Tout vivre, mais pas n’importe quoi

Nous ne saurions plus vivre, nous en aurions perdu le sens, nous ne trouverions face à nous que notre mort ou cette malheureuse déchéance. Et pourquoi donc ? nous avons pourtant été prévenus de ce qu’il fallait faire ou ne pas faire, croire ou penser. Comme si les enseignements étaient relatifs, ou douteux. Ce n’est pas vrai, il y a des lois, des ordres, des conditions à respecter.

Livre de l’Evangile selon Thomas – Loggion 7.
1 Jésus a dit :
2 Heureux est le lion que l’homme mangera,
2 et le lion sera homme ;
4 et souillé est l’homme que le lion mangera,
5 et le lion sera homme.

On dirait que les hommes n’ont absolument pas tenu compte des textes « sacrés ».

Il est dans l’ordre des choses que nous puissions nous nourrir de tout ce que la terre nous donne. Nous ne sommes pas une nourriture pour la terre, son fumier.

Il est question de l’âme des hommes, des devoirs respectifs, qui ne sont pas n’importe quoi. Nous édifions nos corps, avec ces nourritures terrestres, ces corps qui doivent être morts pour que nous puissions maintenir le notre en vie, Ce sont nos vies qui sont en jeu, pour en faire du vivant. pour que nous sachions ce qui est vivant et pour que nous nous rendions dans le vivant.

6 Les jours où vous mangiez ce qui est mort,
7 vous en faisiez du vivant.
8 Quand vous serez dans la lumière,
9 que ferez-vous !

Une grande question. Dieu, la lumière, ne manquera pas de nous Manger ,

Et alors que restera -t-il de nous ?

Tout vivre

Vivre, c’est passer par tous les états d’être, les émotions fortes, les états de conscience piquées au vif. les rejets, les dégoûts, les révoltes, connaître tout ce qui existe, le juste et l’injuste, le raisonnable et la transgression, l’ennui et la fête, la transe, l’extase et les angoisses, le calme et la tempête, la solitude et les bains de foules, le rire et les larmes. Dans ces ivresses se tenir debout, même épuisé. Dès lors que tu vis tu ne peux plus rien oublier, ton corps marqué de toutes les blessures du monde qui te traversent, qui sont les tiennes parce que tu a réussi à les surmonter sans mourir. C’est l’épreuve des temps, de ce voyage dans toutes les dimensions de l’univers démentiel, chaos rocheux, flammes de feu, déserts, les chocs et soubresauts, les repos, et la sérénité joyeuse. Vraiment vivre contient tout.

Les morts en paix

Nos morts en nous, devraient être en paix, nous en serions moins perturbés, troublés et pourrions garder confiance. Tout est difficile malgré tout, personne n’échappe. On voit partir ceux qu’on aime, on constate un désarroi dans le monde, et il faut continuer à vivre. L’ange de la mort est invincible. Tout ce qu’il nous dit, concerne l’autre rive, cette obligation vivante par-delà les murs. Non qu’il faille s’y rendre volontairement, ou qu’il faille se droguer pour l’apercevoir, non, il y a ce qui se trame en notre conscience, pour qu’elle soit réceptrice alarmée de la Voix, de l’Amour venant des au-delà, et trouve ici son écho.

Ainsi cette voix s’exprime partout. Et en nous s’imprime. Œuvres, créations, nous témoignons de cela.

Plume blanche

Ce matin j’ai cueilli une plume blanche au pied de l’épicéa. Elle m’a dit de faire attention à ce qu’on peut dire et faire. Nous nous trompons si souvent, nous écoutons si mal. C’est miracle si la vie malgré cela arrive encore à passer, dans ce chaos et ces misères, maladies, désordres et violences. Pour aller droit au but, je me disais qu’il n’y avait qu’un seul motif valable qui donne raison à nos choix et nos actes, c’est qu’ils soient d’amour pur. Ce n’est cependant pas une garantie absolue d’échapper à ces maux qui nous accablent, mais c’est pourtant le seul moyen dont nous disposons, pour tenir face à ces choses négatives.
Nous nous sommes si souvent illusionnés. Le seul changement qui est porteur de sens est en nous, non dans le monde. le monde ne peut pas se modifier, si rien n’est modifié en nous, si nous restons sourds, aveugles et fermés, si nous n’entendons pas la voix pure, et ce qu’elle nous chuchote, les signes qui nous sont envoyés.

