C’est quoi être un homme ?

Comme c’est lassant de devoir sans cesse se répéter, reprendre son ouvrage, comme si rien n’avait été fait. Se cogner contre des murs et si peu se  comprendre les uns et les autres, coincés dans nos opinions, sur nos mots respectifs, nos définitions, ou sur nos morales.  On veut tous avoir raison, ce en quoi on a tort. Mais nous ne pouvons faire autrement que de nous affirmer, en connaissance des erreurs des autres si visibles, ça crève les yeux. Dans ce monde monstrueux d’injustice et de méchancetés, cependant animé de justice mais qui nous fait souffrir. Possible que la seule chose à faire est de faire pour le mieux, en espérant en sortir. Ne pas succomber, passer de l’autre côté et renaître. Ne pas renier non plus ce qui furent nos raisons de vivre et de lutter, nos amours et nos fautes. Non ?

Lumière

La Lumière est comme une Mère.
Comme ma mère malgré son oubli, dû à son grand âge, qui ne m’oublie pas, bizarrement.
La question de l’homme n’est que de retrouver cette lumière comme sur un océan qui le transporte en son lieu.
là où il n’y a plus de folie ou de maux.
Il s’agit alors de prendre soin des Muses, et de leur Mère.
Bon, s’il y a Mère c’est également parce qu’il y a Père, et eux ne se font pas la guerre. Ils ne cherchent pas non plus à dominer l’un sur l’autre, mais uniquement à s’unir et tenir leur unité d’être, leur demeure en bon état.
Comment pourrions-nous les confondre ? Nous savons bien que l’esprit et la matière ne sont pas dans notre monde présent tout à fait du même ordre.

Le prix de tous ces cris.

Saisis-tu ce que veut dire le moindre hasard, quand tu tombes sur une connaissance à des milliers de kilomètres ? Ce genre d’événements fortuits n’arrive pas pour rien. On en déduit souvent que le monde est petit. Mais ce n’est pas la seule conclusion possible.
Tout cela est trop bête, passer à côté de sa vie, passer sans se voir, et prendre la mesure de l’urgence de vivre, d’aimer, de partager le temps, au lieu de se déchirer et demeurer dans le trou affreux. La vie est un songe qui passe trop vite, il ne faut pas mourir, c’est à dire rester enfermé ou confiné dans ses maux. Il faut dire que tout pourrait nous pousser à ce retranchement intérieur tellement l’incompréhension est forte, mais il ne faudrait pas y céder. De quoi donc avons-nous peur ? Quoique que nous fassions nous sommes obligés de nous retrouver, ici ou ailleurs, nous ne pouvons sortir de ces univers, et devrons composer avec tous ses habitants, et nous soigner, et vivre ensemble, humains et non humains.
Ce qui est affreux, c’est le vide d’être, celui de toi et de moi, qui donne raison à la vie dès lors qu’on passe le seuil. Et qui vainc la mort, le doute et cet enfermement.
On va nous reprocher nos fautes, nos défauts et nous jeter la pierre, on a toujours besoin de se blanchir, et d’épurer ses propres fautes, sur le dos de l’autre, au lieu d’inverser les choses et de se repentir en soi-même de ces maux qui nous blessent.
Sans cette opération, nous faisons notre malheur, comme des maudits, âmes défuntes. Et fous. Alors qu’il est certain que tout ce que nous faisons ne vise en définitive qu’à cela. Mais nous nous y prenons mal. Nous nous trompons. Nous croyons nous en sortir dans la vengeance et l’hostilité, parce que nous nous croyons indemnes de maux, et donc nous ne percevons pas les biens de l’autre, nous ne percevons que ses tares. Et nous jugeons et effectuons cette séparation affreuse.
Ce n’est pas la théorie qui va pouvoir reconstituer le lien, il faut un passage effectif et certainement douloureux pour encaisser le poids de notre inconscience, allant vers la conscience de l’être. Celui-ci est tellement énorme, puissant, profond, silencieux, miraculeux, implacable dans ses plans conçus pour nous et pour tout.
C’est parce que nous y étions inclus que nous ne pourrons y échapper. Mais à quel prix ?

