Etre deux

Naissant, nous n’étions rien. Puis nous nous sommes pensés comme un tout, ce qui nous enferma dans cette conscience d’être tout seul dans notre existence parmi d’autres existences qui nous enferment.
N’étant rien aux yeux du tout nous enfermons le tout dans son insignifiance. N’étant rien au sens de ce qui n’a nul être, ou être voué à disparaître.

Mais mettons nous à la place du tout. S’il est tout comment saurait-il ce qu’il est ? ce qu’il fut et sera ? Puisqu’il est seul et enfermé dans sa totalité close. Il n’y a pas d’être dans ces conditions. S’il manque un autre, radicalement autre que ce qu’il est.

Alors que fit le « Tout » ? Il fallut qu’il crée un autre que lui, afin que lui aussi puisse être et sortir de cette totalité. Et que cet autre le crée. Le créé créateur, ou bien le créateur qui se crée autre. Non pas à partir du Néant mais de cet anéantissement de l’être.
Autrement dit, le tout est créateur à partir de lui-même, il s’anéantit pour qu’advienne un autre. il laisse sa place en somme. Il renonce à lui-même et laisse l’autre vivre son « enfer » en lui-même et sa totalité afin qu’il vive et sache ce qu’est le Tout, ou l’être qui lui manque.
Idée de Dieu. Réciprocité créatrice par le créé. Bref, on fait vivre Dieu et ça a des implications dans le monde. Dieu renaît en nous. Et nous sommes saufs.

Cela interroge l’acte créateur, qui ne peut être qu’acte d’amour à proprement dit, et de don de soi.

Bon, ce n’est pas grave, du tout.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *