ou pour un non. Dans ce chaos installé les hommes apeurés cherchent ce qui peut les rassurer ou les protéger. D’autres veulent instaurer un gouvernement mondial qui serait sans partage et sans discussion, impossible à remettre en question. Figure patriarcale. Une autorité mâle, violente, inflexible, un glaive s’abat sur nous, avec ses lois et sa force. Nous ne pouvons plus bouger. Ni émettre le moindre doute de ses vérités énoncées. Figure du Père. Mais ce n’est pas le Père. Ce n’est pas dans l’Esprit du Père, mais dans l’esprit en révolte contre lui. Ce qui fait que les hommes et les générations s’enfoncent inexorablement vers le pire, vers cette boue infâme et assassine des âmes, de l’âme de la terre. S’il n’y avait des hommes et des femmes conscients de l’enjeu et de l’absence de protection. Cette protection n’est pas un gris gris protecteur comme un philtre opposé aux forces du mal, non, cet Esprit protecteur ne peut rien pour nous si nous n’y sommes pas, dans cet Esprit. Si nous ne le servons pas de façon lucide et volontaire, active, sachant de quoi il en retourne. Exactement comme si dans son négatif nous étions des mauvais esprits, des êtres nuisibles pour les uns et les autres. Voilà pourquoi nous ne pouvons être qu’avec lui sinon nous sommes contre lui.
Il s’agit donc de passer de l’autre côté si nous n’y sommes pas, et à ce moment là tout s’éclaire. Pour ceux qui y sont déjà, il est quasiment impossible de retomber. Cela ne leur épargne pas la souffrance, mais il n’aggravent pas les choses en voulant se venger et dans la haine. Ils la savent inutile. Ils savent que leurs ennemis sont dans cette haine secrète. Au fond de ces eaux noires. Comme ces cohortes des morts n’ayant pas réussi à franchir les eaux du même nom.
Vois là aussi cette idée de la résurrection des morts. Ces âmes revenues à la lumière. C’est toute l’histoire qui remonte à la surface.
Nous respirons.

La vie à ses débuts.

On ne sait que dans sa chair. La science n’est pas dans les livres, ni dans l’expérience du laboratoire, elle ne peut être que dans la conscience, et la conscience dans la chair éprouvant les événements. Nous ne sommes pas des objets entre les mains des docteurs. Si nous le sommes, c’est au prix d’une aliénation du monde. De ceux qui prétendent savoir comme de ceux qui se livrent à ce mauvais jeu. Pour pouvoir savoir un peu en quoi consiste l’existence, on ne récolte pas de connaissance par le discours sans expérimenter soi-même. Les mots servent à cela, comme on suit une recette de cuisine, une fois le plat fait, on le consomme, on sait. Il y a une somme infinie de plats à consommer, de même tous les visages de gens aimables avec lesquels on forme une société. Ignorant ou délaissant les indigestes. On fait « monde » aussi avec le jardin. Il nous soutient, il autorise notre élévation. La progression de notre savoir avec le temps. l’amélioration de notre regard et par conséquent la métamorphose du monde.

Dès lors qu’on sait, alors on commence à exister.

Échouer près du but

Exposer en quelques lignes l’essentiel de sa philosophie, ou de sa sagesse, incluant défauts, et maux divers, cela n’a guère d’importance, cela ne pèse rien. Ce qui importe tient au vécu intérieur réel ayant un pouvoir sur son propre corps, et donc sur tout ce qui l’anime, dans le bien comme dans le mal, le noir et le blanc, la profondeur du passé et la vie future. Le corps, cette étoile à cinq branches, n’a pas besoin d’être parfaite pour vivre et évoluer, et renvoyer de la connaissance à son être intérieur réel, celui qui nous apparaît comme fantomatique, ou éthéré.

Mais en vérité, cette unité se forme dans le pur et se déforme dans l’impur. Il y a transition, passage. Il est souhaitable que ce passage se fasse vers le pur, ou le bon. Allant vers le mauvais, il faudra accepter l’existence douloureuse, des corps maladifs en proie à tous les maux possibles, dans un milieu devenu hostile, nous affectant. Songez aux radiations de l’atome, à la chimie qui détruit, à tout ce qui est insalubre, et vous comprendrez la crise globale du vivant. Nous sommes sur la sellette, prêts à être éjectés de cet habitat moribond par notre faute à tous. 

Ce n’est pas la quantité d’hommes qui fait l’homme. La quantité aggrave les défauts ou amplifie la qualité s’il y en a. La qualité de l’homme s’appelle sa divinité. Sinon, c’est son démon qui le suicide. Un échec est possible dans ce jeu cosmologique. Une mauvaise répétition pour un scénario trop bête.

