Mes aïeux

Quelle est la fin de l’histoire ? Non, cela ne peut être la mort, cela ne doit pas être ça, ce serait stupide d’avoir vécu. Si c’était la mort, c’est que nous serions déjà mort. Faut-il arriver au bout de son existence pour enfin réaliser à quel point la nature est miraculeuse, que c’est un don, une grâce, une chance donnée, qu’elle est surnaturelle. Mais que la bêtise ou l’ignorance veulent la pétrir et ne font que détruire, engendrant tellement de souffrances qui se transmettent. Quelle misère ! Quel vaisseau fantôme ! Les éveillés savent que rien ne va. Chacun attendant cet homme providentiel, qui va lui tenir des discours pour refonder ce monde à la dérive. Mais cela ne fera encore que d‘autres errements s’ils ne sont que politiques, ou religieux, ou scientifiques, il manquera cette dimension à proprement dit magique, onirique, poétique, sublime d’effroi ou d’extase, qui nous propulse vers des plans supérieurs, en étant pleinement vivants et amoureux de tout. Nous savons que nous laisserons nos os sur cette terre, mais que cela n’a guère d’importance, puisque nous avons retrouvé l’âme du monde. Qui s’exprime partout, et unit tout sans rien effacer du bien et du mal qui furent nôtre.
Il suffit de si peu pour renverser ce monde mauvais en monde meilleur, il suffit d’un seul, d’un seul bon, pour que le meilleur arrive, il n’est pas nécessaire d’être des milliards convaincus et majoritaires pour que les choses commencent à se métamorphoser en mieux. Il n’est pas nécessaire non plus d’être sur le devant de la scène publique, il faut cependant que le monde puisse entendre les voix bonnes et réalise les mauvaises, les impasses et les naufrages, afin d’éviter le pire et l’irrémédiable. Ire remède diable ? Tonnerre de Dieu.
Je pense aux anciens qui créèrent Zeus, mais aussi les autres figures bonnes et reposantes, comme on pétrit un bon pain. Ou un bon vin de Dionysos. Comme si nous devions nous disputer pour savoir quel est le meilleur ? Tout cela en vain. Quelle chute dans le vide, mes aïeux.

Repos

À quoi bon enfoncer des portes ouvertes ? Les choses sont simples. Il n’y a que deux états. l’action ou le repos. Quand tu dors, tes cellules s’activent, et cela te repose. Quand tu t’actives, tes cellules se reposent-elles ? Ce n’est sans doute pas le cas, elles subissent une sorte d’épuisement selon tes activités, qu’elles vont essayer de réparer pendant ton sommeil, pendant que tu les laisses agit à leur guise parce qu’elle savent mieux que toi ce qu’elles ont à faire, pour leur existence propre et les relations qu’elles entretiennent entre elles. Mais elles forment un tout cohérent et vivant, obéissant à une harmonie quasiment absolue, et infaillible. C’est pour cela que le sommeil est absolument vital, et que la perte du sommeil est mortelle. Du moins, cette perte du repos profond, de la sérénité intérieure, psychique, ou de l’âme. Les tourments, les angoisses, les peurs, les chocs de toutes sortes, les mots violents, les désordres verbaux, les doutes, tout cela te mine, et affecte ton corps, cet ensemble ayant son autonomie et son signe unique. Sa vérité propre et sa raison d’être, de même que sa finalité ou son évolution, sa loi. À un autre niveau, nous serions comme les cellules d’un corps plus grand, un Nous qui fait société, et auquel nous donnons de l’existence par nos efforts. Existence n’est pas le mot juste. Serait-ce l’harmonie le mot ou la fonction ? Mais comment rendre cette « accord » au monde s’il n’existe pas en ce que chacun d’entre nous est censé posséder ? Si je suis chaotique, ou destructeur ? C’est là le point crucial de toute orientation négative ou positive du monde, l’importance du sujet en quête de lui-même, en ignorance du « je suis ». Autre question : quel serait ce « grand Sujet » qui mine les petits sujets et qui les oppresse ?

