Dans la balance

Où allons-nous ? où pourrions nous aller si nous ne savons pas de quoi il s’agit, si nous partons de présupposés faux, de mauvaises indications sur notre chemin. Nous sommes cause de souffrances dans le monde, si nous ne portons pas notre part de fardeau, en rejetant nos fautes et nos erreurs sur les épaules des innocents, en aggravant les souffrances sous de fallacieux prétextes de vengeances alors qu’il faudrait du pardon, ou sous de faux pardons. Tous les maux qu’on commet, tous les crimes doivent être payés à leur prix. Comment pourrions-nous retrouver le royaume, c’est à dire le lieu d’où nous venons, tel qu’il a été dit ou décrit par les messies sous toutes les latitudes et les époques, rendu intelligiblement, raisonnable, spirituel et vivant. Savoir ce que tout cela signifie, afin de comprendre et supporter notre condition, sans nous égarer dans des existences lourdes de visées chimériques et de folies. Comme si les univers étaient incohérents, insensés, et sans autre issue que la mort, ou un paradis ( le royaume) automatique nous obéissant. Les cieux et leurs habitants seraient nos esclaves, autrement dit notre existence future et nos destins seraient aliénés à ce que nous sommes ici, dans ces lieux temporels, nous y serions enchaînés. Ce qui ne peut être que cause d’autres souffrances de ce fait des chaînes, une chute sans fin. Tout cela restant indescriptible. Nous sommes seuls à ces moments là, avec notre conscience étant effleurée par ces dimensions de l’être, et cela nous renverse.

On retrouve là la question de nos âmes, la question de notre esprit, plus conséquente et plus lourde que celle de nos corps. De même, on retrouve aussi celle des mots, des paroles qui orientent ou désorientent, qui nous éclairent ou faussent notre entendement, et nos jugements.

L’aventure humaine est extrême. Dans ce sens elle tient de la tragédie, dont l’issue est incertaine.

Nous en sommes tous à espérer, à attendre quelque messager nous donnant des points de vue future, des prophéties, comme si je vous disais, :  » allez, demain ça ira mieux, je vous assure, vous allez guérir, vous enrichir, vous retrouverez vos amours, et du bonheur.  » On écoute les promesses, c’est normal, puisqu’on ne sait pas d’avance ce qui vient, et on en a besoin pour se doter d’impulsions vivantes. Et combien de fois avons-nous étés trompés ? Cependant, il n’est pas possible que tout soit erroné, relatif, lié à la seule matérialité des choses, ou aux faux pouvoirs qui sévissent.

Les châteaux forts

Les peuples demandent toujours de pouvoir se tenir à l’abri des châteaux forts, protégés par des murs, des armées, dans un simulacre de paix afin de jouir tranquillement des fruits de leurs activités, sans se poser de questions sur le bien fondé de leurs consommations, de leurs possessions, des provenances extérieures et des conditions dans laquelle ces biens se trouvent dans leurs assiettes et dans leurs maisons. Les états se gardent bien d’informer les citoyens des provenances de tout ce dont ils disposent, et de ce fait le monde a bonne conscience, mais par ignorance des effets sur les milieux naturels, sur les conditions de travail. Les illusions quant à la nécessité de ces besoins fabriqués de toutes pièces étant soigneusement cultivées dans les publicités, comme signes de progrès, de bonheur, de vie brillante et honnêtement prospère. Tous ces flux mondiaux de produits achèvent la nature. Et sont causes de conflits entre ces châteaux forts, devenus des blocs monstrueux. Légitimés par des pseudos morales, des textes fondateurs érigés en sacré.
Et nous, qu’avons nous à opposer à tout cela ? En vue de quel futur différent à envisager ? Il y en a eu des sages, des inspirés, des grands hommes, pour indiquer des voies différentes, et malgré cela les états et les masses sont toujours retombés dans les mêmes travers, les mêmes défauts, ces tensions actuelles identiques à celle du passé.
Ce ne sont pas les états qui doivent être forts, mais les gens dans leurs sentiments, dans leur volonté de vivre et de soutenir la vie, dans cette dimension de lucidité, de pouvoirs liés à leurs corps. Bref, que nous redevenions plus vivants, de même plus proches des forces vivantes qui sont en nous-mêmes, et sont sources de libération. Ces libérations ne proviennent pas de la mise en place de systèmes, par définition systématiques, produisant des robots sans discernement, et par conséquent esclaves des systèmes, comme des objets morts. Dans cette « mort » s’immisce des facteurs pernicieux nous forçant à des choix douloureux si nous voulons en sortir. Comme pour briser des chaînes. Ou comme on se réveille d’un long cauchemar. Ce processus est similaire à celui d’un messager quelconque dont on institue ensuite les textes, les idées et la biographie en religions, en système de pensée qui devient sectaire et fermé, figé dans ses écritures.
Ce qui est affligeant, c’est de voir le génie humain, le génie qui habite l’humain, produire autant de souffrances. Et là on se demande pourquoi.

