Au nom des P7res

Nous sommes arrivés au bout d’un grand cycle. D’une nouvelle ère. Regardez derrière vous combien les histoires nous ont façonné et ont conçu la terre, les conditions terrestres, comme une impressionnante mécanique. Qu’en sera-t-il dans dix mille ans ? Il y a bien eu nettement plus de millénaires derrière nous, pour que nous en arrivions à ce point précis du temps. Temps très spécial, d’un Jeu ou d’une Naissance. Il serait venu le temps où la terre s’ouvre enfin vers l’univers. Qu’est-ce à dire ? Les anciens, les premiers hommes auraient-ils été naïfs au point d’ignorer de quoi il s’agit ? Univers intérieur et univers extérieur. Sentiment de la séparation de la partie et du tout. Absence de l’homme et de son âme, de cette unité qui lui fait défaut ?
Les temps historiques ne seraient que des répétitions d’événements fortuits n’ayant aucun sens précis ? Excepté celui que les hommes lui donnent, en voulant, en cherchant, en fabriquant et inventant toutes les formes d’objets et d’arts, puisant dans la matière les éléments de ces constructions, et pour que cela vive et soit pérenne, se conserve pour les siècles. Nous ne pouvons vivre sans idée, ou croyance, ou vision d’un futur, où nous nous projetons. Sans espérance. Et envie de vivre, et joie de vivre.
N’est pas pensable non plus ce fait là : Nous saurions tout de science sûre, dans une conscience impeccable de ce que nous sommes, en connaissance et sans l’ombre d’un oubli ou d’une défaillance. Nous serions alors en plein milieu des dieux et des anges, des créateurs et décideurs des choses et du bal, nous serions purs amours. Acteurs ou contemplateurs ? Nous aurions engendré un spectacle fascinant et jubilatoire de quoi ? De ce que nous aurions mis au monde ? De cette part de nous-mêmes qui n’est pas nous mêmes ? De cette création ou de cet engendrement ? Voyez comment les dieux opèrent. S’ils mettent au monde leurs enfants, c’est pourquoi ?
Et nous ici, dans ce contexte assez dramatique, que faisons de nos amours ? Pensez vous que dans ces situations horrifiques les pauvres gosses vont pouvoir se relever et revenir vers vous, les bras chargés des cadeaux et des trésors fabuleux qu’ils ont découvert dans ces univers éloignés ? Ces secrets fantastiques enfouis dans les limbes des univers lointains où vous avez voyagé il y a de cela des millénaires, et que vous avez envie de faire découvrir à votre progéniture adorée et adorable.

Nous ne pouvons décider de l’avenir. Rien n’est jamais joué. C’est l’avenir qui décide pour nous et nous appelle, nous rappelle plus exactement, avenir auquel nous répondons, en écho. Ou que nous refusons. Butés et fermés. Jusqu’à la fin de tous les temps et de tous les espaces, nos p7res joueront à cache-cache avec nous. De même que nos mères.
Ils ne peuvent pas se révéler à nous dans un pur et entier éclat de leur être, nous serions fracassés comme écrasés sous les laves et les tempêtes, écrasés des extases même. Nous serions tellement emportés que nous nous envolerions d’un coup sans retour possible dans nos corps. Nous serions nés trop tôt, prématurés. Il n’est pas question non plus de s’attarder indéfiniment dans le ventre de notre Mère, cela la rendrait malade, désolée. Allez donc savoir pourquoi…
Mais tout de même, songez qu’au point où nous sommes, nous avons littéralement effectué la nette séparation d’avec nos origines et nos géniteurs, il n’y a plus de dieu. Nous n’avons plus de dieu devant notre face. Tous les dieux futurs sont ici sur cette terre (et peut-être sur d’autres, mais on s’en fiche des autres inconnus) et nous sommes donc ces dieux, dieux futurs créateurs de nous et des milieux. De nos conditions, du mouvement vers la gauche ou vers la droite, des déséquilibres et équilibres qui nous animent, et nous satisfont.
Ainsi donc nous progressons, nous évoluons ayant marché au bord des gouffres.
Cela vous convient-il comme futur espérant ?

