Coup de blues

Il n’y a aucune raison objective à l’angoisse, elle est là, elle te saisit, cela n’a pas grand-chose à voir avec la peur ou les menaces extérieures, non plus de rapport avec la mort ou la maladie, avec ce qui est matériel, douleur liée à cette existence. Non, cela vient de très loin, des profondeurs obscures. Il s’agit de Psyché, désormais interdite. Nul ne peux vivre sans elle, sans son double, sa voix secrète, sa lumière. Là où nous existons, en cet instant présent, c’est exclusivement corps récepteur, corps inspiré, réanimé par l’esprit qui est le nôtre, dès lors qu’on entend son signe. De cela, il y a des effets, des actes, des mots, du relatif dans ce monde. Ça vit ou ça ne vit pas. C’est heureux ou malheureux. Joie ou souffrance. Chacun persuadé de ses raisons, de ses lumières, tout va cahin-caha, tout va clopinant. On trébuche, on se relève, on tombe à nouveau. On frôle la folie, ou bien on y sombre. Il est délicat d’affirmer que le fou atteint le royaume en bon état. Encore plus difficile si nous sommes quelques milliards de fous. Et que nulle voix ne perce, et ne disperse les nuages noirs à l’horizon. Nous ne trouvons dans les écrits, que des échos affaiblis de ceux qui eurent la chance de percevoir ces lumières, cette pierre philosophale imprégnée de son feu, en en restituant quelques images plus ou moins exactes, des outils en somme afin que ces lumières apparaissent en nous-mêmes, faisant leur œuvre, et nous soumettant ses épreuves.
Malgré tout, il y a une dimension tragi-comique dans nos existences. Il faut les deux faces. Question d’équilibre. Que serait Saturne sans la Lune ?

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