Si je dois ma vie à « nous », nous devons notre vie à un sujet plus grand qui se trouve en chacun d’entre nous, à condition de le trouver et de le servir, de le connaître donc, ce qui est impossible dans le coma de notre esprit. Ou dans la seule matérialité des choses. Dans le mensonge générant toutes sortes d’illusions et d’oublis. d’où l’importance de ne pas se tromper de Sujet dans nos propos. De quel sujet s’agit-il à ce sujet ?
Nous avons perdu beaucoup en nous encombrant d’objets inutiles et de concepts ou de mots, dans une confusion sans joie véritable. Tout cela a pour effet que le « nous » est oppresseur, et que nous courrons courant à notre perte.
Faire peuple ne suffit pas. Si le peuple ne sait pas Ce pourquoi chaque homme doit savoir de lui-même. Et qui se trouve dans le repos en phase avec le mouvement.

Du bien et du mal, essai de décryptage

Quelle affliction. Quelle désolation. Savoir que les derniers géants sont tombés, sous les coups furieux de la hache. Et que les enfants ne le verront plus, ce vieil arbre sur l’île de Vancouver, et qu’il n’y aura plus qu’un sol désert, et malade. Il n’y a pas que cela comme signe de désolation, il y a aussi tous ces enfants livrés à la machine des jeux et des écrans, de cette boite où on enferme leur esprit ou leur cœur dans des batailles qui les intoxiquent d’adrénaline et d’endomorphines. Faut-il que des hommes inhumains agissent comme des salauds pour aggraver ce processus, des inconscients qui se vengent de quelque chose.
Je disais ceci : on dirait que Dieu se suicide par la main d’agents exterminateurs. Qui forcément se maudissent en commettant ces actes là. Et qui laissent les innocents stupéfaits et sans comprendre de quoi il s’agit en vérité.
Vois, le mal vient aussi de Dieu. Mais il ne nous oblige nullement à le faire. Il nous oblige à un choix crucial. Il n’a nul besoin de faire mal, pour que sa justice opère. Ce n’est pas lui qui tient la hache. Ni le démon. Cette sorte d’ange. Ce mal effectif n’est que de notre humanité en proie à ses aveuglements, ses envies, et ce vide. Vide existentiel, ou essentiel, comment savoir et comment inverser cela ?

La question, le problème du mal est indissociable de la question de dieu, de l’origine. Tout vient de dieu et ne peut provenir que de cela. Le mal n’est pas seulement un fait d’homme ou de nature. Dieu contient bien et mal, bon et mauvais, mais ces qualificatifs ne tiennent que selon notre jugement, ils n’ont aucune valeur en cette entité nommée Dieu. Mettons que dieu serait comme un feu solaire, à la fois donnant de la vie et brûlant la vie. Nous échappe cette idée d’un bien non séparée d’un mal, où dieu serait les deux, nous nous sentons pris en défaut. Nous ne pouvons faire qu’un seul constat, poser un jugement a priori d’un bien distinct d’un mal. Je m’exprime mal, je veux dire que dieu aussi peut faire mal, et le fait effectivement. Mais ne le fait plus de sa main, ne s’engage plus à le faire de lui-même sans savoir ce qu’il fait ni pourquoi. De même que le bien. On pourrait dire que dieu ne fait plus rien. Et vu d’où nous sommes, penser qu’il n’est rien par conséquent.
Tout ce qu’on peut se demander, c’est pourquoi le mal est si fort dans le monde. Pourquoi ces souffrances et ces destructions. Pourquoi aussi succombent autant d’innocents ? Et que demeurent en vie des gens très mauvais. Comme si il n’y avait rien de juste dans ce monde, ni ailleurs. Le réel serait foncièrement mauvais, injuste et mortel. Ce ne serait qu’un jeu terriblement destructeur.

Vois, par chance, la terre engendre des arbres de vie prodigieusement beaux et grands. Des gens comme des géants lumineux. Puis ceux là, sont fauchés par des méchants et des funestes inconscients, des avides et des affreux, qui exterminent et sacrifient la vie, faisant mal.

