Il n’y a rien à dire

Il faut le dire. Pourquoi se bat-on ? Que défend-on ? Contre quelle mort nous acharnons-nous ? Si nous ne savons pas où trouver en nous ce qui est vivant et que nous n’arrivons pas à exprimer ou transmettre à nos congénères, avec ce que cela suppose de compréhension et de réciprocité ? Nous nous heurtons à un mur absurde.
Il ne s’agit dans tous les cas que de la mort effective, ou de son silence. Nous serions comme dans un tombe, sans écho venu d’ailleurs, sans personne à qui parler. Monde muet, monde mort. Alors les hommes empruntent la voie violente pour franchir la barrière de l’autre, comme s’il ne restait plus que cela quand toutes les voies de dialogue sont épuisées. Tout est divisé. Tout devient horriblement sourd. Comme si la guerre était la dernière solution pour résoudre le Mystère de l’être ou du néant, ou que sais-je ? cette volonté de s’affirmer supérieur ? de ne pas briller dans l’univers ? d’avoir ce sentiment de puissance au lieu de celui de se sentir humilié et rabaissé au dernier degré, celui de l’insignifiance, de n’être rien.
Toutes ces mises en scène ne seraient qu’un processus de se voir grandir et vainqueur des choses considérées comme basses et viles, du malheur qu’on accorde au vaincu. Cela fait une boucle de vengeance obligée. La mise en branle de toute une mécanique, de techniques, d’une ruse afin d’inverser le passé malheureux, auquel nul n’a jamais pu échapper. (fatalement si on y pense)
Tout cela au nom d’un Bien. Toujours en son Nom.
Hé, dis, qui voudrait se battre en pensant qu’il agit pour le « mal » ? qu’il est serviteur du mal ?

Mais voyez, le temps où nous sommes ne nous laisse plus aucun choix. C’est trop catastrophique partout, à quelque niveau de questions qui se posent et sont sans solutions évidentes. Il n’y plus qu’une défaite généralisée de tous les hommes face à leur mort programmée, dans l’hypothèse où nous tous continuons dans ces voies du passé. Nous passerions à côté de notre vie réelle, enfermés dans une tombe à jamais.
Mon Dieu, quelle angoisse sera-t-elle capable de nous faire réagir ? et poser nos armes et bagages sinistres ? Penser à un nouveau départ, à d’autres horizons.
Adam perdrait-il Eve à jamais ? je veux dire, les corps humains seraient-ils à jamais séparés de cette dimension spirituelle qui les inspire et leur donne sens ?
Voyez, la politique, et sa philosophie, seule est stupide, elle ignore combien la manipulation est diabolique.

Repos

À quoi bon enfoncer des portes ouvertes ? Les choses sont simples. Il n’y a que deux états. l’action ou le repos. Quand tu dors, tes cellules s’activent, et cela te repose. Quand tu t’actives, tes cellules se reposent-elles ? Ce n’est sans doute pas le cas, elles subissent une sorte d’épuisement selon tes activités, qu’elles vont essayer de réparer pendant ton sommeil, pendant que tu les laisses agit à leur guise parce qu’elle savent mieux que toi ce qu’elles ont à faire, pour leur existence propre et les relations qu’elles entretiennent entre elles. Mais elles forment un tout cohérent et vivant, obéissant à une harmonie quasiment absolue, et infaillible. C’est pour cela que le sommeil est absolument vital, et que la perte du sommeil est mortelle. Du moins, cette perte du repos profond, de la sérénité intérieure, psychique, ou de l’âme. Les tourments, les angoisses, les peurs, les chocs de toutes sortes, les mots violents, les désordres verbaux, les doutes, tout cela te mine, et affecte ton corps, cet ensemble ayant son autonomie et son signe unique. Sa vérité propre et sa raison d’être, de même que sa finalité ou son évolution, sa loi. À un autre niveau, nous serions comme les cellules d’un corps plus grand, un Nous qui fait société, et auquel nous donnons de l’existence par nos efforts. Existence n’est pas le mot juste. Serait-ce l’harmonie le mot ou la fonction ? Mais comment rendre cette « accord » au monde s’il n’existe pas en ce que chacun d’entre nous est censé posséder ? Si je suis chaotique, ou destructeur ? C’est là le point crucial de toute orientation négative ou positive du monde, l’importance du sujet en quête de lui-même, en ignorance du « je suis ». Autre question : quel serait ce « grand Sujet » qui mine les petits sujets et qui les oppresse ?

Si je dois ma vie à « nous », nous devons notre vie à un sujet plus grand qui se trouve en chacun d’entre nous, à condition de le trouver et de le servir, de le connaître donc, ce qui est impossible dans le coma de notre esprit. Ou dans la seule matérialité des choses. Dans le mensonge générant toutes sortes d’illusions et d’oublis. d’où l’importance de ne pas se tromper de Sujet dans nos propos. De quel sujet s’agit-il à ce sujet ?
Nous avons perdu beaucoup en nous encombrant d’objets inutiles et de concepts ou de mots, dans une confusion sans joie véritable. Tout cela a pour effet que le « nous » est oppresseur, et que nous courrons courant à notre perte.
Faire peuple ne suffit pas. Si le peuple ne sait pas Ce pourquoi chaque homme doit savoir de lui-même. Et qui se trouve dans le repos en phase avec le mouvement.

