Réponse à une amie

Chère amie,

Songe que s’il n’y a rien avant, rien après, de même qu’il n’y aurait plus rien dans le passé, ni dans le futur, il ne resterait que ce temps présent s’abîmant entre deux néants n’ayant nulle réalité, que tout ne serait donc qu’un songe disparu avec les univers, une fois ceux-ci éteints, selon ce que les lois de la physique nous enseignent. 

Pourquoi lutter, résister à la décomposition, aimer si tout cela doit s’anéantir ? De même si tout doit retourner dans les cieux et autres paradis de façon quasi inéluctable, quel serait alors le sens de nos peines, de nos efforts, et de nos souffrances, de même que cette volonté de bien, ou ce rejet du mal ? Tout serait déjà joué sans nous, si nous n’étions que ce corps coincé dans un présent, qui si on examine celui-ci à la loupe n’a guère plus d’épaisseur que ce que la physique (encore elle) nous dit, à savoir ce ridicule temps de Planck, insignifiant.

Mettons, Une fois dans ce néant, si nous arrivions à nous y rendre, nous ferions un coup magistral à savoir, anéantir le peu qui existe dans ce présent.

Bref, Tout serait Rien, il n’y aurait rien du tout.
Ce qui est assez contradictoire avec ce qui existe, même dans le minimal de nos rêves.

D’où l’intérêt pour ce printemps des poètes, n’est-ce pas, qui donnent à entendre ce qu’on ne perçoit pas toujours. L’intérêt de tout, en opérant des choix, si nous avons la chance de les avoir.

Bises

E.

L’amour à l’épreuve de la vérité

C’est toujours pareil, c’est l’amour qui souffre, ou doit souffrir, subir ces épreuves de vérité, être absolument vrai face au néant, à l’anéantissement ou à la mort. De quoi avoir peur, de ces forces destructrices qui dominent sans aucune pitié. Pour que nous trouvions en nous ces seules ressources et forces aimantes, et que nous ne mourrions pas. Pour que la mort ne nous affecte pas en notre âme.

Rien ne peut être faux dans la nature, ce qui nous précède. De même qu’un arbre n’a pas besoin de médecin, et que face aux attaques dont il est la cible, il déjoue les pièges naturels. Il est son propre médecin. Il ne peut rien face à la hache. Que pourrait bien être un arbre seul sur une terre sans habitant ?
Il s’agit de nous, dans tous les cas. C’est nous qui avons à tout faire, apprendre, comprendre, créer, intégrer, chercher et faire vivre la nature qui nous manque. Cette Nature est Amour pur.
Ceci n’est pas tellement raisonnable, dans le sens d’être raisonnée, mise dans des cases. Et des concepts logiques qui seraient censés les contenir dans une vérité entière et suffisante. La raison pure est limitée.
Au delà de ça, il nous reste à nous pencher sur le fond de nos amours manquants qui nous rendent très maladifs, et tenter de les retrouver, ces âmes mortes, ces morts qui nous tuent.
Tenez, bizarrement, pourquoi a-t-il été dit d’aimer ses ennemis ? Cela ne veut en aucun cas dire d’aimer les maux qu’ils nous infligent, mais d’en tirer le signe de notre vérité imposée, de nos passés, des maux et des erreurs, des souffrances que nous avons pu produire hier ou il y a dix mile ans, ou pour le moins, de nos carences présentes.
L’amour doucereux est trop faible pour être vrai. L’amour doit être un Roc.

Quel est l’agent, le déclencheur de cette cristallisation de notre âme ?

