État des lieux

Si nous voulons faire quelque chose pour soigner la terre faut-il d’abord faire l’inventaire des maux, comme on établit un diagnostic sur l’état du malade, et sur sa bonne santé. Essayons de nous souvenir de ce que nous avons rencontré comme catastrophes, ou comme cancers ayant endommagé le corps planétaire :
-Les sables bitumineux de l’Alberta
-Tchernobyl et Fukushima
-Bopalh, Minamata, Azf, Beyrouth etc. ( ce serait absolument utile de dresser une liste exhaustive )
Partout ce ne sont que trous et extractions, exhumant des corps chimiques impropres à la vie sur terre, ou que la terre et les êtres vivants ont du mal à digérer, affectant les organismes, en les éliminant. S’il y a le réchauffement, il y a surtout cet empoisonnement préjudiciable et pratiquement irréversible. Tout comme une coupe rase d’une forêt primaire rend le sol stérile par la latérite et le fer. Ou comme la raréfaction d’une espèce fait qu’elle ne peut plus se reproduire. Cela, tous les naturalistes le savent.
Pourra-t-on vivre encore cent ans, mille ans à ce régime là ? Nous n’aurions plus aucune chance. Nous serions sur une dalle de béton ou une pierre tombale, agonisant. Envahis progressivement de déchets plastiques, de métaux toxiques, de gaz délétères. Bref, la vie sur terre aura disparu. Il ne resterait que nous au milieu d’un désert et d’organismes nous rendant malades, de toutes les maladies possibles et inimaginables. Situation extrême déclenchant tornades, typhons, incendies, inondations, comme si nous vivions sur Jupiter avec ses torrents d’énergies. Mais nous ne serons plus ici pour le voir.
Tout ça pour dire que le vivant naturel étant disparu, nous disparaîtrons à notre tour. Ce serait un échec existentiel, ou essentiel ? L’existence a-t-elle produit l’essence espérée et souhaitée ou souhaitable ? Ou bien les êtres essentiels ont-ils su mener à terme les existants ? Et nous conduire par sagesse et mesure à une existence saine, une pensée sereine, et une élévation de notre esprit vers une vie plus grande.
Non, pour l’heure, nous sommes encore engoncés dans des besoins primaires d’objets, d’or, de verroterie, et pour une large part avons oublié la dimension du rêve ou de la beauté, exceptée celle qui nous fait désirer, et donne à jouir. Ceci enfermé encore dans nos corps. Pas encore sublimé. Attaché à des pierres. Ou sur notre rocher.

État des lieux encore plus catastrophique si l’on continue dans cette direction, en croissant.
Le nombre croissant de gens engendre une demande croissante, insoutenable malgré les mensonges de la transition énergétique.
Il fut un temps où nous suivions le Calypso ; il était question de protéger les animaux marins. Maintenant il est question de sauver ce qui reste, s’il n’est pas trop tard. De même nous suivions les médecines douces qui pouvaient nous tenir en bonne santé, et aujourd’hui il est question de ne pas se faire injecter des poisons dangereux, si nous voulons encore vivre.

Si nous savions tous les maux, tous les effets des maux dans le monde, les souffrances des hommes et des femmes qui en résultent, les troubles psychiques, comme un tableau clinique, cela nous désespérerait et frapperait d’impuissance, si nous ne savons pas ce qui peut nous délivrer, nous sortir de cette impasse dramatique sans mourir.
Seul le Haut peut nous sauver de ce très mauvais pas. Comme une lumière quand nous sommes au fond du puits, et qu’il y a une corde.
La question donc relève de la corde, non pour nous pendre. La violence et l’ignorance des hommes et femmes politiques, des pouvoirs tout court, leurs mauvaises volontés intéressées par le luxe et la dorure, n’apporteront pas les réponses souhaitées par l’immense majorité tenue à l’écart et sous informée. Réduite à la soumission. Et à la mise en fiche et en carte perforée, comme si nous n’étions que des cheptels qu’ils gèrent.
Depuis combien de millénaires les hommes ont été esclavagistes ? Et où ne le furent-ils pas ?
C’est de cela qu’il va falloir se débarrasser, la position d’esclave n’est nullement propice à une élévation, c’est à dire une évolution de notre esprit, ou de notre âme. Celle du maître-esclave non plus, c’est strictement la même à quelques nuances près.

