Le bouc émissaire

Pourquoi donc ce sont toujours les innocents qui paient pour les coupables ? Serait-ce parce qu’il n’y a nulle innocence, même chez celui qui n’est coupable de rien, de nulle faute sur terre, et que les coupables viendraient rappeler cela aux innocents. ?

Les coupables aggravent leur culpabilité en faisant et disant mal. Les innocents se rachètent selon la réponse qu’ils donnent au mal qu’il reçoivent.

Les enfants ne peuvent comprendre en quoi ils peuvent répondre si ce n’est de souffrir. Et essayer de grandir dans ce qu’on leur impose. En théorie, la faute vient des parents sur cette terre. En réalité elle vient de tout le monde, qui ne prend pas soin des enfants comme il faudrait, qui deviennent ensuite des adultes négligents commettant à leur tour des fautes, cercle vicieux.

Je songeais aussi au fait que les coupables rejettent leurs maux sur l’innocent, croyant qu’ils ne leur arrivera rien en retour, comme on fait avec un bouc émissaire. C’est aussi pour cela qu’il y a des martyrs. Lâcheté et culpabilité. Coupables et victimes, inextricablement liés ? Là aussi c’est atroce et ne peut pas passer.

Il est difficilement acceptable de penser qu’un être quelconque puisse trouver que le mal est la seule nature des choses, comme étant le seul réel, le seul oxygène valable, que la souffrance, ou le néant est l’unique bien, l’état normal de l’existant. Et par conséquent que Tout n’agit que dans cette direction.

Alors que c’est strictement l’inverse. qu’il n’y a dans l’absolu que du Bien. Et des maux pour que nous tendions à nous y rendre, sans être facteur de maux.

À condition bien entendu que nous ne perdions pas le fil, que la coupure ne devienne irrémédiable, ou définitive, qu’il y ait encore assez de biens pour pouvoir choisir. Que nous ne soyons pas des automates guidés par une machine nous empêchant de faire bien ou de faire mal, tombant dans un très grande insignifiance, une indifférence d’où rien ne sort, nous serions alors des morts, n’éprouvant plus rien, ni bien ni mal.

Nous aurions Tout perdu. Nous nous serions perdu. Ce qui ne saurait être de la faute des dieux ou des anges, de dieu, de la Nature. Mais qui ne peut que Leur infliger un mal abominable, contre lequel ils ne pourraient plus rien.

Songez donc que le Tout ne peut être mal en soi. Ni même en contenir du tout. (ceci est contradictoire, en apparence seulement)

Faire mal aux dieux ?

Ils ne pourraient que nous le renvoyer, nous donner cette Réponse. Et pour la terre ce serait atroce. Où donc pourraient s’absorber, réduire à néant les maux, les souffrances, les brisures, la folie innombrable ? En supposant qu’ils soient à l’origine de toutes choses, comment cette origine pourrait elle garder en elle ces fonctions négatives, ces nihilismes, sans se détruire elle-même ? Cela ne se peut pas. Ce n’est pas dans sa volonté ( s’il y en a ) ni dans ses intentions ( idem )

Songez à Job. Il est « impeccablement » bien. Mais il encaisse des maux atroces, envoyés par Dieu. Pour son bien. Parce que le bien ne peut être qu’Absolu. Et que nous ne le détenons pas. Absolu il est hors d’atteinte. Que nous ne pouvons croire qu’ici il puisse Être. Et nous suffire.

Si nous évoluons, si nous grandissons, nous verrons que celui qui est la cause de tout, du bien, du mal, n’a fait en vérité que de nous obéir, que de nous donner ce à quoi nous aspirons, à vivre nos aventures, à accomplir ces moments étranges dans des zones incongrues comme sur cette terre, planète en fait qui est à l’image de l’univers. Mais c’est ici autre chose.

Mais dans le monde il est évident qu’il y a du mal et trop de peu de bien. Impossible à départager.

Ça se complique ( texte dédaléen )

Essayons d’être logique jusqu’au bout. Exercice impossible. Et simple à comprendre. Bien et mal sont inextricables. Compliqués si on n’est pas simple.

S’il y a le mal, il ne peut être venu que par Celui qui est la cause de Tout, ou qui compose le tout, la totalité. Et non de celui qui n’en sait rien, qui n’est cause que de ce qu’il sait, et dont il se souvient. Je parle de la cause du mal, je ne parle pas des maux consécutifs sur la terre. À l’origine du mal, il y a une cause dont nous ne nous souvenons pas, pas plus que de l’Origine dans son ensemble.

Nous avons échoué ici, sans mémoire. Mais les maux viennent nous rappeler, paradoxalement, quelque chose de pur et de beau, de l’ordre du divin oublié. Comme une aspiration à retrouver justement cette origine ou ce réel enfoui dans nos mémoires, où le mal est absent. Où les maux n’ont plus de pouvoirs.

Dans l’absolu, il ne peut pas y avoir de mal. Il ne peut y avoir que du Bien. Nous, nous sommes, nous existons dans le relatif fait du mélange des deux. Cela semble évident et impossible à contredire.


Le mal et la cause du mal sont une seule et même chose. En soi, ce n’est pas mal, c’est comme une décision, qui ne nous appartient pas, en fonction d’une cause plus grande et inconnue, un mystère peut-être qui assigne à la totalité un devoir, une obligation et un choix. Nous ne pouvons pas comprendre le bien et le mal, le positif et le négatif, si nous nous situons exclusivement dans cette existence relative, ignorant l’absolu.

De même l’absolu ne pourrait, s’il était (existait) dans ce relatif, être que mal absolu, en prétendant ou s’imposant comme bien absolu, un bien absolu authentique. Nous serions dans un bien/mal absolu, comme écrasés dans une pure Lumière. C’est ce que veulent les puritains, les intégristes, intolérants, qui ont perçu le bien absolu et voudraient qu’il soit là.

