Épuration obligée

Nous parlons souvent, trop souvent pour ne rien dire, ou en vain. Nous nous épuisons à ce jeu là. Les conditions sans doute ne se prêtent guère à faire renaître en nous nos rêves, soit que nous sommes tenus à l’écart, soit que nous nous replions sur nous-mêmes, sans oser affronter le froid glacé ou les pesanteurs des tâches, comme si nous avions perdu les énergies qui nous permettent de vivre ou d’espérer, sachant combien le temps est infranchissable. Pourtant, il y a les arbres nos alliés précieux, même si la montée est raide, presque verticale. Et nous sommes à bout de souffle. Voyez cependant derrière la vitre de nos rêves la beauté et la renaissance des désirs ou de l’amour, de la jeunesse, et des rapports possibles qui rendent la vie heureuse. Nous ne savons pas ce qui se trame en secret, cela surgit inopinément, magique. Certes, les apparences sont contre nous. Comme une défaite, et des méfaits. Derrière ces nuages le soleil œuvre. Nous pouvons le penser, sans doute à condition de nous retrouver parmi d’autres, comme si nous étions un seul homme. Un seul corps, évoluant. Cette question de la pureté ou plus sûrement d’une épuration de nos sentiments, se défaisant de ce qui nous pèse, sans rien rejeter, sauf nos maux dans cette difficile ascension.

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