Ne reste pas seule

Ne reste pas seul

Ne t’isole pas. Il y a tellement de fantômes qui t’emportent dans leur tombe, si tu ne te relies pas aux autres humains, malgré les maux, les zones d’ombres, les rejets et les incompréhensions entre tous, il vaut mieux se frotter les uns aux autres que demeurer séparé et reclus. Dans cette situation d’isolement ton âme flirte avec la mort, dans l’effroi et l’angoisse.
L’ermite est peut-être une voie, ce n’est pas sûr. Ce n’est peut-être qu’un état de conscience, d’un je conscient de ce qui se trame en lui, qui sait pertinemment que les mots et les images, les métaphores, et les symboles ne sont que des pâles copies des puissances incluses dans le Corps, blanc et noir, profond et élevé des univers qui t’habitent. Et contre lesquelles tu es comme sur barque dans l’océan tourmenté et vaste. Non ne reste pas seul. Ou alors pense à tes anges. Songe tout de même qu’il leur faut aussi un corps pour te parler et te voir, et que ce corps te ressemble. Vois, nous ne pouvons rien sans assemblée, Mais celle-ci n’a nul besoin de s’instituer, de fixer des lois, elle n’a qu’à laisser la parole et l’entendre, afin qu’en chacun d’entre nous la conscience s’éveille, que nous prenions la mesure de l’urgence et du drame si rien n’est fait pour endiguer les flots sinistres des discours univoques, nous réduisant à n’être que des nombres, sans nom.

j’aimerais leur dire aux assassins

à ces assassins des arbres innocents
qui peuplent les plaines
et la demeure des oiseaux
qu’ils tuent le chant et le rêve
la musique divine du rossignol
et le croassement des corneilles
annonçant les eaux bonnes
pour les vignes et le blé
pour vos enfants même.
Il n’y a plus aucune raison
que le suicide qui vous guette.

Eve ou la vie retrouvée

Les hommes ne sont pas encore nés. Nous ne sommes pas nos corps, nous ne sommes pas dans nos corps, nos corps sont un début de formation de l’homme réel, de l’homme dieu en principe. Comme une larve est censée éclore en papillon.

Quelle horreur ces entités qui veulent rendre immortel le corps humain , lui empêchant toute formation, transformation, métamorphose, évolution « vers ce haut » annoncée comme signe du verseau.

Remarquez, c’est le jeu, le rôle du démon d’être démoniaque, de ne pas laisser le passage vers la vie, et la naissance, de tout murer et bloquer, afin que cette naissance soit absolument notre, que nous trouvions la voie en Vérité et en Amour. Nous avons la tentation de tout laisser tomber et renoncer face à l’abomination des forces de l’adversaire, absurde destructeur. et passablement assassin en beaux habits.

J’écrivais, si l’enseignement du Christ était entendu et appliqué nous aurions notre Pouvoir, et nos dons respectifs favorables à nos métamorphoses, ce qui fait que la hiérarchie pourrait obéir et tenir aussi son rôle positif de pilote dans ces barques frêles des nations.

Voyez, les Hommes dans leur totalité en quelque sorte sont le Père, fécondant, et s’engendrant dans le Fils, c’est à dire les hommes libres ayant effectué le Passage.

Comment dire qu’Adam est tous les hommes, en mâle et femelle, et que nous ne naissons qu’une fois Eve retrouvée ? Inspiration, souffle, pureté, beauté. Vie retrouvée.

Ballade dans un pays étrange

Hier, nous sommes allés à Thouars. Ville de la France profonde, rurale, chargée d’histoire.
Pour essayer d’animer la cité, une rue est dédiée à l’art, pas n’importe lequel, plutôt contemporain. Une chapelle également. Un artiste y est exposé pour plusieurs mois. Quel désert ! une œuvre actuelle, conceptuelle, mais d’une indigence effrayante ou prétentieuse, allez savoir ? un tas de cailloux pour exprimer l’histoire des carrières de pierres utilisées pour les ballasts des voies ferrées, une vitrine en contreplaqué pour montrer combien les vitrines artistiques sont vides, un rideau déchiré et un bloc de pierre dans la partie manquante, bref, très tendance… Tout ça pour ça ?

Je pensais que le monde était malade, gravement atteint, mais en fait je crois que le monde est paumé,  exprime effectivement sa déroute, ce qui n’aide pas à trouver des solutions.

La ville est intéressante, plutôt belle, le lieu est magique, le Thouet ayant creusé un méandre sur lequel les anciens avaient construit des châteaux, forteresses tour à tour détruites puis reconstruites, des églises porteuse des styles des différentes époques, bref, un trou paumé chargé d’histoire mais qui part en quenouille, sauf sur les bords.

eh oui, autour, c’est sûr ça s’active, ça brasse des tonnes de blés, des camions qui vont et viennent, des éoliennes, des champs de panneaux solaires, des silos, dans des champs sans arbres. Seule la ville est boisée. une espèce d’oasis au milieu des industries agricoles, ou productrices d’énergies. Une société organisée uniquement autour du travail et de l’efficacité économique. à tel point qu’il n’y a plus d’hôpital, ceci n’étant plus rentable etc.

Est-ce bien raisonnable  ? P1060848

De même est-ce sage de concentrer et mettre en avant à ce point des arts qui sont carrément l’opposé des arts traditionnels, ce qui peut se comprendre comme rejet d’un passé aussi faux , aussi paumé que le présent ? savent-ils au moins qu’ils sont aussi égarés dans cet univers ? ou bien font-ils de leur égarement le tout de la vérité ? comme si l’absurde ou le néant était la seule voie ?

Décidément il  manque une dimension à notre existence.