Je cherche

Nous étions quelque part au milieu d’anges heureux. Des trompettes ont sonné comme des cris d’alarmes au fond d’un bois, cris de malheurs et désespoirs, d’amour aussi, d’appel et de besoin d’amour, besoin de vivre et de savoir, de poursuivre l’aventure de son sang. Nous sommes venus en nombre, non comme des visiteurs intrus et voyeurs, mais soucieux de cette tragédie perpétuelle ayant lieu sur cette scène de larmes et de feux, et de joies.

Qu’est-ce donc cette existence terrienne si elle n’est pas reliée à cette origine qui la précède, en cette demeure où nous aspirons à revenir, ayant oublié, tombé dans un coma, inconscient et mort.

Je cherche. La terre serait la tombe des dieux déchus ? Nous aurions été chassé d’un paradis originel pour devoir retrouver dans les profondeurs obscures de la terre (ou d’autres planètes, peu importe) cette part de nous-mêmes qui nous fit défaut ?

Ou alors, il s’agit bien d’autre cause. La terre serait l’origine, la mère de l’homme et de la femme, nés des microbes et des virus, ayant évolué, devenus complexes au point d’inventer des entités divines et autres scénarios, inimaginables délires. Cela ne tient pas la route une seconde. Sans une origine au-dessus de tout ceci.

Nous serions donc des dieux déchus, ayant rompu le lien qui nous reliait au centre, nous avons rompu pour pouvoir effectuer « librement  » quelque chose sur cette terre, selon notre volonté propre, selon nos désirs, voulant nous déterminer, ou même nous créer et créer de nous mêmes, sans devoir dépendre de… même du plus grand et plus puissant des dieux. Quelle tentation d’orgueil, fallut-il pour que nous le fassions. Et pour la suite quelle série d’épreuves pour pouvoir tenir tout ceci entre nos mains.

Tenir, soutenir, se tenir tout en bas sans perdre le haut, accepter notre sort, nos idioties et défaillances, accepter les maux des uns des autres et rectifier les nôtres, aimer sans faille, évacuer la haine et l’envie de vengeance, en deux mots souffrir et apprendre la patience, durant tout ces temps.

Les dieux ou le dieu se trouve tout en bas dans l’insignifiance, dans la poussière et remonta. Mais ce n’est pas la poussière qui remonte, c’est tout de même mieux…

Si nous avions su

Voyez vous, la mort de la terre, d’une terre devenue morte à la suite d’une longue maladie serait notre tombeau. Nous l’aurions tuée. Nous nous serions tués avec elle. Échapper à cette fatalité, c’est crucial.

Comment faire entendre raison quand la raison devient folle ?

Depuis si longtemps deux philosophies se disputent. L’une concevant un centre, et l’autre une dispersion de tout être. Le cercle et son centre. Aucune n’a raison sur l’autre. Tout est fonction de la position que vous occupez. Si vous demeurez à la périphérie, vous vous pensez au centre, si vous ignorez le centre. C’est là le défaut de ceux qui pensent l’existant sur terre comme une fin, en oubliant ou ne voulant pas connaître Ce qui est le Centre, la Source, l’Origine, la Destinée. Ils font partie des gens ne songeant qu’à aménager leurs maisons, leurs casseroles et leurs tapisseries.

