Hold On

Si on réfléchit à ce qui se passe, vous savez qu’on vit un moment très grave et très dangereux, avec un avenir terriblement incertain. Les enjeux sont immenses, puisqu’il s’agit ni plus ni moins de notre survie, de même celle de la terre livrée à des destructions inédites. Les décideurs de toute cette dramaturgie, ceux qui se propulsent en avant sur la scène sont des horribles personnages, sans scrupule, sans conscience des maux qu’ils engendrent. Leurs principes sont simples au fond, ils raisonnent par pur intérêt et calcul, servis en cela par des logiciels « intelligents », des méthodes, et des schémas préfabriqués, de même que leurs règles qu’ils imposent au monde pour pouvoir garder la main sur leur empires financiers, et leurs industries, et les masses qui les servent comme des machines.

Pour franchir les frontières, se mettre dans leurs abris, et survoler les territoires sans risque de se faire voler leurs portefeuilles, ils ont donc mis au point ce bitcoin, comme une monnaie universelle, monnaie digitale placée dans un coffre hors d’atteinte dans des clouds, monnaie supérieure aux monnaies locales, perdant parfois de la valeur, gagnant parfois de la valeur, tout cela selon les vents d’un troisième type, un vent surréaliste d’irrationalité infusant les âmes, certaines soumises, d’autres doutant, et d’autres carrément en guerre contre ces valeurs. Quel est le prix du doute, ou plus exactement celui du soupçon ? ce qui revient à livrer à celui en qui on confie son âme, sa foi, ou sa confiance , ou je ne sais quoi qui compose ce que nous « sommes » ?
C’est en vertu de cette lecture paranoïaque des événements qui nous précipitent tous dans cette violence et privation de tout, dans ces abominations des discours tous aussi ténébreux les uns que les autres et leurs diktats qui nous tombent dessus, sans parler de leurs volontés de transhumanisme et des projets de fécondation hors nature, de même que le mélange affreux des genres, des espèces et des âges, que les choses me paraissent vraiment noires ou glauques à souhait. Plongée dans les eaux insalubres des égouts. Dont d’ailleurs nombre de jeunes ne s’en relèvent pas et se suicident.

Que faudra -t-il pour nous délivrer ?

Voyez, Le film Hold On , on y voit un jeune rappeur et un vieux musicien ( Levon Minassian ) qui se rejoignent et essaient de trouver un langage rassembleur des âmes égarées et vouloir sauver les enfants.

Comme quoi, la musique et la prière, en tant que Pensées sont comme Orphée à la porte des enfers nous appelant à la vie.

la laideur brute et sans nuance

C’est ainsi cette plongée dans le monde, de notre âme venue d’un lieu tout autre que celui-ci, passée dans le couloir qui descend jusqu’ici comme en apnée. Comment a-t-elle pu supporter cet enfermement et réduction terrible, cet oubli d’elle-même, sans souffrir outre mesure, et sans rien perdre de son être suprême, de cet état si lumineux précédant les étoiles ?

Quel chose étrange cette naissance dans le microscopique, où tu tutoyais les bactéries comme aujourd’hui tu caresses le chat de la maison. Quel monde fantastique, loin des arcs en ciel laids, que tu recomposes à ta guise en y mettant ta touche et ta palette aux tons qui te plaisent, comme ces chants poétiques chargés de nuances délicates, de quarts de ton, de variations à peine audibles, mais qui restituent la flamme où nous dansons.

Qu’adviendra-t-il de nous si nous faisons un pas de travers ?

La vie ruse

Ce matin, je me disais ceci : Les hommes se lèvent en masse, partout sur la terre, pour retrouver leur liberté, comme si elle avait été perdue, comme si on les avait trompé, et que cela se révèle enfin, quand nous sommes rendus au bord du précipice, au bout de toutes ces impasses, qui sont le résultat de tous les mensonges accumulés au cours des siècles, nous enfermant, nous isolant du reste de l’univers, comme si dans ces univers, il n’y avait nulle voix, nulle parole, donc nulle issue autre que la mort, l’extinction, un univers de cendres.

Alors on dit non, on veut entendre ce que nous dit l’au-delà, exactement comme dans nos amours nous voulons entendre la voix de l’autre.

