Acter

Nous ne pouvons pas nous satisfaire de mots, de paroles ou d’écritures, de même de lectures ou de films, tout doit prendre corps, se construire, chimiquement parlant, géométrique et magique. C’est rude. Cela ne peut pas ne pas nous brûler les ailes, et nous épuiser, de devoir se trouver si souvent près du précipice, engoncé dans ce corps qui encaisse les coups du temps. On est toujours plus ou moins cloué. Retenu dans l’indicible, l’inexprimable de ces tempêtes intérieures. Puis, parfois vient le moment d’une délivrance. Comme d’une guérison. Parce que nous en avons fait la prière, et l’avons appliquée.

Ce sont les actes qui ont valeur et moins les mots. Ceux-ci néanmoins, étant des actes.

Jamais

Nul ne dit jamais rien. On ne sait jamais. La terre à jamais serait-elle oubliée, serait-elle à jamais délaissée ou ignorée du reste de l’univers comme une épouse abandonnée ?

Bon, les prières sont comme des images qu’on cultive et qui nous dirigent dans nos actes. Ce sont des pensées ayant des pouvoirs sur les esprits à commencer par son esprit, sons et lumières, ondes rayonnant, vibrations d’amour ou de haines, comme battement d’ailes, ranimant la flamme de nos cœurs.

Et puis, cela suscite les chants, la source et l’eau, comme des larmes.

Donc…

 

Jugement

On juge l’arbre à ses fruits, et nos enfants sont nos fruits.

Pourrir les enfants, quelle honte.

Phénomène étendu d’est en ouest, du nord au sud, pour de l’argent, pour se délivrer de quelle misère, pour profiter de quelle faiblesse ?

On s’étonne ensuite de la violence des puritains, ou de ceux qui veulent rectifier le tir, de toutes ces déviances.

Fruits pourris

Pourquoi y a -t’il autant de problèmes liés à la sexualité au cours des civilisations ? Seraient-elles devenues si compliquées qu’elles en perdent tout bon sens ? Elles cherchent midi à quatorze heures. Ce qui fait qu’hommes et femmes peinent à s’unir, s’entendre, se donner réciproquement ce dont l’autre demande. Les représentations, les rôles sont faussés. Les rôles, c’est comme au théâtre. Jouant son rôle on y apprend ses textes, et découvre ses vérités, qui sont les réalités que nous contenons, l’être réel.

Un homme qui joue un rôle de femme ne tiendra pas la route vers son être, il tiendra la route vers le féminin, il sera passé du côté féminin, mais aussi boiteux que la femme cherchant son être entier.

Être du même être séparé, cela semble insensé, paradoxal, déséquilibré, injuste. Et selon le point de vue d’un côté ça l’est, puisqu’il y a notre autre côté qui nous manque, qui nous attire, nous aliène et nous domine dans nos besoins vitaux, ce besoin de se sentir uni en nous mêmes et dans nos chairs. Ou par la chair.

La question relève donc de cette dimension charnelle, strictement humaine, propre à la race d’homme, c’est à dire la racine et l’origine de l’homme, de notre sens. Il y a deux choses, c’est soit harmonie soit souffrance. On constate plus de maux que de véritables bonheurs conjugaux. Cette conjugaison de deux corps en harmonie dans un seul corps,

Or ce qui se conjugue relève bel et bien du Verbe. Et de proche en proche des mots. De tout ce que nous nous disons, exprimons et créons, comme au théâtre.

Alors ce Verbe ? est-il sexué ? est-il féminin ou masculin ? La Mère ou le Père ? Éternellement séparés ou Unis en un seul. ( et puis que sont-ils en vérité ? )

Je radote, Mais juste une petite remarque sur cette notion d’identité : Si Je ne suis pas ce que je suis, Si je n’a pas d’être ou de raison d’être, il emprunte alors toutes les identités possibles selon son choix, selon sa croyance, ses images qu’on lui confère, selon quelque malignité qui s’est glissé dans le scénario, ou selon quelle magnifique Lumière ?

Pour arriver à quelle destination, si c’est mutilation, hormones douloureuses, et autres violences médicales pour forcer les chairs et aggraver la séparation dans une mixture bizarre.