Au nom des P7res

Nous sommes arrivés au bout d’un grand cycle. D’une nouvelle ère. Regardez derrière vous combien les histoires nous ont façonné et ont conçu la terre, les conditions terrestres, comme une impressionnante mécanique. Qu’en sera-t-il dans dix mille ans ? Il y a bien eu nettement plus de millénaires derrière nous, pour que nous en arrivions à ce point précis du temps. Temps très spécial, d’un Jeu ou d’une Naissance. Il serait venu le temps où la terre s’ouvre enfin vers l’univers. Qu’est-ce à dire ? Les anciens, les premiers hommes auraient-ils été naïfs au point d’ignorer de quoi il s’agit ? Univers intérieur et univers extérieur. Sentiment de la séparation de la partie et du tout. Absence de l’homme et de son âme, de cette unité qui lui fait défaut ?
Les temps historiques ne seraient que des répétitions d’événements fortuits n’ayant aucun sens précis ? Excepté celui que les hommes lui donnent, en voulant, en cherchant, en fabriquant et inventant toutes les formes d’objets et d’arts, puisant dans la matière les éléments de ces constructions, et pour que cela vive et soit pérenne, se conserve pour les siècles. Nous ne pouvons vivre sans idée, ou croyance, ou vision d’un futur, où nous nous projetons. Sans espérance. Et envie de vivre, et joie de vivre.
N’est pas pensable non plus ce fait là : Nous saurions tout de science sûre, dans une conscience impeccable de ce que nous sommes, en connaissance et sans l’ombre d’un oubli ou d’une défaillance. Nous serions alors en plein milieu des dieux et des anges, des créateurs et décideurs des choses et du bal, nous serions purs amours. Acteurs ou contemplateurs ? Nous aurions engendré un spectacle fascinant et jubilatoire de quoi ? De ce que nous aurions mis au monde ? De cette part de nous-mêmes qui n’est pas nous mêmes ? De cette création ou de cet engendrement ? Voyez comment les dieux opèrent. S’ils mettent au monde leurs enfants, c’est pourquoi ?
Et nous ici, dans ce contexte assez dramatique, que faisons de nos amours ? Pensez vous que dans ces situations horrifiques les pauvres gosses vont pouvoir se relever et revenir vers vous, les bras chargés des cadeaux et des trésors fabuleux qu’ils ont découvert dans ces univers éloignés ? Ces secrets fantastiques enfouis dans les limbes des univers lointains où vous avez voyagé il y a de cela des millénaires, et que vous avez envie de faire découvrir à votre progéniture adorée et adorable.

Nous ne pouvons décider de l’avenir. Rien n’est jamais joué. C’est l’avenir qui décide pour nous et nous appelle, nous rappelle plus exactement, avenir auquel nous répondons, en écho. Ou que nous refusons. Butés et fermés. Jusqu’à la fin de tous les temps et de tous les espaces, nos p7res joueront à cache-cache avec nous. De même que nos mères.
Ils ne peuvent pas se révéler à nous dans un pur et entier éclat de leur être, nous serions fracassés comme écrasés sous les laves et les tempêtes, écrasés des extases même. Nous serions tellement emportés que nous nous envolerions d’un coup sans retour possible dans nos corps. Nous serions nés trop tôt, prématurés. Il n’est pas question non plus de s’attarder indéfiniment dans le ventre de notre Mère, cela la rendrait malade, désolée. Allez donc savoir pourquoi…
Mais tout de même, songez qu’au point où nous sommes, nous avons littéralement effectué la nette séparation d’avec nos origines et nos géniteurs, il n’y a plus de dieu. Nous n’avons plus de dieu devant notre face. Tous les dieux futurs sont ici sur cette terre (et peut-être sur d’autres, mais on s’en fiche des autres inconnus) et nous sommes donc ces dieux, dieux futurs créateurs de nous et des milieux. De nos conditions, du mouvement vers la gauche ou vers la droite, des déséquilibres et équilibres qui nous animent, et nous satisfont.
Ainsi donc nous progressons, nous évoluons ayant marché au bord des gouffres.
Cela vous convient-il comme futur espérant ?

N’empêche qu’il serait largement temps d’envisager un futur libre, moins contraignant que ce présent maladif. Cela suppose tellement de rénovation et de révolution dans nos consciences, que ceci ne peut se faire sans tout le monde, même si à la base, c’est le fait d’un seul parmi nous, le fait de ses mots et pensées qui firent une étincelle dans nos esprits. Ce fait là, c’est le fait intime par excellence du lien intime et inviolable de votre âme dialoguant avec votre âme.

La question du Pass

Avant tout, je remercie ceux qui ont la patience de me lire, tous les jours ou presque. Saisis par un sentiment d’urgence face aux événements dramatiques, comme tout le monde, nous n’avons plus vraiment le choix. Il faudra bien que chacun ouvre et trouve partout où il peut, les éléments de sa libération et de son futur, avant qu’il ne soit trop tard.