Alors, comme disait Diogène, cynique, je cherche un Homme.
On en trouve…

Ce haut, cet oméga n’est pas ce O de T. de Chardin technologique machinique, non, c’est le Ô de l’émerveillement qui se trouve dans les profondeurs quand on sonde.
Cela demande un peu d’effort, mais pas excessivement. Le salut n’est nullement surhumain.

Il n’y aura jamais d’Homme si la femme est tenue en esclavage, et si elle ne se délivre pas, non pas des hommes, mais de ce qu’elle ignore, elle aussi. Elle aussi au fond du puits. Après tout elle est également un homme, à quelques nuances près.

Le piège qui se tend

C’est comme un piège, une prison. On dit que cela vient du mental, de notre ego, je veux bien, mais cela ne nous délivre pas. Tout s’aggrave bêtement et méchamment. Cela tourne au vinaigre et au malheur. On sait ce que pouvait être une vie simple sans histoire. Mais quelque part nul n’en a voulu. Une vie sans trop de maladies, ni de catastrophes qui n’en finissent jamais. Où nous avions simplement le temps de respirer et de tourner notre regard vers des horizons lointains et mélancoliques, empreints de joies et d’amusements. Serait-ce la Muse qui nous fit défaut ?
Nous sommes devenus otages dans le fatras des objets des conditions qui se sont imposées, habitués à toutes ces nocivités. Nous ne pouvons plus nous passer des sécrétions de la Machine, elles se sont imposées à nous, comme des « nécessités ». Nous devons y consacrer la majeure partie de notre temps et de notre énergie, et si nous ne le faisons pas, nous tombons dans le vide, dans une misère noire. Chômage, désœuvrement, pauvreté, avec tout cela a pour effets comme violences, et comme esclavages dont les plus malins croient tirer un avantage et une supériorité. Très illusoire et très éphémère. Les mieux lotis se croient à l’abri, se sentent protégés dans leurs demeures sécurisées, ou par le déploiement des forces policières, ou des mensonges diffusés à longueur d’antenne, pour essayer de faire dormir la Bête. Nous avions pourtant été prévenus de tout cela. Du moins si nous voulions savoir quel est le sens des événements, où ceux-ci nous conduisaient. Il y a suffisamment des films, de livres qui ont dressé le tableau des temps futurs aujourd’hui présents. Nous avons également su ce que fut notre passé, ces histoires, nul besoin d’en connaître les multiples détails, c’est éloquent dans l’horreur et les massacres. Nous ne trouverons pas non plus les causes même en fouillant plus au fond. Ce sont toujours les mêmes. Non pas les mêmes gens, bien plus les mêmes fautes qui se répètent. Dans ce sens, cela relève du « mental », mais pas exclusivement du mien.
D’ailleurs, puis-je dire que le mental m’appartient ? Ne serait-il pas au contraire à tout le monde ? Dans ce cas nous aurions un mental sacrément déchiré, désuni, délabré et maladif dans cet ensemble, un mental éteint. Comme une flamme éteinte impossible à ranimer dans ces conditions.
Ils ont raison ceux qui veulent changer les conditions, pour pouvoir ouvrir la prison. Mais sans doute ne savent-ils pas quelles conditions nouvelles doivent se mettre en place, pour autoriser la réanimation du monde.
Voyez, le monde a peur de cette réanimation. Et préfère conserver ce vieux monde mort ou endormi. Le réveil est forcément douloureux. On se trouve face un abîme vertigineux. On n’a plus les bases ou les assises pour pouvoir supporter cette immensité d’être, correspondant à notre être. On vit donc comme si cela n’existait pas, avec ces foules de gris-gris qui nous entourent, ou ces jouissances fugaces comme des feux de paille.
Alors, il y a ceux qui envisagent des conditions encore plus techniciennes, plus sophistiquées et contraignantes dévoreuses des énergies, pour ne pas perdre le contrôle de la Machine. Ou des marchés. Ou des dominations dans le monde, entraînant les gens dans une course de plus en plus absurde, des situations inextricables des nœuds.
Nul n’a la solution, si elle n’est pas à tous. Personne en particulier ne peut dicter sa solution, nul groupe ou système ou parti n’a de solution si les autres, opposés en apparence, ne l’ont pas. De même entre les états et les différents empires.
Je ne crois pas que les dénouements viendront des sommets entre chefs d’état. Il n’y a que si les hommes à la base reprennent en main leurs destins, et œuvrent. De façon à préserver le vivant au lieu où ils se trouvent, et en particulier dans leurs foyers.
C’est pourquoi au sein de nos maisons, nous devons prendre, si ce n’est déjà fait, soin les uns des autres. Et des Muses.
Et ne pas attendre.
Comment voulez vous trouver des issues si les muses ne nous inspirent pas ?

