Du grave et de l’aigu

Ce qui est grave, c’est de rester sans voix, pris dans l’immobilité. La vie, vivante en son esprit, est mouvement de l’esprit, et repos de l’esprit, d’où procèdent les échanges sains et le bonheur, celui de voir et d’entendre les voix multiples anges, n’émettant nul bruit. Être réanimé par les courbes gracieuses, des danses si fluides, si aériennes, comme des flammes s’élevant, nous emportant dans ses bras. Vous ne pouvez jamais saisir l’image si vous n’êtes pas cette même image qui résonne en vous comme le double ou le calque exact de sa beauté. Cela recouvre tout au sommet d’une montagne. Il n’y a plus aucune chute possible, nul vertige face à l’abîme, le corps est délivré.

Mais vois combien de petits pas nous faudra-t-il pour nous tenir en ce lieu.

De l’utilité des inutiles, remise en ordre.

Comme tout est étrange… Sommes-nous justes ? Sommes-nous dans le vrai ?
De façon certaine, absolue, radicale nous ne pouvons l’être, ce serait surhumain. Comment marche ce monde ? Sans doute pas selon les vues très subjectives et relatives des hommes qui prétendent le diriger. Ce ne sont que des opportunistes, parfois faisant du bien, plus souvent mal. Le monde marche malgré nous. Les impératifs économiques nous donnent cette impression de tout commander, s’imposant comme une fatalité. C’est hélas vrai, et en même temps faux. Opportunistes, cela veut dire qu’ils saisissent les choses au bon moment, ce n’est pas nécessairement mauvais, c’est fonction des fins qu’ils proposent ou imposent aux autres hommes, toujours libres de suivre ou non.
Le monde est poussé malgré lui à opérer des choix, se soumettre, obéir, mais jamais en sachant à qui ou à quoi.
On parle de la lutte des classes, mais cette lutte est également interne aux classes. Au sein de chaque groupe, clan famille, il y a une lutte, de même qu’au sein du couple. Dès qu’on est deux, on lutte. Jusqu’à soi-même divisé en deux conceptions contradictoires, deux visions ou penchants d’un bord ou de l’autre.
Vous me direz, c’est complètement schizoïde de se voir coupé en soi, mais c’est ainsi, à la limite, dans les replis de sa propre folie. Mais là n’est pas mon propos.
je songeais uniquement au fait tout bête de la nature des échanges équitables, aux contraintes exercées les uns envers les autres, qui font le pauvre et le riche, l’esclave obligé de donner son temps pour d’autres qui gèrent, organisent, et sont dans des conditions nettement moins pesantes, au moins dans leur chair. Comme ces catégories de gens qui parlent pendant que d’autres n’ont que l’action sans droit de parole.
On fait semblant d’entendre ce qu’ils auraient à dire, ce qui revient à ne pas tenir compte de leur voix. De proche en proche les plus humbles en perdent leur lumière intérieure, dévorés par des appétits animaux, de survie, de besoins d’assouvir leurs plaisirs, et d’accepter leurs peines, ballottés entre révolte et soumission.

Non seulement il y a une lutte des classes, mais chaque classe cherche à se maintenir à son niveau, ne pas tomber à un niveau inférieur, de ruine ou de misère, de défaite ou de malheur, de perte dans cette bataille. Bataille mondiale ou générale ? Chacun campant sur ses positions, sur ses acquits, légitimes ou non, Les mafias se sentent légitimes, les corporations, les industries d’armement, etc.

Bref, quelle foire d’empoigne partout sur toute la terre, qui observe ça de loin.

« Nous sommes les hommes inutiles » disait le chanteur.

Il faudra que je revienne en causer plus longuement, en creusant le sujet, parce qu’il me semble conséquent de devoir payer mes dettes à ces pauvres gens qui cueillent les grains de café, et de leur rendre par mes mots, des grains d’autres chose en compensation.

Voyez, on nous a dit « aimez vous les uns les autres », mais pourquoi ce n’est pas effectif, ou que c’est à moitié fait ? On ne peut dans cet ordre des choses ne s’en prendre qu’à soi-même, et ne pas rejeter ses défaillances sur autrui.

La source seule connaît le rayon

Elle émet ses rayons ou ses flèches au lieu exact de ce que tu es, dans ce but précis que tu empruntes le chemin qui te convient, et te colle à la peau sans te lâcher. Dans ce sens, elle agit avec minutie et une précision miraculeuse, de telle sorte que tu ne sois pas aveuglé, et puisse conserver ta liberté, même si mince.

Destins croisés

Dans un homme il y a tous les hommes, semblables et si différents. La similitude est relative au barreau de l’échelle où l’on se tient, la différence au niveau, entre la nuit profonde ou à la pleine lumière du soleil, comme si nous sortions du puits, ou comme si nous devions plonger dans les fonds marins.

Tout est si intime, si secret, on ne peut jamais révéler les affres de ses tourments, ou les félicités qui nous mettent joie, sauf en ce lieu où nous prenons l’amour, dans la patience.

Là, les masques tombent. On se reconnaît. Je ne peux guère en dire plus, tout étant si éloigné.

Gardien des métamorphoses

Méditations sur la mort.