Quelque foudre

Je ne sais pas ce que peut-être « être un homme », à quoi ça rime. Mais je sais qu’on peut se trouver face à la lumière d’un plan et niveau d’être supérieur nous prouvant son existence.

Vois tout ce que cela implique, par delà tous les mots, ou les pensées, cette façon de vouloir cerner les concepts, cette image de la foudre.

Ça veut dire que celle-ci relève d’une pensée, non pas diffuse ou dispersée, mais bel et bien concentrée, en résonance, en réponse avec ce que nous sommes ou acceptons d’être et penser.

Prise de Tête.

( et un long bavardage ) ( où je suis aussi désemparé que vous ) ( prendre le temps de bien lire, même si c’est chiant )

Quelle sacrée prise de tête ce qui se passe aujourd’hui sur cette terre, quel bon sang de bazar, et de chocs en cours. Quelle tension sous les crânes et quelle inquiétude si on ne dort pas, ou si on ne prend pas pour argent comptant tout ce qu’on entend dans la diffusion des propagandes des divers camps.

Selon certains, les problèmes et les injustices relèvent du capitalisme, ce n’est pas faux, mais pas entièrement vrai. Vrai dans la mesure où le capital perd de vue l’intérêt commun, faux dans le cas contraire, ce qui est le plus commun du capitalisme, cet acharnement à accumuler des richesses, à maximiser ses profits qui ne profitent à personne, mais nuisent au monde entier. Faux dans le sens où la tête pense bien, si elle sait ( mais savoir quoi ? ) si elle sait calculer, prévoir, orchestrer les éléments épars. Mais sait-elle où elle nous mène ? Même la science, est-ce qu’elle sait ? Est-ce que les pouvoirs (politiques et économiques) écoutent vraiment la Science ? Ou bien ne prennent-ils de la science que ce qui va dans le sens de leurs intérêts privés face aux intérêts communs ?
Difficile d’y répondre. Ou plus juste, l’idée qu’il y a des intérêts mafieux, des éléments troubles, des têtes mauvaises. On l’a vu pendant le covid. ( en plus des capitalismes en conflit entre eux par le biais des avocats )

Le gouvernement, ce qui est censé diriger un ensemble peut être mauvais ou bon. On peut avoir affaire à un « capital » bon ou mauvais. Et c’est fonction non pas du capital ou de l’argent, mais de ce que des gens en font. Cela relève de plans ou de dimensions qui ne sont pas incluses dans l’argent à proprement dit. Mais dans les pensées, les intentions, les paroles, et les actes. Les contextes étant imbriqués et noués, difficiles à démêler et comprendre, ou éclaircir. En gros, qui sait ?
Pourtant, il faut bien une tête au dessus d’un corps, une tête obéissant au corps, et un corps recevant les informations venant de la tête, de même que du cœur, ou d’un certaine sagesse, mesure, vision du futur exprimé. Dans tout cela il faut ou faudrait un « maître de justice ». ou de vérité ou de bonté, ou de savoir. Allez donc savoir ce qu’il faut dans cette lutte Nord-Sud qui ressemble à cette lutte entre la tête froide et le corps chaud, lutte entre les raisons et les pulsions ou désirs, ou passions chaudes. ( je sais, c’est une réflexion binaire, mais bon… )

Un monde qui ne vit que selon l’ordre de la raison et du calcul est un monde mort.

L’inverse étant identique, dans la profusion démographique insoluble et les conflits qui s’installent pour survivre, tout cela de façon déraisonnable et sanglante. La lutte est-ouest est un simulacre meurtrier, mais accordé selon les mêmes règles à quelques nuances près, des intérêts de capitaux puissants. Oligarques contre milliardaires.