Voyez où « on » veut nous mener, avec ces drones pour remplacer les abeilles, ou travaux forcés derrière nos écrans, enfermés derrière nos parois de verre. 

Je ne saurais trop vous conseiller la lecture du livre de Zamiatine , « Nous autres « , il contient pratiquement tous les ingrédients de notre chute. Il ne dit pas comment nous allons en sortir. Là, cela ne tient qu’à Nous.

C’est qu’il ne faudrait pas perdre la boule

Ne pas perdre la tête, ce n’est pas prendre la tête, ni se la prendre, s’obséder, c’est juste ne pas perdre la boule, la vie sur terre. Aller jusqu’au bout, à la ligne d’arrivée. Là, elle se franchit tout seul.
Le temps, fonction de l’espace, l’espace fonction de quoi ? Les deux forment le repère de la dimension où nous vivons, évoluant ou non. Le présent n’est en rien subjectif, il est partout présent. Ce qui est subjectif, c’est notre mémoire du temps présent, notre présence d’esprit, notre appréhension des instants et des choses, mémoire visible dans le miroir de l’espace.
Si nous sommes ici, c’est parce que nous avons quelque chose à franchir, sans perdre cette présence. Sans succomber dans l’oubli, dans l’absence ou la folie, qui effacent tout de nous, toutes nos traces et repères, nous serions revenus à l’état de poussière, comme nos cendres. Toutes nos pensées, nos amours, nos paroles, et nos fêtes, nos joies retombées, parce qu’elle ne furent pas exactes ou empreintes de vérité, il faudra reprendre à zéro, au début de ce que nous sommes en vérité. Cela passe vite, cela revient très vite, nous ne pouvons nous défaire absolument de ce que nous sommes dans l’absolu de notre âme. D’abord parce que dans ces univers nous ne sommes pas seuls, et que les présents veillent, nous réveillant et nous mettant dans la situation de veilleur à notre tour, des autres, et de l’ensemble. Nous nous soutenons dans cette ascension, et si parfois nous chutons, il reste quelqu’un pour nous relever, si ce n’est ton tour de relever l’autre. Chaîne.
Ce qui est au-delà n’a pas d’importance pour le temps présent. Ce qui importe ce sont les présents, ayant leurs passés propres et leurs futurs à construire, qui déterminent la vie sur terre et la vie au-delà. Il ne faut pas que cette vie ne soit qu’un gâchis misérable. Nous en avons eu notre dose, il me semble. Ces souffrances infligées dans les cœurs, les corps, les naufrages, les violences, ce défilé de cadavres et de corps calcinés, cela ne suffit-il pas ? Que faudrait-il pour que nous cessions de torturer notre prochain, et qu’au contraire nous soyons pour lui source de consolation, sans l’ombre d’un doute ou d’un soupçon. Sans lâcher ce que nous avons de bon, sans trahir ou renier. Nous avons certainement fait notre part de mal dans le monde, que nous ne pourrons que regretter à jamais. Nous avons aussi la part de bien que nous n’avons pas fait qui serait source de remords. Comment pouvons-nous nous penser plus blancs que ce que nous sommes, ou plus noirs ? Nous serions alors bien grisés par cet aveuglement. Et nos actes et pensées seraient de la même teinte sinistre, d’un mauvais mélange.
Nous aurions perdu tout discernement, ou autrement dit la boule.

Bon, continuons à sonder. Nous avons beaucoup à pêcher.

Dia loguer avec son âme, voilée.

Si tout est flot, ou flux, si tout passe, ou passera, rien ne reste, nulle permanence, nulle constance sur les flots, comme si il n’y avait personne à marcher sur les eaux. Pourquoi les hommes redoutent tant la mort ? cette épine dans le cœur de celui qui demeure pendant que l’aimée ou l’aimé part ?  ou peut-être dans le cœur de celui qui part, et doit laisser derrière lui ceux qu’il aime. Pourquoi aussi ce désir d’immortalité présente en chacun, désir de sacré, de non profané, c’est à dire de non souillé, périssable corruptible et en définitive non mortel, inaltéré ? Se penser comme éthéré pur, évanescence pure, dans un état confondu avec les flots dansants, fusionné avec ces mouvements, d’étoiles et de corps atomiques, d’infinies poussières, autant dire sans nul centre, mais dispersé en tous lieux et points de l’univers, sans distance, ni le moindre recul dans tout ce qui existe, est-ce exister un peu ? Là, cela me semble exister à peine, et subir profondément l’inconsistance de toutes choses, devenues vaines. Nous serions alors des fantômes errant, sans objet. La souffrance n’est pas la fin, la maladie ou le mal, n’ont nulle éternité, tout arrive à se résorber à la condition que nous y mettions du notre. 

Appeler ces deux de leur nom

La Matière, disons la Nature est passive, acceptant tout. Dans une certaine mesure, parce qu’elle ne peut mourir.

Mais nous, nous pourrions mourir ou disparaître. Nous appelons donc quelqu’un pour que cela ne soit pas ainsi. Celui qui vient entre en résonance avec ce que nous sommes, avec notre esprit pris qui voudrait se délivrer.

Celui qui vient, ouvre le chemin.

Savoir lequel est le Chemin.

En quelque sorte, c’est l’esprit qui vient ranimer la Terre. Et c’est très exceptionnel. Nous pourrions dans ce sens retrouver cet esprit perdu, par ces ensembles de signes envoyés, qui redonnent à tout ce que les hommes expriment, un sens plus précis, plus lumineux sur lequel nous pourrions nous fonder.

Dans cette lecture des choses, rien n’est inutile, et rien n’est perdu. Sinon nous nous fourvoyons bêtement.

Question d’âme.

Entre les deux

Nous sommes entre les deux, plus ou moins,

plus ou moins égarés.

Plus que moins. Déséquilibrés.

Rivés à la matière, et n’en sortant pas.

Crispés sur nos certitudes et n’en démordant pas, c’est à dire nous mordant les uns et les autres selon cette Nature qui nous possède.

Il y a une forte dissymétrie dans le cours de notre existence boiteuse. Le malheur étant toujours plus fort que le bonheur, la solitude nous plombant sérieusement, de même que cette impuissance. sans parler de ces nombreux échecs qui jalonnent notre perdition.

Comme si nous étions enfoncés à jamais dans l’épaisseur obscure des choses matérielles nous rendant fous. Comme si dans un sens nous avions perdu L’esprit. 

Alors dans ce drame perpétuel nous appelons, nous faisons appel soit à la pureté de l’Amour, ou de l’Esprit, pour nous délivrer de tout cela.

Pour éviter le pire.

Deux choses ou deux êtres

Pour prolonger cette méditation sur ce Deux, dans un seul, voici.

Nous, puisqu’il s’agit de nous, qui sommes en Jeu et Enjeu dans ce jeu, nous ne savons être que deux, distincts, et uniques à la fois. Étonnante contradiction en nous-mêmes.

Unique et incomplet. Aimant ou mal aimant, boiteux. Mettons que nous aimions, pour le mieux, ce qui en soi ne serait pas si mal. Mettons.

Il se trouve que nous avons une Nature mâle et une autre femelle, que nous avons par conséquent, un aspect créature et un autre créateur. Géniteur et génitrice. Engendré par la Mère. Serions-nous sans Père ? s’il n’y a de toute éternité que la matière, que la Mère.
Les Esprits ne seraient que des fonctions au sein de la matrice mathématique créatrice.

Ce n’est pas tout à fait ce que les spiritualités nous enseignent. Elles accordent à l’Esprit une existence propre, et vont jusqu’à l’assimiler à Dieu, Pur esprit. 

