Cher Géant

« Cher géant si tu t’es cru plus grand que moi, c’est que tu étais grimpé sur mes épaules. » Je ne sais qui a prononcé ces mots, mais ils s’accordent parfaitement à tous ces cavaliers sur leurs montures animales qui leur cèdent leurs échines, créatures soumises et silencieuses, peinant pour les pauvres êtres que nous sommes, depuis tellement de siècles. Est-ce que nous leur rendons l’hommage qui leur est dû ? Hommage d’homme à homme. Prenons-nous la grandeur de l’animal, de son âme exactement, ou des âmes qui habitent ces corps courageux, peinant pour nous, offerts pour nous, pour que sur cette terre rude nous puissions vivre ? Ils sont comme des anges, êtres d’amour et de courage, chevaux, yacks, rennes, dromadaires, chameaux, éléphants, et puis toutes celles qui donnent leur lait.

Il faut croire que les hommes ont une mission divine à accomplir pour que ces êtres nous furent donnés. Ce n’est pas un dû, c’est un moyen, probablement le meilleur, de tous les temps, pour nous assister dans nos efforts, nous qui sommes dotés de toutes les faiblesses. Qu’avons-nous fait d’eux ? n’avons nous pas abusé ? comme si ce n’était que du pétrole, du gaz, des masses machinales, consommables et jetables.

Ils sont où ceux qui voient la main de Dieu dans la Nature et qui vivent sous la voûte céleste comme dans leur demeure, comme signe d’une promesse. Selon ce critère ils répugnent à faire souffrir.

Et puis, il y a bien d’autres vertus et dons qui se trouvent chez ces gens humblement vivants. Est-ce que cela suffira à stopper les Nains qui se prennent pour des Géants ?

Debout, comme un microbe, un virus, nous nous pensons maître de la Terre. D’où ce renversement des échelles qui s’impose à notre esprit.

0

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.