Ce Bien absolu serait un mal absolu, pour l’unique raison que cette existence est relative, faite de relations, d’échanges et de choix qui nous forment et nous apprennent à vivre ces choix. Qui seront à nous. Qui seront Nous dans ce relatif. Nous ne serions Rien si c’était l’Absolu Ici qui s’imposait par sa Présence, sa perfection si je puis dire.


L’absolu, cependant n’est pas totalement absent, il apparaît par signes furtifs. Il triche avec nous, en nous donnant des indices, pour que nous ne nous perdions pas totalement, et envoie des indicateurs par moments. Ce n’est pas gratuit. Celui qui reçoit ces signaux sait ce qu’il en coûte de faire bien, en fonction de ces plans supérieurs, sachant comme ils seront très mal reçus par ceux qui préfèrent la mort à la vie, le sommeil à l’éveil. C’est « normal », le choc existentiel insoluble est tel que le monde préfère l’anesthésie à l’opération sans anesthésie. l’inconscience à la conscience. L’illusion à la réalité. Le bien, l’absolu, la vérité inaltérée sont plus rudes que la mollesse ou la paresse, plus rudes que la violence dans les chairs, parce que cela implique la totalité de Ce que Nous sommes. En gros, l’Âme du Monde, l’âme vivante.

Ces intégristes qui ne veulent voir notre Monde que comme un mal, et ne voir un bien « vrai » que dans le divin, ces facteurs totalitaires du Bien sont par conséquent des facteurs des maux dans le monde. Le « bien » absolu se situant hors du Monde ci. Le Bien absolu étant un « idéal » que nous pouvons atteindre, mais nullement imposer dans le monde.

Diabolique cet homme qui veut rendre ce monde Parfait. Et « tuer » le mal. Ils tuent aussi le Bien.

Inversement. Dramatique est l’homme qui ne voit plus dans l’absolu un bien, ou un Bien dans l’absolu. Ni sur terre, dans le relatif, à cause de l’absence de bien sur terre. Qui ne voit la terre et les univers que comme un mal. Il voudrait tout détruire, tout effacer. Voire tout anéantir, de l’être, de l’esprit, de l’essence des pensées, sombrer dans l’abîme de l’oubli. Du non-être. Je me répète, plongé dans le trou noir, tout est noir, tout est absolument noir. Comme un puits sans fond, où l’on pense l’univers destiné à s’anéantir.

 

Dans ce qui précède on voit qu’il y a deux visions opposées, et qui sont toutes deux négatives. Par excès. Par démesure. Ces deux excès envahissent la presque totalité de nos existences qui nous prennent en étau. Ils sont tous deux extrêmement violents. Tranchés de blanc et de noir. Comme celui qui fait l’Ange fait la Bête.

Pour essayer de dire plus simplement.

Ici, nous n’avons qu’à lutter contre le mal, et faire du mieux que nous pouvons. Terrasser le mal en nous, cette mort qui nous hante et nous fait mourir. Nous délivrer du mal, et ceci ne se fait que les uns avec les autres. Là nous prenons conscience qu’il n’y a plus à proprement dit d’ennemi. Ou que celui-ci est extrêmement rare, en quantité. Mais puissant en capacité de nuisance. De contamination des esprits. De puissances maléfiques. De confusions et de désordres.

Un exemple se trouve dans nos maladies, dans ces minuscules lésions qui nous minent et nous font atrocement souffrir, qui gagnent du terrain sur un corps sain. Le mal, le diabolique est par essence infime, insignifiant, inaperçu. Certains le croient génétiques, ou l’attribuent à des mauvais esprits dits sataniques. Sans savoir de qui ils parlent, de quel Esprit ils parlent. Ni comment ils vont pouvoir inverser le négatif. Dans ce sens, ils alimentent le négatif.

Et puis, sans savoir nous avons pu faire mal. Par nos mots inappropriés, nos mots schématiques, nos prosélytismes, comme si nous pensions à la place de l’autre. Comme si nous savions ce dont l’autre avait besoin pour sa délivrance ou son bonheur. Faire mal par erreur, donc. Ou par croyance en un Bien que nous nous efforçons d’imposer, l’enfer étant pavé de bonnes intentions.

Celui qui sait le Bien

Celui là sait de quelle magie il s’agit, de la blanche ou de la noire. Magie spirituelle, exclusivement.

Bonne quand nous sommes touchés par ces instantanés et ces clins d’œil qui nous sont envoyés, comme par une Présence lointaine et néanmoins vivante. Bien aussi la Nature. Je disais la Nature à l’image de l’univers, on pourrait en dire de la Terre donc, et de l’homme et de tout. Par souci d’unité et de cohérence.

Je reviens sur l’incompréhensible fermeture de certains d’entre nous, qui restent figés dans leurs croyances, et voient du mal là où il n’y en a pas. Qui pensent mal par conséquent. Qui n’ont pas fait le pas. Et dans leur ignorance rejettent leur propre faute sur ceux qui apportent un bien, les enfants ente autres, les innocents, comme les indiens, les Pascuans, les peuples naïfs et natifs, les simples et désarmés, les doux.

Bon, tous ces mots s’avèrent compliqués.

L’effet papillon, c’est l’effet d’une pensée, d’une volonté et non pas l’innocence absolue d’une aile de papillon qui restera à jamais inoffensive dans le monde, du moins, sauf l’émerveillement qu’il procure, et nous autorise à le dire pour transformer le mal en bien, voyez…

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1 réflexion sur « Le bouc émissaire »

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