Réponse à une amie

Chère amie,

Songe que s’il n’y a rien avant, rien après, de même qu’il n’y aurait plus rien dans le passé, ni dans le futur, il ne resterait que ce temps présent s’abîmant entre deux néants n’ayant nulle réalité, que tout ne serait donc qu’un songe disparu avec les univers, une fois ceux-ci éteints, selon ce que les lois de la physique nous enseignent. 

Pourquoi lutter, résister à la décomposition, aimer si tout cela doit s’anéantir ? De même si tout doit retourner dans les cieux et autres paradis de façon quasi inéluctable, quel serait alors le sens de nos peines, de nos efforts, et de nos souffrances, de même que cette volonté de bien, ou ce rejet du mal ? Tout serait déjà joué sans nous, si nous n’étions que ce corps coincé dans un présent, qui si on examine celui-ci à la loupe n’a guère plus d’épaisseur que ce que la physique (encore elle) nous dit, à savoir ce ridicule temps de Planck, insignifiant.

Mettons, Une fois dans ce néant, si nous arrivions à nous y rendre, nous ferions un coup magistral à savoir, anéantir le peu qui existe dans ce présent.

Bref, Tout serait Rien, il n’y aurait rien du tout.
Ce qui est assez contradictoire avec ce qui existe, même dans le minimal de nos rêves.

D’où l’intérêt pour ce printemps des poètes, n’est-ce pas, qui donnent à entendre ce qu’on ne perçoit pas toujours. L’intérêt de tout, en opérant des choix, si nous avons la chance de les avoir.

Bises

E.

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