L’alarme aux oreilles des élus défaits.

Je voterai pour celui qui prend soin des papillons, de toutes ces chaînes de vie sauvage en péril, arbres, arbustes, arbrisseaux, fleurs au bord du chemin, aulnes, saules et sureaux qui courent le long des ruisseaux, fossés où vivent les dernières grenouilles, bois qui se débattent dans la solitude et le désordre apparent, comme tous les champignons inutiles, et les vieux châtaigniers. Je donnerai ma voix à tous les dauphins et les baleines qu’on assassine, comme ce cerf si majestueux sacrifié pour satisfaire la méchanceté des commanditaires du crime de la terre. Ma voix aussi pour ceux qui renoncent à la puissance des machines et donnent sans calculer. Ceux qui pensent à l’innocent avant le coupable, qui pardonnent avant de juger. Ceux qui savent que la vie est un grand mystère insondable inspirant un profond respect. Ceux qui s’inclinent au pied des gens qui souffrent, et les soutiennent dans leurs combats quotidiens, leurs défaites et leurs malchances, qui se réjouissent aussi de leurs bonheurs.

Mais ma voix compte pour si peu, dans ce bruit infernal, cet abandon.

Les hommes sont ainsi. Le maître parlait en sourdine, dans cette assemblée de gens instruits, on aurait qu’il chuchotait des vérités si fortes qu’il n’osait à peine les prononcer à voix haute, mais cherchait simplement à se faire entendre de ceux qui eurent encore des oreilles. Que faut-il crier pour que les sourds écoutent ?

Je voterai pour celui qui se place en dernier. Comme doit le capitaine quitter le navire naufragé, sans succomber avec l’équipage et les passagers. Il faut que ce cri là, qui est celui qui traverse les âges, soit entendu jusqu’en Chine et au-delà. C’est la Terre qui crie. Et par les larmes des justes et leurs silences, leurs désarrois, lancent les alarmes, pourquoi ?

Je vote pour celle qui voit le néant sous ses pieds. Lucide.

Au nom des P7res

Nous sommes arrivés au bout d’un grand cycle. D’une nouvelle ère. Regardez derrière vous combien les histoires nous ont façonné et ont conçu la terre, les conditions terrestres, comme une impressionnante mécanique. Qu’en sera-t-il dans dix mille ans ? Il y a bien eu nettement plus de millénaires derrière nous, pour que nous en arrivions à ce point précis du temps. Temps très spécial, d’un Jeu ou d’une Naissance. Il serait venu le temps où la terre s’ouvre enfin vers l’univers. Qu’est-ce à dire ? Les anciens, les premiers hommes auraient-ils été naïfs au point d’ignorer de quoi il s’agit ? Univers intérieur et univers extérieur. Sentiment de la séparation de la partie et du tout. Absence de l’homme et de son âme, de cette unité qui lui fait défaut ?
Les temps historiques ne seraient que des répétitions d’événements fortuits n’ayant aucun sens précis ? Excepté celui que les hommes lui donnent, en voulant, en cherchant, en fabriquant et inventant toutes les formes d’objets et d’arts, puisant dans la matière les éléments de ces constructions, et pour que cela vive et soit pérenne, se conserve pour les siècles. Nous ne pouvons vivre sans idée, ou croyance, ou vision d’un futur, où nous nous projetons. Sans espérance. Et envie de vivre, et joie de vivre.
N’est pas pensable non plus ce fait là : Nous saurions tout de science sûre, dans une conscience impeccable de ce que nous sommes, en connaissance et sans l’ombre d’un oubli ou d’une défaillance. Nous serions alors en plein milieu des dieux et des anges, des créateurs et décideurs des choses et du bal, nous serions purs amours. Acteurs ou contemplateurs ? Nous aurions engendré un spectacle fascinant et jubilatoire de quoi ? De ce que nous aurions mis au monde ? De cette part de nous-mêmes qui n’est pas nous mêmes ? De cette création ou de cet engendrement ? Voyez comment les dieux opèrent. S’ils mettent au monde leurs enfants, c’est pourquoi ?
Et nous ici, dans ce contexte assez dramatique, que faisons de nos amours ? Pensez vous que dans ces situations horrifiques les pauvres gosses vont pouvoir se relever et revenir vers vous, les bras chargés des cadeaux et des trésors fabuleux qu’ils ont découvert dans ces univers éloignés ? Ces secrets fantastiques enfouis dans les limbes des univers lointains où vous avez voyagé il y a de cela des millénaires, et que vous avez envie de faire découvrir à votre progéniture adorée et adorable.