N’empêche qu’il serait largement temps d’envisager un futur libre, moins contraignant que ce présent maladif. Cela suppose tellement de rénovation et de révolution dans nos consciences, que ceci ne peut se faire sans tout le monde, même si à la base, c’est le fait d’un seul parmi nous, le fait de ses mots et pensées qui firent une étincelle dans nos esprits. Ce fait là, c’est le fait intime par excellence du lien intime et inviolable de votre âme dialoguant avec votre âme.

La question du Pass

Avant tout, je remercie ceux qui ont la patience de me lire, tous les jours ou presque. Saisis par un sentiment d’urgence face aux événements dramatiques, comme tout le monde, nous n’avons plus vraiment le choix. Il faudra bien que chacun ouvre et trouve partout où il peut, les éléments de sa libération et de son futur, avant qu’il ne soit trop tard.

Les plans et les projets de ceux qui veulent régner sont plus simples qu’il n’y paraît. Dans un premier temps, ce n’est qu’économique. Ce n’est qu’une question de monnaie forte, conférant à leurs détenteurs des droits et des pouvoirs pour faire marcher, travailler et produire les masses. Dans un second temps cette suprématie ne tient que si les croyances ou les confiances sont installées durablement sous les cranes, s’ils ne veulent pas que le doute ou la défiance prenne le dessus. Manipuler les corps et les esprits. Plus difficile est le noyau de l’âme humaine, qui est un composé de rationnel et d’irrationnel. A priori nul homme ou femme n’est un robot esclave, ce ne sont que des apparences de servilité, des compromis et des ruses de ceux qui savent qu’ils n’ont pas le choix, et font comme s’ils l’avaient. Ils savent ce qu’ils perdent en vendant leurs corps et énergies à ces puissances et régimes qui les emploient comme de simples outils, sans jamais leur demander leur avis, et qui les considèrent comme quantité négligeable, variable dans la chaîne de production, comme des chevaux sur les champs de course, utiles s’ils sont bons, jetables une fois usés. Même ceux qui pensent avoir grimpé les échelons, et acquis des positions confortables seront tôt ou tard oublié et mis au rebut. Ils ont cependant alimenté la machine à profits, la mécanique puissante des armes et des médecines, c’est à dire de celle qui donne la mort ou la vie. Comme César dans les jeux du cirque. C’est pourquoi la place de César est convoitée. Et que le Sénat veille pour que l’empire de l’État aille dans le sens de la croissance ou du maintien de cette puissance, au lieu de l’effondrement, ou de la ruine.
Tout a toujours été mondial, ou international comme lutte entre les différents royaumes. Et conflits à mort. Comme sur le champ de bataille, n’oubliez pas : votre ennemi vient vous tuer, ou vous le tuez, pour qu’il ne vous tue pas. C’est sans pitié, sans aucune grâce possible. Une question de chance si vous survivez. Indépendante de notre volonté. C’est pourquoi les hommes prient et implorent les entités auxquelles ils croient, au-dessus de la volonté de César.
C’est donc la question du Cœur qui se trouve au centre de toute action. Et qui seule fait autorité pour que des hommes acceptent le sacrifice. Donner son sang pour sauver le sang de sa fratrie, tribu, clan, ou famille. Et pourquoi pas sa patrie ou sa nation ?

Les bretons vaincus par la France, après un temps de malheur purent monter à Paris et à leur tour occuper des positions avantageuses, et françaises. Le processus historique des nations tendrait-il vers une mondialisation fatalement ? Il y aurait une volonté d’uniformiser toutes les origines locales vers un seul modèle ? Gommant pratiquement toutes les singularités, et les particularités, ou originalité ou spécificité des peuples selon un seul modèle de société ? Un seul format.
Les hommes seraient comme des automobiles sortant des usines à la suite des conceptions des ingénieurs et des génies concepteurs des plans ? C’est tendancieux de vouloir engendrer des hommes à la carte, comme s’il y avait un prototype idéal. Et que toute l’humanité devait se conformer à ces standards.