Celle entre le Nord et le Sud est nettement plus différenciée. Beaucoup plus sourde de l’un à l’autre, et plus globale, plus vitale. Plus en rupture, entre pays pauvres et pays riches. C’est comme un conflit entre les viscères et le cerveau. Entre des pays dominants et possédants et pays dépossédés et écrasés. Pays du sud qui sont sous l’emprise d’un capitalisme mondialisé, transnational, de même que les pays du Nord, plus aisés en cours d’effondrements à tous les niveaux. Mais aussi sous cette même emprise. Ou de perspectives chaotiques ou anarchiques, ce qui amène à un risque de terribles sacrifices. ( toujours ces jeux de balance )

Si le Sud monte dans les pays du nord, c’est un bien si cela s’arrête à un moment donné.
De même il faudrait que le nord, ou les états dominants rendent aux pays du sud, les éléments nécessaires s’ils le demandent, pour leur autonomie, pour ne plus être sous ces dominations des pays puissants du Nord. ( on peut rêver )
( il suffit de voir la carte en temps réel des navigations des avions et des trafics maritimes pour voir où se situent les activités lucratives, manifestement moindre en Afrique et en Amérique latine)

Ce serait Justice. Et justice que les pays du sud pourraient appliquer au sein de leurs ensembles autonomes. exactement comme nos pays pourraient retrouver un équilibre. Nous ne serions plus aussi avides, plus aussi ravageurs indifférents des milieux naturels, prédateurs, exploiteurs injustes des plus modestes, ce qui aboutit à des guerres. Les déséquilibres provoquant celles-ci.
Et nous, produisons les armes pour ces destructions. Ce qui est absolument diabolique.
Alors que penser et que choisir dans ces conditions ? Dès lors que tous les partis défendent la production des armements ? Et que nous sommes pris dans cette boucle là. ( on se drape de vertu en refusant la vente d’armes à un pays génocidaire, mais on ne refuse pas catégoriquement leurs productions et la folie de ces productions nihilistes.

Il faudrait pouvoir envisager un monde radicalement différent, délivré à la fois des bombes et des couteaux. Mais sans tomber dans la tiédeur, les amours mi-figue mi-raisin, la vie sans saveur, et le sel affadi. Ou la paralysie à cause de ces agitations chroniques.
La réponse ne peut être qu’en vous. Comme on opère ses choix. (amis ennemis, droite gauche, éprouvant tout cela. )

Dans un sens qui me semble juste, nous n’avons plus le choix face à la gravité de la situation. Le cœur étant pris entre les deux. Il est difficile de faire entendre les raisons du cœur à ces intelligents à la tête des systèmes, de même faire entendre les voies de modérations aux masses et à leurs passions excessives qui les rendent esclaves des systèmes.
Je ne me fais pas d’illusions, tout est sérieusement menteur et endommagé. Dans les esprits, les corps, les sociétés. Dans les croyances. Sans dire qu’elles jettent de l’huile sur le feu avec ces sectarismes millénaires.

L’honneur est au peuple. et là, ça veut dire ce que veut dire. C’est comme vox déi . est-ce que les chefs obéissent aux peuples et à ses voix ? La rue ou les votes ? que dire de ceux qui ne disent rien ?

Enfin, un dernier mot pour dire que tout me semble mauvais, d’un bord à l’autre, que le manque de sérieux est nettement présent sauf quand il se présente.