Les plans et les projets de ceux qui veulent régner sont plus simples qu’il n’y paraît. Dans un premier temps, ce n’est qu’économique. Ce n’est qu’une question de monnaie forte, conférant à leurs détenteurs des droits et des pouvoirs pour faire marcher, travailler et produire les masses. Dans un second temps cette suprématie ne tient que si les croyances ou les confiances sont installées durablement sous les cranes, s’ils ne veulent pas que le doute ou la défiance prenne le dessus. Manipuler les corps et les esprits. Plus difficile est le noyau de l’âme humaine, qui est un composé de rationnel et d’irrationnel. A priori nul homme ou femme n’est un robot esclave, ce ne sont que des apparences de servilité, des compromis et des ruses de ceux qui savent qu’ils n’ont pas le choix, et font comme s’ils l’avaient. Ils savent ce qu’ils perdent en vendant leurs corps et énergies à ces puissances et régimes qui les emploient comme de simples outils, sans jamais leur demander leur avis, et qui les considèrent comme quantité négligeable, variable dans la chaîne de production, comme des chevaux sur les champs de course, utiles s’ils sont bons, jetables une fois usés. Même ceux qui pensent avoir grimpé les échelons, et acquis des positions confortables seront tôt ou tard oublié et mis au rebut. Ils ont cependant alimenté la machine à profits, la mécanique puissante des armes et des médecines, c’est à dire de celle qui donne la mort ou la vie. Comme César dans les jeux du cirque. C’est pourquoi la place de César est convoitée. Et que le Sénat veille pour que l’empire de l’État aille dans le sens de la croissance ou du maintien de cette puissance, au lieu de l’effondrement, ou de la ruine.
Tout a toujours été mondial, ou international comme lutte entre les différents royaumes. Et conflits à mort. Comme sur le champ de bataille, n’oubliez pas : votre ennemi vient vous tuer, ou vous le tuez, pour qu’il ne vous tue pas. C’est sans pitié, sans aucune grâce possible. Une question de chance si vous survivez. Indépendante de notre volonté. C’est pourquoi les hommes prient et implorent les entités auxquelles ils croient, au-dessus de la volonté de César.
C’est donc la question du Cœur qui se trouve au centre de toute action. Et qui seule fait autorité pour que des hommes acceptent le sacrifice. Donner son sang pour sauver le sang de sa fratrie, tribu, clan, ou famille. Et pourquoi pas sa patrie ou sa nation ?

Les bretons vaincus par la France, après un temps de malheur purent monter à Paris et à leur tour occuper des positions avantageuses, et françaises. Le processus historique des nations tendrait-il vers une mondialisation fatalement ? Il y aurait une volonté d’uniformiser toutes les origines locales vers un seul modèle ? Gommant pratiquement toutes les singularités, et les particularités, ou originalité ou spécificité des peuples selon un seul modèle de société ? Un seul format.
Les hommes seraient comme des automobiles sortant des usines à la suite des conceptions des ingénieurs et des génies concepteurs des plans ? C’est tendancieux de vouloir engendrer des hommes à la carte, comme s’il y avait un prototype idéal. Et que toute l’humanité devait se conformer à ces standards.

Ceci dit, je ne crois pas du tout que les hommes oublient le sol de leur naissance. Les musiques dans lesquelles ils ont baigné, les eaux de leurs rivières et les climats, les femmes et les mères, ou leurs grand-mères ou grand-pères, donc leur sang et ressemblances. Où ils se reconnaissent.
S’il y a un possible cosmopolitisme, ce n’est pas un mélange s’opérant n’importe comment. On ne peut s’unir que s’il y a reconnaissance et ceci dans la réciprocité, par définition de la reconnaissance.
Deux dans un miroir l’un de l’autre se voient comme un seul.
Partant de là, on voit qu’il n’y a plus de guerre. Ni de volonté de soumettre ou d’exploiter, chacun servant l’autre. Et le monde devient riche.
Utopie ?
Les premiers hommes se vivaient comme étant un seul « corps », dénué d’individualité enfermée sur elle-même, sur cet amour propre qui nous enclot. Pourquoi tout cela a-t-il dérapé ? Quel doute s’est immiscé en nous ? Pour que le soupçon, la défiance prenne le pas sur tout, et que la volonté devienne mauvaise et que nous ne voyions plus rien ?
C’est du miroir brisé de l’âme que tout mal provient. Et d’où découlent cette terrible volonté de puissance. Passant aussi bien par le féminin que par le masculin.
Volonté comme un mur, et imposant son laisser passer, dont il est question aujourd’hui.