Ceci dit, je ne crois pas du tout que les hommes oublient le sol de leur naissance. Les musiques dans lesquelles ils ont baigné, les eaux de leurs rivières et les climats, les femmes et les mères, ou leurs grand-mères ou grand-pères, donc leur sang et ressemblances. Où ils se reconnaissent.
S’il y a un possible cosmopolitisme, ce n’est pas un mélange s’opérant n’importe comment. On ne peut s’unir que s’il y a reconnaissance et ceci dans la réciprocité, par définition de la reconnaissance.
Deux dans un miroir l’un de l’autre se voient comme un seul.
Partant de là, on voit qu’il n’y a plus de guerre. Ni de volonté de soumettre ou d’exploiter, chacun servant l’autre. Et le monde devient riche.
Utopie ?
Les premiers hommes se vivaient comme étant un seul « corps », dénué d’individualité enfermée sur elle-même, sur cet amour propre qui nous enclot. Pourquoi tout cela a-t-il dérapé ? Quel doute s’est immiscé en nous ? Pour que le soupçon, la défiance prenne le pas sur tout, et que la volonté devienne mauvaise et que nous ne voyions plus rien ?
C’est du miroir brisé de l’âme que tout mal provient. Et d’où découlent cette terrible volonté de puissance. Passant aussi bien par le féminin que par le masculin.
Volonté comme un mur, et imposant son laisser passer, dont il est question aujourd’hui.

Ce pass imposé, relève de la volonté d’enfermer et non de délivrer. Non de sauver, mais de forcer à croire et subjuguer. C’est une épreuve de vérité.

 

 

 

 

Le piège qui se tend

C’est comme un piège, une prison. On dit que cela vient du mental, de notre ego, je veux bien, mais cela ne nous délivre pas. Tout s’aggrave bêtement et méchamment. Cela tourne au vinaigre et au malheur. On sait ce que pouvait être une vie simple sans histoire. Mais quelque part nul n’en a voulu. Une vie sans trop de maladies, ni de catastrophes qui n’en finissent jamais. Où nous avions simplement le temps de respirer et de tourner notre regard vers des horizons lointains et mélancoliques, empreints de joies et d’amusements. Serait-ce la Muse qui nous fit défaut ?
Nous sommes devenus otages dans le fatras des objets des conditions qui se sont imposées, habitués à toutes ces nocivités. Nous ne pouvons plus nous passer des sécrétions de la Machine, elles se sont imposées à nous, comme des « nécessités ». Nous devons y consacrer la majeure partie de notre temps et de notre énergie, et si nous ne le faisons pas, nous tombons dans le vide, dans une misère noire. Chômage, désœuvrement, pauvreté, avec tout cela a pour effets comme violences, et comme esclavages dont les plus malins croient tirer un avantage et une supériorité. Très illusoire et très éphémère. Les mieux lotis se croient à l’abri, se sentent protégés dans leurs demeures sécurisées, ou par le déploiement des forces policières, ou des mensonges diffusés à longueur d’antenne, pour essayer de faire dormir la Bête. Nous avions pourtant été prévenus de tout cela. Du moins si nous voulions savoir quel est le sens des événements, où ceux-ci nous conduisaient. Il y a suffisamment des films, de livres qui ont dressé le tableau des temps futurs aujourd’hui présents. Nous avons également su ce que fut notre passé, ces histoires, nul besoin d’en connaître les multiples détails, c’est éloquent dans l’horreur et les massacres. Nous ne trouverons pas non plus les causes même en fouillant plus au fond. Ce sont toujours les mêmes. Non pas les mêmes gens, bien plus les mêmes fautes qui se répètent. Dans ce sens, cela relève du « mental », mais pas exclusivement du mien.
D’ailleurs, puis-je dire que le mental m’appartient ? Ne serait-il pas au contraire à tout le monde ? Dans ce cas nous aurions un mental sacrément déchiré, désuni, délabré et maladif dans cet ensemble, un mental éteint. Comme une flamme éteinte impossible à ranimer dans ces conditions.
Ils ont raison ceux qui veulent changer les conditions, pour pouvoir ouvrir la prison. Mais sans doute ne savent-ils pas quelles conditions nouvelles doivent se mettre en place, pour autoriser la réanimation du monde.
Voyez, le monde a peur de cette réanimation. Et préfère conserver ce vieux monde mort ou endormi. Le réveil est forcément douloureux. On se trouve face un abîme vertigineux. On n’a plus les bases ou les assises pour pouvoir supporter cette immensité d’être, correspondant à notre être. On vit donc comme si cela n’existait pas, avec ces foules de gris-gris qui nous entourent, ou ces jouissances fugaces comme des feux de paille.
Alors, il y a ceux qui envisagent des conditions encore plus techniciennes, plus sophistiquées et contraignantes dévoreuses des énergies, pour ne pas perdre le contrôle de la Machine. Ou des marchés. Ou des dominations dans le monde, entraînant les gens dans une course de plus en plus absurde, des situations inextricables des nœuds.
Nul n’a la solution, si elle n’est pas à tous. Personne en particulier ne peut dicter sa solution, nul groupe ou système ou parti n’a de solution si les autres, opposés en apparence, ne l’ont pas. De même entre les états et les différents empires.
Je ne crois pas que les dénouements viendront des sommets entre chefs d’état. Il n’y a que si les hommes à la base reprennent en main leurs destins, et œuvrent. De façon à préserver le vivant au lieu où ils se trouvent, et en particulier dans leurs foyers.
C’est pourquoi au sein de nos maisons, nous devons prendre, si ce n’est déjà fait, soin les uns des autres. Et des Muses.
Et ne pas attendre.
Comment voulez vous trouver des issues si les muses ne nous inspirent pas ?