Les Muses aident à passer les temps

Pour échapper à ce temps-ci, il est nettement plus amusant de se pencher sur ce qui se passait (pensait) dans la nuit des temps, même si nous n’avons nulle preuve mais seulement des indices, et pas des moindres. Nous sommes héritiers de ce qui s’est produit en Grèce antique. Je ne parle pas des présocratiques, mais de ce qu’il y avait avant eux, ces fondateurs des cosmogonies étonnantes, et a priori sans Dieu à l’horizon, ce qui par ailleurs se retrouve en accord avec notre modernité.
C’est comme si des hommes avaient éprouvé le besoin de trouver une sorte d’ordre dans la nature brute. Tous ces systèmes de pensées et d’images ont probablement mis un certain temps pour émerger et se construire, avoir un cohérence malgré les complexités des éléments en jeu. N’ayant ni satellite, ni géométrie, mais des outils relevant de l’imaginaire et des visions, des divinations qui les guidaient, et orientaient leurs recherches, il n’est pas impossible qu’ils en firent des relations de cause à effet, sans les exprimer de façon rationnelle ou dialectique, selon ce que nous entendons aujourd’hui par logique. Il a fallu aussi qu’ils nomment tout cet attirail.
Cela donnait sans doute un tableau d’ensemble, pour faire face aux questions et aux désordres, aux troubles et au effrois qui se présentaient à eux, inévitablement.
Pensez donc, sous leurs pieds, la Terre et ses profondeurs. Au dessus d’eux, le Ciel vaste et ses étoiles. Et puis Chaos, décrit comme la Béance, le Vide. La Terre qui engendre le Ciel, Ouranos qui ne cesse de féconder la terre et de l’engrosser de forces titanesque, Titans et Titanes prisonniers dans la terre, ne pouvant y échapper, retenus par le Ciel omniprésent. Cyclopes n’ayant qu’un œil, et d’autres forces comme des entités impersonnelles. Hékatochires, les cent bras.
Ça en fait du monde, alors qu’il n’y a personne encore à proprement dit, à se remuer sous terre et dans les cieux, pour commencer à entrevoir de quoi il s’agit.
J’imagine ces assemblées de gens réunis et élaborant ces figures. Cela a dû se faire dans la durée, se transmettre tout comme des contes, et s’affiner avec le temps. Permettre aussi quelques débuts de réponse, aux esprits forcément inquiets. De même ceux qui étaient curieux, et dotés d’imagination, pouvaient voir de quoi parlaient les anciens. Et développer en eux ces dons de voyance et de divination.

Bon, si on fait abstraction de ce monde des représentations il y a sans aucun doute des faits qui se déroulaient. Des conflits, problèmes internes et externes, des questions de gouvernement. Et déjà beaucoup de monde pour se faire du mal et se faire du bien.
Si on en croit les auteurs instruits, ce qui se passait tournait très nettement autour des guerres, comme fait inévitable des sociétés. Certaines étant brutes de décoffrage et d’autres en recherche de civilisation, avec ses défauts, comme ces luttes pour le pouvoir ou la domination. Les poètes servaient les rois, les théogonies justifiant les guerres et prédisant victoires ou défaites.
En fait on dirait que rien n’a changé depuis les temps les plus archaïques, les théologies soutenant les armées. Et de façon pas très claires les guerres, tout en appelant à la paix.
Comme si la guerre, ou le Dieu Mars avait encore la primauté. Nous n’aurions pas encore intégré la Déesse Vénus. Sans doute la confondons-nous avec Éros, ou avons oublié ce qu’Il est ?
À part ça, c’est assez amusant de se promener dans ce panthéon, de toutes ces figures sans personne, comme dans des mélodies. Les muses aident.

Quelque part le fait civilisé est vraiment étonnant. Comme s’il cherchait à faire émerger des personnages. Ou comme si des personnages précédaient les événements d’ordre cosmologique, voulaient s’en extraire et se dégager de la nature brute, et vraiment forte. Comme si Zeus, par exemple était « quelqu’un » qui par sa propre volonté parvenait à cela. Né par « miracle  dans le ventre de Cronos. Ça nous change d’un Dieu démiurge initial créateur de Tout.
Les anciens avaient vraiment le temps de penser et rêver à tout ça. Puis en firent des superstitions, puis arrivèrent les philosophes insatisfaits de ces adorations absurdes. Et aujourd’hui la science qui retombe dans les mêmes travers. Méconnaissant les fins dernières, ou voulant les produire ? Ce qui peut être horrible, si on y songe. Avec ces armes.

Où allons-nous ?

