L’alarme aux oreilles des élus défaits.

Je voterai pour celui qui prend soin des papillons, de toutes ces chaînes de vie sauvage en péril, arbres, arbustes, arbrisseaux, fleurs au bord du chemin, aulnes, saules et sureaux qui courent le long des ruisseaux, fossés où vivent les dernières grenouilles, bois qui se débattent dans la solitude et le désordre apparent, comme tous les champignons inutiles, et les vieux châtaigniers. Je donnerai ma voix à tous les dauphins et les baleines qu’on assassine, comme ce cerf si majestueux sacrifié pour satisfaire la méchanceté des commanditaires du crime de la terre. Ma voix aussi pour ceux qui renoncent à la puissance des machines et donnent sans calculer. Ceux qui pensent à l’innocent avant le coupable, qui pardonnent avant de juger. Ceux qui savent que la vie est un grand mystère insondable inspirant un profond respect. Ceux qui s’inclinent au pied des gens qui souffrent, et les soutiennent dans leurs combats quotidiens, leurs défaites et leurs malchances, qui se réjouissent aussi de leurs bonheurs.

Mais ma voix compte pour si peu, dans ce bruit infernal, cet abandon.

Les hommes sont ainsi. Le maître parlait en sourdine, dans cette assemblée de gens instruits, on aurait qu’il chuchotait des vérités si fortes qu’il n’osait à peine les prononcer à voix haute, mais cherchait simplement à se faire entendre de ceux qui eurent encore des oreilles. Que faut-il crier pour que les sourds écoutent ?

Je voterai pour celui qui se place en dernier. Comme doit le capitaine quitter le navire naufragé, sans succomber avec l’équipage et les passagers. Il faut que ce cri là, qui est celui qui traverse les âges, soit entendu jusqu’en Chine et au-delà. C’est la Terre qui crie. Et par les larmes des justes et leurs silences, leurs désarrois, lancent les alarmes, pourquoi ?

Je vote pour celle qui voit le néant sous ses pieds. Lucide.

Au nom des P7res

Nous sommes arrivés au bout d’un grand cycle. D’une nouvelle ère. Regardez derrière vous combien les histoires nous ont façonné et ont conçu la terre, les conditions terrestres, comme une impressionnante mécanique. Qu’en sera-t-il dans dix mille ans ? Il y a bien eu nettement plus de millénaires derrière nous, pour que nous en arrivions à ce point précis du temps. Temps très spécial, d’un Jeu ou d’une Naissance. Il serait venu le temps où la terre s’ouvre enfin vers l’univers. Qu’est-ce à dire ? Les anciens, les premiers hommes auraient-ils été naïfs au point d’ignorer de quoi il s’agit ? Univers intérieur et univers extérieur. Sentiment de la séparation de la partie et du tout. Absence de l’homme et de son âme, de cette unité qui lui fait défaut ?
Les temps historiques ne seraient que des répétitions d’événements fortuits n’ayant aucun sens précis ? Excepté celui que les hommes lui donnent, en voulant, en cherchant, en fabriquant et inventant toutes les formes d’objets et d’arts, puisant dans la matière les éléments de ces constructions, et pour que cela vive et soit pérenne, se conserve pour les siècles. Nous ne pouvons vivre sans idée, ou croyance, ou vision d’un futur, où nous nous projetons. Sans espérance. Et envie de vivre, et joie de vivre.
N’est pas pensable non plus ce fait là : Nous saurions tout de science sûre, dans une conscience impeccable de ce que nous sommes, en connaissance et sans l’ombre d’un oubli ou d’une défaillance. Nous serions alors en plein milieu des dieux et des anges, des créateurs et décideurs des choses et du bal, nous serions purs amours. Acteurs ou contemplateurs ? Nous aurions engendré un spectacle fascinant et jubilatoire de quoi ? De ce que nous aurions mis au monde ? De cette part de nous-mêmes qui n’est pas nous mêmes ? De cette création ou de cet engendrement ? Voyez comment les dieux opèrent. S’ils mettent au monde leurs enfants, c’est pourquoi ?
Et nous ici, dans ce contexte assez dramatique, que faisons de nos amours ? Pensez vous que dans ces situations horrifiques les pauvres gosses vont pouvoir se relever et revenir vers vous, les bras chargés des cadeaux et des trésors fabuleux qu’ils ont découvert dans ces univers éloignés ? Ces secrets fantastiques enfouis dans les limbes des univers lointains où vous avez voyagé il y a de cela des millénaires, et que vous avez envie de faire découvrir à votre progéniture adorée et adorable.

