De l’arbre

De l’arbre ou de la continuité des êtres. Nous sommes fruits de l’arbre portant l’arbre dans nos fruits. La planète porte des fruits qui se rendent où donc, une fois le voyage terminé ? Retour à la case départ ? oubli total, mémoire totale ? pas trop vite la musique. On ne se souvient d’où l’on vient et on ne se souvient où on ira, que progressivement, à petits pas, assistés d’un guide ange des montagnes.

Certes, quelques uns sont capables d’enjamber le tout d’un coup.

N’est possible que si tu as une mariée dotée d’une longue robe.Tout est possible, mais tout ne l’est qu’à certaines conditions. Ces conditions ne se trouvent dans aucun texte, aussi beau, aussi vrai soit-il ?

Comment saisir ? parce qu’il le faut. Contrairement à ces idées reçues qui égarent plus d’un homme. C’est dramatique cette existence si elle se brise sur les rochers qui nous écrasent et nous noient.

L’homme, la femme, ne sont pas nés pour rien, ayant chacun leur sensibilité, visions, regards, amours, pensées, désirs, etc. destins croisés où nous nous perdons et où nous nous égarons bêtement.

Et où un jour il y eut quelqu’un sur ton Chemin. Qui seul savait. Mais si, mais si…

 

Ce serait

Ce serait tellement plus simple s’il n’y avait rien avant, rien après, si notre temps d’existence était borné, limité par deux néants qui forcément seraient le même non-être. Nous aurions alors au cours de notre temps d’existence une pleine unité d’être. Quel serait le besoin d’aller chercher un sens ailleurs puisqu’il n’y aurait rien ? Nos morts ne seraient que des évocations en notre psychisme, des impressions de connu, des mémoires de nos pères. Mort, nous ne serions pas morts. Nous serions dispersés dans les poussières de l’univers, sans aucun problème existentiel. Sans devoir passer par un quelconque jugement relatif à nos actes au cours du temps qui nous fut imparti. Peu importe dans ce cas ce bien et ce mal, qui passeront quoiqu’on fasse. Nous ne subirions des maux ou des bienfaits qu’en fonction des jugements des autres hommes, nous autorisant ou nous privant de vivre, nous enfermant ou nous libérant. Se souvient-on des blessures que les hommes ont subi il y a dix mille ans ? Se rappelle-t-on celles de son enfance ? La terre serait une bulle accidentelle ayant donné lieu à des entités pensant penser, ou pensant véritablement ? croyant penser alors que nous serions pensés. c’est à dire dans une sorte de psyché terrienne ou mieux, cosmique, universelle, unie à ces univers selon le principe de non séparation, ou d’unité essentielle de la matière et de l’esprit nous ayant imposé d’être conscient. Par conséquent dans tous ces cas de figure où il n’y a rien avant ou après, rien n’a d’importance. Je dis Psyché, j’aurais pu dire : « mouvement agité de la matière en vue d’organiser un semblant de lucidité ».

Bon, tout ceci ne nous donne guère d’explication quant à la question du méchant.

Je reviendrai. (pour parler de cette homothétie entre esprit humain et esprit divin, tout en sachant que, grosso modo, quelque chose en cours de route, s’est égaré, que la greffe n’a pas pris, que ça n’a pas germé, ou que ça a avorté)

hé, gregore, quelle déconfiture.

Les gens t’aiment bien quand ils peuvent te récupérer, te faire accepter leur croyance, ou leur foi, que tu n’es pas un élément contrariant leurs désirs, la base sur laquelle ils pensent reposer, cela ruinerait leur certitudes, et remettrait la légitimité de leur vérité en cause, de ce qu’ils pensent comme étant vrai, qui n’est pas faux, non plus. Ils ne peuvent pas faire autrement, à leurs yeux tu restes un profane, un mécréant, un pauvre diable égaré, même pas un hérétique. Non, si tu penses à ta guise, tu n’es qu’un égo centré.
Ceux-là ignorent d’où tu tires tes leçons, perçues comme sorte de chaos infect et tourmenté, du verbiage rocailleux, sans fondement. Pendant que des princes enjolivent les temples, les palais et les mosquées, ils lavent ainsi leurs crimes dans des beautés. Non que ces œuvres soient à rejeter, puisqu’elles témoignent d’un passé. Et des talents.
Les gens aiment bien que tu adores les mêmes dieux qu’eux, les dieux dans lesquels ils se sentent inclus, étant dieux eux-mêmes dans ce dieu ( ou ces vérités), te renvoyant dans l’erreur si tu n’adhères pas au discours acceptable. Mais ils sont tolérants. Ils te laissent à distance, au fond, sans vraiment vouloir savoir de quoi il s’agit,
Voilà en quoi consiste l’esprit des religions*. Ce qui se retrouve ensuite dans les groupes, les clubs, les partis, les communautés cloisonnées. Est-ce le seul Ordre possible des humanités ? Le seul faisant autorité, qui ne t’autorise pas à penser selon ton propre jugement, à dire non plus, ou apporter des éléments nouveaux perturbant les anciens. Si peu en vérité, tellement conciliant. Mais tu n’as guère le droit de dire non. Tu n’as que celui de dire amen.

Si tu es, ça suffit.
La particule sait en même temps sa vitesse et sa position. Elle ne te demande pas de la suivre.

Admettons que tu es poussière, tu es cependant poussière unique et néanmoins semblable aux autres. Ça te va ?

Mais toi, si tu sais que Ça te conduit dans la tombe, tu as le droit de refuser. La mort ne sauve pas. Plus exactement, les morts ne nous délivrent pas de notre mort. Nous n’avons face à nous que le devoir d’être vivant. Ce qui est plus lourd que de la lumière. Du Je.