Trans, sans transcendance ? mince alors.

D’où vient le vent

Le vent futur chassant les miasmes et ces odeurs putrides ces dégoûts et ces peurs, ces déguisements derrière des mots, des rituels ricanant sous les maquillages lissés et vengeurs. Il n’y a plus que nous pour recevoir dans nos chairs, le vent déjà semé qui transfigure les corps et les sentiments contradictoires, en prenant la mesure de l’urgence, des sabotages qui nous obligent à tout examiner de nos libertés, de même qu’analyser la chaîne des événements qui iront s’accumuler dans la bouteille des mémoires, comme se repose la lie des meilleurs vins.
Avec le temps, les corps s’épuisent, qu’importe puisque la terre s’est reliée à son avenir emportant son âme vers une meilleure destinée, strictement comme ces navigateurs assistés de cochons traversaient les océans imprévisibles.
Regardez les marques sur vos sangs les signes purs et les impurs, vos sangs sont des miroirs sans mensonge.

Çà dépasse les bornes

Ça ne pourra durer indéfiniment de vivre comme nous vivons. Ça ne peut que craquer de toutes parts. C’est comme si nous étions arrivés à un point limite. Inutile d’évoquer tous les signaux, ils sont trop nombreux.

Tout ce qu’on sait, c’est cette crispation des pharaons, des possédants et de leurs valets, de ceux qui nient. Ou affirment qu’il n’y a pas d’autres issues que celles qu’ils imposent avec leurs armes, leurs techniques, et leurs monnaies, fusées, satellites, et microbes, virus dans les labos utilisés comme des menaces, toutes ces manipulations, mentales, biologiques, falsifications des informations, ces publicités mensongères et films honteux offerts aux jeunes générations que l’on conditionne à vivre dans l’angoisse, ou les plaisirs faciles. On banalise la mort, le crime, comme s’il s’agissait d’une fiction ou d’une image virtuelle, de même qu’on donne des spectacles pornos aux enfants. Comme chose normale.

De vert à vertical

De vert à vertical passe par vertu vers tu.

Tu connais l’importance du tu deuxième, à qui tu dis « qui es-tu ? »

Pour le moins, tu es ici ou là, ce n’est pas comme il absent.

Tu peux dire tu à ton fantôme, tu ne lui parles pas à la troisième personne. Il doit être assez rare de se dire mon dieu qu’il est bête en se désignant.

Bon, là n’était pas mon propos, je pensais au vertical. Cette permanente érection de tours, de clochers, totems, et donjons. Pour que nous les voyions de loin comme des phares peut-être. Mais ce n’est pas la seule raison de leur édification, ni par seule analogie phallique. C’est comme si il nous était demandé de ne pas nous satisfaire de cette existence terre à terre, horizontale, pour nous élever, nous forcer à nous tenir debout par nos seuls moyens, et que ces édifices verticaux exprimant les puissances du moment, nous le signifiaient, sans possibilité de choix, tyranniques et terribles.

As tu en toi ce vertical ? Comme une colonne, un tube, un puits, un télescope ou microscope si on y pense qui plongent dans les hauteurs ou profondeurs. Et que ce soit les clochers, ou les buildings, ils sont tous bardés de leurs constructions logiques obligées d’être cohérentes.

Ça semble dérisoire de se poser ces questions, alors que tout nous pousse à croire à cette parfaite horizontalité des choses et des gens, comme étant la meilleure réponse à ces inégalités horribles, et malheureuses, à cause de ces tours, donjons, clochers et buildings nous écrasant, humiliant, réduisant à l’insignifiance les existants et l’existence même.

Si par miracle nous avons en nous ce vertical, rien ne pourra l’écraser, rien non plus ne nous poussera à écraser un tu pour édifier le sien.

Mais tu dois te relever. À qui le dis-tu ?

( Je songe aux arbres en feu, eux qui nous protègent )

La cavalière

L’âme, puisqu’il s’agit de l’âme et rien que ça, cherche à franchir toutes les limites, et ne se satisfait jamais de son état. Bon, il y a des plages de repos, comme dans tout voyage, mais on ne s’y maintient jamais de façon éternelle. Où que nous allions, nous repartirons toujours en quête d’autres aventures, de découvertes et d’explorations intérieures et extérieures. Toutes les productions, les créations viennent de cette soif de connaître, sans fin.