Nous ne pouvons décider de l’avenir. Rien n’est jamais joué. C’est l’avenir qui décide pour nous et nous appelle, nous rappelle plus exactement, avenir auquel nous répondons, en écho. Ou que nous refusons. Butés et fermés. Jusqu’à la fin de tous les temps et de tous les espaces, nos p7res joueront à cache-cache avec nous. De même que nos mères.
Ils ne peuvent pas se révéler à nous dans un pur et entier éclat de leur être, nous serions fracassés comme écrasés sous les laves et les tempêtes, écrasés des extases même. Nous serions tellement emportés que nous nous envolerions d’un coup sans retour possible dans nos corps. Nous serions nés trop tôt, prématurés. Il n’est pas question non plus de s’attarder indéfiniment dans le ventre de notre Mère, cela la rendrait malade, désolée. Allez donc savoir pourquoi…
Mais tout de même, songez qu’au point où nous sommes, nous avons littéralement effectué la nette séparation d’avec nos origines et nos géniteurs, il n’y a plus de dieu. Nous n’avons plus de dieu devant notre face. Tous les dieux futurs sont ici sur cette terre (et peut-être sur d’autres, mais on s’en fiche des autres inconnus) et nous sommes donc ces dieux, dieux futurs créateurs de nous et des milieux. De nos conditions, du mouvement vers la gauche ou vers la droite, des déséquilibres et équilibres qui nous animent, et nous satisfont.
Ainsi donc nous progressons, nous évoluons ayant marché au bord des gouffres.
Cela vous convient-il comme futur espérant ?

N’empêche qu’il serait largement temps d’envisager un futur libre, moins contraignant que ce présent maladif. Cela suppose tellement de rénovation et de révolution dans nos consciences, que ceci ne peut se faire sans tout le monde, même si à la base, c’est le fait d’un seul parmi nous, le fait de ses mots et pensées qui firent une étincelle dans nos esprits. Ce fait là, c’est le fait intime par excellence du lien intime et inviolable de votre âme dialoguant avec votre âme.

Hors la loi

Être hors la loi. Sans violer les lois de la république. Sans se soumettre à son arbitraire, son injustice. À ce qu’elle a d’insensé et de déséquilibré. Être hors la loi dans son esprit. Refuser les démesures que l’État impose, les dégâts que cause la machine étatique administrative inconsciente, sans humanité, machine ou système automatique, génératrice des monstruosités économiques, écologiques, juridiques, psychologiques dans tous ses excès et misères.

Un peuple c’est comme un seul homme. Doté de sa mémoire, de son génie, de son histoire. Il n’est pas bon d’enfermer un homme dans son passé. Un homme seul a plus de pouvoir qu’il croit, ou qu’il pense. Il y a très peu d’hommes sur terre. Qui tous désormais se connaissent, et à peine se reconnaissent.

Si vous obéissez à une loi supérieure aux lois de la République ou de l’État, cela ne doit pas impliquer que vous êtes un citoyen exclu, banni, sans disposer d’une place ou d’un espace pour y vivre et accomplir vos œuvres. La loi supérieure est non écrite, elle est spirituelle. Elle est dans l’âme, si on peut dire ainsi. Tout comme l’âme est hors de votre corps.