Il y a une sorte d’opposition frontale entre matérialisme et spiritualisme, pour ne pas dire entre Patriarcat et Matriarcat, cela compris en dehors des catégories sociologiques, ou des faits de société. Père céleste ou Mère céleste, retrouvant dans l’humain deux genres, père ou mère, en désunion ou en union.

Ou les deux ? 

Deux choses

Deux choses, l’esprit et la matière, deux mots signifiant deux choses contraires ou opposées, connues et inconnues ou l’inverse ?
La matière apparaît perceptible, l’esprit imperceptible. C’est comme s’il n’y avait personne.
Hier, par un coup du sort, tout ce que j’entrepris d’écrire s’est effacé, disparu. Cela existe-t-il encore quelque part ? Ce n’est pas important, ce n’était qu’une énième répétition des mêmes choses. Cela m’oblige à repenser à la fois au même objet, et à un autre.
Je songe à ce film qui se déroule dans nos yeux quand nous avançons et que le paysage se transforme, avec ces infinies perspectives et angles de vue. L’image perçue est-elle réelle ou une simple image se déroulant dans les temps. Parce que nous pourrions graver ces images sur du papier photographique, nous croyons que cette image est empreinte de réalité. Nous vivons pourtant dans un réel, dans notre cerveau, dans nos perceptions, se forment des images en nombre infini, et en qualité infinie. Tout est dans la même veine, les sons, les goûts, la salive sur nos bouches, les odeurs, toutes ces matières se gravent de façon éphémère dans la matière de notre corps, il n’y aurait donc que de la matière percevant de la matière. Nul esprit dans tout cela, ou alors un esprit comme un figurant sur la scène existentielle. Un esprit né de la matière. N’ayant nulle existence propre. Un esprit relatif, donc.
Il n’y aurait d’existence que la Matière en soi. Toutes les images dans nos imaginaires, ne seraient que des projections, des films sur une pellicule fine du temps et les membranes fragiles de nos cerveaux, de notre peau, de nos os ressentant des douleurs, tout ceci pourrait se nommer illusion ?
La matière ayant seule droit d’existence effective serait semblable à Dieu, en tant que créatrice. Ce ne serait plus comme avant lorsque nous disions que Dieu, l’Esprit est Dieu. Gardons tout de même l’esprit pour ne pas perdre trop la tête.

Même si ici, dans notre temps et notre lieu j’admets volontiers que « mon esprit » n’est que le fruit de la Matière, Mère. Elle nous a tout donné, tout comme elle nous retira tout. N’en restera-t-il rien ?

Notre esprit serait absolument inconsistant. Pourtant dans ce jeu si nous sommes récepteurs, nous sommes également émetteurs et transformateurs, nous diffusons, infusons dans le monde et dans notre corps des foules d’informations contradictoires, des œuvres, des mots, des formes, perceptibles, et générant des images. D’où nous vient cette capacité de dire, de quelle source ? Source révélant en elle même ses profondes pensées et productions dans la Nature.
Penser que la matière peut s’ensemencer elle-même et engendrer tout ce qu’elle contient, me paraît étrange, pour la simple raison que rien dans ce cas précis n’a d’importance. Rien n’a plus d’importance qu’une autre chose, le néant ou l’étant, revenant au même : Ce qui n’est pas étant aussi important que ce qui est. Quel serait alors l’étant de la matière ? Quel sens aurait son être ? ( pour le dire autrement )

Je ne doute pas qu’en elle-même la matière est parfaite. D’une exactitude en tous points et tous lieux.
Mais nous, dans notre cerveau troublé nous serions des anachronismes, des entités relatives en dehors de cette absolue matière, en dehors dans le sens où nous n’avons pas pénétré dans ses arcanes les plus intimes, et fait connaissance avec Elle ?
Tombés dans l’ignorance et l’absence d’Amour Pur, chuté dans l’insignifiance et l’errance, engendrant des souffrances sans fin ? Comme s’il n’y avait personne. Dans ces univers, ces multi-dimensions, ces infinies perspectives, illusoires, et qu’à jamais nous ne pourrons rien en connaître ou en savoir.
Savoir ou Voir ? Il ne suffit pas de l’œil pour voir, s’il n’y a personne pour voir ce qu’il y a dans l’œil ou dans l’image.