Notre âme serait-elle une cavaleuse ?

De l’aventure

Nous ne sommes pas normaux. Rien n’est normal en nous. De l’ennui à la passion, du morbide à l’héroïsme ou au courage, tout exprime cette liberté et ce vide impossible à combler qui nous saisit, ou le doute, qui nous pousse à résister contre vents et marées, et faire tous ces efforts pour survivre. Ceci est particulièrement éloquent sur ces terres d’Amériques, où les hommes se sont battus aussi violemment, pour toutes les causes possibles et inimaginables, pour vivre toutes sortes d’expériences au prix de leur vie, jamais confortables. Combien en sont morts, et combien sont tombés dans la pauvreté extrême, ou la déchéance, ou encore n’ont jamais hésité à écraser d’autres hommes pour arriver à leurs fins ?

Cette soif de vivre, de goûter à tous les fruits, défendus ou non, c’est inscrit en nous, plus fort que tout. À cela s’ajoutent les passions. Comme si certains d’entre les hommes avaient besoin de brûler de son feu, et n’acceptaient pas la fadeur des jours et la médiocrité de leur existence. Même le suicide est inhérent aux hommes, et rien qu’à notre espèce spéciale maladive, qui jette sa dernière carte pour un voyage aux limites. Ce qui se font hara-kiri pour l’honneur, ou parce que la bourse chute et les ruine, pourraient vivre, nul n’irait les condamner à mort. Non, il y a quelque chose de puissant dans la psyché et qui nous pousse à lutter, et jamais se résigner à la vie facile, l’existence dans un sel devenu fade.

L’aventure intérieure n’est pas sans péril. Elle est dans un sens une aventure extérieure, dans les profondeurs de la psyché en accord avec elle-même, en des lieux tenus secrets. De même que l’aventure extérieure, les combats dans le monde, et face aux autres, dans ces jeux dangereux de toutes les passions et les poisons, de toutes ces idées et vertus défendues becs et ongles, des désirs mêmes, comme celui de simplement traverser les mers sans certitude d’arriver à bon port, tout cela c’est humain depuis les temps que nous sommes des hommes.

On en a fait tellement d’œuvres et de récits autour de ces figures, qui servent de modèles aux générations suivantes, et les inspirent, en bien comme en mal.

Comme si nous pouvions nous en passer et nous en tenir à l’existence popote.

 

 

Du venin venu d’où ?

La différence entre ce que nous écrivons et disons est pratiquement la même que celle entre un corps mort et un corps vivant, sauf que parler ou écrire ne sont pas des corps, mais sortent d’un corps et traversent d’autres corps. D’où leur pouvoir de nuisance, ou du contraire. Il est vrai que nous aurions parfois dû garder le silence plutôt que crier des bêtises à la face des gens, ou sortir notre langue de vipère qui blesse et humilie. Que de maux apparaissent du fait de mots mal dits, ou mal à propos, accusatoires, indignes s’ils sont chargés d’intentions malignes, et fausses.

Je ne pense pas être le seul à avoir pêché ainsi. Mais après tout, je n’en sais rien. Je ne peux qu’examiner ma conscience pour savoir où est sa clarté, où est sa nuit, où sont mes maux et mes bienfaits. Çà sert à quoi de vivre, humainement, si nous n’en tirons pas les leçons pour notre rachat ? Et de quoi celui-ci se compose si ce n’est de ces dimensions supérieures, de ces lieux où nous sommes grands, originaux, inventifs, amusants, créateurs, courageux, aimants et connaissant. Ce n’est pas rien d’être humain, ce n’est pas seulement être doté d’un estomac comme ceux des animaux, ou d’une faculté de calcul comme une calculette, d’une intelligence technicienne, pour qui les lettres disent ce qu’elles disent de leurs desseins.

Alors que rien n’est dit, que tout est gardé dans le silence. À la nuance près qu’il s’agit de celui d’un ange ou d’un démon ? quoi ? n’est-ce pas le même ? je demande.