De quoi est faite notre vie, si ce n’est de soi-même ? Et de nos liens ? Que sont donc ces liens, si nous en sommes esclaves ? Si nous n’en sommes pas créateurs, producteurs, ou encore détenteurs, si nous ignorons leur origine, et qu’ils se situent derrière un rideau qui nous trompe et nous égare ?
Ce n’est pas possible, disons c’est inadmissible et révoltant si c’est le seul réel. Si le réel est composé de ces pouvoirs du monde et ses tyrans qui nous mènent à la tombe. Il n’y aurait rien pour nous racheter ? Nous serions condamnés à cette existence médiocre, mortelle, condamnés à n’être rien. Non qu’il s’agisse de se donner de l’importance, aux yeux du monde, non, certainement pas de ça.
Il s’agit de savoir ce que la Vie attend de nous. Ce qui se produit à la suite d’un éventuel éveil et des épreuves passées. Et ne pas être esclave précisément de ce passé. Ce qui ne veut pas dire que nous l’aurions oublié, ou que nous nous tiendrions dans le présent seul, mais signifie que nous aurions fait un pas vers autre chose en ayant suivi ou respecté les meilleures sagesses, les meilleures leçons ou les plus belles parmi les œuvres humaines, comme si celles-ci avaient été dictées par Dieu. Issues directement de Là. Sans présumer a priori de quoi il s’agit. Sans les confondre avec les mauvaises. Mais les mauvaises ont leur fonction. Ne serait-ce que de susciter le rejet, et nous contraindre à chercher des issues. Et donc un futur autre.
Le formuler, le mettre en œuvre, le penser, et tisser des liens humains et des liens supérieurs, mais non pas nécessairement lunaires, ou astronomiques. Non. Mais sans doute des liens naturels retrouvés. En soi. Évidemment ils sont en moi, même dans ma part d’inconscience, et en toi de même. N’étant que toi. Nous sommes liés à nous-mêmes. Nous sommes nous-mêmes par la nature du lien, plus que par la nature des mots et des images, des nourritures et des cultures.
C’est probablement une question et une réponse d’ordre spirituel, de la subtilité de l’Esprit.
Et j’arrive ici avec mes gros sabots.