Qu’avons-nous à faire d’autre que de cultiver en nous cet amour universel, afin d’en retrouver la pureté, la beauté ou la vérité, sans paroles excessives, ou vaines. Il y a du maladif en nous qui s’exprime par ces montagnes d’écritures, ces profusions de dessins, d’images, de films, de musiques, toutes ces œuvres qui s’imposent à leurs créateurs, de façon spontanée et gratuite, plus ou moins inspirée. Quelque chose nous traverse que nous essayons de fixer sur la toile comme si c’était un miroir nous révélant ce que nous contenons, malgré la déformation des images et leur éventuelle maladresse.
Nous savons qu’il y a une source d’eau pure nous diffusant sa lumière, où nous essayons de nous rendre tout simplement, par la pensée, la prière, par les mots, par les formes produites qui nous ressemblent, par les actes qui en découlent, nous transformant de jours en jours. Nous ne perdons pas notre vie dans ces conditions. Nous y trouvons notre vie, tout comme nous recouvrons la mémoire et la force de l’amour universel, nous pouvons nous maintenir sur ce « sommet du crâne ». Nous ne sommes plus effrayés par le vide sous nos pieds. Nous serons comme cet oiseau qui contemple les horizons, les survole et sait où il se rend.
Là, selon cette idée précise en chacun, sachant ce qu’il accomplit. Comme celui qui est maître de son destin.
Nous n’y sommes pas, si on examine la situation affreuse dans laquelle sont plongés nombre d’entre nous, les morts, les souffrances, les heures très pénibles dans l’ennui, l’humiliation, les sentiments mauvais et les violences, le peu de bonheur, les drogues qui nous anesthésient, et puis toutes ces religions et ces idéologies qui nous séparent ou nous ont séparé. Avec leurs murs sacrés qui opposent les uns aux autres. Non qu’il doive y avoir une union sacrée des parties gommant leurs divergences, leurs oppositions, mais plutôt que chaque groupe n’agisse et ne pense qu’en fonction de ce qu’il produit en son système interne et ses membres. Comme se construit un village.

La pensée villageoise.

Un village fort, une communauté vivante n’ayant pas besoin de s’opposer aux autres ou de lui prendre des forces et des ressources pour pouvoir exister et affirmer sa voie propre. De même si un ensemble est fort, nul ne peut l’affecter.
Cependant, il est une règle. Les ensembles respectifs doivent échanger leurs bienfaits. C’est l’idée de la diplomatie, du respect et de la reconnaissance, une forme d’amour universel.
Si cela peut éviter les effondrements des états et des empires, les déploiement des puissances destructrices, de ces cancers qui minent les corps qu’ils dévorent. Ou ces corps qui se dévorent eux-mêmes dans le cancer. Dans ce cas tout s’arrête pour nous.
Devrons-nous repartir de rien où n’être plus rien ? Tombés dans le non-être, effectivement, pensant cela à « froid », nous laisse l’idée d’une sorte de délivrance des poids existentiels. « Rien » n’en souffrant pas.
Mais de façon étonnante et scandaleuse, cela fait souffrir ceux qui encore existent, qu’ils soient sur terre ou au ciel, qu’ils soient existants ou défunts.
Croyez vous que ce qui est cause de souffrance puisse être délivré des souffrances infligées ? Dans ce cas les univers pourraient s’anéantir sans que cela pose le moindre problème. Et nous avons affaire là à une sérieuse contradiction dans l’ordre des phénomènes, même dans cet ordre du monstrueux, qui contre vents et marées semble vouloir se maintenir dans l’Être et dans l’existence, comme si les univers étaient habités par un ou des êtres transcendants toute souffrance et n’en causant aucune.
Cela renverse le sens de nos croyances. Bref, l’être vivant est par nature, heureux, joyeux, fort et vivant, complétant les manques. Et nous dans cela, progressons petit à petit.

La Vie vivante

Celui qui vit n’a pas le choix, il persévère dans sa vie sans se retourner sur sa mort. il sait que la vie vivante est devant lui, inconnue, et qu’il la suit, qu’elle est « une » entre vérité et réalité. il n’y a pas d’alternative – non pas au sens dicté par les mensonges des économies ou des politiques, non – mais au sens de la vie absolue, et absolument bonne à vivre, et à prendre. Dans la vie vivante, nous ne sommes plus altérés, minés, rongés, la proie des choses affreuses de ce monde affecté par le doute et par l’incompréhension, dans la décomposition.

Celui qui vit ne peut plus mourir. Et, partant de ces éléments de principe, il fait tout pour ne plus faire mal. Il ne fait pas semblant d’aimer. De même, il ne juge plus ses congénères. Il laisse le juge suprême effectuer son jugement. ( ceci n’empêche qu’il a son opinion sur les événements, mais ignorant des causes, et des raisons des uns et des autres, il ne peut pas trancher.)

