Être à l’heure

Le temps de l’écrire il est déjà trop tard, le temps de la pensée, n’attend pas. Quelle inertie. Pourquoi donc ce poids ? Tourner le problème dans tous les sens ? Au lieu de débuter sciemment vers son but, en se dotant d’un but, pas n’importe quoi, pas idiot, mais un but réfléchi, pesé, sensé. Quelque chose d’assez haut et à notre portée. Un objectif qui ne se confond pas avec les moyens à mettre en œuvre. Le temps est précieux, l’argent est utile.

Tenez, cette question de l’argent, ce n’est pas de la matière à proprement dit, c’est de la confiance. C’est du temps qui est confié, mis entre des mains qui sont – en théorie – supposées ne pas le flamber. Ce n’est pas ce qui se passe, on gaspille le temps des hommes, en leur imposant des actions inutiles, ce qui ne manque pas de les pousser à la révolte ou au renoncement. Sans jamais leur rendre les lumières ou répondre à leur questions, ou mieux en posant la question de fond, la seule peut-être qui compte : Savez-vous que votre but n’est que de vous retrouver en ce lieu d’éternité, et à la fois, dieu vous-mêmes. Mais nous l’avions oublié. Nous nous croyions à l’abri sur cette terre, bien au chaud dans les bras des femmes, douces et aimantes. Ce qui est très bon. Mais ne nous ouvre pas les portes. Cela nous autorise uniquement à exister, chercher et œuvrer, entrevoir. Avoir cette intuition de l’au-delà de l’âme, afin que nous nous mettions en marche chacun selon rythme, et non au pas cadencé des marches militaires. C’est une façon de développer ses dons. Comme des outils personnels à cette ouverture, dans laquelle nous nous retrouvons. C’est comme un canal, un couloir, et au bout de ce couloir une lumière qui nous appartient, avec laquelle nous sommes unis. Pourquoi donc autant d’entraves dans ce passage ? Tant de chaos et de misères, d’esprits butés qui verrouillent les portes, pourquoi toutes ces monstruosités et ces violences ? Cela ne sert peut-être à rien de se focaliser sur les conditions existentielles si on ne saisit pas les conditions essentielles, liées à ce que nous sommes, à tout ce qui est.

L’Essence va dans tous les sens. Vers l’intérieur l’extérieur, la droite la gauche le haut le bas. Vous me direz, tout cela nous disperse. Non, si nous ne perdons pas l’axe. Cette colonne.

Sans ça, c’est un effondrement.

Pourquoi donc cette colonne, ce monde dans l’ensemble, est-il secoué de tous les soubresauts, si ne n’est pour que nous sortions de notre léthargie ?

Dur tout de même.

Ce qui divise

Pour qui se lance dans cette aventure et cherche le sens de cette existence, il n’est pas pensable de ne pas tomber sur une foule d’informations étranges, anormales, surnaturelles, parmi tous les écrits, en plus de tous les éléments contradictoires de la raison. Il y en a des quantités invraisemblables, plus ou moins crédibles, ce qui fait qu’on ne s’y retrouve pas. Que reste-il alors de tous ces écrits irrationnels ? Des témoignages. Mais aucun ne peut servir de preuve. Du moins pour les autres n’ayant jamais vécu ces phénomènes bizarres. Cela ne sert que celui qui les a vécu. Ce n’est pas sûr, non plus. Il reste des traces. Confuses, mais tout de même.
On vit un moment où les choses nous sont montrées comme étant absolument banales, bassement matérielles, explicables. Obéissant à des lois connues, sans exception possible. Des lois physiques, chimiques, biologiques, mathématiques inflexibles. Dans un sens, heureusement qu’il en est ainsi et que nous ne vivons pas comme dans nos rêves ses événements élastiques, ce serait perturbant.
Le réel « normal » étant suffisamment mystérieux, qu’en rajouter ne résoudrait pas nécessairement la question.
Pourquoi donc s’en présentent-ils toujours qui nous touchent ? Des hasards, des signes, en plus de tout ce qui émeut en bien comme en mal, des bonheurs et des malheurs, de la beauté et de l’horreur. Des événements imperceptibles dans un océan de normalité. Pas un seul, mais plusieurs, comme des clins d’œil énigmatiques.
Tout à fait discrets. Secrets.
L’inverse serait douteux. Troublant profondément notre existence qui a besoin de stabilité, de cohérence, de constance et de raison. Ces signes et ces hasards, ces choses bizarres ne peuvent pas faire office de loi commune à l’humanité dans son ensemble, ne trouvent pas de réponse évidente. Les nier ne nous éclaire pas, puisqu’il s’en présente toujours qui défient la raison.
Non, ce qui est très étrange, c’est cette folie qui guette le monde entier, comme si cette terre avait précisément perdu la raison à force de vouloir tout rationaliser, normaliser, ou imposer sa loi unique à l’ensemble, de façon totalitaire.
En oubliant toutes les autres façons de vivre, de croire ou d’orienter son existence selon son esprit propre. Selon ses signes reçus.