Ce pass imposé, relève de la volonté d’enfermer et non de délivrer. Non de sauver, mais de forcer à croire et subjuguer. C’est une épreuve de vérité.

 

 

 

 

Le piège qui se tend

C’est comme un piège, une prison. On dit que cela vient du mental, de notre ego, je veux bien, mais cela ne nous délivre pas. Tout s’aggrave bêtement et méchamment. Cela tourne au vinaigre et au malheur. On sait ce que pouvait être une vie simple sans histoire. Mais quelque part nul n’en a voulu. Une vie sans trop de maladies, ni de catastrophes qui n’en finissent jamais. Où nous avions simplement le temps de respirer et de tourner notre regard vers des horizons lointains et mélancoliques, empreints de joies et d’amusements. Serait-ce la Muse qui nous fit défaut ?
Nous sommes devenus otages dans le fatras des objets des conditions qui se sont imposées, habitués à toutes ces nocivités. Nous ne pouvons plus nous passer des sécrétions de la Machine, elles se sont imposées à nous, comme des « nécessités ». Nous devons y consacrer la majeure partie de notre temps et de notre énergie, et si nous ne le faisons pas, nous tombons dans le vide, dans une misère noire. Chômage, désœuvrement, pauvreté, avec tout cela a pour effets comme violences, et comme esclavages dont les plus malins croient tirer un avantage et une supériorité. Très illusoire et très éphémère. Les mieux lotis se croient à l’abri, se sentent protégés dans leurs demeures sécurisées, ou par le déploiement des forces policières, ou des mensonges diffusés à longueur d’antenne, pour essayer de faire dormir la Bête. Nous avions pourtant été prévenus de tout cela. Du moins si nous voulions savoir quel est le sens des événements, où ceux-ci nous conduisaient. Il y a suffisamment des films, de livres qui ont dressé le tableau des temps futurs aujourd’hui présents. Nous avons également su ce que fut notre passé, ces histoires, nul besoin d’en connaître les multiples détails, c’est éloquent dans l’horreur et les massacres. Nous ne trouverons pas non plus les causes même en fouillant plus au fond. Ce sont toujours les mêmes. Non pas les mêmes gens, bien plus les mêmes fautes qui se répètent. Dans ce sens, cela relève du « mental », mais pas exclusivement du mien.
D’ailleurs, puis-je dire que le mental m’appartient ? Ne serait-il pas au contraire à tout le monde ? Dans ce cas nous aurions un mental sacrément déchiré, désuni, délabré et maladif dans cet ensemble, un mental éteint. Comme une flamme éteinte impossible à ranimer dans ces conditions.
Ils ont raison ceux qui veulent changer les conditions, pour pouvoir ouvrir la prison. Mais sans doute ne savent-ils pas quelles conditions nouvelles doivent se mettre en place, pour autoriser la réanimation du monde.
Voyez, le monde a peur de cette réanimation. Et préfère conserver ce vieux monde mort ou endormi. Le réveil est forcément douloureux. On se trouve face un abîme vertigineux. On n’a plus les bases ou les assises pour pouvoir supporter cette immensité d’être, correspondant à notre être. On vit donc comme si cela n’existait pas, avec ces foules de gris-gris qui nous entourent, ou ces jouissances fugaces comme des feux de paille.
Alors, il y a ceux qui envisagent des conditions encore plus techniciennes, plus sophistiquées et contraignantes dévoreuses des énergies, pour ne pas perdre le contrôle de la Machine. Ou des marchés. Ou des dominations dans le monde, entraînant les gens dans une course de plus en plus absurde, des situations inextricables des nœuds.
Nul n’a la solution, si elle n’est pas à tous. Personne en particulier ne peut dicter sa solution, nul groupe ou système ou parti n’a de solution si les autres, opposés en apparence, ne l’ont pas. De même entre les états et les différents empires.
Je ne crois pas que les dénouements viendront des sommets entre chefs d’état. Il n’y a que si les hommes à la base reprennent en main leurs destins, et œuvrent. De façon à préserver le vivant au lieu où ils se trouvent, et en particulier dans leurs foyers.
C’est pourquoi au sein de nos maisons, nous devons prendre, si ce n’est déjà fait, soin les uns des autres. Et des Muses.
Et ne pas attendre.
Comment voulez vous trouver des issues si les muses ne nous inspirent pas ?

