Deux choses

Deux choses, l’esprit et la matière, deux mots signifiant deux choses contraires ou opposées, connues et inconnues ou l’inverse ?
La matière apparaît perceptible, l’esprit imperceptible. C’est comme s’il n’y avait personne.
Hier, par un coup du sort, tout ce que j’entrepris d’écrire s’est effacé, disparu. Cela existe-t-il encore quelque part ? Ce n’est pas important, ce n’était qu’une énième répétition des mêmes choses. Cela m’oblige à repenser à la fois au même objet, et à un autre.
Je songe à ce film qui se déroule dans nos yeux quand nous avançons et que le paysage se transforme, avec ces infinies perspectives et angles de vue. L’image perçue est-elle réelle ou une simple image se déroulant dans les temps. Parce que nous pourrions graver ces images sur du papier photographique, nous croyons que cette image est empreinte de réalité. Nous vivons pourtant dans un réel, dans notre cerveau, dans nos perceptions, se forment des images en nombre infini, et en qualité infinie. Tout est dans la même veine, les sons, les goûts, la salive sur nos bouches, les odeurs, toutes ces matières se gravent de façon éphémère dans la matière de notre corps, il n’y aurait donc que de la matière percevant de la matière. Nul esprit dans tout cela, ou alors un esprit comme un figurant sur la scène existentielle. Un esprit né de la matière. N’ayant nulle existence propre. Un esprit relatif, donc.
Il n’y aurait d’existence que la Matière en soi. Toutes les images dans nos imaginaires, ne seraient que des projections, des films sur une pellicule fine du temps et les membranes fragiles de nos cerveaux, de notre peau, de nos os ressentant des douleurs, tout ceci pourrait se nommer illusion ?
La matière ayant seule droit d’existence effective serait semblable à Dieu, en tant que créatrice. Ce ne serait plus comme avant lorsque nous disions que Dieu, l’Esprit est Dieu. Gardons tout de même l’esprit pour ne pas perdre trop la tête.

Même si ici, dans notre temps et notre lieu j’admets volontiers que « mon esprit » n’est que le fruit de la Matière, Mère. Elle nous a tout donné, tout comme elle nous retira tout. N’en restera-t-il rien ?

Notre esprit serait absolument inconsistant. Pourtant dans ce jeu si nous sommes récepteurs, nous sommes également émetteurs et transformateurs, nous diffusons, infusons dans le monde et dans notre corps des foules d’informations contradictoires, des œuvres, des mots, des formes, perceptibles, et générant des images. D’où nous vient cette capacité de dire, de quelle source ? Source révélant en elle même ses profondes pensées et productions dans la Nature.
Penser que la matière peut s’ensemencer elle-même et engendrer tout ce qu’elle contient, me paraît étrange, pour la simple raison que rien dans ce cas précis n’a d’importance. Rien n’a plus d’importance qu’une autre chose, le néant ou l’étant, revenant au même : Ce qui n’est pas étant aussi important que ce qui est. Quel serait alors l’étant de la matière ? Quel sens aurait son être ? ( pour le dire autrement )

Je ne doute pas qu’en elle-même la matière est parfaite. D’une exactitude en tous points et tous lieux.
Mais nous, dans notre cerveau troublé nous serions des anachronismes, des entités relatives en dehors de cette absolue matière, en dehors dans le sens où nous n’avons pas pénétré dans ses arcanes les plus intimes, et fait connaissance avec Elle ?
Tombés dans l’ignorance et l’absence d’Amour Pur, chuté dans l’insignifiance et l’errance, engendrant des souffrances sans fin ? Comme s’il n’y avait personne. Dans ces univers, ces multi-dimensions, ces infinies perspectives, illusoires, et qu’à jamais nous ne pourrons rien en connaître ou en savoir.
Savoir ou Voir ? Il ne suffit pas de l’œil pour voir, s’il n’y a personne pour voir ce qu’il y a dans l’œil ou dans l’image.

La conscience s’interpose entre la Matière et l’Esprit, On pourrait dire autrement. Dire qu’il y a un Esprit qui est conscient de lui-même, de même que la matière en elle-même est consciente d’elle-même. qu’il s’effectue une relation entre les deux, pour toujours, dans un jeu éternel.

Un éternel jeu de Deux.

L’Un seul est le Jeu , et ne nous laisse pas seul. Si nous le sommes, c’est le malheur. Ce n’est plus du jeu.


Bon, c’est grosso modo, ce qui a disparu hier, et d’autres choses peu importantes. Comme cette idée là, que la matière ne devrait pas être ravalée au rang de chose sans esprit. Et inversement.
Dans tout ceci, ces mots assez désordonnés, il y a également la question de la possession, de l’appropriation, de la propriété, ce qui relève de la relation et des fonctions que nous entretenons au sein de la Matière, et selon notre Esprit, et par conséquent beaucoup de confusion. 

 

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