Hors la loi

Être hors la loi. Sans violer les lois de la république. Sans se soumettre à son arbitraire, son injustice. À ce qu’elle a d’insensé et de déséquilibré. Être hors la loi dans son esprit. Refuser les démesures que l’État impose, les dégâts que cause la machine étatique administrative inconsciente, sans humanité, machine ou système automatique, génératrice des monstruosités économiques, écologiques, juridiques, psychologiques dans tous ses excès et misères.

Un peuple c’est comme un seul homme. Doté de sa mémoire, de son génie, de son histoire. Il n’est pas bon d’enfermer un homme dans son passé. Un homme seul a plus de pouvoir qu’il croit, ou qu’il pense. Il y a très peu d’hommes sur terre. Qui tous désormais se connaissent, et à peine se reconnaissent.

Si vous obéissez à une loi supérieure aux lois de la République ou de l’État, cela ne doit pas impliquer que vous êtes un citoyen exclu, banni, sans disposer d’une place ou d’un espace pour y vivre et accomplir vos œuvres. La loi supérieure est non écrite, elle est spirituelle. Elle est dans l’âme, si on peut dire ainsi. Tout comme l’âme est hors de votre corps.

Votre corps obéit d’instinct aux lois de la nature. Les hommes obéissent aux lois de la république comme cellules d’un corps social, ces lois sont uniquement relatives à leur subsistance, et non relatives à leur volonté et leurs désirs ou leur être essentiel et véritable, ayant une forme absolue inviolable.

Si la république ou les états entravent ce cheminement possible, on est en droit de refuser, on ne peut que refuser dans notre esprit et notre conscience. En essayant de mettre en pratique nos actes et nos pensées, qui se tiennent dans la loi supérieure.

Les lois qui nous élèvent sont simples, pures et belles, elles sont vivantes. Les lois des états et des nations, les lois citoyennes ne sont pas nécessairement mauvaises, mais les hommes qui les emploient les utilisent pour leur profit sans rendre justice, pour des intérêts primaires, grossiers, qui nous font tous chuter si nous ne nous y opposons pas.

D’ailleurs, tout système atteint des limites infranchissables. Une automobile ne pourra pas faire plus que ce qu’elle sait faire. Elle ne peut plus progresser. Comme un outil ni plus ni moins, comme un moyen et non comme une fin. Toutes ces productions terre à terre sont arrivées à leurs termes. Comme un piège grossier, un rets visible et sidérant. Comme une machine de guerre qui sait pertinemment qu’elle se suicide si elle se met en route. Si elle déclenche, elle se tue elle-même.

C’est pourquoi partout tous les hommes se lèvent et disent non.

C’est que les hommes sont comme un seul, chacun cherchant sa loi vivante, sa liberté.

Cela pour faire une assemblée également vivante, qui sait ce qu’elle fait.

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