Voix poétique, de beauté vraie. Nous ne pouvons pas nous tenir dans un registre marchand, ceux-ci corrompant tout. Perturbant nos corps et nos esprits. Engrenage des vengeances, dans ces chutes collectives.

Tenez, l’enfant sait.

De la mémoire

Plonger dans les profondeurs de sa vie passée en tenant la ligne et son dessin, ses courbes et couleurs, reliefs et ondulations, comme un chant polyphonique d’oiseaux. Ce passé fait le présent, l’oriente. Il conviendrait de ne pas le perdre pour ne pas avoir à le recommencer. L’existence n’est pas vraiment un loisir léger une distraction passagère. Non il est question de passage à franchir. Et comment…
Il y a beaucoup de débris. D’oublis.
Le vent,la vente aux ans chers. Quelle lessive mes aïeux.

Ce matin, rien

Trois fois rien
Tricher très cher

Entre nous les mots
vont dans quel sens

Nous relient
Nous divisent

La parole née
pour combler la faille

Passe de l’un à l’autre
ou voile

Tricher lever le voile
légèrement voir doucement

Avec le bon œil
La bonne oreille

Chut, il dort…

(doigt sur la bouche)

De la légèreté de la plume

Légère la plume
élève l’âme
au lieu où tu renais.

Seule elle sait
de ses doigts fins
tracer sur ton corps
les lignes heureuses
l’accord parfait
du jour et de la nuit
sa respiration.

Nous avons été chahuté
sur les vagues d’effroi
plus que de raison
nous avons pris
nous avons rejeté
bercés entre les erreurs
les vérités
les zones d’ombres
et les fulgurantes
lumières
comme entre les rochers divers,
les doutes, les certitudes
la beauté les laideurs
les bruits et le silence.

nous avons honoré Dionysos
dans nos rires et nos colères feintes
et soulevé les masques de nos faces amusées.

l’aventure humaine inépuisable
telle la coupe débordante
Du Graal.

Que c’est drôle quand tous les temps se rejoignent
à la croisée des mémoires, on dirait un grand livre
écrit par une plume légère.

Saint Denis

Du même nom que le saint, notre ami nous a quitté. Chercheur de vérité et de joie, homme de foi et d’amour, la voie doit s’ouvrir devant toi. Pas d’inquiétude.

Nous sommes moins sereins pour ceux qui restent. Cela ne doit pas nous miner, nous ronger d’angoisse, nous paralyser, nous empêcher de vivre. Voyez tous les grands auteurs, toutes leurs sciences, l’ensemble des questions et des réponses, nous poussant à penser, à nous remettre sans arrêt à l’ouvrage. Parce qu’en nous se joue quelque chose d’essentiel, d’humain et de divin. Les paroles sont comme le fleuve qui nous emporte. En ce sens, elles doivent être pures comme l’eau de la source, et ne pas troubler notre jugement. Elles sont pures si elles sont en accord avec nos actes, et nos pensées.

Je songe ici à la sainteté, le fond et la nature réelle des choses et des êtres, l’accomplissement de toutes nos destinées.

 

 

Cher Géant

« Cher géant si tu t’es cru plus grand que moi, c’est que tu étais grimpé sur mes épaules. » Je ne sais qui a prononcé ces mots, mais ils s’accordent parfaitement à tous ces cavaliers sur leurs montures animales qui leur cèdent leurs échines, créatures soumises et silencieuses, peinant pour les pauvres êtres que nous sommes, depuis tellement de siècles. Est-ce que nous leur rendons l’hommage qui leur est dû ? Hommage d’homme à homme. Prenons-nous la grandeur de l’animal, de son âme exactement, ou des âmes qui habitent ces corps courageux, peinant pour nous, offerts pour nous, pour que sur cette terre rude nous puissions vivre ? Ils sont comme des anges, êtres d’amour et de courage, chevaux, yacks, rennes, dromadaires, chameaux, éléphants, et puis toutes celles qui donnent leur lait.