Votre corps obéit d’instinct aux lois de la nature. Les hommes obéissent aux lois de la république comme cellules d’un corps social, ces lois sont uniquement relatives à leur subsistance, et non relatives à leur volonté et leurs désirs ou leur être essentiel et véritable, ayant une forme absolue inviolable.

Si la république ou les états entravent ce cheminement possible, on est en droit de refuser, on ne peut que refuser dans notre esprit et notre conscience. En essayant de mettre en pratique nos actes et nos pensées, qui se tiennent dans la loi supérieure.

Les lois qui nous élèvent sont simples, pures et belles, elles sont vivantes. Les lois des états et des nations, les lois citoyennes ne sont pas nécessairement mauvaises, mais les hommes qui les emploient les utilisent pour leur profit sans rendre justice, pour des intérêts primaires, grossiers, qui nous font tous chuter si nous ne nous y opposons pas.

D’ailleurs, tout système atteint des limites infranchissables. Une automobile ne pourra pas faire plus que ce qu’elle sait faire. Elle ne peut plus progresser. Comme un outil ni plus ni moins, comme un moyen et non comme une fin. Toutes ces productions terre à terre sont arrivées à leurs termes. Comme un piège grossier, un rets visible et sidérant. Comme une machine de guerre qui sait pertinemment qu’elle se suicide si elle se met en route. Si elle déclenche, elle se tue elle-même.

C’est pourquoi partout tous les hommes se lèvent et disent non.

C’est que les hommes sont comme un seul, chacun cherchant sa loi vivante, sa liberté.

Cela pour faire une assemblée également vivante, qui sait ce qu’elle fait.

Sat comme satellite

J’ai vu la terre comme un œuf rempli de destins
laissant ici pour toujours nos os et notre sang
nos habits de pourpre nos misères
Nous nous disperserons vers ces confins des univers inconnus,
légers allant au lieux où nos cœurs battent
séparés distants des ombres des sinistres
tombes de métal et de béton
ces flux horaires ces électrons
trains arrêtés des morts pétrifiés
sans fusée ni tuyau
nous passerons la porte du soleil
en pénétrant les profondeurs
de son esprit oiseau migrateur
des yeux doux des chiens
du rire des dauphins
des vagues sur cet océan
qui sera notre corps
vivant

mais avant
il faut que tu saches
Dieu n’est plus
concept vidé de son sens
usurpé de sa voix
par la bouche grimaçante
de tous les Satan menteurs
hypocrites ignorants docteurs
administrateurs du néant
assassins ricanant des malheurs
voleurs vêtus de tous les genres
profiteurs gloutons gras
tombés dans la fange
de leurs mots englués
de crachats.

Laisse ça.
Détourne toi du bas.
Reprend toi.

Dia loguer avec son âme, voilée.

Si tout est flot, ou flux, si tout passe, ou passera, rien ne reste, nulle permanence, nulle constance sur les flots, comme si il n’y avait personne à marcher sur les eaux. Pourquoi les hommes redoutent tant la mort ? cette épine dans le cœur de celui qui demeure pendant que l’aimée ou l’aimé part ?  ou peut-être dans le cœur de celui qui part, et doit laisser derrière lui ceux qu’il aime. Pourquoi aussi ce désir d’immortalité présente en chacun, désir de sacré, de non profané, c’est à dire de non souillé, périssable corruptible et en définitive non mortel, inaltéré ? Se penser comme éthéré pur, évanescence pure, dans un état confondu avec les flots dansants, fusionné avec ces mouvements, d’étoiles et de corps atomiques, d’infinies poussières, autant dire sans nul centre, mais dispersé en tous lieux et points de l’univers, sans distance, ni le moindre recul dans tout ce qui existe, est-ce exister un peu ? Là, cela me semble exister à peine, et subir profondément l’inconsistance de toutes choses, devenues vaines. Nous serions alors des fantômes errant, sans objet. La souffrance n’est pas la fin, la maladie ou le mal, n’ont nulle éternité, tout arrive à se résorber à la condition que nous y mettions du notre. 