Nous ne pouvons décider de l’avenir. Rien n’est jamais joué. C’est l’avenir qui décide pour nous et nous appelle, nous rappelle plus exactement, avenir auquel nous répondons, en écho. Ou que nous refusons. Butés et fermés. Jusqu’à la fin de tous les temps et de tous les espaces, nos p7res joueront à cache-cache avec nous. De même que nos mères.
Ils ne peuvent pas se révéler à nous dans un pur et entier éclat de leur être, nous serions fracassés comme écrasés sous les laves et les tempêtes, écrasés des extases même. Nous serions tellement emportés que nous nous envolerions d’un coup sans retour possible dans nos corps. Nous serions nés trop tôt, prématurés. Il n’est pas question non plus de s’attarder indéfiniment dans le ventre de notre Mère, cela la rendrait malade, désolée. Allez donc savoir pourquoi…
Mais tout de même, songez qu’au point où nous sommes, nous avons littéralement effectué la nette séparation d’avec nos origines et nos géniteurs, il n’y a plus de dieu. Nous n’avons plus de dieu devant notre face. Tous les dieux futurs sont ici sur cette terre (et peut-être sur d’autres, mais on s’en fiche des autres inconnus) et nous sommes donc ces dieux, dieux futurs créateurs de nous et des milieux. De nos conditions, du mouvement vers la gauche ou vers la droite, des déséquilibres et équilibres qui nous animent, et nous satisfont.
Ainsi donc nous progressons, nous évoluons ayant marché au bord des gouffres.
Cela vous convient-il comme futur espérant ?

N’empêche qu’il serait largement temps d’envisager un futur libre, moins contraignant que ce présent maladif. Cela suppose tellement de rénovation et de révolution dans nos consciences, que ceci ne peut se faire sans tout le monde, même si à la base, c’est le fait d’un seul parmi nous, le fait de ses mots et pensées qui firent une étincelle dans nos esprits. Ce fait là, c’est le fait intime par excellence du lien intime et inviolable de votre âme dialoguant avec votre âme.

La question du Pass

Avant tout, je remercie ceux qui ont la patience de me lire, tous les jours ou presque. Saisis par un sentiment d’urgence face aux événements dramatiques, comme tout le monde, nous n’avons plus vraiment le choix. Il faudra bien que chacun ouvre et trouve partout où il peut, les éléments de sa libération et de son futur, avant qu’il ne soit trop tard.

Les plans et les projets de ceux qui veulent régner sont plus simples qu’il n’y paraît. Dans un premier temps, ce n’est qu’économique. Ce n’est qu’une question de monnaie forte, conférant à leurs détenteurs des droits et des pouvoirs pour faire marcher, travailler et produire les masses. Dans un second temps cette suprématie ne tient que si les croyances ou les confiances sont installées durablement sous les cranes, s’ils ne veulent pas que le doute ou la défiance prenne le dessus. Manipuler les corps et les esprits. Plus difficile est le noyau de l’âme humaine, qui est un composé de rationnel et d’irrationnel. A priori nul homme ou femme n’est un robot esclave, ce ne sont que des apparences de servilité, des compromis et des ruses de ceux qui savent qu’ils n’ont pas le choix, et font comme s’ils l’avaient. Ils savent ce qu’ils perdent en vendant leurs corps et énergies à ces puissances et régimes qui les emploient comme de simples outils, sans jamais leur demander leur avis, et qui les considèrent comme quantité négligeable, variable dans la chaîne de production, comme des chevaux sur les champs de course, utiles s’ils sont bons, jetables une fois usés. Même ceux qui pensent avoir grimpé les échelons, et acquis des positions confortables seront tôt ou tard oublié et mis au rebut. Ils ont cependant alimenté la machine à profits, la mécanique puissante des armes et des médecines, c’est à dire de celle qui donne la mort ou la vie. Comme César dans les jeux du cirque. C’est pourquoi la place de César est convoitée. Et que le Sénat veille pour que l’empire de l’État aille dans le sens de la croissance ou du maintien de cette puissance, au lieu de l’effondrement, ou de la ruine.
Tout a toujours été mondial, ou international comme lutte entre les différents royaumes. Et conflits à mort. Comme sur le champ de bataille, n’oubliez pas : votre ennemi vient vous tuer, ou vous le tuez, pour qu’il ne vous tue pas. C’est sans pitié, sans aucune grâce possible. Une question de chance si vous survivez. Indépendante de notre volonté. C’est pourquoi les hommes prient et implorent les entités auxquelles ils croient, au-dessus de la volonté de César.
C’est donc la question du Cœur qui se trouve au centre de toute action. Et qui seule fait autorité pour que des hommes acceptent le sacrifice. Donner son sang pour sauver le sang de sa fratrie, tribu, clan, ou famille. Et pourquoi pas sa patrie ou sa nation ?