Repos

À quoi bon enfoncer des portes ouvertes ? Les choses sont simples. Il n’y a que deux états. l’action ou le repos. Quand tu dors, tes cellules s’activent, et cela te repose. Quand tu t’actives, tes cellules se reposent-elles ? Ce n’est sans doute pas le cas, elles subissent une sorte d’épuisement selon tes activités, qu’elles vont essayer de réparer pendant ton sommeil, pendant que tu les laisses agit à leur guise parce qu’elle savent mieux que toi ce qu’elles ont à faire, pour leur existence propre et les relations qu’elles entretiennent entre elles. Mais elles forment un tout cohérent et vivant, obéissant à une harmonie quasiment absolue, et infaillible. C’est pour cela que le sommeil est absolument vital, et que la perte du sommeil est mortelle. Du moins, cette perte du repos profond, de la sérénité intérieure, psychique, ou de l’âme. Les tourments, les angoisses, les peurs, les chocs de toutes sortes, les mots violents, les désordres verbaux, les doutes, tout cela te mine, et affecte ton corps, cet ensemble ayant son autonomie et son signe unique. Sa vérité propre et sa raison d’être, de même que sa finalité ou son évolution, sa loi. À un autre niveau, nous serions comme les cellules d’un corps plus grand, un Nous qui fait société, et auquel nous donnons de l’existence par nos efforts. Existence n’est pas le mot juste. Serait-ce l’harmonie le mot ou la fonction ? Mais comment rendre cette « accord » au monde s’il n’existe pas en ce que chacun d’entre nous est censé posséder ? Si je suis chaotique, ou destructeur ? C’est là le point crucial de toute orientation négative ou positive du monde, l’importance du sujet en quête de lui-même, en ignorance du « je suis ». Autre question : quel serait ce « grand Sujet » qui mine les petits sujets et qui les oppresse ?

Si je dois ma vie à « nous », nous devons notre vie à un sujet plus grand qui se trouve en chacun d’entre nous, à condition de le trouver et de le servir, de le connaître donc, ce qui est impossible dans le coma de notre esprit. Ou dans la seule matérialité des choses. Dans le mensonge générant toutes sortes d’illusions et d’oublis. d’où l’importance de ne pas se tromper de Sujet dans nos propos. De quel sujet s’agit-il à ce sujet ?
Nous avons perdu beaucoup en nous encombrant d’objets inutiles et de concepts ou de mots, dans une confusion sans joie véritable. Tout cela a pour effet que le « nous » est oppresseur, et que nous courrons courant à notre perte.
Faire peuple ne suffit pas. Si le peuple ne sait pas Ce pourquoi chaque homme doit savoir de lui-même. Et qui se trouve dans le repos en phase avec le mouvement.

Ne reste pas seule

Ne reste pas seul

Ne t’isole pas. Il y a tellement de fantômes qui t’emportent dans leur tombe, si tu ne te relies pas aux autres humains, malgré les maux, les zones d’ombres, les rejets et les incompréhensions entre tous, il vaut mieux se frotter les uns aux autres que demeurer séparé et reclus. Dans cette situation d’isolement ton âme flirte avec la mort, dans l’effroi et l’angoisse.
L’ermite est peut-être une voie, ce n’est pas sûr. Ce n’est peut-être qu’un état de conscience, d’un je conscient de ce qui se trame en lui, qui sait pertinemment que les mots et les images, les métaphores, et les symboles ne sont que des pâles copies des puissances incluses dans le Corps, blanc et noir, profond et élevé des univers qui t’habitent. Et contre lesquelles tu es comme sur barque dans l’océan tourmenté et vaste. Non ne reste pas seul. Ou alors pense à tes anges. Songe tout de même qu’il leur faut aussi un corps pour te parler et te voir, et que ce corps te ressemble. Vois, nous ne pouvons rien sans assemblée, Mais celle-ci n’a nul besoin de s’instituer, de fixer des lois, elle n’a qu’à laisser la parole et l’entendre, afin qu’en chacun d’entre nous la conscience s’éveille, que nous prenions la mesure de l’urgence et du drame si rien n’est fait pour endiguer les flots sinistres des discours univoques, nous réduisant à n’être que des nombres, sans nom.