Ennemi et impasse

Les hommes sont remplis des amours, des désirs, des énergies vitales, des intelligences et génies, des raisons et des rêves, qui édifient ce monde ci. Et contre toute attente, tout part en vrille, nous nous heurtons à un mur indestructible, que nous nommons ennemi, comme celui de l’adversaire total, adversaire spirituel, intemporel, nous ne sommes pas passés dans l’au-delà, il nous manque cette dimension qui complète notre existence. C’est comme si nous sentant blanc, nous avions affaire avec ce noir, ennemi donc. Le mur, l’ennemi, ne pouvant pas céder.

Mais si nous sommes ennemis de nos ennemis, pourquoi le sommes nous ?

Sans doute n’avons-nous pas consacré la part convenable à ceux que nous prenons comme hostile ?

On a beau tourner le problème dans tous les sens, on en revient à nos esclavages, cette résignation à la loi du plus fort, qui se croit possesseur des terres, des eaux, de l’air et impose au monde sa direction, et sa volonté aux faibles. Pourquoi donc cette soumission à ces violents ? Pourquoi cette passivité face à cela ? Croit-on pouvoir subsister dans ces conditions ? Nous passerons à côté de tout, pour finir emportés dans les lames de fond, engendrées par les luttes incessantes auxquelles se livrent les puissants, pour imposer leurs hégémonies. Les hommes sont pleins d’amour pour la guerre. Ils aspirent à quelle gloire en réduisant les autres à rien, ou à l’insignifiance des serfs ?

Après tout je m’en fiche, à la fois des maîtres et des esclaves. Il n’y a aucun salut à attendre d’un bord à l’autre. Tout cela nous achève tôt ou tard. Vous avez remarqué que pour construire ce qu’ils croient être leur paradis, les hommes fabriquent des tombes. Quel piètre désir. Quelle volonté minable gît dans le fond de cuve des uns et des autres, avec ces impérieux besoins de bières, de vins, de drogues diverses pour oublier tout ça, et remettre à plus tard les échéances, et les dettes.

Si nous consacrions autant d’énergie vers quelque chose de bien ( ce qui reste à définir, de façon commune ) que celles que nous consacrons à produire ces montagnes de béton, d’usines, de transports, d’or et de métaux, de viandes et de céréales, de même que ces quantités de rapports sexuels comme des appétits jamais complètement assouvis, ou pour le moins qui laissent un sentiment de frustration, et causent des problèmes très lourds de démographie, de contraception, d’éducation, etc., nous n’en serions peut-être pas à ce point dans l’impasse sans entrevoir d’issues autres que ces chocs mondiaux.

Autant dire que le bien n’est pas encore révélé, ou ancré, dans ce qu’il a comme réalité. Il serait encore au stade de la lettre, comme on dit, plus facile à dire qu’à faire ou à vivre.

De même le mal a de beaux jours devant lui. Même s’il nous emporte dans sa tombe.

Où est cet Éros ? pourquoi et comment nous sommes nous leurrés à ce point en rendant grâce à Thanatos, ce désir de mort ?

Il y a une perversion dans le désir de vie, ou une inversion. Nous sommes gorgés de ces désirs vitaux, exprimés dans toutes nos œuvres, en oubliant volontairement ou non, de mauvaise foi, par peur ou par ignorance, que cela se donne, que cela se passe au-delà, que la vie est au-delà. Et au-delà est Autre.

Sous ces conditions, l’Autre nous le rend.

Dans ce sens là, passer prend tout son sens. Enfin, j’espère…

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2 réflexions sur « Ennemi et impasse »

    • as tu vu la fin de l’abondance, de l’insouciance, des évidences, annoncée par notre messie nationaloeuropéen ? la fin du monde rien que ça.

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