De vert à vertical

De vert à vertical passe par vertu vers tu.

Tu connais l’importance du tu deuxième, à qui tu dis « qui es-tu ? »

Pour le moins, tu es ici ou là, ce n’est pas comme il absent.

Tu peux dire tu à ton fantôme, tu ne lui parles pas à la troisième personne. Il doit être assez rare de se dire mon dieu qu’il est bête en se désignant.

Bon, là n’était pas mon propos, je pensais au vertical. Cette permanente érection de tours, de clochers, totems, et donjons. Pour que nous les voyions de loin comme des phares peut-être. Mais ce n’est pas la seule raison de leur édification, ni par seule analogie phallique. C’est comme si il nous était demandé de ne pas nous satisfaire de cette existence terre à terre, horizontale, pour nous élever, nous forcer à nous tenir debout par nos seuls moyens, et que ces édifices verticaux exprimant les puissances du moment, nous le signifiaient, sans possibilité de choix, tyranniques et terribles.

As tu en toi ce vertical ? Comme une colonne, un tube, un puits, un télescope ou microscope si on y pense qui plongent dans les hauteurs ou profondeurs. Et que ce soit les clochers, ou les buildings, ils sont tous bardés de leurs constructions logiques obligées d’être cohérentes.

Ça semble dérisoire de se poser ces questions, alors que tout nous pousse à croire à cette parfaite horizontalité des choses et des gens, comme étant la meilleure réponse à ces inégalités horribles, et malheureuses, à cause de ces tours, donjons, clochers et buildings nous écrasant, humiliant, réduisant à l’insignifiance les existants et l’existence même.

Si par miracle nous avons en nous ce vertical, rien ne pourra l’écraser, rien non plus ne nous poussera à écraser un tu pour édifier le sien.

Mais tu dois te relever. À qui le dis-tu ?

( Je songe aux arbres en feu, eux qui nous protègent )

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