Pourquoi dieu laisse faire tout cela ? Soit il n’existe pas, soit il est indifférent à tout ce qui se passe autant du bien que du mal. Et pourtant on est tenté de penser que tout ce qui existe est de son fait et de sa nature. On est tenté de penser que tout ce qui Est (beau et grand) provient de lui, exclusivement, comme un don. Est lui. Ce qui est vrai. Mais pourquoi cette noirceur dans le monde, comme s’il s’était retiré du monde et nous laissait en prise avec son absence. En prise avec un mal profond et terrible. Ceci de son fait. De sa volonté. Ou bien de la notre ? Il n’y a plus de dieu, il n’y a dans le monde plus que le mal. Comment allons nous pouvoir lutter contre Cela ? Contre les profondeurs de la malédiction, et du malheur engendrant du malheur, contre les puissances atroces de l’anéantissement, et de l’absence de l’être vivant, de l’être qui s’est absenté de l’être et serait l’origine de tout. La racine et le fondement.
Nous laissant seuls face à nos responsabilités et choix. Devoir assumer la souffrance, et voir comment nous allons nous en sortir.
On peut accuser les hommes de faire mal s’ils le font effectivement, leur imputer leur responsabilité. Dans tous les cas, même dans celui d’être devenu fous ? D’avoir perdu l’esprit ? De ne plus avoir tous ses esprits ?
Eh bien voyez vous, il y a une chaîne, une continuité dans l’humanité, une sorte d’unité de tous les hommes. Et cette chaîne est brisée. Ce qui fait que le bien, le tien, n’arrive pas aux oreilles de l’autre, de celui qui fait du mal.

À supposer que tu fasses aussi bien que ce que tu prétends. Or, le bien, en tant que tel ne peut être qu’absolu. Inaltéré, sinon le mal l’emporte.
De tous ces mots très maladroits et approximatifs, il en ressort une chose : c’est que nous n’avons pas le choix. Pour voir tomber les maux atroces du monde, nous n’avons qu’une seule réponse à y opposer c’est de faire « bien ». Nul besoin de nous ériger en juge des autres. Faire « bien » suppose de le savoir. Le sachant nous pourrions espérer le rendre à ceux qui l’ignorent sans passer par une effroyable tyrannie du Bien.

La vérité a t-elle besoin de nous pour vivre ?

La nature est « parfaite ». Elle est vraie. Elle ne peut mentir, ni se tromper. Elle ne sait pas être autre que ce qu’elle est, elle n’est pas critiquable dans son essence. Malgré les poisons qu’elle contient. Ils remplissent leur office et leur fonction. Tout comme le venin et le baume. Où nous devons être critique c’est vis à vis de nos actes et de nos pensées, de nos mots également jetés dans le monde, ou de nos inconsciences, et de l’évolution de notre conscience plus que celles des autres si nous n’avons pas accompli en nous ce travail nécessaire, et la mise en lumière de notre part obscure.
Tout ceci, cette transformation n’est pas uniquement de notre fait. Je ne suis pas capable de révéler une vérité que j’ignore. Pour que cette vérité se révèle, il faut bien qu’il y eut un révélateur, amorçant le processus en mon esprit. De même dans le votre. Et dans celui de tous les hommes de proches en proches.
C’est par là que ça passe. La logique est insuffisante pour effectuer cette révélation de l’essence de la vérité. Elle ne dispose que d’outils contingents. Inclus dans les données du monde et non ces données externes, antérieures et originelles. Nous ne disposons pas de la vérité du bien ni du mal a priori. Nous constatons du bien et du mal après coup, ou après caresse.

Mais voyez vous, il se peut qu’en notre monde vienne parfois des signes d’un monde extérieur, pour nous éviter le pire et nous rappeler.

Ceci se passe de façon discrète et intime. Ceci ne peut se communiquer qu’avec des proches, dans l’amitié. Et ses effets dans le monde passent inaperçus mais cependant le transforment et le sauvent. Cela nous sauve. Cela cependant ne nous épargne pas du mal, auquel nous devons répondre sans le rendre.
Vous verrez bien.

Dieu Nature

Non je ne confonds pas.
Dieu et la Nature font deux
distincts, conjoints.

à qui devrions-nous rendre grâce
de nous retrouver ?
à qui pourrions-nous en vouloir
de nous égarer ?

Il n’y a pas de mal
si ton âme respire
ton cœur bat.

Quelle tristesse
ce sol stérile et sec

Penser la Nature

Vois comme elle coule de source pure
elle passe son temps à dévoiler
les plans inscrits discrets
et cache ceux qui doivent demeurer secrets.
non elle ne fait pas mystère de ses charmes
rien n’est mort en son corps apparaissant
tout est grâce.

Quel poison avons-nous jeté à la source
pervertissant la raison et l’image
nous succombons dans l’oubli
et n’entendons plus la voix douce
sauf en ces rêves qui reviennent.
Mais il faisait nuit, nous dormions.

Le rêve s’envole,
la pesanteur retombe sur nos épaules
tel un voile épais matériel.
Sombre crypte des écritures
où la pensée pure se trouve errante
sans nul point d’appui,
nous nous cognons sur le mur de pierre.

Je reviendrai.