L’enfant rénove

Nous avons à peine le temps de nous éveiller à la vie qu’il faut déjà songer à la quitter, après avoir effectué quelques ouvrages dérisoires au regard des immensités, et peut-être conséquentes relativement à ce fil invisible qui se déroule dans nos mémoires.

D’où viennent les enfants, de quels horizons lointains ils décident ou acceptent de venir ici, ce qu’ils vont apporter ou défaire. Les nouveaux arrivants peuvent contribuer à des transformations autres que celles issues de nos constats présents.

S’éveiller à la vie et faire connaissance ici avec les entrailles de la terre, le feu des désirs, les joies des plaisirs, et les souffrances qui nous enseignent ce qui se tient dans ces profondeurs des chaos rocheux comme des os, ces magmas de sang et d’eaux.

Où nous allons nous rendre ? Et dans quel état, selon quelle approche en notre âme incapable de supporter ces flux de lave et ces torrents, si nous n’apprenons pas ce qu’est exactement la vie ? Sous quel voile elle se tient. Sous quelle puissance de la nature vivante.

Ne penser le futur qu’en termes définitifs ? Comme ce bannissement de l’ego, qui serait cause de tous les maux. Comme si nous n’avions pas droit d’exister en nous-mêmes, et de pouvoir voir ce qui se déroule sous ces apparences, mais uniquement subir ces images qu’on nous impose.

Feliz Navidad

Conscience

Quand dans nos têtes, c’est un peu de bazar, il faut remettre les choses en ordre.
Primo, sans conscience il n’y a rien. Il n’y a même pas d’inconscience. Une unité strictement nulle entre toutes les choses, tout étant nul, sans lien, sans relation, des objets indéfinis, sans queue ni tête.

Or il y a quelque chose, même en faisant abstraction de nous, de ce que nous percevons, que nous pouvons penser et concevoir.

Il y a de la conscience quelque part. Un frémissement conscient, connu ou su dans la moindre des relations. Une interaction, un mouvement, des éléments qui peuvent paraître orientés dans leurs mouvements, et composant une totalité.

Une vie ou une conscience en dehors de notre humanité. Une conscience qui n’est pas nécessairement consciente d’elle-même, qui serait comme un instinct, une vie automatique, magique et mécanique. Où Tout nous semble aller de soi. On peut penser que tout est rempli de conscience, sans pouvoir préciser en quel lieu siège cette conscience. Mais on voit que cela fonctionne. Cela vit. Il se crée des liens, des relations entre tous les éléments épars, qui s’informent les uns et les autres, sont à la fois dans une continuité et dans une discontinuité paradoxales.

Mettons donc de la conscience en toutes choses, des degrés divers de conscience, de l’inconscience à une conscience élargie étendue à la totalité, et qui évidemment nous échappe dans sa totalité, mais mais ne nous échappe pas toujours dans notre unité, notre totalité relative.

On peut supposer que cet état d’être conscient ne vise pas à ne plus être, littéralement disparaître, en particulier pour celui qui a conscience de sa conscience, conscience qui a conscience dans son miroir. Et qui s’y voit sans percevoir les limites de cette conscience, ni son siège ou son centre.

Conscience qui se sent légèrement égarée dans un flux objectif de consciences, et donc d’être et d’êtres.

Disons que Dieu est Conscience, mais pas que cela. Dieu a conscience.
Qu’est ce qui apparaît ici ? en dehors du désordre dans nos têtes ?
Paraît de la conscience dans l’inconscience minimale.
Un homme est une conscience, une présence, une forme apparue.
Une apparition est contact d’une conscience et de dieu.
La vie apparue est l’apparition de dieu, le dévoilement progressif de dieu, sa naissance dans la conscience.
D’où l’idée que la conscience-dieu progresse ou non dans la conscience+-homme+-femme.

Un homme conscient est dieu ou se rend vers son état dieu, son état d’être conscient. Mais ne se rend pas dans cette dispersion de la conscience, ou dans la non-conscience, ou sans celle-ci.

Tout un processus qui se déploie de l’inconscient vers le conscient. De la nuit vers la lumière.

Il y a création ou genèse de Dieu par la conscience, et singulièrement par l’homme.
L’arbre, la plante, la pierre n’évoluent pas en homme ou en dieu.
Dieu évolue en homme. L’homme évolue en Dieu.
À la condition de ne pas demeurer dans son état bestial, animal intelligent. Cette intelligence sans Dieu frôle le diabolique. Et s’avère mortelle pour la conscience.

Le vol à voile

Le voile vole.

Comment pourrions-nous imaginer un seul instant ce que ressentait le premier homme dès lors qu’il est sans condition terrestre à proprement dit, mais arrive tout droit d’une île à bord d’un char à voile ? Le choc a été rude, l’atterrissage sans parachute. Est-il tombé sur la tête ? Avec comme effet d’être pris comme un Bernard l’ermite dans son crâne comme une coquille Saint-Jacques. Qu’en pensent les berniques et les bigorneaux ? je veux dire ces êtres qui ont dû passer par toutes ces étapes et venir jusqu’à nous pour que nous puissions faire de la prose en mangeant des huîtres et se parer de perles. Ah les jours légers…