Voyez où « on » veut nous mener, avec ces drones pour remplacer les abeilles, ou travaux forcés derrière nos écrans, enfermés derrière nos parois de verre. 

Je ne saurais trop vous conseiller la lecture du livre de Zamiatine , « Nous autres « , il contient pratiquement tous les ingrédients de notre chute. Il ne dit pas comment nous allons en sortir. Là, cela ne tient qu’à Nous.

La Cité

Cela fait toujours un choc de venir dans la Cité. Voir ces flux d’automobiles, ces files, de lampes rouges ou blanches, cette débauche d’ampoules sortant des immeubles dont on ne voit pas le bout, ces reflets sur le bitume qui amplifient les éclairages, et laissent l’impression d’un organisme vivant, dans lequel il est très délicat de pouvoir se mouvoir sans se heurter, passer au vert, stopper au rouge, et trouver sa voie dans la nuit pluvieuse au bord du chaos. Et partout, sur toute le terre c’est le même spectacle urbain. je me demandais comment cela pouvait tenir, je songeais qu’il y a des gens qui essaient d’organiser l’ordre dans cet ensemble, où chaque individu n’a d’autre choix que se plier à la loi du corps sans tête.  

Ou alors ce corps aurait des milliards de libre arbitre ? Cela m’étonnerait. Comment donc cet ensemble arrive-t-il à tenir, cela me semble relever d’une énigme. Par quel subterfuge les hommes en arrivent à un degré de soumission à ce monde là ? Tenus par l’argent, ou par la force des répressions, par une certaine morale diffusée depuis des millénaires, progressivement.  Il a bien fallu que le barbare se plie aux lois de la cité, que le sauvage se civilise, c’est à dire fasse abstraction de ses instincts pour pouvoir supporter cette vie factice, et ce vide, ayant l’apparence d’un monde merveilleux, lumineux, chaleureux et confortable. Quel prix les hommes paient pour pouvoir y subsister, que doivent-ils endurer tous les jours dans leurs labeurs, dans les efforts pour subir le stress, les humiliations des tâches répétitives insensées, des poubelles qu’on vide, des murs qu’on effondre et de ceux qu’on remonte inlassablement, les hommes comme des Sisyphe en nombre. Perdant leur temps et puis tombant inertes devant leurs postes de télévisions et des clowns minables qui y paradent et diffusent leurs messages douteux, leurs promesses trompeuses et leur ruse. Ce monde nouveau calqué sur les élevages intensifs et concentrationnaires, sur l’agglomérat des cellules obéissantes au corps, cellules ayant chacune leur fonction, comme les fourmis ou les ouvrières des ruches, ou même sur un arbre, ce monde, par quoi est-il inspiré ?

Le saura-t-on quand il sera expiré ?

Sait-on mieux ce que fut notre présent une fois que celui-ci est passé ? c’est tout de même assez étrange que nous ignorions ce présent et que nous découvririons ce qu’il fut dans son essence une fois mort.

La conscience, voilà ce qui nous fait défaut. C’est, cela ne peut être qu’une Présence. Avec tout ce que cela suppose comme extension dans tous les sens.

Bien, mais à partir de quel Lieu ? Est-ce la sphère des idées pures platoniciennes ? ou ce royaume des anges ou des dieux, comme d’une Cité quelque part dans les cieux et qu’on cherche à regagner ?

Toc toc

Qui est là ?

Pourquoi tout part en vrille ?

C’est plus simple qu’il n’y paraît.

Avant, il y avait peu de mélanges au niveau des informations, moins de confusions, il y avait en chaque lieu des gens plus ou moins sages qu’on pouvait écouter et dont on pouvait suivre les enseignements, ou les conseils. Ça allait, tant bien que mal, et la nature compensait, nous prévenait du pire. 