La question demeure secrète, la réponse personnelle. Nous avons en commun cette façon de parler et d’entendre, de nous croire, de nous aimer. Très fragile union entre les hommes.

Cela veut dire ?

Quel est cet objet errant dans le vide agité de mille soubresauts, tourbillons laborieux comme un essaim d’abeilles qui farfouille son corps en vain ? Qui aspire cet agglomérat de poussières ? À quoi aspirent-elles ? Demeurer éternellement dans cet état ? Très bien. Elles ne manquent pas de tous les savoirs encyclopédiques, collections qui s’empilent dans les archives aussi poussiéreuses, ou moisies pour peu qu’il reste encore un peu d’eau. Serait-ce un œuf prometteur ? Une graine qui ensemence les univers vides et transforme ces étoiles, ces galaxies en un bal aimable ? Qui donc existe ?

Si tu n’existes pas, si tu es seul à exister ou si je suis seul à exister, c’est comme si rien n’existait. Qu’est-ce qui te donne de l’existence, c’est à dire la conscience d’exister, dans un monde ayant de l’existence, c’est à dire un ensemble de sens et d’échanges, un ensemble de consciences et de présences dans cet univers vide. Consciences connaissant leurs histoires passées, envisageant leur destinées et le voyage fabuleux dans ces montagnes de curiosités à découvrir, ces archives à ouvrir, ces livres infinis de la nature, ce plaisir dans le désir des fruits sains et savoureux, saveurs et arômes, parfums subtils chargés des lumières, comme des sons. Les sons sont aussi des lumières. Des vibrations intimes, animant les cendres de l’oubli.

Nous étions oiseaux de feu parcourant les confins des cosmos, nous étions dauphins riant dans les mers bleues, nus et heureux, comme si nous étions un seul corps, comme les doigts d’une main, ou deux mains qui se tiennent tranquilles, s’entendent.

Que ne sommes nous pas capables d’être ? Afin de nous maintenir, non pas morts ou apeurés, tétanisés face à la puissance des éléments qui nous sidèrent, mais dans cet océan là, de roches et de crevasses, pouvoir en sortir sans ces angoisses qui nous minent, et que nous puissions sécher nos larmes.

Qui console ? Non, que celui qui console jamais ne désole. S’il a commis des fautes, il est bien plus désolé qu’on pense.

Qu’est-ce que Cela veut dire ?

Se reposer

Quand le monde est lassant, pour se distraire et songer à autre chose qu’à ce chaos bien douloureux, il est amusant de se pencher sur des objets plus simples et des spéculations gratuites, des questions ou des images, dont on sait qu’on n’aura jamais la réponse définitive, ni la vision totale, mais c’est plaisant, comme quand on se promène sur un océan et qu’il n’y a pas de tempête.

Je relisais un livre sur l’origine physique de l’univers. L’auteur, entre autres choses, parle de Hubble, et des galaxies qui s’éloignent de l’observateur terrestre. Plus elles sont lointaines plus leur vitesse d’éloignement est rapide jusqu’à atteindre la moitié de la vitesse de la lumière, autant dire que ces corps célestes sont fulgurants dans leurs mouvements. Tout ceci, c’est grosso modo.

Je trouvais cela absurde. L’absurde est utile.

Je repris mon idée d’une Lumière « une » et pratiquement immobile. Je songeais à ce phénomène lumineux, comme à celui de l’onde qui se déplace sur un champ de blé. Les grains de blés sur leurs épis ne se déplacent pas, mais modifient la couleur et la texture du champ, avec cette impression de mouvement, de même que le son n’est qu’une variation de l’air arrivant à nos sens, mais  que son essence reste énigmatique.

La lumière, si l’on en croit Einstein, le photon est sans masse. Il n’appartient pas à la masse, ou à la matière à proprement dit, il n’est qu’une expression de la matière. Il décolle à peine de la matière, de façon minimale.
Bref, je pensais, à tort ou à raison que le photon ne se déplace pas. Qu’il n’y a pas d’objet en mouvement, mais onde. Comme les ondes sur l’eau, font du noir et du blanc. Que seule l’onde se déplace, comme on se bouscule dans une foule d’automobiles arrêtées au feu rouge et démarrant au vert.
Si la lumière ne se déplace pas, son passage du violet au rouge, visible dans les galaxies les plus éloignées, signe de l’accroissement apparent du mouvement des galaxies, cela veut dire autre chose que ce que nous percevons, avec nos yeux ou nos lunettes, cela veut dire que la lumière se déplace au sein de son spectre, au sein d’un Univers stationnaire, et non en expansion. Cela veut dire aussi que la lumière est ce qui jaillit de la matière Noire. La Lumière s’allume, puis passe par toutes les couleurs du spectre et retourne à la nuit. La lumière s’allume puis s’éteint. 