Voyez l’humain, ce que nous sommes de façon unique, et singulière. Nous sommes en chacun d’entre nous marqués du sceau de l’individualité, d’un je ou d’un sujet s’affirmant, se cherchant dans ces trois matières ou dimensions, esprit, chair, conscience, en principe dotées de leur cohérence, de leur unicité, et y évoluant. Fait remarquable, progressant dans cette évolution, se maintenant en vie, le « je » se retrouve « mieux » en tous les autres « je ».

Et non pas l’inverse : Ce n’est pas en obligeant les gens à se plier à la loi commune des hommes que nous nous allons nous retrouver en commun. Allant dans les profondeurs du réel, dans la vérité profonde, vécue et éprouvée dans son intime, là où la loi est vivante, que nous retrouvons nos congénères et celle des autres vivants, ce qui nous rapproche de l’universel.

C’est à ce moment là qu’on réalise à quel point les situations vécues sont dramatiques, si elles se poursuivent dans ces voies déchirantes, parce qu’elles sont fausses, et paraissent bonnes, dans ces illusions de la puissance, de la richesse, des multitudes en conflit spirituel, matériel et langagier, des démographies galopantes, des développements de techniques qui s’avèrent être des pièges.

Conscience individuelle, conscience collective. Énigme de la conscience et de sa transcendance. Si un « je » pense, tous les autres « je » le pensent. Il n’y a pas des milliards de pensées différentes, contradictoires. Pensons la vie vivante, ne la confondons pas avec la mort. La vie vivante est bien présente dans cette vie. Nous avons beaucoup à lui rendre si nous voulons être vivants.

Le réel

Du réel.

Ce que nous percevons est le réel, du moins une image du réel, même faible, incomplète, relative et fonction de nos sens, de ce corps comme un outil. Il est suffisant pour pouvoir le penser, et accroître cette conscience que nous avons d’être. Ce qui nous fait croître et évoluer. Sans évoquer les buts ultimes, les fins dernières, ou notre sortie de cette existence. Tout comme nous avons un corps, nous avons un esprit, qui est comme un corps, un esprit étant possesseur de ce corps « matériel » apparent. Un corps invisible à nos sens de chair, mais visible aux sens de l’imaginaire, onirique, éthéré.
C’est en premier lieu l’esprit qui donne consistance au corps de chair. Consistance ou impression d’être dans un corps. Ceci à la moindre échelle des corps existants. Le moindre escargot possède une conscience de soi ce qui lui assure son existence autonome et séparée des autres, et sa volonté de vivre dans le monde, et se prémunir de ce qui le mine. Même si c’est une conscience minimale et non consciente d’elle même, non consciente de sa conscience. Nous, nous sommes censés être conscients de cette conscience. Malgré la distance qui nous en sépare.
Mais avant cela, nous pensons à l’esprit. Nous pensons l’esprit. Le pouvoir que l’esprit peut avoir ou non sur cette matière apparente, de même celui de la matière qui nous semble tangible concrète, sur l’esprit. Nous croyons que c’est notre corps qui secrète cet esprit, avec lequel nous nous identifions. Qui nous fait dire « je ». Mais ce « je » n’est pas faux, pas irréel, pas illusoire. Il est à proprement dit cet esprit « notre ». Cet esprit ayant fort à faire dans ce monde, comme dans son corps, et dans tous les corps constitués par le monde.
Si notre corps est mortel, notre esprit l’est aussi. Ce « je » est modifié à la mort. Notre chair retournant à la poussière de la matière, (des matières), notre esprit à celle de l’esprit, (des esprits). Tout comme – exactement – durant les jours de notre existence au cours de laquelle nous sommes morts de secondes en secondes, nos corps métamorphosés disparaissent et partent en poussière ( l’enfant que j’étais n’existe plus matériellement) de même que notre esprit est mort de jours en jours dans ces transformations ( je n’ai plus le même esprit que celui de mon enfance ou adolescence, ni même celui d’il y a peu d’années).
Ainsi, il nous semble qu’il n’y a nulle permanence mais que tout est relatif à ces métamorphoses. dans un monde en mouvement constant, le mouvement étant le seul mode de la permanence, mouvement perpétuel donc, où tout serait périssable.