Ange ou démon

C’est terrible, tout ceci, si c’est terminé. N’aurions-nous jamais moyen d’échapper, ou de trouver notre rachat, de rester démon à jamais ? non, ce n’est pas possible, il doit y avoir, il faut qu’il y ait une issue, une épuration de tous ces maux engendrés. Certes, nous en paierons le prix. Nous avons une dette impossible à faire porter à autrui. L’innocence, la faute, tout cela est à nous, et chacun en a sa part, d’ange et de démon. Celui-ci, cette inconscience au fond de son trou noir, ne sait pas qu’il sert l’ange, ou dieu même par ses anges, il ne sait pas non plus qu’au lieu de laisser Dieu opérer il aggrave sa condition, son mal au fond de sa nuit, dans cette vengeance humaine, au lieu du pardon. Parce qu’il n’y a que Dieu* qui puisse juger. Et comment dire, faire que nous nous jugions nous-mêmes en vérité. La justice divine, la carte 8 du tarot, est inflexible,comme son épée. Nous, dans nos jugements et sanctions, ne pouvons pas savoir, de façon absolue si dans le châtiment nous ne commettons pas du mal à notre tour. Comment faire donc, si ce n’est de voir en soi, le mal profond qui nous mine, abyssal ? là, tout s’éclaire.

***

Quel est donc cet Amour de la guerre, cette envie de tuer et se venger ? Cela remonte aux origines, il n’y a pas d’autre cause. Nous avons dû mourir quelque part pour venir dans ce corps. D’ange devenir chair mortelle et souffrante, en proie à toutes ces choses sombres mêlées de plaisirs, de déceptions, d’espoirs trompés, d’amertumes, corps ambigus, mélangés, troublés, malheureux. Tombés dans le mal. Bêtises, méchancetés, haines, et amours, quelle purée dans nos têtes, nos mots et nos pensées, nos sentiments contradictoires. Et que dire du Monde entier dans sa folie collective qui nous happe et nous fait succomber.

***

Et puis, il y a celui qui se croit innocent, mais qui n’est que le pion d’un égrégore fantôme du Pur, se sent investi de la mission de rendre justice, des maux patents du monde, sans en connaître le moindre ressort initial, comme un médecin ignorant impose ses poisons et génère d’autres maux.

On n’en sortira pas, avec ces bagages pesants du passé. On en sortira que par le feu. tout comme il y eut des déluges, mêmes mythiques, symboliques forts pour notre esprit, ayant besoin de cela, comme de l’eau.

Ignorez-vous que Jésus baptisait par le feu du Saint Esprit ? Ce feu n’était pas pour faire mal.  » On ne baptise pas pour faire mal. »

Il ne s’agit pas d’un Feu nucléaire.

Nous, ce qui est possible pour nous, exclusivement c’est de pardonner aux autres des fautes humaines, pour nous délivrer déjà de ce poids et ne pas en rajouter en pensant faire Bien.

Notre faute essentielle, personnelle, n’est pas pardonnable. C’est notre face à face avec notre ange, si vous voulez. Ou le rachat de notre âme.

Si vous comprenez cela, vous verrez que les fautes humaines ne valent pas damnation éternelle.

*

La Cité

Cela fait toujours un choc de venir dans la Cité. Voir ces flux d’automobiles, ces files, de lampes rouges ou blanches, cette débauche d’ampoules sortant des immeubles dont on ne voit pas le bout, ces reflets sur le bitume qui amplifient les éclairages, et laissent l’impression d’un organisme vivant, dans lequel il est très délicat de pouvoir se mouvoir sans se heurter, passer au vert, stopper au rouge, et trouver sa voie dans la nuit pluvieuse au bord du chaos. Et partout, sur toute le terre c’est le même spectacle urbain. je me demandais comment cela pouvait tenir, je songeais qu’il y a des gens qui essaient d’organiser l’ordre dans cet ensemble, où chaque individu n’a d’autre choix que se plier à la loi du corps sans tête.  

