Don Quijote

Il y a un gouffre entre le vécu et le récit. Un canyon comme celui de Sepulveda, habité d’aigles, de vautours, de faucons, etc. Ou une Arche de granite taillée de la main d’hommes, un aqueduc pour approvisionner la cité Romaine en eau, pierres assemblées sans un gramme de mortier. Quelle suée! Que de sangs ont dû couler pour édifier ces ouvrages, et ces empires. Et toujours les peuples, les gens, malgré cela entonnent leurs chants de leur mémoire et culture, fêtent leurs saints, et leurs histoires dans leur langue. Étrange miroir commun qui révèle le génie d’un peuple ou d’une nation, ici le castillan, et la figure emblématique de Don Quijote. ( que j’ai mal lu certainement )
S’il y a le passé, il y aussi la modernité délirante des éoliennes ( tiens revoilà les moulins ) et des tours épineuses de Madrid que l’on voit de San Lorenzo d’El Escorial, ce bunker impérial d’esprit stalinien, ou pharaonique, c’est selon… Et puis il y a toutes les petites gens remplis de leurs visages, visibles dans la foule, avec lesquels on tisse quelques secondes de franche reconnaissance. Que c’est bizarre ces langues étrangères. Alors qu’il n’y a rien d’étranger, dès qu’on fait un pas vers l’autre. D’ailleurs voyager se fait d’abord parmi les gens. En ce sens le touriste ne voyage pratiquement pas, il vient en voyeur des œuvres des couronnes et des princes, des hiérarchies ecclésiastiques, des fortunes. Mais voit-il les rues, les maigres, les obèses, les désordres, les usines, les pollutions, les quartiers où il n’y a rien que de la vie ordinaire ? Peut-être, s’il erre suffisamment.
Et puis, on rencontre toujours des gens comme des frères, des sœurs. À condition de sortir des chemins tracés d’avance.
Ce serait trop long et fastidieux de narrer ces quelques jours de pérégrination, au bout de laquelle en revenant( non fantôme), je me rends compte que notre quête réelle, sincère, touche à la profondeur de notre âme éternelle. Comme épouse.

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