Le piège qui se tend

C’est comme un piège, une prison. On dit que cela vient du mental, de notre ego, je veux bien, mais cela ne nous délivre pas. Tout s’aggrave bêtement et méchamment. Cela tourne au vinaigre et au malheur. On sait ce que pouvait être une vie simple sans histoire. Mais quelque part nul n’en a voulu. Une vie sans trop de maladies, ni de catastrophes qui n’en finissent jamais. Où nous avions simplement le temps de respirer et de tourner notre regard vers des horizons lointains et mélancoliques, empreints de joies et d’amusements. Serait-ce la Muse qui nous fit défaut ?
Nous sommes devenus otages dans le fatras des objets des conditions qui se sont imposées, habitués à toutes ces nocivités. Nous ne pouvons plus nous passer des sécrétions de la Machine, elles se sont imposées à nous, comme des « nécessités ». Nous devons y consacrer la majeure partie de notre temps et de notre énergie, et si nous ne le faisons pas, nous tombons dans le vide, dans une misère noire. Chômage, désœuvrement, pauvreté, avec tout cela a pour effets comme violences, et comme esclavages dont les plus malins croient tirer un avantage et une supériorité. Très illusoire et très éphémère. Les mieux lotis se croient à l’abri, se sentent protégés dans leurs demeures sécurisées, ou par le déploiement des forces policières, ou des mensonges diffusés à longueur d’antenne, pour essayer de faire dormir la Bête. Nous avions pourtant été prévenus de tout cela. Du moins si nous voulions savoir quel est le sens des événements, où ceux-ci nous conduisaient. Il y a suffisamment des films, de livres qui ont dressé le tableau des temps futurs aujourd’hui présents. Nous avons également su ce que fut notre passé, ces histoires, nul besoin d’en connaître les multiples détails, c’est éloquent dans l’horreur et les massacres. Nous ne trouverons pas non plus les causes même en fouillant plus au fond. Ce sont toujours les mêmes. Non pas les mêmes gens, bien plus les mêmes fautes qui se répètent. Dans ce sens, cela relève du « mental », mais pas exclusivement du mien.
D’ailleurs, puis-je dire que le mental m’appartient ? Ne serait-il pas au contraire à tout le monde ? Dans ce cas nous aurions un mental sacrément déchiré, désuni, délabré et maladif dans cet ensemble, un mental éteint. Comme une flamme éteinte impossible à ranimer dans ces conditions.
Ils ont raison ceux qui veulent changer les conditions, pour pouvoir ouvrir la prison. Mais sans doute ne savent-ils pas quelles conditions nouvelles doivent se mettre en place, pour autoriser la réanimation du monde.
Voyez, le monde a peur de cette réanimation. Et préfère conserver ce vieux monde mort ou endormi. Le réveil est forcément douloureux. On se trouve face un abîme vertigineux. On n’a plus les bases ou les assises pour pouvoir supporter cette immensité d’être, correspondant à notre être. On vit donc comme si cela n’existait pas, avec ces foules de gris-gris qui nous entourent, ou ces jouissances fugaces comme des feux de paille.
Alors, il y a ceux qui envisagent des conditions encore plus techniciennes, plus sophistiquées et contraignantes dévoreuses des énergies, pour ne pas perdre le contrôle de la Machine. Ou des marchés. Ou des dominations dans le monde, entraînant les gens dans une course de plus en plus absurde, des situations inextricables des nœuds.
Nul n’a la solution, si elle n’est pas à tous. Personne en particulier ne peut dicter sa solution, nul groupe ou système ou parti n’a de solution si les autres, opposés en apparence, ne l’ont pas. De même entre les états et les différents empires.
Je ne crois pas que les dénouements viendront des sommets entre chefs d’état. Il n’y a que si les hommes à la base reprennent en main leurs destins, et œuvrent. De façon à préserver le vivant au lieu où ils se trouvent, et en particulier dans leurs foyers.
C’est pourquoi au sein de nos maisons, nous devons prendre, si ce n’est déjà fait, soin les uns des autres. Et des Muses.
Et ne pas attendre.
Comment voulez vous trouver des issues si les muses ne nous inspirent pas ?

Voyez où « on » veut nous mener, avec ces drones pour remplacer les abeilles, ou travaux forcés derrière nos écrans, enfermés derrière nos parois de verre. 

Je ne saurais trop vous conseiller la lecture du livre de Zamiatine , « Nous autres « , il contient pratiquement tous les ingrédients de notre chute. Il ne dit pas comment nous allons en sortir. Là, cela ne tient qu’à Nous.

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