Ma femme me faisait remarquer que ceci n’était pas de la lumière spirituelle. J’en convins.

La Mère donne le Fils, la Matière engendre la Lumière,
Il a fallu tout de même quelque chose ou acte pour déclencher la mise à feu.

Bon, tout cela, nous repose.
Et nous Re-pose.

Bas les masques

Quel choc, quelle sidération ! On n’en revient pas. Il y a un gouffre, que dis-je, des constellations qui séparent les hommes entre eux, et des hommes en eux. Certains sont plongés dans la bêtise et la violence, d’autres planent sur des sommets de connaissances, n’ayant guère de lien, s’ignorant respectivement. Abrutis de savoirs ou d’instincts, cela fait un ensemble sourd. Les opposés sont irréconciliables.

L’ange de la Tempérance, loin d’être tiède, verse son eau sur le monde malgré les forces adverses. Ça fait quel effet ? Ça donne quelle certitude ? Quel remue méninge !

Tout ceux qui à force de doutes en arrivent à douter de leurs convictions et perdre leur sommeil confortable, peut-on dire d’eux qu’ils ont fait des progrès ? S’ils renoncent aux vieilles lunes. Aux astres morts.

Je songe à ce qui nous fait grandir, nous remplit d’amour, et de gratitude les uns envers les autres à qui nous devons toujours quelque chose. Ce qui fait que tout vit au lieu de mourir. Tout nous réjouit au lieu de nous affliger de malheurs. Pourquoi donc les enfants ont ce besoin impérieux de jouer, et de rire, si ce n’est que c’est la base du vivant, du bonheur et du divin qui s’élabore en eux et les prépare à devenir grands ?

Bas les masques, l’ignoble et scandaleux masque posé sur leurs sourires, comme un assassinat.

L’illusion du bonheur, ou le pourquoi de la liberté


Il n’est pas possible de retrouver en nous cette dimension de l’esprit, si nous devions nous tenir aux condition fixées par des hommes, aussi acceptables soient-elle en apparence, selon des plans et des visées strictement matérielles, confortables ou sécurisantes, nous passerions à côté du champ de toutes les expériences, nécessaires à la vie, autant en bien qu’en mal, en peines ou en joies. Nous serions incapables de faire naître en nous la sensibilité et par conséquent la lucidité avec ses émotions. En quelque sorte nous serions perdus dans la platitude insignifiante des non-événements, ignorant des sommets et des profondeurs, animaux satisfaits dans leurs étables satisfaits de leur pitance. Bref, des entités strictement terriennes et rien que cela.
Nulle divinité ne pourrait plus habiter les hommes, séparé à jamais de cet état de l’être, de ses origines, et de son esprit.
Celui-ci, le royaume, le lieu où l’homme est censé régner ne pouvant qu’être extérieur à cette existence, aux choses manifestées visibles et invisibles, ou dans la profondeur de sa psyché et de sa mémoire, c’est à dire hors des limites strictes de l’existant, nous serions retenus dans ces limites sans moyens pour pouvoir redécouvrir ce divin en nous.
Sans cette liberté causant du bien et du mal, et nous mettant face à des choix, face à nous -mêmes en quelque sorte, rien ne peut susciter une prise de conscience ou un éveil.
Nous serions prisonniers de l’illusion du bonheur, mais cet état ne saurait être qu’un vrai malheur.

Je songe à l’âme. L’âme n’est pas dans le corps. Il faut au corps ce vécu pour rejoindre son âme. Ce vécu ne peut pas être canalisé, tout comme un fleuve pour être vivant ne peut l’être.