Or non, le conscient ne meurt pas. le « je » conscient traverse les corps, de l’esprit et de la chair.
Dans ce sens il y a deux ou même trois « je ». celui de chair, celui d’esprit et celui du conscient. Qui n’en forment qu’Un, mais Un rendu à son terme, évoluant, cheminant, progressant en relation, relativement, en translation, en connaissance.
Pour y voir clair, cela demande du temps… de l’étude, des échanges, des mots, des images, de la réflexion, du plaisir, des efforts, et des choix à toujours opérer. Cela demande aussi de ne pas trop s’enfermer dans une coquille de croyance, malgré cette utilité comme celle d’un poussin destiné à éclore.

L’œuf

C’est un monde clos, protégé de l’extérieur, se développant en interne, et se suffisant à un certain niveau. Touts les ingrédients y sont pour sa métamorphose, et transformation en poussin, ou en humain.
Tout sauf cette chaleur, ce rayonnement, ces ondes et vibrations qui traversent la coquille, la conque protectrice. Chaleur, énergie qui donnent à l’œuf comme une orientation, comme une volonté de vivre, et d’éclore.
De cette chaleur, dans celle-ci nous y retrouvons donc tout ce qui tourne autour de la parole qui nous transforme, de ce Verbe comme un acteur extérieur magicien. Ce que certains ont nommé comme étant Dieu.
De ceci, il en résulte que Dieu est aussi un réel existant, surtout dans la mesure exacte, où si Tout existe, a fortiori Dieu existe aussi. Malgré les efforts des hommes pour en rejeter l’existence.

La tiédeur repoussante.

Il ne peut y avoir de conscience heureuse sans conscience malheureuse. Nous ne sommes pas encore au dessus du bien et du mal, dans cette pure merveille, délivrés de ces états relatifs, illusoires ( ?) et contingents. Croire que ça sera automatique, c’est se mentir et accepter ce mensonge dans une sorte de médiocrité fausse. D’ailleurs on ne sera délivré que si on connaît l’issue réelle, de même que ses origines, les fondements de ce que nous sommes, comme on ne sait la lumière que par la nuit noire et profonde, et savoir aussi d’où, et de qui proviennent les lumières, et comment elles arrivent jusqu’à nous.

C’est pourquoi les choses sont tranchées de noir et de blanc, vraiment pas bonnes quand elles sont dans le gris, dans les contours flous des enfumages et des abstractions mièvres.

Encore la guerre

Cela revient sans arrêt. Comme si nous ne cessions de retomber dans le même trou noir de la haine qui nous aveugle, devant nous confronter au prix de notre vie, à cette mauvaise foi qui nous aveugle, cette puissance ( ?) cette possession (?) comme un envoûtement, tout devenant insensé, nous sommes dépossédés de nous, devant accepter de mourir pour espérer vivre.
Les guerres sont des crimes contre l’humanité, des boucheries, des massacres en masse, où disparaît toute pitié. C’est le lieu ou le moment où s’exprime la folie des hommes, la perte de la raison : l’unique raison de vivre qui demeure est de tuer l’autre. C’est la raison folle. La mauvaise foi, la raison perverse, la parole empoisonnée ? Tout ce qui s’avère démoniaque, ou terriblement absurde.
Rester rivé à ce #NiOubliNiPardon sans envisager la raison, la nécessité du pardon et de l’oubli, en quelque sorte c’est se fermer la porte vers un futur commun. Nous avons oublié ce que contient le futur, le projetant selon notre seul présent, selon nos pensées. Il nous faut voir plus loin.
Poser la question du pardon, savoir où il se trouve, et par qui. Si cela reste sans solution, sans résolution et mise en lumière, de telle sorte que jaillissent la honte et les larmes, obligeant le coupable à son rachat, et à sa peine.
Ce n’est pas à l’innocent de payer pour le coupable, c’est à soi uniquement qu’il revient de trouver son lieu d’innocence, celui où notre âme est pure, indemne de maux.
Si c’est utopique, c’est à désespérer de l’homme par conséquent. Et de ce qu’il y a au dessus de l’homme.
Dans un roman de A. Makine, un homme apprend le massacre des siens, et pour endiguer le fléau se met à venger et vouloir un autre ordre en commettant nombre de crimes, oubliant à la longue les causes premières. Tout retombe dans l’oubli, et fait mal.

Alors nous voilà dans de beaux draps, si nous ne souvenons pas de ce qui vient, du meilleur qui doit venir, et chasser le pire. ( que nous puissions passer à travers )

Une fois qu’on a dit cela, il ne s’agit nullement d’accepter l’ignominie si évidente, les atrocités, tout ce qui s’avère démoniaque.