Ou alors ce corps aurait des milliards de libre arbitre ? Cela m’étonnerait. Comment donc cet ensemble arrive-t-il à tenir, cela me semble relever d’une énigme. Par quel subterfuge les hommes en arrivent à un degré de soumission à ce monde là ? Tenus par l’argent, ou par la force des répressions, par une certaine morale diffusée depuis des millénaires, progressivement.  Il a bien fallu que le barbare se plie aux lois de la cité, que le sauvage se civilise, c’est à dire fasse abstraction de ses instincts pour pouvoir supporter cette vie factice, et ce vide, ayant l’apparence d’un monde merveilleux, lumineux, chaleureux et confortable. Quel prix les hommes paient pour pouvoir y subsister, que doivent-ils endurer tous les jours dans leurs labeurs, dans les efforts pour subir le stress, les humiliations des tâches répétitives insensées, des poubelles qu’on vide, des murs qu’on effondre et de ceux qu’on remonte inlassablement, les hommes comme des Sisyphe en nombre. Perdant leur temps et puis tombant inertes devant leurs postes de télévisions et des clowns minables qui y paradent et diffusent leurs messages douteux, leurs promesses trompeuses et leur ruse. Ce monde nouveau calqué sur les élevages intensifs et concentrationnaires, sur l’agglomérat des cellules obéissantes au corps, cellules ayant chacune leur fonction, comme les fourmis ou les ouvrières des ruches, ou même sur un arbre, ce monde, par quoi est-il inspiré ?

Le saura-t-on quand il sera expiré ?

Sait-on mieux ce que fut notre présent une fois que celui-ci est passé ? c’est tout de même assez étrange que nous ignorions ce présent et que nous découvririons ce qu’il fut dans son essence une fois mort.

La conscience, voilà ce qui nous fait défaut. C’est, cela ne peut être qu’une Présence. Avec tout ce que cela suppose comme extension dans tous les sens.

Bien, mais à partir de quel Lieu ? Est-ce la sphère des idées pures platoniciennes ? ou ce royaume des anges ou des dieux, comme d’une Cité quelque part dans les cieux et qu’on cherche à regagner ?

Toc toc

Qui est là ?

Bas les masques

Quel choc, quelle sidération ! On n’en revient pas. Il y a un gouffre, que dis-je, des constellations qui séparent les hommes entre eux, et des hommes en eux. Certains sont plongés dans la bêtise et la violence, d’autres planent sur des sommets de connaissances, n’ayant guère de lien, s’ignorant respectivement. Abrutis de savoirs ou d’instincts, cela fait un ensemble sourd. Les opposés sont irréconciliables.

L’ange de la Tempérance, loin d’être tiède, verse son eau sur le monde malgré les forces adverses. Ça fait quel effet ? Ça donne quelle certitude ? Quel remue méninge !

Tout ceux qui à force de doutes en arrivent à douter de leurs convictions et perdre leur sommeil confortable, peut-on dire d’eux qu’ils ont fait des progrès ? S’ils renoncent aux vieilles lunes. Aux astres morts.

Je songe à ce qui nous fait grandir, nous remplit d’amour, et de gratitude les uns envers les autres à qui nous devons toujours quelque chose. Ce qui fait que tout vit au lieu de mourir. Tout nous réjouit au lieu de nous affliger de malheurs. Pourquoi donc les enfants ont ce besoin impérieux de jouer, et de rire, si ce n’est que c’est la base du vivant, du bonheur et du divin qui s’élabore en eux et les prépare à devenir grands ?

Bas les masques, l’ignoble et scandaleux masque posé sur leurs sourires, comme un assassinat.