À mon idée, il s’est multiplié. Eh eh …

Livrés

On ne sait jamais ce que le mot dieu recouvre dans sa totalité, on n’en connaît que des bribes, mais qui nous suffisent à faire connaissance avec soi-même et avec les autres formes vivantes, elles aussi porteuses de choses semblables.
Dieu sa personne existe autant que votre personne, c’est à dire un ensemble de Paroles, de Verbes et d’échanges, dans le sens où nous sommes ce que nous disons, le dire et l’être nous rapprochent, nous unifient, nous signifient.
Alors que l’inverse nous disloque, nous disperse dans l’insignifiance. La personne humaine est comme la personne divine, comme son germe, sa graine. Portant ses fruits.
Ainsi, dans le jardin du monde et des civilisations, on peut en mesurer les fruits toxiques, très malheureux dans ces séparations, ces manques d’amour et ces violences, l’arrogance et la bêtise malgré les montagnes de livres.
La Terre, c’est à dire l’ensemble des hommes-personnes est prisonnier d’un mensonge, d’une malhonnêteté, des forces obscures souterraines, comme des pulsions non maîtrisées qui le possèdent, comme un seul homme. Une seule entité flouée au bord d’une précipice atroce.
Certains ont les armes pour dieu, d’autres les objets issus de la technique, ces fétiches de la modernité. Ils ont remplacé la croix ou les symboles devenus creux, morts laissant pour morte l’ âme vivante.
Tout cela ne nous ouvre pas un futur heureux. Si nous ne savons ce qu’il doit être. Ce n’est pas la faute du jardin, ni du jardinier.
C’est la faute de ces pouvoirs puissants qui ont toujours voulu subjuguer et diriger les hommes sans leur rendre la lumière. Et pour cause, ils ne la possédaient pas plus qu’eux, sauf ces lumières éteintes des crucifiés, des messies, restées lettres mortes, ou rendues affadies au point de se laisser mourir pour espérer la délivrance dans ce monde pesant.
Les effets sont terribles dans ce sens où le jardin est détruit. De même que le génome naturel qui nous fut donné. Dans ce chaos des actions les générations sont pour un très grand nombre dans le coma. Livrés. Pas délivrés.
Croyant dans un système, comme si Eros pouvait se réduire à ça, de même que les vents, les courants marins, les crues, l’érosion des montagnes ou les mouvements des plaques tectoniques, comme si le moindre métal pouvait être pur et homogène. En théorie.
L’idée de dieu, l’idée de l’un pur et inaltéré est une théorie des morts, et non des vivants.

Je blablate…

Perler de Dieu sans cesse, ou l’écrire, cela ne fait vivre personne, si nous ne le pensons pas, si nous ne sommes pas dans Sa Pensée. Comme si nous n’étions pas en vérité dans son corps.
Si nous y sommes en vérité, alors là ça va.

Tohu Bohu

Échouer si près du but, ce serait horrible.

Le but ? Tout le monde semble si buté.

Oui, tout le monde campe sur ses positions. Personne ne lâche du lest. Les uns s’agrippent à leur étoile, les autres à leur classe ou leur caste, un autre fixe la croix ou psalmodie des chants assassins. Bref, le monde se dévore au nom d’un même Dieu que personne ne voit plus ou n’a jamais vu. Et pour cause. Comme tout le monde, il fuit les lieux maudits.

Personne ? Si, tout de même, mais ce n’était pas des hommes ordinaires et on ne les a pas compris. On a fondé des religions qui par leurs mots, obligatoirement furent en opposition les uns les autres .

L’opposition, la différence, qui devaient enrichir la connaissance sont venues faire obstacle à la compréhension et finalement nous montrent une chose : la faillite des hommes livrés à leur seul jugement .

Qu’est-ce que cela signifie ? C’est simple. Tout est lié. Le jugement, le regard de l’un est fonction du regard de l’autre et tout être est lié. Il appartient à la vie. Étant coupé, il appartient à la mort.

Entendez-vous ?!

Si vous vous entendez, vous entendez le nom du Dieu de l’autre, de même le vôtre. Sinon, même celui-ci vous laissera tomber. Il peut ça. Et vous passerez inaperçu .

Dieu partagé. Terre partagée. C’est la justice.

La guerre, comprend qui veut, c’est le chant du tréfonds , des entrailles de la Terre. Ce n’est pas à voir sous l’écorce terrestre , mais dans le fond sub-matériel, inférieur, les enfers. La guerre et la sexualité ont une base viscérale identique. Mars et Vénus .

Rien à craindre des enfers. Suffit de ne pas accorder une importance exagérée à leur voix.

Et surtout tourner son regard vers le haut, ainsi tout enfer est sans effet.

Ceux, qui comme Orphée, jésus, etc. les ont franchi ont accompli leur travail salvateur.

L’humanité « ordinaire », non spécialisée, non initiée ou non informée n’a pas à y aller. Si elle y tombe, y succombe, atrocement, sans que ce soit de sa faute, elle sera toujours délivrée. Les humains normaux n’ont donc pas à s’en pré-occuper.

Il suffit qu’elle vive sur terre la loi d’amour.(ex: Jésus ) qu’elle respecte la loi humaine si elle ne contrarie pas la loi divine, (ex : Moïse), qu’elle vive l’Esprit de la Lettre des textes sacrés de partout.

Et connaisse le chant du Tohu-Bohu .C’est la voix de la Terre ; et si vous aimez la musique, il y a un chant aborigène d’australie qui fait « chanter » ce MOT à leur instrument ; comme quoi, il n’y a pas que chez les hébreux qu’est apparue la « notion de chaos « .

Le but ? C’est un bon début : tou-bou. Tout de boue… alors debout… par les deux bouts … « parle debout » …