Maintenant c’est le grand vide et la confusion, la saturation paradoxale de ce vide, du non sens, que chacun croit pouvoir combler avec ces propres connaissances ou des montagnes d’objets, de techniques ou d’outils, comme si cela pouvait résoudre les questions essentielles, métaphysiques, existentielles, ou régler la folie.

Quelle perte de lien ! mais cela a un sens, c’est de nous remettre les compteurs à zéros, de même que les conteurs. et la mémoire, qui ne saurait se trouver inscrite nulle part dans aucun disque dur.

Nous allons devoir faire face à cette béance, qui ne ressemble pas tout à fait à une béatitude.

Se reposer

Quand le monde est lassant, pour se distraire et songer à autre chose qu’à ce chaos bien douloureux, il est amusant de se pencher sur des objets plus simples et des spéculations gratuites, des questions ou des images, dont on sait qu’on n’aura jamais la réponse définitive, ni la vision totale, mais c’est plaisant, comme quand on se promène sur un océan et qu’il n’y a pas de tempête.

Je relisais un livre sur l’origine physique de l’univers. L’auteur, entre autres choses, parle de Hubble, et des galaxies qui s’éloignent de l’observateur terrestre. Plus elles sont lointaines plus leur vitesse d’éloignement est rapide jusqu’à atteindre la moitié de la vitesse de la lumière, autant dire que ces corps célestes sont fulgurants dans leurs mouvements. Tout ceci, c’est grosso modo.

Je trouvais cela absurde. L’absurde est utile.

Je repris mon idée d’une Lumière « une » et pratiquement immobile. Je songeais à ce phénomène lumineux, comme à celui de l’onde qui se déplace sur un champ de blé. Les grains de blés sur leurs épis ne se déplacent pas, mais modifient la couleur et la texture du champ, avec cette impression de mouvement, de même que le son n’est qu’une variation de l’air arrivant à nos sens, mais  que son essence reste énigmatique.

La lumière, si l’on en croit Einstein, le photon est sans masse. Il n’appartient pas à la masse, ou à la matière à proprement dit, il n’est qu’une expression de la matière. Il décolle à peine de la matière, de façon minimale.
Bref, je pensais, à tort ou à raison que le photon ne se déplace pas. Qu’il n’y a pas d’objet en mouvement, mais onde. Comme les ondes sur l’eau, font du noir et du blanc. Que seule l’onde se déplace, comme on se bouscule dans une foule d’automobiles arrêtées au feu rouge et démarrant au vert.
Si la lumière ne se déplace pas, son passage du violet au rouge, visible dans les galaxies les plus éloignées, signe de l’accroissement apparent du mouvement des galaxies, cela veut dire autre chose que ce que nous percevons, avec nos yeux ou nos lunettes, cela veut dire que la lumière se déplace au sein de son spectre, au sein d’un Univers stationnaire, et non en expansion. Cela veut dire aussi que la lumière est ce qui jaillit de la matière Noire. La Lumière s’allume, puis passe par toutes les couleurs du spectre et retourne à la nuit. La lumière s’allume puis s’éteint. 

Ma femme me faisait remarquer que ceci n’était pas de la lumière spirituelle. J’en convins.

La Mère donne le Fils, la Matière engendre la Lumière,
Il a fallu tout de même quelque chose ou acte pour déclencher la mise à feu.

Bon, tout cela, nous repose.
Et nous Re-pose.

les maux

Comme c’est embêtant, toutes ces contradictions. Tu approuves un jour certains mots porteurs d’un sens, tu crois avoir trouvé une certaine vérité, puis une autre arrive et te plonge dans le doute ou l’embarras, étant contraire, se situant complètement à l’opposé, effaçant les premiers. Cela veut dire qu’il n’y a pas d’énoncés définitifs de la vérité. Qu’il est pratiquement impossible de prononcer de jugements définitifs ou dans l’abstraction, d’autant plus si nous ignorons les fins, les raisons, le pourquoi des passions. De quelle flamme chacun d’entre nous brûle.
Mais voyez, malgré ce prétexte des contradictions flagrantes, nous ne pouvons renoncer à nos vérités. Ou même à la Vérité pure. Cependant nous ne tenons pas à l’imposer et nous imposer selon ses énoncés, ce serait quelque part une erreur profonde, pour autrui. Et pour soi.
Prenez l’Amour, chacun en a sa définition, qui coïncide avec sa personne, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a personne dans l’amour. Mais au contraire qu’il nous ouvre vers quelqu’un, ou quelqu’une, à laquelle nous nous soumettons et que nous servons. La recherche d’unité n’est pas du tout une volonté d’uniformisation du genre. Mon dieu n’est pas le tien, mon dieu n’efface pas le tien. Le mien ne peut pas faire vivre le tien si tu ne le fais pas vivre toi-même. Par contre ils peuvent se reconnaître, et former une unité plus grande, une foule de dieux, cet ensemble organique des êtres et des âmes qui composent Dieu, incluant la présence des myriades d’anges.