Les bretons vaincus par la France, après un temps de malheur purent monter à Paris et à leur tour occuper des positions avantageuses, et françaises. Le processus historique des nations tendrait-il vers une mondialisation fatalement ? Il y aurait une volonté d’uniformiser toutes les origines locales vers un seul modèle ? Gommant pratiquement toutes les singularités, et les particularités, ou originalité ou spécificité des peuples selon un seul modèle de société ? Un seul format.
Les hommes seraient comme des automobiles sortant des usines à la suite des conceptions des ingénieurs et des génies concepteurs des plans ? C’est tendancieux de vouloir engendrer des hommes à la carte, comme s’il y avait un prototype idéal. Et que toute l’humanité devait se conformer à ces standards.

Ceci dit, je ne crois pas du tout que les hommes oublient le sol de leur naissance. Les musiques dans lesquelles ils ont baigné, les eaux de leurs rivières et les climats, les femmes et les mères, ou leurs grand-mères ou grand-pères, donc leur sang et ressemblances. Où ils se reconnaissent.
S’il y a un possible cosmopolitisme, ce n’est pas un mélange s’opérant n’importe comment. On ne peut s’unir que s’il y a reconnaissance et ceci dans la réciprocité, par définition de la reconnaissance.
Deux dans un miroir l’un de l’autre se voient comme un seul.
Partant de là, on voit qu’il n’y a plus de guerre. Ni de volonté de soumettre ou d’exploiter, chacun servant l’autre. Et le monde devient riche.
Utopie ?
Les premiers hommes se vivaient comme étant un seul « corps », dénué d’individualité enfermée sur elle-même, sur cet amour propre qui nous enclot. Pourquoi tout cela a-t-il dérapé ? Quel doute s’est immiscé en nous ? Pour que le soupçon, la défiance prenne le pas sur tout, et que la volonté devienne mauvaise et que nous ne voyions plus rien ?
C’est du miroir brisé de l’âme que tout mal provient. Et d’où découlent cette terrible volonté de puissance. Passant aussi bien par le féminin que par le masculin.
Volonté comme un mur, et imposant son laisser passer, dont il est question aujourd’hui.

Ce pass imposé, relève de la volonté d’enfermer et non de délivrer. Non de sauver, mais de forcer à croire et subjuguer. C’est une épreuve de vérité.

 

 

 

 

Deux choses

Deux choses, l’esprit et la matière, deux mots signifiant deux choses contraires ou opposées, connues et inconnues ou l’inverse ?
La matière apparaît perceptible, l’esprit imperceptible. C’est comme s’il n’y avait personne.
Hier, par un coup du sort, tout ce que j’entrepris d’écrire s’est effacé, disparu. Cela existe-t-il encore quelque part ? Ce n’est pas important, ce n’était qu’une énième répétition des mêmes choses. Cela m’oblige à repenser à la fois au même objet, et à un autre.
Je songe à ce film qui se déroule dans nos yeux quand nous avançons et que le paysage se transforme, avec ces infinies perspectives et angles de vue. L’image perçue est-elle réelle ou une simple image se déroulant dans les temps. Parce que nous pourrions graver ces images sur du papier photographique, nous croyons que cette image est empreinte de réalité. Nous vivons pourtant dans un réel, dans notre cerveau, dans nos perceptions, se forment des images en nombre infini, et en qualité infinie. Tout est dans la même veine, les sons, les goûts, la salive sur nos bouches, les odeurs, toutes ces matières se gravent de façon éphémère dans la matière de notre corps, il n’y aurait donc que de la matière percevant de la matière. Nul esprit dans tout cela, ou alors un esprit comme un figurant sur la scène existentielle. Un esprit né de la matière. N’ayant nulle existence propre. Un esprit relatif, donc.
Il n’y aurait d’existence que la Matière en soi. Toutes les images dans nos imaginaires, ne seraient que des projections, des films sur une pellicule fine du temps et les membranes fragiles de nos cerveaux, de notre peau, de nos os ressentant des douleurs, tout ceci pourrait se nommer illusion ?
La matière ayant seule droit d’existence effective serait semblable à Dieu, en tant que créatrice. Ce ne serait plus comme avant lorsque nous disions que Dieu, l’Esprit est Dieu. Gardons tout de même l’esprit pour ne pas perdre trop la tête.

