Gardien des métamorphoses

Méditations sur la mort.

Un ami est arrivé au bout de cette existence, ce sont ses derniers jours. Que faire en ces instants là quand il n’y a plus rien à faire, ni vraiment dire, quand les dés sont jetés et que le mourant doit bientôt monter à bord de la dernière embarcation ? Celui qui part est seul à bord, tandis que ses proches sur la rive se consolent comme ils peuvent, encourageant celui qui doit franchir les eaux, effectuer cette traversée ultime. Mais rien ne pourra se modifier dans l’âme consciente de celui qui part. Il part avec tous les bagages de sa mémoire ayant été éprouvée au fil de la lame, de son vécu qui l’a forgé, ce vécu étant le facteur du destin. Le porteur de sa destinée. On dit la mort, mais en vérité, il n’y a de mort que dans les profondeurs du vivant. Comme acteur invisible des métamorphoses, et dont le dernier acte relatif à cette existence, cet être que nous sommes ici dans ce temps, est majeur, engageant notre corps entier.
Comment dire que nous avons vécu au cours de cette vie de nombreuses morts ? Que nous avons su ou non combattre. Et dont on peut dire que cela fit de nous des vivants ou des fantômes errants. Vivre cette mort sera le dernier saut contre cet océan inconnu et puissance insondable du cosmos. Celui qui fut brave face aux éléments déchaînés, face à l’immensité, devrait-il se perdre sur ce chemin du retour sans autre guide que lui-même ? Accompagner le mort, pour qu’il entende quoi ? Est-ce du ciel ou de la terre qu’il sera attiré ? Quelles voix écouter, et tel un marin suivre celle qui résonne en lui ?

Je ne dirai pas. Je ne pourrais interférer ici qu’avec mon ignorance, même si ce fut un ami. Il n’y a que celle qui fut si proche et amante, épouse et sœur, conjointe, intime pure qui puisse savoir les aspirations issues des lieux où l’âme est sauve, indemne de mort précisément, et qui lève les voiles pour son cœur.

Tout ce que les hommes vivent est à chaque moment un combat contre cette mort quotidienne, et qui prend forme de jeux, dont nous sommes l’enjeu. Nous jouons, nous apprenons à la fois dans le bien et dans le mal, dans l’adversité et dans l’altérité, tout ce que les univers contiennent et que nous contenons de même, cela dans une ascension et progression lente.

Dans cet ordre d’idées, de pensées, éventuellement de mots importants, il reste à savoir ceci : nous ne pouvions pas selon nos seules ressources effectuer cette dernière transition si nous n’avons pas reçu les lumières des lieux supérieurs et disons, Magiques. Gardien des métamorphoses.

Il me revient à l’esprit cette formule magique : « laissez les morts enterrer les morts. »
Ce n’est pas pour qu’ils s’éteignent, mais qu’ils retrouvent leurs vivants. Eux savent et peuvent. Nous ici, nous pouvons prier pour qu’il en soit ainsi.

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