Voyez où « on » veut nous mener, avec ces drones pour remplacer les abeilles, ou travaux forcés derrière nos écrans, enfermés derrière nos parois de verre. 

Je ne saurais trop vous conseiller la lecture du livre de Zamiatine , « Nous autres « , il contient pratiquement tous les ingrédients de notre chute. Il ne dit pas comment nous allons en sortir. Là, cela ne tient qu’à Nous.

Franchir les eaux noires

Je vous le disais, toutes les sciences fictions sont battues, c’est la Terre et la Vie qui sont en jeu. Quel est donc l’enjeu ? Nous ne sommes que des minuscules éléments au sein d’un corps, comme des globules examinées au microscope, surveillés, analysés, filtrés dans nos moindres mouvements et contacts, échanges d’informations, manigances et projets, tout cela générant du flux, des courants collectés allant dans un sens ou dans l’autre, vers la droite ou vers la gauche. Qui peut-il y avoir derrière cet appareil de surveillance globale si ce n’est des robots collector de données, écumant des intentions et des volontés, des idées et des pensées, de ce qui provient in fine de l’Esprit ? Tiens donc, nous revoilà. Sommes-nous rouges ou blancs, servons-nous ceux-ci ou ceux-là ? Au service de quelle puissance étrangère opérons-nous ? Voilà ce que les intelligences services veulent savoir. Parce que cela a toujours été la guerre, ou la lutte, et qu’il n’y a jamais eu de trêve, ou si peu. C’est la Loi. Il y a toujours des vainqueurs et des vaincus, des malheurs et des bonheurs.

Serons-nous capables de dépasser cet état de fait ?

On fait croire aux jeunes gens que les jeux sont innocents, et qu’ils peuvent en toute impunité détenir des appareils de géolocalisation, alors que désormais on sait très bien que tout ceci fait partie de la surveillance globale, comme ces flux d’avions ces tankers, ces camions, ces autos, toutes pucées et ces boites noires comme les ordiphones collées a notre peau. Poke ère.

j’imagine que selon notre couleur, ou camp, rouge ou blanc, base, identifiée et marquée comme telle, il est facile pour un Grand Œil de savoir qui parle avec qui. Qui communique avec qui.

Ainsi c’est un jeu de piste et de chasse qui s’instaure. Pour pouvoir entendre, poser des écouteurs, savoir qui dit pour et qui dit contre. Et le pense. Il se dessine une carte de données sur le territoire.

