Les enfers

Pourquoi ces enfers sur terre, et si ce mot enfer vous gêne, pourquoi ces souffrances et ces maux infligés ? Comme si nous devions passer par là ? Par ces lieux où nous sommes déchirés, brisés, dans nos chairs, et dans nos âmes. Dans ces profondeurs des chaos faire en sorte de ne pas totalement nous dissoudre ou succomber ? Profondeur d’un puits qui nous pousse à appeler et faire vivre la lumière et la vérité. Des choses triviales, il n’en restera rien, que des sentiments d’absurdité, et de poussières, masses de gravats. Il ne restera rien, tous nos maux seront effacés, tout sera effacé, tombé dans l’oubli*. Ceci n’est pas grave. Il y a un au-delà. De ce lieu, terre promise, qui donc ne s’en souvient pas ?

Les systèmes religieux voudraient nous faire croire en dieu, sans nous dire que ce dieu c’est nous. Et qu’il passe nécessairement par « moi ». Chacun d’entre nous ayant le sien, son « moi » à soutenir, à ne pas perdre dans les torrents. Remarque en passant, si nous avions cette conscience aiguë du « moi » , nous aurions aussi celle des autres, et par réciprocité ne ferions pas autant de maux dans le monde, comme si c’est à nous que nous l’infligions.

Comment expliquer cela, à partir du « moi », de cette identité ? Ou de cette conscience, précisément ? Sur le sommet du conscient, il n’y a pas de séparation, il y a unité entre tout. Il ne peut y avoir que cela. L’un et l’autre sont du même sans être le même. C’est dans le non-conscient qu’il y a cette impression, le fait de la séparation. Impression, comme un film imprimé.

Le « moi » ne peut pas se vouloir de maux**. Ou se vouloir mal, ce serait insupportable, insoutenable, ce moi s’effondrerait automatiquement. Le mal étant un « absolu ». une progression vers l’abîme.

Vous pourriez me répondre que ces univers sont déments d’avoir cette structure, architecture du mal et du bien, au lieu d’être simplement « bien », totalement bien. Il y a une dissymétrie, qui nous oblige à choisir. Exactement comme on s’oriente, et progresse vers la lumière ou vers la nuit.

Nous n’avons pas à obéir à ces appareils absurdes et ces machines des pouvoirs, des savoirs, ou des dogmes. Nous n’avons qu’à obéir à cette conscience d’un bien, qui peut s’entendre avec ces humanités, vivant entre les deux eaux, du bien et du mal.

J’en suis encore à me demander de quelle utilité sont de tels propos…

*Regarde comme nous avons oublié ces blessures, elles sont là, mais ne nous font plus souffrir, elles sont comme oubliées.

**Celui qui jouit du mal qu’il s’inflige, ou qu’il inflige aux autres, cette damnation voulue, insistante, que veut-il, que cherche-t-il dans ce néant, cette folie, cette absolue rupture avec la totalité de l’être, comme si cela se pouvait, sans passer par une souffrance infinie, se heurtant à l’immensité des univers. Ceux-ci, n’oublie pas, n’ayant nullement l’intention de se laisser anéantir.

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