 

Mon dieu, comme ceci est peu important…

 

*ou le scientisme

Ni Ceci, Ni Cela

Où il est question du Maître.
Comme tous les autres il fait école. Et tient parole.
De même, il ne fait que transmettre
le mètre aux autres.

Si vous dites ni Dieu ni Maître
je vous redis il n’y a de Maître que Dieu
Cela ne vous prive de rien.
Cela vous autorise tout
à condition de savoir
ce que vous faites.
Pour qui pour quoi.
Savoir qui est qui et qui fait quoi.
C’est se reconnaître.

Le Maître se reconnaît à son silence
et à celui dans lequel tu te tiens.
Parce que tu en sers un
qui te sert comme le sien
Au cours de ces initiations
en ces lieux multiples de l’être.
Ce ne sont tant les paroles qui disent les actes
les épreuves qui disent sur quel chemin t’orienter
les mots rusent
Aujourd’hui

Au cours des temps « normaux » il n’y a plus de Maître, il n’y a plus que des transmetteurs, des témoins. Des petits, des grands, des moyens.
Quelle ruse …

Il y a plus

Il y a plus de science dans l’imaginaire que dans de nombreuses sciences dites dures. Il y en a beaucoup plus dans ta conscience que dans n’importe quelle équation fabuleuse. D’ailleurs, elle ne peut se trouver que là.

Tu ne trouveras pas la science hors de ta conscience. Une espèce d’étincelle qui fait corps avec ta pensée. La pensée allant immédiatement au lieu désiré, au lieu de son amour, de ce qui l’attire.

Juste éviter de tomber dans les pièges nombreux qui nous furent tendus, oublis, haines, eaux noircies du désespoir.

 

Quelle est la raison du mauvais ?

Non ce ne peut pas être une raison. C’est une force, un fond obscur. On parle à juste titre des enfers, d’un monde inférieur, qui nous tire vers son abîme, sa bouche dévorante.

Impuissance de la Science pour pouvoir décrire cet univers là, avec ses calculs sans âme, sa prétendue neutralité, et finalement son ignorance totale du réel. La science qui n’arrive pas à te faire toucher l’ordre divin, à en avoir l’intuition, ou ouvrir le passage dans ton esprit, ne porte pas bien sa raison jusqu’au bout.
Ce n’est pas simple cependant d’arriver à cette simplicité. Sans doute fallut-il aux scientifiques, aux méthodes employées dans cet occident matérialiste, évacuer ce paramètre, cette hypothèse a priori dans les recherches ? Comment savoir ce que serait la science si celle-ci avait eu pour but et pour objet de démontrer et d’ouvrir cette conscience vers ton Dieu ?

Envie d’évasion

Où est donc ce lieu de liberté et de bonheur, de vie vraiment vivante et joyeuse, quand nous pouvions marcher pieds nus sur le sol, innocents sans inquiétudes ?

Nous étions lors comme des enfants en vacances. Cela sur toute la terre. Nous ignorions combien les hommes pouvaient être féroces, avides, rancuniers, calculateurs prompts à te tenir comme une proie entre leurs crocs. Il est tout à fait possible que les maux qui nous saisissent ne proviennent que de cette mort que nous contenons, et qui fait de nous des victimes toutes désignées. Je veux dire que si nous étions vivants, si nous avions la vie en nous, la mort, la souffrance n’auraient pas de prise sur nous. La mort ne ferait strictement rien, elle glisserait sur nos corps endoloris, mais nous serions ailleurs. Non pas indifférents aux souffrances des hommes et des êtres, mais conscients du chaos du monde, nous serions indemnes des maux qui l’affligent. Dans une certaine mesure, ça s’entend.

 

Qu’avions nous à vouloir changer l’ordre du monde ?

Bien sûr il n’était pas juste. Mais savions-nous où était le juste ? Savions-nous nous rendre en ce lieu Juste sans perturber son agencement ? Rien n’est moins sûr.
Je parlais du Maître. Il n’y a que Lui qui sait ceux qui lui manquent, qui lui font défaut à proprement dit, comme un corps mutilé. Par conséquent, il n’y a que lui qui met tout en œuvre pour retrouver ce-lui qui est perdu dans le monde, sa part de lui-même dans tous les hommes.

Bon, tout sert, mais tout n’est pas bon. C’est le moins qu’on puisse dire. Ne peut rester que le pur, dépouillé de tous ces artifices. Dénudés.

l’ennui ou la passion ?

Le bonheur ne serait-il pas ce fait de savoir que tu sers à quelque chose de bon, et surtout de beau ? Une œuvre comme un pain bien cuit, croustillant, qui t’a donné du plaisir, pétrir la pâte, former le pain, allumer le feu de bois, et surveiller la cuisson, servir ensuite. Tout cela sans trop parler, dans la discrétion du temps qui s’écoule paisiblement et librement. En réalité ce que nous pétrissons, c’est nous mêmes dans la farine, que nous donnons dans nos actes.

Ce n’est guère différent de la croûte terrestre comme un cake replié mille fois, arrosé de ces divers ingrédients pour former les montagnes, les couches de glace, les innombrables bestioles qui parcourent les espaces.

Toutes sidérantes, respectables.

Nous avions tout entre nos mains, comme ces soirées de contes et de chants après le labeur, près du feu de cheminée, ensemble.

Sortilège

C’est assez curieux de voir combien chacun d’entre nous est pris dans son sortilège, et n’en sort pas. On ne se défait pas facilement de sa vieille peau d’ennuis, d’inerties, de lourdeurs, et de croyances. Le feu ne nous touche pas tous de la même façon. L’eau non plus.

Est-elle bonne, cette traversée ?