L’ issue de secours

Admettons que la Nature n’existe pas, comme le prétend un certain anthropologue connu, qu’il n’y ait que de la culture. Les vivants qui nous précèdent ayant cultivé leur existence, nous cultivons la nôtre, sans savoir laquelle serait la meilleure possible pour nous. Notre culture aurait un sens, celui de nous conduire vers ce que nous aimons ou adorons, et qui nous satisfait. Ce qui est plutôt mal en point dans les conditions, passées et celles qui se présentent, nous sommes tellement bousculés et la proie de bien des choses qui nous rendent malheureux, et frustrés. C’est un trait humain de ne jamais se satisfaire de ce qu’il possède, de ce qu’il jouit, ou des questions et réponses qui se présentent à lui. De même que son état de santé très souvent maladif l’oblige à chercher des remèdes pour ne pas souffrir excessivement ou mourir. Nous avons construit des cités pour cela, des lieux où se concentrent tous les arts et les métiers, les architectures et les systèmes structurés afin de pouvoir nous mettre à l’abri, et répondre à nos besoins illimités. Cette soif de connaître est sans limite. Nous ne voulons pas demeurer dans l’ignorance. Nous aurions ce sentiment d’être dans la pauvreté, dans le dénuement et réduits à l’impuissance.
Si la Nature n’existe pas, néanmoins nous savons que la Terre existe. Nous ne connaissons qu’elle de façon certaine. Tout comme nous savons qu’un jour notre corps sera dissout dans le corps de la terre, ou en cendres. Serait-ce le Tout de l’aventure humaine et de sa pensée, de ses amours et de ses peines, des efforts qu’il a fourni pour se retrouver mangé par les vers, sans en savoir plus de l’au delà de la terre, ou de l’univers, ou de sa mort. De la mort même qui n’épargne rien ni personne, ceci du moindre atome jusqu’aux naines blanches ou galaxies.
Prenons la Terre, elle se découvre de jour en jour. On sait que ce n’est pas tout à fait un simple matériau inerte, comme le serait un navire perfectionné, avec ses soutes et ses moteurs, un vaisseau spatial complexe, suivant une trajectoire automatique, et rien que cela. On peut dire, par ailleurs que la terre est immobile dans un ensemble mouvant. Même si cette immobilité n’est qu’apparente, on voit bien que sur la terre tout est en mouvement, les airs et les vents, marées, tempêtes et montagnes, hommes et bêtes qui vont en tout sens de même que les plantes qui ne cessent de se mouvoir. On dirait alors que l’ensemble est animé. Que cette inertie n’est qu’une apparence, ce qui nous indique que la Terre est aussi dans un mouvement céleste. Mais dont la destination n’est pas très importante. Ce serait comme lors d’un bal, on danse, on tourne, on s’amuse et cela nous rend heureux. Et qu’il y a du monde au Bal. Toutes sortes de masques, et de personnages qui se révèlent. De telle sorte qu’ayant cultivé toutes ces choses nous trouvons la nature humaine, de même tout ce qui l’a composée.
Terre vivante et non Matériau inerte, univers vivant également, d’une autre vie que la nôtre.
Que feront alors ces forteresses et smart city de nous-mêmes, de nos amours, et de notre bonheur, à quelle guerre se livreront elles dans leurs forteresses de métal et de verres, ces navires débordant des pillages et des esclavages, des souillures qui tuent à la fois les hommes et la nature ? Et pourquoi se livrent elles à ces guerres, pour défendre quelle Vérité ? Et réduire les autres à néant.

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