Il n’y a rien à dire

Il faut le dire. Pourquoi se bat-on ? Que défend-on ? Contre quelle mort nous acharnons-nous ? Si nous ne savons pas où trouver en nous ce qui est vivant et que nous n’arrivons pas à exprimer ou transmettre à nos congénères, avec ce que cela suppose de compréhension et de réciprocité ? Nous nous heurtons à un mur absurde.
Il ne s’agit dans tous les cas que de la mort effective, ou de son silence. Nous serions comme dans un tombe, sans écho venu d’ailleurs, sans personne à qui parler. Monde muet, monde mort. Alors les hommes empruntent la voie violente pour franchir la barrière de l’autre, comme s’il ne restait plus que cela quand toutes les voies de dialogue sont épuisées. Tout est divisé. Tout devient horriblement sourd. Comme si la guerre était la dernière solution pour résoudre le Mystère de l’être ou du néant, ou que sais-je ? cette volonté de s’affirmer supérieur ? de ne pas briller dans l’univers ? d’avoir ce sentiment de puissance au lieu de celui de se sentir humilié et rabaissé au dernier degré, celui de l’insignifiance, de n’être rien.
Toutes ces mises en scène ne seraient qu’un processus de se voir grandir et vainqueur des choses considérées comme basses et viles, du malheur qu’on accorde au vaincu. Cela fait une boucle de vengeance obligée. La mise en branle de toute une mécanique, de techniques, d’une ruse afin d’inverser le passé malheureux, auquel nul n’a jamais pu échapper. (fatalement si on y pense)
Tout cela au nom d’un Bien. Toujours en son Nom.
Hé, dis, qui voudrait se battre en pensant qu’il agit pour le « mal » ? qu’il est serviteur du mal ?

Mais voyez, le temps où nous sommes ne nous laisse plus aucun choix. C’est trop catastrophique partout, à quelque niveau de questions qui se posent et sont sans solutions évidentes. Il n’y plus qu’une défaite généralisée de tous les hommes face à leur mort programmée, dans l’hypothèse où nous tous continuons dans ces voies du passé. Nous passerions à côté de notre vie réelle, enfermés dans une tombe à jamais.
Mon Dieu, quelle angoisse sera-t-elle capable de nous faire réagir ? et poser nos armes et bagages sinistres ? Penser à un nouveau départ, à d’autres horizons.
Adam perdrait-il Eve à jamais ? je veux dire, les corps humains seraient-ils à jamais séparés de cette dimension spirituelle qui les inspire et leur donne sens ?
Voyez, la politique, et sa philosophie, seule est stupide, elle ignore combien la manipulation est diabolique.

Ne reste pas seule

Ne reste pas seul

Ne t’isole pas. Il y a tellement de fantômes qui t’emportent dans leur tombe, si tu ne te relies pas aux autres humains, malgré les maux, les zones d’ombres, les rejets et les incompréhensions entre tous, il vaut mieux se frotter les uns aux autres que demeurer séparé et reclus. Dans cette situation d’isolement ton âme flirte avec la mort, dans l’effroi et l’angoisse.
L’ermite est peut-être une voie, ce n’est pas sûr. Ce n’est peut-être qu’un état de conscience, d’un je conscient de ce qui se trame en lui, qui sait pertinemment que les mots et les images, les métaphores, et les symboles ne sont que des pâles copies des puissances incluses dans le Corps, blanc et noir, profond et élevé des univers qui t’habitent. Et contre lesquelles tu es comme sur barque dans l’océan tourmenté et vaste. Non ne reste pas seul. Ou alors pense à tes anges. Songe tout de même qu’il leur faut aussi un corps pour te parler et te voir, et que ce corps te ressemble. Vois, nous ne pouvons rien sans assemblée, Mais celle-ci n’a nul besoin de s’instituer, de fixer des lois, elle n’a qu’à laisser la parole et l’entendre, afin qu’en chacun d’entre nous la conscience s’éveille, que nous prenions la mesure de l’urgence et du drame si rien n’est fait pour endiguer les flots sinistres des discours univoques, nous réduisant à n’être que des nombres, sans nom.