les maux

Comme c’est embêtant, toutes ces contradictions. Tu approuves un jour certains mots porteurs d’un sens, tu crois avoir trouvé une certaine vérité, puis une autre arrive et te plonge dans le doute ou l’embarras, étant contraire, se situant complètement à l’opposé, effaçant les premiers. Cela veut dire qu’il n’y a pas d’énoncés définitifs de la vérité. Qu’il est pratiquement impossible de prononcer de jugements définitifs ou dans l’abstraction, d’autant plus si nous ignorons les fins, les raisons, le pourquoi des passions. De quelle flamme chacun d’entre nous brûle.
Mais voyez, malgré ce prétexte des contradictions flagrantes, nous ne pouvons renoncer à nos vérités. Ou même à la Vérité pure. Cependant nous ne tenons pas à l’imposer et nous imposer selon ses énoncés, ce serait quelque part une erreur profonde, pour autrui. Et pour soi.
Prenez l’Amour, chacun en a sa définition, qui coïncide avec sa personne, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a personne dans l’amour. Mais au contraire qu’il nous ouvre vers quelqu’un, ou quelqu’une, à laquelle nous nous soumettons et que nous servons. La recherche d’unité n’est pas du tout une volonté d’uniformisation du genre. Mon dieu n’est pas le tien, mon dieu n’efface pas le tien. Le mien ne peut pas faire vivre le tien si tu ne le fais pas vivre toi-même. Par contre ils peuvent se reconnaître, et former une unité plus grande, une foule de dieux, cet ensemble organique des êtres et des âmes qui composent Dieu, incluant la présence des myriades d’anges.

La lumière surgit de la Nuit, mais ce n’est pas la nuit qui crée cette lumière. Elle est utile à la lumière ; elle luit dans la nuit. Elle l’illumine. Là, il n’y a plus de contradiction possible. Dans un sens il n’y a plus de mal. Mais il a fallu passer par de nombreux maux. Sans y succomber.

Biens comme maux nous sont nécessaires pour trouver la Vérité pure. ( Ceci est d’un trivial affligeant dès qu’on le dit )

Où il s’agit de ne pas perdre la boule

Ceux, bien malins qui occupent les premières places ne voulant pas laisser les autres gouverner leurs vies, détournent leur attention vers des choses pénibles, nuisibles et contraignantes qui les polarisent et les obsèdent, de telle sorte qu’ils ne savent plus quoi faire ou penser, sont forcés de ronger cet os sinistre qu’on leur met dans la bouche, comme un bâillon ou un masque.

Finies ces questions de sens, de métaphysique, de réflexions sur le temps futur, ou le destin, finies ces interrogations éclairantes sur la mort, sur l’immortalité, sur l’amour éternel. Par ces poids posés sur notre esprit, sur la psyché et la mémoire, nous succombons dans l’oubli, ou le vide. Pendant ces temps perdus, les opérations continuent, la machine à fabriquer une terre artificielle se poursuivent, à notre insu.
Nous ne sommes plus rien dans le Jeu. Absolument plus rien. Nous sommes poussières.
Nous sommes jouets entre des mains qui font de nous ce qu’ils veulent. Ce n’est pas tout à fait « normal ».

Alors, de mon côté, pour ne pas perdre le fil, je divertis ce qui nous divertit et nous égare, avec cette pensée du Temps. Le futur est pour toujours futur, idem pour le passé. Seul le présent se modifie, varie en fonction du futur. Mais non en fonction du passé. Le présent dans le temps est pratiquement rien si nous ne sommes pas dans le Présent éternel, essentiel.
Comment faire pour rendre le présent éternel, ainsi se pose la question, au sujet de l’être, pour rendre l’Éternel présent ?
Voyez, tout est fait pour nous détourner de cette question là. Ou pour que nous en mesurions l’importance par nos seules ressources, que nous nous retrouvions sans qu’un étranger nous le révèle, ou nous le dicte. Et paradoxalement, tout est fait pour nous faire croire que la question est résolue, close, et que nous n’avons plus qu’à suivre et obéir à nos maîtres. Les malins… 

Pensez donc, si nous ne perdons pas la boule, qui donc pourra nous imposer ce que nous n’aurions pas choisi ?
Ce qui règne en ces moments pénibles tient des forces barbares et brutales, des impuissances de démons déchaînés. Et c’est de là que sortent les effrois nous paralysant. 

 

Vive la France

La France c’est un peuple, une voix parmi les peuples. Peuple debout, à l’écoute des battements du Cœur de la terre universelle.

Vive l’Arbre de Vie qui seul donne à vivre. Étendant ses racines dans les profondeurs du passé, ses rameaux vers sa destinée, soutenant tous ses fruits vers leur maturité. Arbre solaire. Relié à tous les arbres. Unifiant l’homme et la femme dans un seul être, une seule et même conscience d’être, de dire et de faire. Là où tous peuvent retrouver leur liberté, leur égalité et fraternité perdues. Leur vérité oubliée. Il n’y a plus que du bien, les maux n’ont plus prise sur nous. Lieu du bonheur simple où tout coule de source, tout se met en place sans forcer. Tout être, toutes choses trouvent leur utilité et leur place. Il n’y a plus rien souillant les corps et les âmes.