Alors le but, où est -il ? que nous dit -il ? Non ce n’est pas prendre le pouvoir d’un état, non. Ce serait peut-être se reconnaître les uns les autres, et pouvoir se rassembler comme un seul dans cet ensemble de voix diverses. Même les plus horribles des hommes ont un salut à accomplir, un saut vers le meilleur. Il ne faut rien céder au mal (réfléchir)

Être un et multiple, un multiplié conscient. Ça change tout.

Qui règne ?

Que sont ces gouvernements malins, voleurs, profiteurs, menteurs, décidant de la vie ou de la mort, de la pauvreté ou des fortunes, des dépenses somptuaires et des coupes rases, si n’est que des entités sinistres n’ayant aucun souci des hommes, n’entretenant qu’une machine de mort ?

Bon, tout ceci veut dire quelque chose. Ce n’est pas par hasard que les maux surgissent. Un être vivant se nourrit toujours du mort pour en faire du vivant. Mais ici, le processus ne fonctionne pas. Les morts, si je puis dire, ne rentrent pas dans le vivant, dans cet ensemble vivant supérieur et collectif, qui redonne du sens, à tous ses membres. c’est à dire que le « haut » ne redescend pas, les hautes idées, les grandes valeurs, la pensée aristocratique, digne, noblesse du cœur, qui nous élève, la vérité même relative n’a plus cours. On peut appeler ça une corruption généralisé du corps.

Très dangereux, se trouver face à l’abîme. Vide vertigineux. Même les références au passé ne marchent plus. Elles n’ont plus de sens. sauf théorique. Mais la vie, le vivant n’est pas théorique, ne rentre dans aucun système.

Alors, à qui donnons nous notre vie ?

Degrés d’amour

S’il y a l’homme et la femme, le mâle et la femelle, il y a l’homme dans la femme et la femme dans l’homme. Un homme n’est pas entièrement mâle, une femme entièrement femelle. Si c’était ainsi, il n’y aurait rien de commun entre les deux. Que pouvons-nous affirmer de la nature du mâle et de la nature de la femme ? Que les deux sont issus d’un Même. D’une même Nature. D’une unité ou de l’Un ? Ne serions-nous que poussières ? Notre existence serait sans intérêt. L’existence en tous lieux n’aurait aucun intérêt. Rien n’existerait qu’un agrégat de poussières, parfois accolées, parfois dissoutes. Comme des choses se combinant et se défaisant. Tout ceci n’a pratiquement aucun sens. Tout serait possible et incohérent. C’est bête, mais nous ne sommes pas uniquement un corps, de même que nous ne sommes pas de purs esprits fantômes. Nous sommes dans une relation. Une respiration. Tout comme nous sommes dans un désir. Celui-ci ne peut pas être désir de la chair détaché de l’esprit.
C’est comme si nous avions en présence à la fois cette Matière Mère, et cette Matière Esprit. Comme si nous avions un Esprit qui pénètre la Mère, et une Mère qui couve l’esprit. Tout cela étant très fécond.
Fécondité de la terre mais aussi du cosmos, c’est à dire de tous les éléments en poussière. Allant en tous sens, mais pas n’importe comment. Le mouvement des mondes n’est pas chaotique. Ce qui serait chaotique c’est d’aller dans un seul sens obligé. Dans une dispersion en poussières.
La fécondité en Esprit est aussi importante que la fécondité des corps. Il peut y avoir fusion des corps à condition d’une fusion des esprits, même si cela n’émerge pas totalement à la conscience, du moins cela éveille et transforme nos corps. Ou notre conscience, c’est selon…
Vous pouvez dire : Dieu, c’est l’univers, vous êtes « un » avec les Univers. Vous ne pouvez être séparés de l’univers. Mais lequel ? Celui en poussières sans aucune conscience ou celui qui a la conscience du Même être et qui vit dans cette conscience.
Parce que, entre parenthèses, quand on fait l’amour, on touche tout de même à la conscience de l’autre et l’autre de la notre. Nous retrouvons un peu cette Unité essentielle.
D’où les degrés de l’Amour éveillant les consciences.
Vous savez tout cela.

Prise au piège

Avez vous remarqué ? Tous les peuples se lèvent et marchent. Cela veut-il dire qu’ils ne croient plus à ce qui les dirigent, ils les refusent, ils savent que tous ces pouvoirs les emmènent nulle part, sans exception, comme on est mené en bateau, errant tournant en boucle. Passagers inutiles qu’on jette par dessus bord, colis encombrant, déchets, débris dans un monde remplis de détritus. La Machine tourne à vide. Ceux qui détiennent les outils de la force destructrice des armes, essaient de retenir le plus longtemps possible les bombes, et les diffusent au compte goutte pour effrayer leurs adversaires, à qui ils vendent des armes désuètes, et dont ils dépendent pour produire ? C’est comme si la terre était prise à son piège, résultat de son manque. De cet absolu qui manque ici bas, et que des rusés voudraient nous imposer comme étant seul et unique, mais sans jamais en donner les éléments essentiels.