La belle monstre

C’est une terre si minuscule et si grande à la fois, le lieu où se jouent bien des choses, à notre insu. Ce n’est pas pour nous perdre que nous sommes plongés dans cette ignorance, bien au contraire, c’est pour que nous en tirions toutes les leçons, allant dans tous les sens. C’est donc une lutte, toute bête. Une escrime. Chaque nation se croyant investie de l’épée du Verbe, élue, en mission divine et civilisatrice, phare des mondes ténébreux. Ce qui est vrai dans un sens, c’est à dire que chaque nation formée à son école porte des fruits bons, mais d’autres empoisonnés.
Tout ceci, très général ne nous renseigne guère sur le résultat final. Si c’est cette fin qui nous touche au plus près. Mettons que toutes les destructions auxquelles on assiste nous conduisent au bonheur suprême, au moins cela aura servi. Ce ne serait pas plus grave que des hyènes ou des vautours rongeant un cadavre, mais qui ont cet avantage de pouvoir survivre. La terre ravagée donnerait son corps et son sang, et nous serions vivants ? Rien n’est moins sûr. Nous ne sommes vivants qu’en fonction de ce que nous rendons au vivant. Et qui en retour nous donne sa vie.

Je ne vois pas trace de cela dans ces événements si troubles. Je ne vois, et je ne suis pas le seul, que des fortunes qui jouent au casino et se font la guerre sur des malheurs, et des morts. Des prédations partout sans fertiliser la terre, et les hommes. Ainsi l’ humanité en lutte mondiale se croit maîtresse du Jeu, mais elle n’est pour l’heure que la proie souffrant pour rien, elle se mange elle-même comme un cancer. Cellule monstrueuse et suicidaire de son support.
Nous aurons du mal à dire que cette monstre est belle. Non, notre mort en aucun lieu n’est belle.

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