Il faut croire que les hommes ont une mission divine à accomplir pour que ces êtres nous furent donnés. Ce n’est pas un dû, c’est un moyen, probablement le meilleur, de tous les temps, pour nous assister dans nos efforts, nous qui sommes dotés de toutes les faiblesses. Qu’avons-nous fait d’eux ? n’avons nous pas abusé ? comme si ce n’était que du pétrole, du gaz, des masses machinales, consommables et jetables.

Ils sont où ceux qui voient la main de Dieu dans la Nature et qui vivent sous la voûte céleste comme dans leur demeure, comme signe d’une promesse. Selon ce critère ils répugnent à faire souffrir.

Et puis, il y a bien d’autres vertus et dons qui se trouvent chez ces gens humblement vivants. Est-ce que cela suffira à stopper les Nains qui se prennent pour des Géants ?

Debout, comme un microbe, un virus, nous nous pensons maître de la Terre. D’où ce renversement des échelles qui s’impose à notre esprit.

Les promesses trompeuses des faux

Les promesses politiciennes comme des sucres d’orge à la foire au bonheur, tous les matins tu te réveilles et autour de toi ce ne sont que des fées, des muses, des chansons douces, le chien qui t’accueille et te fait la fête. Tu es simplement vivant dans la joie, tu n’allumes plus aucune radio menteuse, déprimante, oppressive source d’angoisses, questions absurdes, peuples enchaînés à leurs billets de loterie, comateux des alcools, regagnant la cellule de l’ esclavage quotidien, dans la foule des bouchons fleuves d’aciers dans lesquels tous se fondent mimétiquement et s’oublient. Exécutant les ordres, robots dociles, espérant que samedi vienne vite, qu’on puisse crier et boire, désirer et rire de toutes nos forces, le bal continue. Où est la liberté, où sont le bonheur et la vérité dans tout ça ? Où sont nos enfances, ayant ce sentiment simple du bonheur des présences aimantes et protectrices, quand nous étions entourés de tendresse, et légers. Pourquoi ne sommes nous pas en vacances perpétuelles, et que ne s’offrent à nous que des chaînes de production, de labeurs, de devoirs, retenus à nos postes, pour répondre à quel futur, quel espoir ? Comme tout cela sonne faux, tu sais.

Je songe au sens du jeu, ce faux qui se trame entre nous, ces relations de maître et d’esclave, ces volonté de domination, être un roi une reine entourée de sa cohorte de courtisans. Princes dictant ses ordres, comme seigneur des univers inférieurs. Les hommes, la nature n’étant entre ces mains là qu’une masse, une matière comme pour le musicien une discipline à dompter, le dessinateur une feuille blanche, sur laquelle il décide de former ses harmonies. Comme ça doit être bizarre de se sentir investi de pouvoir sur d’autres hommes, obéissants, serviles, de mater violemment les rebelles, les opposants. Les puissants doivent se sentir comme des dieux dans leur olympe.

Il faut surmonter notre dégoût, devant ce spectacle de désolation ou de ruine, des machines envahissant les espaces vierges, des saccages orchestrés enlaidissant tout ce qu’ils touchent : les corps rendus difformes, les bêtes en cage, les montagnes mises à nu, Ils n’ont rien compris, ni rien cru, attachés leurs valeurs et leurs spéculations financières.

Cela vaut-il la peine de le dire ? Pendant que des gens souffrent et renoncent à lutter. Si nous savions tout ce que nous avons perdu, tout ce qui n’est jamais dit des vérités divines, des dons, des pouvoirs bons, des grâces possibles venues du royaume, de ces lieux de spiritualité, et des sources d’amour créateur qui à la longue s’éteignent en nous si nous devons nous plier à toutes ces faussetés. Nous en mourrions vraiment.