Les stratèges, les puissances, les empires qui se font la guerre à tous les niveaux, monnaies, innovations, matières premières, ressources, semblent avoir besoin de savoir à quels humains ils ont affaire dans le champ de bataille, dans ce moment précis, puisque pour l’heure l’humanité ne vit pas comme si elle était un Seul. Mais lutte pour un objet très étrange, qui serait la vérité absolue effaçant toutes les autres. Il s’agit donc d’un rapport de force installé dans le monde plus que d’un jeu anodin et plaisant, et que dans cet enjeu terrifiant, c’est le sacrifice qui est exigé, au prix du sang, dans cet objectif de laisser un vainqueur et des vaincus.

Sommes-nous prêts à perdre notre vie pour des idées, des croyances, de la foi ? Pour prouver ce que nous sommes ? Ou pour le trouver nous-mêmes dans ce jeu éprouvant ?

Entre parenthèses, regardez combien les hommes se battent pour affirmer leur identité, au sein d’un groupe, et d’un groupe face à un autre. Comme une nécessité d’affirmer cette première personne individuelle ou collective, ou chacun pense trouver la sienne dans un collectif qui le reconnaît.

Nous ne venons pas de nulle part, nous allons quelque part. Nous avons besoin les uns des autres pour reconstituer ce que nous sommes en Vérité, après avoir franchi les brouillards épais de notre ignorance, de nos errances et divers tâtonnements. C’est ça le Chemin. Il se forme au fur et à mesure. Mais il ne ne fait pas n’importe comment, sans savoir de quoi il s’agit. Il ne s’agit que de Nous, cet ensemble de tous les sujets conscients. Parce que nous nous connaissons.

La ruse du Monde est de nous égarer. Ruse ou plan diabolique ? Dans le noir tout peut paraître diabolique, sauf si nous avons une lumière intérieure qui nous éclaire. Celle-ci ne manque pas de nous réveiller et donc de nous effrayer grandement.

Passerons-nous, ne passerons-nous pas ? Tel est l’Enjeu.

Demandez donc à Charon. Si toutefois il est encore de l’autre côté. Et qu’il n’est pas tombé lui aussi dans les pommes.

Rassurez vous quand même…même s’il fait froid.

La Cité

Cela fait toujours un choc de venir dans la Cité. Voir ces flux d’automobiles, ces files, de lampes rouges ou blanches, cette débauche d’ampoules sortant des immeubles dont on ne voit pas le bout, ces reflets sur le bitume qui amplifient les éclairages, et laissent l’impression d’un organisme vivant, dans lequel il est très délicat de pouvoir se mouvoir sans se heurter, passer au vert, stopper au rouge, et trouver sa voie dans la nuit pluvieuse au bord du chaos. Et partout, sur toute le terre c’est le même spectacle urbain. je me demandais comment cela pouvait tenir, je songeais qu’il y a des gens qui essaient d’organiser l’ordre dans cet ensemble, où chaque individu n’a d’autre choix que se plier à la loi du corps sans tête.  

Ou alors ce corps aurait des milliards de libre arbitre ? Cela m’étonnerait. Comment donc cet ensemble arrive-t-il à tenir, cela me semble relever d’une énigme. Par quel subterfuge les hommes en arrivent à un degré de soumission à ce monde là ? Tenus par l’argent, ou par la force des répressions, par une certaine morale diffusée depuis des millénaires, progressivement.  Il a bien fallu que le barbare se plie aux lois de la cité, que le sauvage se civilise, c’est à dire fasse abstraction de ses instincts pour pouvoir supporter cette vie factice, et ce vide, ayant l’apparence d’un monde merveilleux, lumineux, chaleureux et confortable. Quel prix les hommes paient pour pouvoir y subsister, que doivent-ils endurer tous les jours dans leurs labeurs, dans les efforts pour subir le stress, les humiliations des tâches répétitives insensées, des poubelles qu’on vide, des murs qu’on effondre et de ceux qu’on remonte inlassablement, les hommes comme des Sisyphe en nombre. Perdant leur temps et puis tombant inertes devant leurs postes de télévisions et des clowns minables qui y paradent et diffusent leurs messages douteux, leurs promesses trompeuses et leur ruse. Ce monde nouveau calqué sur les élevages intensifs et concentrationnaires, sur l’agglomérat des cellules obéissantes au corps, cellules ayant chacune leur fonction, comme les fourmis ou les ouvrières des ruches, ou même sur un arbre, ce monde, par quoi est-il inspiré ?