Comme un vol de corbeaux

Je suis comme un corbeau aux yeux crevés qui s’agite dans sa cage quand elle s’en va
Je reste seul entouré d’un silence de plomb.
Je songe alors à ma mère devenue vieille et évaporée si proche de tous ces nuages comme si elle y habitait détachée
Je songe aussi à ces poètes qui cherchent leur consolation dans la douceur du chant qui délivre l’âme de son flacon
Que te restera-t-il quand elle ne sera plus là l’épouse, elle qui te comprend sans un mot sans l’ombre d’un doute.
Le temps nous impose sa loi impitoyable où il nous faut nous armer de patience, simplement qu’il ne nous broie pas dans son étreinte
Il nous impose depuis toujours de savoir dans quelle passion nous sommes tenus, nous écorche et nous dénude en entier
En ce lieu sans voix.
Mais au loin dans le fracas des industries ricanent elles encore ces hyènes vols de vautours qui guettent ta mort.
Et puisque toi tu sais, tu sais aussi qu’on ne te pardonne rien, que jamais on ne te cédera d’un pouce.
Tu n’auras d’autre espoir qu’en ce lieu d’où tu te souviens.

Du jeu et du nous

Il y a un jeu entre le je et le nous, un dialogue, un échange. Le nous nourrit-il le je convenablement ou bien l’écrase-t-il en lui imposant des contraintes dont il ne saisit pas le sens, et la nécessité éventuelle ? Inversement chacun d’entre nous fait-il tout ce qu’il doit pour que l’ensemble -les autres- aillent pour le mieux ? Ou profite-t-il de la faiblesse du nous, de son incohérence ?

L’ensemble ne peut pas aller bien si l’individu va mal, et réciproquement.

En ce sens, Dieu serait ce Sujet ayant en lui tous les sujets plus ou moins éveillés, plus ou moins endormis. Il les rassemble, à condition qu’ils soient libres et conscients. Faut-il que les sujets -je- effacent leurs volontés propres, leurs désirs et leurs envies ?

Ce n’est pas si évident. Qu’est-ce qui doit parler en moi ? Si c’est ma chair qui parle, il se peut qu’elle parle d’ignorance. Si c’est l’esprit qui parle, il faut alors que je laisse parler l’Esprit en moi, et non pas mon esprit ignorant.

Se laisser penser plutôt que de penser par soi-même, afin de retrouver l’essence de sa pensée propre, ce qui revient à se retrouver soi-même, se connaissant, et reconnaissant tout autre, tous les autres, dans une progression.

et ?

Dieu Nature

Non je ne confonds pas.
Dieu et la Nature font deux
distincts, conjoints.

à qui devrions-nous rendre grâce
de nous retrouver ?
à qui pourrions-nous en vouloir
de nous égarer ?

Il n’y a pas de mal
si ton âme respire
ton cœur bat.

Quelle tristesse
ce sol stérile et sec

Toujours cette idée de Dieu

Que n’entend-on pas à propos de ce mot ? C’est lassant, on n’y comprend plus rien, chacun y allant de son opinion, plus ou moins juste, plus ou moins faussée.
Nous vivons un temps spécial, où la Science cherche à s’imposer comme seule voix valide. Refoulant les autres dans leurs relativité et subjectivité douteuse, à laquelle on n’accorde qu’un crédit très relatif. C’est normal, nul homme n’étant a priori détenteur de la vérité absolue. Et depuis le temps que tout le monde en parle et se contredit, rien ne peut être sûr en ce domaine là. À celui qui voudrait remettre les pendules à l’heure, on ne va pas lui donner un chèque en blanc, sans qu’il prouve ce qu’il annonce. Les hommes veulent des preuves. Ils ne mesurent pas combien leurs affirmations ou leurs thèses peuvent être scabreuses et même complètement absurdes, même parmi celles des intelligents et des savants. Ils acceptent tout de même les ressentis et les paroles des croyants, comme celles des artistes, mais les rangent dans les catégories sans trop de valeur au fond, comme des flous artistiques.
Ce qui fait que l’homme se trouve seul avec ses « preuves » et ses épreuves.