Même si ici, dans notre temps et notre lieu j’admets volontiers que « mon esprit » n’est que le fruit de la Matière, Mère. Elle nous a tout donné, tout comme elle nous retira tout. N’en restera-t-il rien ?

Notre esprit serait absolument inconsistant. Pourtant dans ce jeu si nous sommes récepteurs, nous sommes également émetteurs et transformateurs, nous diffusons, infusons dans le monde et dans notre corps des foules d’informations contradictoires, des œuvres, des mots, des formes, perceptibles, et générant des images. D’où nous vient cette capacité de dire, de quelle source ? Source révélant en elle même ses profondes pensées et productions dans la Nature.
Penser que la matière peut s’ensemencer elle-même et engendrer tout ce qu’elle contient, me paraît étrange, pour la simple raison que rien dans ce cas précis n’a d’importance. Rien n’a plus d’importance qu’une autre chose, le néant ou l’étant, revenant au même : Ce qui n’est pas étant aussi important que ce qui est. Quel serait alors l’étant de la matière ? Quel sens aurait son être ? ( pour le dire autrement )

Je ne doute pas qu’en elle-même la matière est parfaite. D’une exactitude en tous points et tous lieux.
Mais nous, dans notre cerveau troublé nous serions des anachronismes, des entités relatives en dehors de cette absolue matière, en dehors dans le sens où nous n’avons pas pénétré dans ses arcanes les plus intimes, et fait connaissance avec Elle ?
Tombés dans l’ignorance et l’absence d’Amour Pur, chuté dans l’insignifiance et l’errance, engendrant des souffrances sans fin ? Comme s’il n’y avait personne. Dans ces univers, ces multi-dimensions, ces infinies perspectives, illusoires, et qu’à jamais nous ne pourrons rien en connaître ou en savoir.
Savoir ou Voir ? Il ne suffit pas de l’œil pour voir, s’il n’y a personne pour voir ce qu’il y a dans l’œil ou dans l’image.

La conscience s’interpose entre la Matière et l’Esprit, On pourrait dire autrement. Dire qu’il y a un Esprit qui est conscient de lui-même, de même que la matière en elle-même est consciente d’elle-même. qu’il s’effectue une relation entre les deux, pour toujours, dans un jeu éternel.

Un éternel jeu de Deux.

L’Un seul est le Jeu , et ne nous laisse pas seul. Si nous le sommes, c’est le malheur. Ce n’est plus du jeu.


Bon, c’est grosso modo, ce qui a disparu hier, et d’autres choses peu importantes. Comme cette idée là, que la matière ne devrait pas être ravalée au rang de chose sans esprit. Et inversement.
Dans tout ceci, ces mots assez désordonnés, il y a également la question de la possession, de l’appropriation, de la propriété, ce qui relève de la relation et des fonctions que nous entretenons au sein de la Matière, et selon notre Esprit, et par conséquent beaucoup de confusion. 

 

Ange ou démon

C’est terrible, tout ceci, si c’est terminé. N’aurions-nous jamais moyen d’échapper, ou de trouver notre rachat, de rester démon à jamais ? non, ce n’est pas possible, il doit y avoir, il faut qu’il y ait une issue, une épuration de tous ces maux engendrés. Certes, nous en paierons le prix. Nous avons une dette impossible à faire porter à autrui. L’innocence, la faute, tout cela est à nous, et chacun en a sa part, d’ange et de démon. Celui-ci, cette inconscience au fond de son trou noir, ne sait pas qu’il sert l’ange, ou dieu même par ses anges, il ne sait pas non plus qu’au lieu de laisser Dieu opérer il aggrave sa condition, son mal au fond de sa nuit, dans cette vengeance humaine, au lieu du pardon. Parce qu’il n’y a que Dieu* qui puisse juger. Et comment dire, faire que nous nous jugions nous-mêmes en vérité. La justice divine, la carte 8 du tarot, est inflexible,comme son épée. Nous, dans nos jugements et sanctions, ne pouvons pas savoir, de façon absolue si dans le châtiment nous ne commettons pas du mal à notre tour. Comment faire donc, si ce n’est de voir en soi, le mal profond qui nous mine, abyssal ? là, tout s’éclaire.

