Mytho , garde fou au sein du carré Sator.

La science dite objective réduit les êtres à rien, des minuscules événements n’ayant pratiquement aucun sens, ou uniquement celui d’un désordre apparent et croissant. La science anthropologique, de son côté, réduit la vision ou la psyché des hommes à du mythe, sans aucun fondement objectif et vérifiable, ce qui annihile aussi l’étant de l’homme, dans une relativité complète.

Ainsi nous sommes piégés dans ces deux extrémités du sujet et de l’objet. Du moins, sans possibilité d’en sortir verbalement. Par le Logos.

Orgueil de la Science. Ou de l’homme ? La physique voulant se prouver à elle même qu’elle tient sa vérité objective. L’anthropologie voulant prouver aux autres hommes croyants les erreurs de leur croyance et relativité de leurs mythes, sans pouvoir afficher ouvertement sur quelles croyances eux-mêmes se fondent. Au fond, ils masquent leurs intentions et se moquent des naïvetés.

On peut essayer d’en jouer. Et réinventer nos mythes.

À L’origine Tout est Un ; étant Un, rien ne s’y passe, rien ne s’y voit, tout étant égal et indifférencié, fusionné comme dans un magma, le grand est égal au petit, l’infiniment grand aussi infime que le petit, rien ne peut altérer cette Totalité d’être, être comme étant du néant. Ceci représente l’absurde complet de l’Un sans autre. Vie et mort confondues, en un seul. Ceci n’est nullement impensable. Mais sans trop d’importance, si de l’un rien ne sort, si rien ne naît, qui ne fut pas, qui ne vit pas.

L’un, donc, l’être absolu se tenait immobile et sans objet, sans sujet, ou objet sujet de l’objet, au milieu de rien d’autre que lui, et lui n’étant rien dans l’absolu.

Cela ne pouvait pas durer infiniment, parce que cela ne présente aucun intérêt, ce Nihil n’étant pas rien. Ce rien n’étant pas rien et n’étant rien.

C’est comme si le Soleil s’épuisait éternellement à ne diffuser ses rayons que pour s’éclairer. Alors ceci est aveuglant pour le Soleil même. Comme dans les trous noirs.

Moi, je veux bien de l’Un absolu, mais à la condition qu’il contienne aussi le sujet. Et la pluralité infinie de tous les sujets. Qui en retour redonnent vie à l’Un. ( parce que a priori nous acceptons l’idée ou l’existence d’objets, ceci n’étant pas à démontrer même s’ils sont illusoires éphémères)

Ceci suppose que l’Un à l’origine fut touché et mourut altéré. Et de cette mort est apparue l’espace et les temps. Ou plutôt, non, il perdit la vie, ce qui est différent de mourir. Ou perdit sa vie. Pourquoi ? Pourquoi se serait-il perdu ou aurait-il perdu une part de lui-même ? Il ya ici une astuce assez impressionnante.

Se perdant, naît la conscience aiguë de l’altération en soi. Cette altération étant en soi, cet autre ne pouvant pas être en dehors de l’Un. Sinon l’un serait deux éternels, ce qui est strictement destructeur dans cette contradiction. Auto-destructeur, suicidé né .

Mais aussi cette conscience naissante dès lors se met à l’œuvre.

Tandis que dans cet Un indifférencié rien ne se crée, rien ne perd, rien non plus ne se transforme puisqu’il n’y a personne pour observer. Objectif et subjectif étant fusionnés, cela fait confusion.

De cela, de cet Œuf naquit Dieu, Dieu se créa. Se différencia. De cette masse Magma Chaotique ou Chaos immuable qui se tenait, tout débuta. Pour arriver à une fin. Puisque sans début il n’y a nulle fin, nul but, nul chemin, bref, il n’y a rien de signifiant en soi.

Il fallut ce miroir pour se voir. Et savoir pourquoi suis-je plutôt que rien. De même pourquoi souffre-je pour rien. Dans cet absolu abîme.

Créateur, par jeu, par pur plaisir, par souci de dévoilement et d’offrande, de don. Tout ce que vous voulez.

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Il y a, non pas une raison, mais quelque chose comme du son venu de source inconnue qui provoqua cet incident technique au sein de la perfection, ne serait-ce que le cliquetis effectué par ces machinistes écrivains au fond des gouffres cosmiques, et perturbateurs de l’organisation immobile, dont on ne peut pas nier l’existence. Son caverneux. Bruit sourds. Assourdissants.

Mais nous, d’ici, peinons beaucoup pour entreprendre un mouvement de connaissance, quelle prise de tête atroce. Surtout sans soutien. Nombreux sont ceux qui préfèrent en mourir plutôt que de s’affronter à ces murs, qui semblent innocents mais s’avèrent terribles dans ce face à face.

On peut dès lors décréter ceci : Dieu se créa dans cette séparation entre le Jour et la Nuit, pour y voir clair et que se dessinent les contours des choses en elles-mêmes, de même que leurs origines profondes. Le grand se retrouve dans le petit. Le petit dans le grand. Ormuz et Arhiman , Gaia et Eros, etc. espace et temps, matière et esprit, la terre et le ciel, le haut et le bas, soufre et mercure. Sans cependant que jamais ne se perde, ce troisième terme au milieu des deux. Mais laisse vivre ces deux et s’unissent après s’être divisés en de multiples poussières.

Ceci est un Jeu. D’amour et de Vérité, ou de Lumière. De multiples plans et niveaux d’existences qui s’accomplissent, autour du Noyau, comme du moyeu d’une roue.

Certains disent d’un bal, d’une Rotation. Carré magique du Sator. Incluant aussi Opera. Et Arepo. Dieu se reposant sur son Œuvre. Ce qui est tout de même bel et bien beau. Ce septième jour.