Dans la nuit profonde

Il est toujours assez stupéfiant de rencontrer des coïncidences improbables, à plusieurs reprises, ces minuscules faits nous étonnant, nous obligeant à nous poser quelques questions. On ne peut les produire à « volonté ». Ils se présentent à nous comme des indices, des signes. On ne peut pas les évacuer comme simples hasards gratuits. Nous voilà donc prévenus.

Tout ceci semble sans importance face au déroulement des événements du monde, dans leur ampleur catastrophique, que les pouvoirs politiques essaient de juguler, dans le meilleur des cas, ou aggravent s’ils sont animés d’intentions plutôt suspectes ou inavouables. Comme des intérêts cachés, des œuvres dignes des bas-fonds. Mais en fait personne de ce monde ne décide de rien, nul ne gouverne l’ensemble. Tout procède par touches obscures, sentiments venus des profondeurs, envies de vengeance, haines contenues, dispersées dans la multitude des cœurs, dans une espèce de lutte générale où chaque individu dans ces fonds là essaie de trouver les ressorts de son salut, ou de sa lumière, sans jamais s’en donner les moyens véritables. Vous me direz, quel pessimisme, si c’est le négatif qui est moteur du monde, quelle noirceur dans l’âme s’il en est ainsi. En effet, c’est tout noir. Tout noir dans la boue de nos corps en proie aux corps obscurs. Quand nous n’avons pas retrouvé notre cœur. Errant dans la nuit donc. Ça, c’est le point en croix, le point crucial, le fondement de notre âme non délivrée, séparée d’elle-même. Traversant les eaux noires de l’oubli.

Mais non, nous ne sommes pas oubliés, nul être n’est oublié, si nous voulons bien nous souvenir. Et laisser tout ce qui nous fait tomber. Le diable, le prince de ce monde, c’est l’insignifiant qui tente le monde. Et bien évidemment, il a des représentants en nombre parmi les hommes, avec ses valises diplomatiques, ses émissaires de toutes les espèces, ses agents doubles ou triples, comme dans les meilleurs scénarios apocalyptiques où le monde se tue. Où les foules courent comme des fous après le dernier fétiche sorti des usines, comme minuscule signe répondant à leur soif de divinité, dans une sorte de révélation éblouissante. Il se sait malin. Il ou elle, se sait possédée par une force plus grande, absolue, à laquelle il ou elle voudrait pouvoir obéir mais il ou elle ne peut pas sans se perdre totalement, comme une rupture de contrat avec la mafia, ne te laisse aucune chance de survie. Dès lors que nous renonçons au mal, se soumettre au bien demande un certain temps d’apprentissage. La conversion n’est pas immédiate. D’abord imperceptible, cette opération ne tient qu’à sa volonté propre, rencontrant les signes adéquats, comme quand on retrouve son cœur alors qu’on était mort.

Entre parenthèses, les œuvres d’art sont faites pour marquer les temps de ces signes, comme des témoignages de l’éternel en somme.

0

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.