***

Quel est donc cet Amour de la guerre, cette envie de tuer et se venger ? Cela remonte aux origines, il n’y a pas d’autre cause. Nous avons dû mourir quelque part pour venir dans ce corps. D’ange devenir chair mortelle et souffrante, en proie à toutes ces choses sombres mêlées de plaisirs, de déceptions, d’espoirs trompés, d’amertumes, corps ambigus, mélangés, troublés, malheureux. Tombés dans le mal. Bêtises, méchancetés, haines, et amours, quelle purée dans nos têtes, nos mots et nos pensées, nos sentiments contradictoires. Et que dire du Monde entier dans sa folie collective qui nous happe et nous fait succomber.

***

Et puis, il y a celui qui se croit innocent, mais qui n’est que le pion d’un égrégore fantôme du Pur, se sent investi de la mission de rendre justice, des maux patents du monde, sans en connaître le moindre ressort initial, comme un médecin ignorant impose ses poisons et génère d’autres maux.

On n’en sortira pas, avec ces bagages pesants du passé. On en sortira que par le feu. tout comme il y eut des déluges, mêmes mythiques, symboliques forts pour notre esprit, ayant besoin de cela, comme de l’eau.

Ignorez-vous que Jésus baptisait par le feu du Saint Esprit ? Ce feu n’était pas pour faire mal.  » On ne baptise pas pour faire mal. »

Il ne s’agit pas d’un Feu nucléaire.

Nous, ce qui est possible pour nous, exclusivement c’est de pardonner aux autres des fautes humaines, pour nous délivrer déjà de ce poids et ne pas en rajouter en pensant faire Bien.

Notre faute essentielle, personnelle, n’est pas pardonnable. C’est notre face à face avec notre ange, si vous voulez. Ou le rachat de notre âme.

Si vous comprenez cela, vous verrez que les fautes humaines ne valent pas damnation éternelle.

*

La Cité

Cela fait toujours un choc de venir dans la Cité. Voir ces flux d’automobiles, ces files, de lampes rouges ou blanches, cette débauche d’ampoules sortant des immeubles dont on ne voit pas le bout, ces reflets sur le bitume qui amplifient les éclairages, et laissent l’impression d’un organisme vivant, dans lequel il est très délicat de pouvoir se mouvoir sans se heurter, passer au vert, stopper au rouge, et trouver sa voie dans la nuit pluvieuse au bord du chaos. Et partout, sur toute le terre c’est le même spectacle urbain. je me demandais comment cela pouvait tenir, je songeais qu’il y a des gens qui essaient d’organiser l’ordre dans cet ensemble, où chaque individu n’a d’autre choix que se plier à la loi du corps sans tête.  

Ou alors ce corps aurait des milliards de libre arbitre ? Cela m’étonnerait. Comment donc cet ensemble arrive-t-il à tenir, cela me semble relever d’une énigme. Par quel subterfuge les hommes en arrivent à un degré de soumission à ce monde là ? Tenus par l’argent, ou par la force des répressions, par une certaine morale diffusée depuis des millénaires, progressivement.  Il a bien fallu que le barbare se plie aux lois de la cité, que le sauvage se civilise, c’est à dire fasse abstraction de ses instincts pour pouvoir supporter cette vie factice, et ce vide, ayant l’apparence d’un monde merveilleux, lumineux, chaleureux et confortable. Quel prix les hommes paient pour pouvoir y subsister, que doivent-ils endurer tous les jours dans leurs labeurs, dans les efforts pour subir le stress, les humiliations des tâches répétitives insensées, des poubelles qu’on vide, des murs qu’on effondre et de ceux qu’on remonte inlassablement, les hommes comme des Sisyphe en nombre. Perdant leur temps et puis tombant inertes devant leurs postes de télévisions et des clowns minables qui y paradent et diffusent leurs messages douteux, leurs promesses trompeuses et leur ruse. Ce monde nouveau calqué sur les élevages intensifs et concentrationnaires, sur l’agglomérat des cellules obéissantes au corps, cellules ayant chacune leur fonction, comme les fourmis ou les ouvrières des ruches, ou même sur un arbre, ce monde, par quoi est-il inspiré ?

Le saura-t-on quand il sera expiré ?

