Du venin venu d’où ?

La différence entre ce que nous écrivons et disons est pratiquement la même que celle entre un corps mort et un corps vivant, sauf que parler ou écrire ne sont pas des corps, mais sortent d’un corps et traversent d’autres corps. D’où leur pouvoir de nuisance, ou du contraire. Il est vrai que nous aurions parfois dû garder le silence plutôt que crier des bêtises à la face des gens, ou sortir notre langue de vipère qui blesse et humilie. Que de maux apparaissent du fait de mots mal dits, ou mal à propos, accusatoires, indignes s’ils sont chargés d’intentions malignes, et fausses.

Je ne pense pas être le seul à avoir pêché ainsi. Mais après tout, je n’en sais rien. Je ne peux qu’examiner ma conscience pour savoir où est sa clarté, où est sa nuit, où sont mes maux et mes bienfaits. Çà sert à quoi de vivre, humainement, si nous n’en tirons pas les leçons pour notre rachat ? Et de quoi celui-ci se compose si ce n’est de ces dimensions supérieures, de ces lieux où nous sommes grands, originaux, inventifs, amusants, créateurs, courageux, aimants et connaissant. Ce n’est pas rien d’être humain, ce n’est pas seulement être doté d’un estomac comme ceux des animaux, ou d’une faculté de calcul comme une calculette, d’une intelligence technicienne, pour qui les lettres disent ce qu’elles disent de leurs desseins.

Alors que rien n’est dit, que tout est gardé dans le silence. À la nuance près qu’il s’agit de celui d’un ange ou d’un démon ? quoi ? n’est-ce pas le même ? je demande.

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