Le saura-t-on quand il sera expiré ?

Sait-on mieux ce que fut notre présent une fois que celui-ci est passé ? c’est tout de même assez étrange que nous ignorions ce présent et que nous découvririons ce qu’il fut dans son essence une fois mort.

La conscience, voilà ce qui nous fait défaut. C’est, cela ne peut être qu’une Présence. Avec tout ce que cela suppose comme extension dans tous les sens.

Bien, mais à partir de quel Lieu ? Est-ce la sphère des idées pures platoniciennes ? ou ce royaume des anges ou des dieux, comme d’une Cité quelque part dans les cieux et qu’on cherche à regagner ?

Toc toc

Qui est là ?

Vive la France

La France c’est un peuple, une voix parmi les peuples. Peuple debout, à l’écoute des battements du Cœur de la terre universelle.

Vive l’Arbre de Vie qui seul donne à vivre. Étendant ses racines dans les profondeurs du passé, ses rameaux vers sa destinée, soutenant tous ses fruits vers leur maturité. Arbre solaire. Relié à tous les arbres. Unifiant l’homme et la femme dans un seul être, une seule et même conscience d’être, de dire et de faire. Là où tous peuvent retrouver leur liberté, leur égalité et fraternité perdues. Leur vérité oubliée. Il n’y a plus que du bien, les maux n’ont plus prise sur nous. Lieu du bonheur simple où tout coule de source, tout se met en place sans forcer. Tout être, toutes choses trouvent leur utilité et leur place. Il n’y a plus rien souillant les corps et les âmes.

La belle monstre

C’est une terre si minuscule et si grande à la fois, le lieu où se jouent bien des choses, à notre insu. Ce n’est pas pour nous perdre que nous sommes plongés dans cette ignorance, bien au contraire, c’est pour que nous en tirions toutes les leçons, allant dans tous les sens. C’est donc une lutte, toute bête. Une escrime. Chaque nation se croyant investie de l’épée du Verbe, élue, en mission divine et civilisatrice, phare des mondes ténébreux. Ce qui est vrai dans un sens, c’est à dire que chaque nation formée à son école porte des fruits bons, mais d’autres empoisonnés.
Tout ceci, très général ne nous renseigne guère sur le résultat final. Si c’est cette fin qui nous touche au plus près. Mettons que toutes les destructions auxquelles on assiste nous conduisent au bonheur suprême, au moins cela aura servi. Ce ne serait pas plus grave que des hyènes ou des vautours rongeant un cadavre, mais qui ont cet avantage de pouvoir survivre. La terre ravagée donnerait son corps et son sang, et nous serions vivants ? Rien n’est moins sûr. Nous ne sommes vivants qu’en fonction de ce que nous rendons au vivant. Et qui en retour nous donne sa vie.

Je ne vois pas trace de cela dans ces événements si troubles. Je ne vois, et je ne suis pas le seul, que des fortunes qui jouent au casino et se font la guerre sur des malheurs, et des morts. Des prédations partout sans fertiliser la terre, et les hommes. Ainsi l’ humanité en lutte mondiale se croit maîtresse du Jeu, mais elle n’est pour l’heure que la proie souffrant pour rien, elle se mange elle-même comme un cancer. Cellule monstrueuse et suicidaire de son support.
Nous aurons du mal à dire que cette monstre est belle. Non, notre mort en aucun lieu n’est belle.