La lumière surgit de la Nuit, mais ce n’est pas la nuit qui crée cette lumière. Elle est utile à la lumière ; elle luit dans la nuit. Elle l’illumine. Là, il n’y a plus de contradiction possible. Dans un sens il n’y a plus de mal. Mais il a fallu passer par de nombreux maux. Sans y succomber.

Biens comme maux nous sont nécessaires pour trouver la Vérité pure. ( Ceci est d’un trivial affligeant dès qu’on le dit )

Ça tombe tout seul

Nous voudrions savoir ce qui se passe. À quoi rime tout cela ? Nous nous interrogeons. Cela nous paraît très maléfique. Insoluble piège. Voie sans issue. Nous ne sommes plus rien. Réduits à n’être que des numéros dans un ensemble de données qui composent la carte, la géographie, la table des opérations et des mouvements inscrits sur des tableaux informatisés, scannés en une multitude de feuillets superposés, les hommes n’ont plus d’existence propre, ils sont sujets d’un plan, d’un modèle en cours d’élaboration sous leurs yeux, contributeurs volontaires d’un projet non défini, n’ayant pas de sens défini, excepté cette impression de pouvoir y vivre. À la différence des premiers hommes naïfs jetés dans la nature sauvage, qui n’avaient que leur imaginaire pour restituer les modèles existentiels, puiser par les mythes tout le mystère, ainsi que ce sentiment d’exister et de pouvoir jouer dans le monde, et donc d’y vivre pleinement, fusionné ou en osmose avec la totalité perceptible, il est possible de dire qu’il vivaient vraiment sous l’autorité de la nature ou de ce qui l’a produite. Les hommes vivaient par la tribu, la terre, la nature, le sacré en face d’eux.

Ici, désormais, dans ce nouveau monde, il n’y a plus rien de tout cela. Il n’y a plus que des théories et des concepts, donnant lieu à des idéologies et des systèmes dans lesquels nous devons nous mouler et nous conformer pour pouvoir y subsister sans trop de dégâts, et si nous nous y plions pas en récusant leurs principes, nous sommes exclus du jeu. Ce n’est plus la nature qui dicte le jeu mais une sorte de machine implacable, et sans pitié. D’une nature « bonne »nous sommes passés à une nature mauvaise, une machine infernale. D’une lumineuse nous sommes passés dans une ténébreuse. D’une nature paisible à une machine de guerre contre nature.
Malgré tout cela les hommes continuent, ils complexifient leurs lois, ils améliorent les systèmes et affinent leurs techniques, économiques, marchandes, séduisantes, hypnotisant les foules, contraignant en privant ou récompensant. Du plus riche au plus pauvre, ils servent cette machine inhumaine. Insensée. Ce qui fait qu’il n’y a plus personne sur terre. Plus personne pour pouvoir dire « moi» et conserver son « moi » inviolable. Tous les sujets étant dissous dans une insignifiance globale, mondiale, qui passe pour transcendante, mais est une inversion de la vérité, ou sa preuve par le manque, ou par l’absurde.

Il existe une nécessité faisant loi. C’est de devoir se conformer à quelque chose, à un « plan », ou un modèle sur lequel nous calquons nos modes de vie. À des archétypes ? C’est le fondement de l’esprit religieux. Source de nombreux conflits. Jésus ne t’a jamais demandé de vivre comme lui, il t’a juste demandé de chercher ta loi, de la vivre, ce qui ne peut être que juste si la loi est juste.

Plus simple tout de même que toutes ces modélisations qui nous tombent du Ciel pire que la foudre de Jupiter.