Pourtant, nous ne pourrions vivre s’il n’y avait Dieu. Non pas le mot, mais tous les sens que ce mot recouvre. Comme si nous pouvions vivre s’il n’y avait nul objectif, s’il n’y avait nulle vie, nulle idée supérieure, s’il n’y avait rien au-delà de cette existence ici, ou de cet univers. ( et combien d’autre sens encore recouvre ce mot, cela semble inépuisable, insondable, et inconcevable)
Ce n’est pas la Science qui est en cause. Mais notre façon de savoir, de vouloir savoir. Les affirmations de la science énoncée par les savants sont si peu probantes. Prouver le 1 ou le 2, par exemple, comme si cette mathématique prouvait quelque chose, alors qu’elle ne fait qu’énoncer un objet non défini. (peu importe ). Ils ne prouvent que leurs postulats exactement comme des croyants. Leurs postulats les regardent. Il est vrai cependant que la démarche scientifique n’autorise pas l’erreur dans son déroulement, tandis que celle des croyants semble pouvoir s’en permettre vu qu’elle ne concerne que l’humanité faillible et faible. Et que la science se veut infaillible et dure.

Pour être dure, elle l’est surtout dans les mains des pouvoirs et de la machine. Nombre d’intellectuels succombent à la dureté du Logos. Et des programmes oubliant l’humain, et sa part sacrée. Ou irrationnelle.
Se servir de la Science pour asseoir une puissance se fait au détriment des simples.
Il reste heureusement cette ingénuité et capacité d’émerveillement qui ne ruine pas le vivant et la nature, malgré tous les assauts qu’ils subissent.

Code

Qu’elle est la différence entre un humain naturel et un cyborg ? J’écris cyborg, sans trop savoir de quoi il s’agit, en quoi consiste le plan merveilleux concocté par des démiurges intelligents et calculateurs surpuissants. Derrière toute cette mécanique en œuvre, nul doute qu’il y a des gens ayant des intentions inavouables. Sans doute ont-ils perdu la raison, et de ce fait précisément la cherchent en décodant, et codant. Là, ils pensent pouvoir tenir la bête. Comme si toute existence se résumait à des signaux. Non, ce n’est pas tout à fait ainsi. Les signes sont certes omniprésents, mais malgré cela, ils ne sont pas le tout. Un objet quelconque à vendre a un code barre, qui le trace. Un homme quelconque, sur le marché du travail est également tracé, comme un objet.

Est-ce cette trace dont il s’agit ? comme une volonté de subjuguer l’humain et qu’il serve. Ce ne serait donc qu’une grosse Machine à soumettre et asservir les masses devenues dépossédées de leur humanité, c’est à dire de leur capacité à faire bien ou mal. Dans ce choix, entre le positif et le négatif, s’opère quelque chose, n’étant peut-être pas raisonnable.

C’est curieux, on programme des hommes pour faire exclusivement mal, avec leurs armes, des tueurs en série. On en programme d’autres pour soigner et trancher dans les chairs, et modifier les génomes. Ce On, reste toutefois dans l’ombre sans dévoiler son jeu. Ceux qui sont encore un peu lucides savent que tout ceci n’est qu’un jeu, mais qu’il est assassin. De l’humain, de la Nature, et du Divin. Tuer pour voir quelle sera la réponse du Vivant. Nous laissera -t-il nous faire exterminer par ces démons ?