Face à l’horreur

Quelle histoire !
En quoi consiste ce scénario, ce jeu ? Nous sommes des milliards dans une situation plutôt délicate, à tous niveaux scabreuse, sans savoir de quoi demain sera fait. Comme si nous étions abandonnés au milieu de nulle part, naufragés intergalactiques. Ça crie partout, ça hurle et ça brûle. On entend tout et son contraire. On se déchire et on se tue, pour un oui ou pour un non. Dans ce chaos installé les hommes apeurés cherchent ce qui peut les rassurer ou les protéger. D’autres veulent instaurer un gouvernement mondial qui serait sans partage et sans discussion, impossible à remettre en question. Figure patriarcale. Une autorité mâle, violente, inflexible, un glaive s’abat sur nous, avec ses lois et sa force. Nous ne pouvons plus bouger. Ni émettre le moindre doute de ses vérités énoncées. Figure du Père. Mais ce n’est pas le Père. Ce n’est pas dans l’Esprit du Père, mais dans l’esprit en révolte contre lui. Ce qui fait que les hommes et les générations s’enfoncent inexorablement vers le pire, vers cette boue infâme et assassine des âmes, de l’âme de la terre. S’il n’y avait des hommes et des femmes conscients de l’enjeu et de l’absence de protection. Cette protection n’est pas un gris gris protecteur comme un philtre opposé aux forces du mal, non, cet Esprit protecteur ne peut rien pour nous si nous n’y sommes pas, dans cet Esprit. Si nous ne le servons pas de façon lucide et volontaire, active, sachant de quoi il en retourne. Exactement comme si dans son négatif nous étions des mauvais esprits, des êtres nuisibles pour les uns et les autres. Voilà pourquoi nous ne pouvons être qu’avec lui sinon nous sommes contre lui.
Il s’agit donc de passer de l’autre côté si nous n’y sommes pas, et à ce moment là tout s’éclaire. Pour ceux qui y sont déjà, il est quasiment impossible de retomber. Cela ne leur épargne pas la souffrance, mais il n’aggravent pas les choses en voulant se venger et dans la haine. Ils la savent inutile. Ils savent que leurs ennemis sont dans cette haine secrète. Au fond de ces eaux noires. Comme ces cohortes des morts n’ayant pas réussi à franchir les eaux du même nom.
Vois là aussi cette idée de la résurrection des morts. Ces âmes revenues à la lumière. C’est toute l’histoire qui remonte à la surface.
Nous respirons.

Sommairement dit

Ils sont en train de nous montrer que tout leur appartient, que ce sont eux les maîtres de la maison, que tout ce que nous avons est le produit de leurs efforts. Si nous avons du blé, du sucre, du café, du caoutchouc, des pétroles ou de l’électricité, des médicaments, des soins pour notre corps, tout est le résultat de leurs volontés et de leurs recherches, de leurs savoirs accumulés, de même que le capital. Ils nient l’idée du peuple souverain. Ils affirment celle de la domination de la tête sur le corps, qui lui doit obéissance absolue. Tout comme ils se pensent comme ayant fait l’histoire par la généalogie, ou l’héritage qu’ils ont conservé, valorisé, gardé avec leurs armes et par la contrainte des inférieurs. C’est pourquoi nous ne sommes « rien ». Nous n’aurions que des devoirs, et le droit leur appartient . Ils sont intouchables malgré tous les procès en cours. C’est leur terrain de jeu. Des yachts, des fusées, des avions, des paradis où ils se reposent, et préparent leurs stratégies. Des calculs et des prospectives, comme on tire des plans sur la comète. Leur jeu se passe dans la lutte entre les différentes « maisons » qui se pensent aristocratiques, au dessus de la mêlée humaine. Dans cet ordre d’idée, les contestataires, les opposants sont vite repérés et mis au pas, ils sont utilisés pour renforcer leurs puissance, au moment opportun.
Cependant, ils savent aussi qu’ils dépendent totalement des mains qui produisent tous les biens, qui prodiguent tous les soins, comme dans un navire, le capitaine connaît les hommes aux machines. Ce n’est pas lui qui fait avancer le navire.
C’est l’ordre qui le fait avancer, pour atteindre des objectifs. Dans le désordre, cela ne marche pas. Le désordre est obligatoire dès lors qu’on construit. Ce n’est pas du désordre, c’est de la destruction, comme sur des chantiers. Le désordre effectif alors serait de ne pas avoir d’objectif sensé, quand tout est chaotique et que le sens est perdu. Il ne se perd qu’à la tête dirigeante, devenue folle, effrayée par les désordres à la base, la désobéissance et les violences. De même le monde devient fou et violent à cause des souffrances produites par toutes ces contraintes sur le corps, rendu dans une pauvreté extrême, corps abandonné, prisonnier de son ignorance, ayant perdu tous ses instincts.
Mais les puissants non plus ne savent plus rien, et savent ou croient qu’ils ne sont « rien », ils sont humains malgré tout, malgré leur cynisme profond. Ils ont quelque chose de désespéré, comme si ils savaient qu’il n’y a rien à faire. Que de replâtrer, poser des prothèses, boucher des trous, détruire, construire et recommencer sans cesse jusqu’à épuisement, ou la fin. Ils trahissent leurs pensées, désarroi ou indifférence face aux maux, par des mots affreux si on y songe. Ils sont enfermés dans leur tête, et n’entendent que l’écho de leur voix. Le monde du silence les entoure.
Que penser ensuite des religieux, et de leurs lumières ? De cet autre Ordre de la puissance en principe dialoguant avec les dieux ? Cet autre État est supposé ne pas faire de discrimination entre les petits et les grands, faire en sorte que chacun d’entre nous ait droit à son accès au Ciel.
Bon, selon les faits d’histoire, on voit bien qu’il y eut une certaine confusion des genres. Et que le petit ne dîna pas à la table des puissants. Évêques et rois. Pour une très mauvaise scène, ou fin tragique.
Bref, ils ont les clefs. Mais ils ont perdu la Porte.

