La vérité

La vérité ce serait comme une accumulation de mots formant des montagnes et grimpant sur ceux-ci nous nous trouverions face à l’absolu, ou alors ce serait comme le spéléologue creusant dans les profondeurs à la recherche de la première pierre ou du premier grain de sable sur lequel toutes les arches reposent ? De quoi devenir fou, d’accroître cette folie déjà bien installée. Ou bien l’angoisse de la mort, de la souffrance, de ne pas pouvoir s’en sortir, d’être mordu dans ce monde partout où nous irions.
Ce monde a quelque chose de diabolique, de si peu angélique. Le Monde ? qu’est-ce que c’est ? Comment se représenter, ou savoir ce qu’il est si on ignore Ce qui est au-delà du monde, en dehors, et en dedans ?
Le monde ne se pose certainement pas la question, vit très bien ici et dans ces conditions, se suffit à lui-même, se nourrit et puis meurt, et pleure, mais ne veut pas être dérangé dans son existence présente.
Le monde aspire à se débarrasser de ses chaînes. Pour cela se déchaîne, produit des montagnes de ruses et maléfices, de monnaies, de marchandises, d’envoûtements, de drogues et de poisons, de feux dans la matière, de brûlures dans les corps, le monde fournisseur d’épines, piétine la rose.
Que pourra donc le poème ou le sage message des étoiles, l’image, le chant, face aux montagnes de mots qui édifient leurs tours et les prisons, en nombre. On dirait qu’au fond le monde s’en fout.
Je ne confonds pas celui qui est touché et ému, celui aime et pense, celle qui prend soin des autres et d’elle-même, avec cet ensemble indifférent et grotesque prétentieux régnant ici bas, cet ensemble mort figé dans ses mots et ses lois, inamovible, pétrifié dans son orgueil et sa morgue, son arrogance de bête aux contours stylés, ses beaux costumes déguisés, ses néons et ses édifices illuminés flambant neuf, ses industries et ses camps de travail.
Qui donc règne dans Ce monde ? Sans « Lui » il n’y a plus rien.

Qui donc luit ?

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