Un ami est arrivé au bout de cette existence, ce sont ses derniers jours. Que faire en ces instants là quand il n’y a plus rien à faire, ni vraiment dire, quand les dés sont jetés et que le mourant doit bientôt monter à bord de la dernière embarcation ? Celui qui part est seul à bord, tandis que ses proches sur la rive se consolent comme ils peuvent, encourageant celui qui doit franchir les eaux, effectuer cette traversée ultime. Mais rien ne pourra se modifier dans l’âme consciente de celui qui part. Il part avec tous les bagages de sa mémoire ayant été éprouvée au fil de la lame, de son vécu qui l’a forgé, ce vécu étant le facteur du destin. Le porteur de sa destinée. On dit la mort, mais en vérité, il n’y a de mort que dans les profondeurs du vivant. Comme acteur invisible des métamorphoses, et dont le dernier acte relatif à cette existence, cet être que nous sommes ici dans ce temps, est majeur, engageant notre corps entier.
Comment dire que nous avons vécu au cours de cette vie de nombreuses morts ? Que nous avons su ou non combattre. Et dont on peut dire que cela fit de nous des vivants ou des fantômes errants. Vivre cette mort sera le dernier saut contre cet océan inconnu et puissance insondable du cosmos. Celui qui fut brave face aux éléments déchaînés, face à l’immensité, devrait-il se perdre sur ce chemin du retour sans autre guide que lui-même ? Accompagner le mort, pour qu’il entende quoi ? Est-ce du ciel ou de la terre qu’il sera attiré ? Quelles voix écouter, et tel un marin suivre celle qui résonne en lui ?

Je ne dirai pas. Je ne pourrais interférer ici qu’avec mon ignorance, même si ce fut un ami. Il n’y a que celle qui fut si proche et amante, épouse et sœur, conjointe, intime pure qui puisse savoir les aspirations issues des lieux où l’âme est sauve, indemne de mort précisément, et qui lève les voiles pour son cœur.

Tout ce que les hommes vivent est à chaque moment un combat contre cette mort quotidienne, et qui prend forme de jeux, dont nous sommes l’enjeu. Nous jouons, nous apprenons à la fois dans le bien et dans le mal, dans l’adversité et dans l’altérité, tout ce que les univers contiennent et que nous contenons de même, cela dans une ascension et progression lente.

Dans cet ordre d’idées, de pensées, éventuellement de mots importants, il reste à savoir ceci : nous ne pouvions pas selon nos seules ressources effectuer cette dernière transition si nous n’avons pas reçu les lumières des lieux supérieurs et disons, Magiques. Gardien des métamorphoses.

Il me revient à l’esprit cette formule magique : « laissez les morts enterrer les morts. »
Ce n’est pas pour qu’ils s’éteignent, mais qu’ils retrouvent leurs vivants. Eux savent et peuvent. Nous ici, nous pouvons prier pour qu’il en soit ainsi.

Du jeu dangereux des manipulations génétiques et des corps

Loin de m’opposer à cette modification de nos conceptions rétrogrades et crispées sur le viril ou le féminin, il y a quand même de quoi s’interroger sur ce que nos sociétés veulent dicter comme nouveaux modèles qui se prétendent plus ouverts et plus modernes que les anciennes représentations de l’homme et de la femme. Si les hommes antiques mettaient des plumes et se paraient, ils étaient aussi masculins ou féminins, acceptant leur genre naturel. Il n’y avait pas d’outil scientifique pour changer nos corps, ni forcément nulle intention à cet égard. Les homos s’acceptaient plus ou moins selon les civilisations, sans que cela pose problème. Un homo homme ne désirait pas devenir femme. D’ailleurs et ceci de façon très curieuse, au sein d’une relation homo, il y a toujours eu l’un ou l’autre qui empruntait une face plus virile ou plus féminine que l’autre, homos femmes ou hommes. comme si la vie comportait un sexe, c’est à dire un axe déterminant, une polarisation en plus ou en moins, une sorte de déséquilibre des forces et des qualités. Tiens, c’est comme un noisetier. Fleur mâle très diffus, fleur femelle très stable. la vie est sexuée. Au niveau de la division cellulaire, je ne sais pas si c’est polarisé ou non. Mais c’est polarisé dès qu’il y a fusion cellulaire. Cela permet de fortifier les gênes et les énergies vivantes, ce n’est pas selon le bon vouloir et la liberté des parents, c’est un don de nature,

Jeu très dangereux de toucher aux génomes, plantes, bêtes et hommes. Mais on sait une chose, un point constant chez nous tous, c’est cette capacité dramatique à devenir fou.

Le neutron

Le neutre c’est comme la bombe à neutron. C’est un non-lieu, un lieu où il n’y a rien séparant ce qui est, divisant les êtres, esprits et chairs, prétendant qu’il n’y a qu’artifice, de matière identique à l’esprit. C’est la négation de la nature.
Tous les signes de cette décadence se présentent sous nos yeux éberlués, dans ces défilés de mode, ces hôpitaux pour changer de sexe en vertu de la liberté, comme une négation de cette détermination naturelle, hasard ou destin peu importe, mais dont nous ne savons rien. Il y a par conséquent derrière tout cela une volonté de savoir véritablement puissante, et qui se décide dans le secret des labos, des groupes « intelligents » et des gens qui prétendent régir la destinée humaine et de la terre, selon leurs plans et visions, selon leurs logiques, et surtout en fonction des apparences. Nulle part l’esprit ou l’âme n’apparaissant, se matérialisant, s’objectivant, il ne reste que la matière visible et ce qui la conditionne, autrement dit ces conditionnements, ces mises en boite dans nos corps, n’ayant aucune vérité essentielle nous précédent, mais qui serait selon ces « penseurs » l’absolu arbitraire. La seule raison étant savante, tout le reste est faux, subjectif, sujet à caution, douteux, nous aliénant.