L’illusion du bonheur, ou le pourquoi de la liberté


Il n’est pas possible de retrouver en nous cette dimension de l’esprit, si nous devions nous tenir aux condition fixées par des hommes, aussi acceptables soient-elle en apparence, selon des plans et des visées strictement matérielles, confortables ou sécurisantes, nous passerions à côté du champ de toutes les expériences, nécessaires à la vie, autant en bien qu’en mal, en peines ou en joies. Nous serions incapables de faire naître en nous la sensibilité et par conséquent la lucidité avec ses émotions. En quelque sorte nous serions perdus dans la platitude insignifiante des non-événements, ignorant des sommets et des profondeurs, animaux satisfaits dans leurs étables satisfaits de leur pitance. Bref, des entités strictement terriennes et rien que cela.
Nulle divinité ne pourrait plus habiter les hommes, séparé à jamais de cet état de l’être, de ses origines, et de son esprit.
Celui-ci, le royaume, le lieu où l’homme est censé régner ne pouvant qu’être extérieur à cette existence, aux choses manifestées visibles et invisibles, ou dans la profondeur de sa psyché et de sa mémoire, c’est à dire hors des limites strictes de l’existant, nous serions retenus dans ces limites sans moyens pour pouvoir redécouvrir ce divin en nous.
Sans cette liberté causant du bien et du mal, et nous mettant face à des choix, face à nous -mêmes en quelque sorte, rien ne peut susciter une prise de conscience ou un éveil.
Nous serions prisonniers de l’illusion du bonheur, mais cet état ne saurait être qu’un vrai malheur.

Je songe à l’âme. L’âme n’est pas dans le corps. Il faut au corps ce vécu pour rejoindre son âme. Ce vécu ne peut pas être canalisé, tout comme un fleuve pour être vivant ne peut l’être.

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