La conscience s’interpose entre la Matière et l’Esprit, On pourrait dire autrement. Dire qu’il y a un Esprit qui est conscient de lui-même, de même que la matière en elle-même est consciente d’elle-même. qu’il s’effectue une relation entre les deux, pour toujours, dans un jeu éternel.

Un éternel jeu de Deux.

L’Un seul est le Jeu , et ne nous laisse pas seul. Si nous le sommes, c’est le malheur. Ce n’est plus du jeu.


Bon, c’est grosso modo, ce qui a disparu hier, et d’autres choses peu importantes. Comme cette idée là, que la matière ne devrait pas être ravalée au rang de chose sans esprit. Et inversement.
Dans tout ceci, ces mots assez désordonnés, il y a également la question de la possession, de l’appropriation, de la propriété, ce qui relève de la relation et des fonctions que nous entretenons au sein de la Matière, et selon notre Esprit, et par conséquent beaucoup de confusion. 

 

Ange ou démon

C’est terrible, tout ceci, si c’est terminé. N’aurions-nous jamais moyen d’échapper, ou de trouver notre rachat, de rester démon à jamais ? non, ce n’est pas possible, il doit y avoir, il faut qu’il y ait une issue, une épuration de tous ces maux engendrés. Certes, nous en paierons le prix. Nous avons une dette impossible à faire porter à autrui. L’innocence, la faute, tout cela est à nous, et chacun en a sa part, d’ange et de démon. Celui-ci, cette inconscience au fond de son trou noir, ne sait pas qu’il sert l’ange, ou dieu même par ses anges, il ne sait pas non plus qu’au lieu de laisser Dieu opérer il aggrave sa condition, son mal au fond de sa nuit, dans cette vengeance humaine, au lieu du pardon. Parce qu’il n’y a que Dieu* qui puisse juger. Et comment dire, faire que nous nous jugions nous-mêmes en vérité. La justice divine, la carte 8 du tarot, est inflexible,comme son épée. Nous, dans nos jugements et sanctions, ne pouvons pas savoir, de façon absolue si dans le châtiment nous ne commettons pas du mal à notre tour. Comment faire donc, si ce n’est de voir en soi, le mal profond qui nous mine, abyssal ? là, tout s’éclaire.

***

Quel est donc cet Amour de la guerre, cette envie de tuer et se venger ? Cela remonte aux origines, il n’y a pas d’autre cause. Nous avons dû mourir quelque part pour venir dans ce corps. D’ange devenir chair mortelle et souffrante, en proie à toutes ces choses sombres mêlées de plaisirs, de déceptions, d’espoirs trompés, d’amertumes, corps ambigus, mélangés, troublés, malheureux. Tombés dans le mal. Bêtises, méchancetés, haines, et amours, quelle purée dans nos têtes, nos mots et nos pensées, nos sentiments contradictoires. Et que dire du Monde entier dans sa folie collective qui nous happe et nous fait succomber.

***

Et puis, il y a celui qui se croit innocent, mais qui n’est que le pion d’un égrégore fantôme du Pur, se sent investi de la mission de rendre justice, des maux patents du monde, sans en connaître le moindre ressort initial, comme un médecin ignorant impose ses poisons et génère d’autres maux.

On n’en sortira pas, avec ces bagages pesants du passé. On en sortira que par le feu. tout comme il y eut des déluges, mêmes mythiques, symboliques forts pour notre esprit, ayant besoin de cela, comme de l’eau.

Ignorez-vous que Jésus baptisait par le feu du Saint Esprit ? Ce feu n’était pas pour faire mal.  » On ne baptise pas pour faire mal. »

Il ne s’agit pas d’un Feu nucléaire.

Nous, ce qui est possible pour nous, exclusivement c’est de pardonner aux autres des fautes humaines, pour nous délivrer déjà de ce poids et ne pas en rajouter en pensant faire Bien.

Notre faute essentielle, personnelle, n’est pas pardonnable. C’est notre face à face avec notre ange, si vous voulez. Ou le rachat de notre âme.

Si vous comprenez cela, vous verrez que les fautes humaines ne valent pas damnation éternelle.

*