Carnaval tragique

L’art de cacher la vérité derrière des mots vrais. Faire semblant d’énoncer des vérités sans en révéler le contenu, la pensée contenue dans les propos. Ruse ou piège grossier…

Un mot me revient, lu quelque part : Accompli.
Un homme accomplit dieu, il n’est pas spécialement dieu dans sa personne, celle-ci reste humaine, mais il accomplit dieu dans le monde. Dieu vient dans le monde par lui, descend dans le monde par son truchement. Il se peut très bien qu’un nombre conséquent d’humains accomplissent ces missions là. Partout sur toute la terre, celle-ci se métamorphose, le monde s’ouvre alors à ces dimensions oubliées. Comme aux origines.

Dans ces conditions nouvelles, on peut parler de liberté. Ce n’est plus cette capacité à faire selon ses caprices, c’est juste obéir à quelque chose de bien, bien évident qui s’impose sans que personne ne vienne en dicter les conditions. Tout comme l’air qu’on inspire.
Là, il devient inutile de parler de dieu, par exemple, ou d’autre chose qui nous manquerait. On vit selon sa loi, on n’a personne à convertir, personne à punir. C’est comme une musique qu’on entend, et que nous n’aurions plus qu’à transcrire, ou chanter, spontanément, sans avoir quelque chose à cacher.
Nous n’aurions plus aucune honte de ce que nous sommes. Nous n’aurions plus besoin de conquérir des espaces vierges. Nous serions en phase avec la beauté du monde.
S’il en est ainsi, on peut alors parler de progrès. Par opposition à tout ce que nous vivons qui n’est que déchéance, dégradation des hommes enfermés dans leurs corps, et souillure de la terre devenue horrible. Les incendies, les inondations, les cataclysmes, les accidents nucléaires, les épidémies, tout cela est là pour nous rappeler à l‘ordre. Non pas cet ordre des hommes, mais exclusivement celui des dieux que nous sommes.

0

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.