Sait-on mieux ce que fut notre présent une fois que celui-ci est passé ? c’est tout de même assez étrange que nous ignorions ce présent et que nous découvririons ce qu’il fut dans son essence une fois mort.

La conscience, voilà ce qui nous fait défaut. C’est, cela ne peut être qu’une Présence. Avec tout ce que cela suppose comme extension dans tous les sens.

Bien, mais à partir de quel Lieu ? Est-ce la sphère des idées pures platoniciennes ? ou ce royaume des anges ou des dieux, comme d’une Cité quelque part dans les cieux et qu’on cherche à regagner ?

Toc toc

Qui est là ?

Pourquoi tout part en vrille ?

C’est plus simple qu’il n’y paraît.

Avant, il y avait peu de mélanges au niveau des informations, moins de confusions, il y avait en chaque lieu des gens plus ou moins sages qu’on pouvait écouter et dont on pouvait suivre les enseignements, ou les conseils. Ça allait, tant bien que mal, et la nature compensait, nous prévenait du pire. 

Maintenant c’est le grand vide et la confusion, la saturation paradoxale de ce vide, du non sens, que chacun croit pouvoir combler avec ces propres connaissances ou des montagnes d’objets, de techniques ou d’outils, comme si cela pouvait résoudre les questions essentielles, métaphysiques, existentielles, ou régler la folie.

Quelle perte de lien ! mais cela a un sens, c’est de nous remettre les compteurs à zéros, de même que les conteurs. et la mémoire, qui ne saurait se trouver inscrite nulle part dans aucun disque dur.

Nous allons devoir faire face à cette béance, qui ne ressemble pas tout à fait à une béatitude.

Vive la France

La France c’est un peuple, une voix parmi les peuples. Peuple debout, à l’écoute des battements du Cœur de la terre universelle.

Vive l’Arbre de Vie qui seul donne à vivre. Étendant ses racines dans les profondeurs du passé, ses rameaux vers sa destinée, soutenant tous ses fruits vers leur maturité. Arbre solaire. Relié à tous les arbres. Unifiant l’homme et la femme dans un seul être, une seule et même conscience d’être, de dire et de faire. Là où tous peuvent retrouver leur liberté, leur égalité et fraternité perdues. Leur vérité oubliée. Il n’y a plus que du bien, les maux n’ont plus prise sur nous. Lieu du bonheur simple où tout coule de source, tout se met en place sans forcer. Tout être, toutes choses trouvent leur utilité et leur place. Il n’y a plus rien souillant les corps et les âmes.

Universel

J’aimerais qu’on m’explique comment les hommes vont pouvoir atteindre l’Universel en envoyant des fusées sur Mars. L’espace est si vaste et si vide. il n’y aura rien que du gaspillage de plus, des déchets supplémentaires sur la terre, invivable. Et rien sur Mars.

Notre temps est celui de la fin. La disparition des baleines et des orangs-outangs, l’autoritarisme délirant des puissants détenteurs des machines, les campagnes vidées de leurs habitants, les villes grouillant de monde et de solitudes, les illusions du progrès des robots, qui décident à notre place, et dictent leur loi.

La Terre ne supporte plus ce parasite, cela la met dans tous ses états, pour évacuer ce qui la mine. Elle est vivante. Et spirituelle.

 

Signe des temps

Signe des temps, c’est comme la fin. Un temps s’achève, pour qu’un autre arrive. Le passage entre les deux est difficile. Ce n’est pas dans les exoplanètes que nous risquons de découvrir plus de vérité que sur terre, ou bien retrouver le royaume perdu. Au contraire, ces recherches par leurs violences ne peuvent qu’aggraver la situation très fragile de la vie terrestre, et amplifier les désastres, aussi bien pour notre santé que pour celle des formes vivantes, toutes affectées. Ce n’est pas non plus sous le microscope que nous découvrirons l’amour ou la pureté des désirs. Non tout cela , tout ce vrai se tient dans votre demeure en harmonie, dans votre foyer. Entretenir la flamme, qui donc le pourrait à ta place ?  Cette flamme ne tient pas toute seule. Cela suppose de la cultiver, un peu. Sans trop souffler sur les braises, sans trop se brûler les ailes,ou la noyer sous des montagnes d’eaux.

Si un jour, vous voyez le ciel s’ouvrir, ne vous inquiétez pas, ne vous effrayez pas, même si cela secoue. Les dieux – si je puis dire – et les anges, savent très bien ce qu’ils font.

Juste une chose, laissez les morts tranquilles. Laissez les où ils sont.