L’illusion du bonheur, ou le pourquoi de la liberté


Il n’est pas possible de retrouver en nous cette dimension de l’esprit, si nous devions nous tenir aux condition fixées par des hommes, aussi acceptables soient-elle en apparence, selon des plans et des visées strictement matérielles, confortables ou sécurisantes, nous passerions à côté du champ de toutes les expériences, nécessaires à la vie, autant en bien qu’en mal, en peines ou en joies. Nous serions incapables de faire naître en nous la sensibilité et par conséquent la lucidité avec ses émotions. En quelque sorte nous serions perdus dans la platitude insignifiante des non-événements, ignorant des sommets et des profondeurs, animaux satisfaits dans leurs étables satisfaits de leur pitance. Bref, des entités strictement terriennes et rien que cela.
Nulle divinité ne pourrait plus habiter les hommes, séparé à jamais de cet état de l’être, de ses origines, et de son esprit.
Celui-ci, le royaume, le lieu où l’homme est censé régner ne pouvant qu’être extérieur à cette existence, aux choses manifestées visibles et invisibles, ou dans la profondeur de sa psyché et de sa mémoire, c’est à dire hors des limites strictes de l’existant, nous serions retenus dans ces limites sans moyens pour pouvoir redécouvrir ce divin en nous.
Sans cette liberté causant du bien et du mal, et nous mettant face à des choix, face à nous -mêmes en quelque sorte, rien ne peut susciter une prise de conscience ou un éveil.
Nous serions prisonniers de l’illusion du bonheur, mais cet état ne saurait être qu’un vrai malheur.

Je songe à l’âme. L’âme n’est pas dans le corps. Il faut au corps ce vécu pour rejoindre son âme. Ce vécu ne peut pas être canalisé, tout comme un fleuve pour être vivant ne peut l’être.

les maux

Comme c’est embêtant, toutes ces contradictions. Tu approuves un jour certains mots porteurs d’un sens, tu crois avoir trouvé une certaine vérité, puis une autre arrive et te plonge dans le doute ou l’embarras, étant contraire, se situant complètement à l’opposé, effaçant les premiers. Cela veut dire qu’il n’y a pas d’énoncés définitifs de la vérité. Qu’il est pratiquement impossible de prononcer de jugements définitifs ou dans l’abstraction, d’autant plus si nous ignorons les fins, les raisons, le pourquoi des passions. De quelle flamme chacun d’entre nous brûle.
Mais voyez, malgré ce prétexte des contradictions flagrantes, nous ne pouvons renoncer à nos vérités. Ou même à la Vérité pure. Cependant nous ne tenons pas à l’imposer et nous imposer selon ses énoncés, ce serait quelque part une erreur profonde, pour autrui. Et pour soi.
Prenez l’Amour, chacun en a sa définition, qui coïncide avec sa personne, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a personne dans l’amour. Mais au contraire qu’il nous ouvre vers quelqu’un, ou quelqu’une, à laquelle nous nous soumettons et que nous servons. La recherche d’unité n’est pas du tout une volonté d’uniformisation du genre. Mon dieu n’est pas le tien, mon dieu n’efface pas le tien. Le mien ne peut pas faire vivre le tien si tu ne le fais pas vivre toi-même. Par contre ils peuvent se reconnaître, et former une unité plus grande, une foule de dieux, cet ensemble organique des êtres et des âmes qui composent Dieu, incluant la présence des myriades d’anges.

La lumière surgit de la Nuit, mais ce n’est pas la nuit qui crée cette lumière. Elle est utile à la lumière ; elle luit dans la nuit. Elle l’illumine. Là, il n’y a plus de contradiction possible. Dans un sens il n’y a plus de mal. Mais il a fallu passer par de nombreux maux. Sans y succomber.

Biens comme maux nous sont nécessaires pour trouver la Vérité pure. ( Ceci est d’un trivial affligeant dès qu’on le dit )