C’est donc un piège pour toute la terre. Reprenons nos Esprits.

Quelle trogne

Les pouvoirs sont féroces par nature, ils ne gouvernent – si on peut appeler ça gouverner – que par méchanceté, cruauté, violence, traîtrise, et ruse. Tout ce qu’ils trament relève de l’occulte, c’est à dire du caché, du secret, du fermé, sous un voile. C’est féodal, malgré les apparences de démocratie. Les gens ne sont que corvéables à merci pour assouvir une volonté et des désirs dans lesquels baignent ceux qui sont habilités, autorisés aux coulisses. Pour ces puissants tout n’est que mise en scène, théâtre de maudits et eux se sentent investis de devoir implacables, exactement comme on opère des saignées, ou farfouille dans ton nez pour en tirer les vers ou d’éventuels virus afin que tu cèdes sous le poids de la terreur. Tu n’a droit que de te taire. Et eux de décider pour toi de ce qui est bon. Ce sont des saigneurs sans aucune pitié. Ils te laissent juste la possibilité de creuser ta tombe ou d’être fusillé si tu ne marches pas. Ils ne sentent égaux qu’entre eux, dans cette guerre des gangs ayant toutes les cartes de leur château en main, château contre château, fiefs contre fiefs. Ils ont des armées décorées d’honneur à leur solde. Leur seul objectif est de ne pas perdre les clefs du château, sachant les convoitises rôdant dans les cercles et les clans autour d’eux. D’où cette méchanceté et ces crocs pour garder leur place. Ils appellent ça gouverner. Le peuple n’existe pas, n’a pas d’existence propre.
Bon, une fois qu’on a dit ça, comment faire pour qu’ils lâchent la laisse ? À quel saint allons-nous confier notre destin pour nous détacher et pouvoir vivre sans être opprimé ? Je songe à ce gouvernement réel des âmes, et des hommes. À celui qui sait où se trouvent les issues et les havres de paix, les pâturages heureux, où nous pouvons voir les enfants évoluer et grandir en se posant des questions et trouvant des réponses, jouer et être dans une joie sans faiblesse. Il faut savoir où se trouve ce qui conjugue le Verbe.
Ce ou celui à qui nous devons aller, qui nous unit et nous gouverne, en nous rendant notre liberté. Et soulève le voile des illusions. Là, vous verrez alors qu’il s’agit de vous dans ses deux visages, la Bête serait terrassée. Et de proche en proche, lentement et sûrement cela gagne la terre.