Dans la balance

Où allons-nous ? où pourrions nous aller si nous ne savons pas de quoi il s’agit, si nous partons de présupposés faux, de mauvaises indications sur notre chemin. Nous sommes cause de souffrances dans le monde, si nous ne portons pas notre part de fardeau, en rejetant nos fautes et nos erreurs sur les épaules des innocents, en aggravant les souffrances sous de fallacieux prétextes de vengeances alors qu’il faudrait du pardon, ou sous de faux pardons. Tous les maux qu’on commet, tous les crimes doivent être payés à leur prix. Comment pourrions-nous retrouver le royaume, c’est à dire le lieu d’où nous venons, tel qu’il a été dit ou décrit par les messies sous toutes les latitudes et les époques, rendu intelligiblement, raisonnable, spirituel et vivant. Savoir ce que tout cela signifie, afin de comprendre et supporter notre condition, sans nous égarer dans des existences lourdes de visées chimériques et de folies. Comme si les univers étaient incohérents, insensés, et sans autre issue que la mort, ou un paradis ( le royaume) automatique nous obéissant. Les cieux et leurs habitants seraient nos esclaves, autrement dit notre existence future et nos destins seraient aliénés à ce que nous sommes ici, dans ces lieux temporels, nous y serions enchaînés. Ce qui ne peut être que cause d’autres souffrances de ce fait des chaînes, une chute sans fin. Tout cela restant indescriptible. Nous sommes seuls à ces moments là, avec notre conscience étant effleurée par ces dimensions de l’être, et cela nous renverse.

On retrouve là la question de nos âmes, la question de notre esprit, plus conséquente et plus lourde que celle de nos corps. De même, on retrouve aussi celle des mots, des paroles qui orientent ou désorientent, qui nous éclairent ou faussent notre entendement, et nos jugements.

L’aventure humaine est extrême. Dans ce sens elle tient de la tragédie, dont l’issue est incertaine.

Nous en sommes tous à espérer, à attendre quelque messager nous donnant des points de vue future, des prophéties, comme si je vous disais, :  » allez, demain ça ira mieux, je vous assure, vous allez guérir, vous enrichir, vous retrouverez vos amours, et du bonheur.  » On écoute les promesses, c’est normal, puisqu’on ne sait pas d’avance ce qui vient, et on en a besoin pour se doter d’impulsions vivantes. Et combien de fois avons-nous étés trompés ? Cependant, il n’est pas possible que tout soit erroné, relatif, lié à la seule matérialité des choses, ou aux faux pouvoirs qui sévissent.

Les châteaux forts

Les peuples demandent toujours de pouvoir se tenir à l’abri des châteaux forts, protégés par des murs, des armées, dans un simulacre de paix afin de jouir tranquillement des fruits de leurs activités, sans se poser de questions sur le bien fondé de leurs consommations, de leurs possessions, des provenances extérieures et des conditions dans laquelle ces biens se trouvent dans leurs assiettes et dans leurs maisons. Les états se gardent bien d’informer les citoyens des provenances de tout ce dont ils disposent, et de ce fait le monde a bonne conscience, mais par ignorance des effets sur les milieux naturels, sur les conditions de travail. Les illusions quant à la nécessité de ces besoins fabriqués de toutes pièces étant soigneusement cultivées dans les publicités, comme signes de progrès, de bonheur, de vie brillante et honnêtement prospère. Tous ces flux mondiaux de produits achèvent la nature. Et sont causes de conflits entre ces châteaux forts, devenus des blocs monstrueux. Légitimés par des pseudos morales, des textes fondateurs érigés en sacré.
Et nous, qu’avons nous à opposer à tout cela ? En vue de quel futur différent à envisager ? Il y en a eu des sages, des inspirés, des grands hommes, pour indiquer des voies différentes, et malgré cela les états et les masses sont toujours retombés dans les mêmes travers, les mêmes défauts, ces tensions actuelles identiques à celle du passé.
Ce ne sont pas les états qui doivent être forts, mais les gens dans leurs sentiments, dans leur volonté de vivre et de soutenir la vie, dans cette dimension de lucidité, de pouvoirs liés à leurs corps. Bref, que nous redevenions plus vivants, de même plus proches des forces vivantes qui sont en nous-mêmes, et sont sources de libération. Ces libérations ne proviennent pas de la mise en place de systèmes, par définition systématiques, produisant des robots sans discernement, et par conséquent esclaves des systèmes, comme des objets morts. Dans cette « mort » s’immisce des facteurs pernicieux nous forçant à des choix douloureux si nous voulons en sortir. Comme pour briser des chaînes. Ou comme on se réveille d’un long cauchemar. Ce processus est similaire à celui d’un messager quelconque dont on institue ensuite les textes, les idées et la biographie en religions, en système de pensée qui devient sectaire et fermé, figé dans ses écritures.
Ce qui est affligeant, c’est de voir le génie humain, le génie qui habite l’humain, produire autant de souffrances. Et là on se demande pourquoi.

Quelque foudre

Je ne sais pas ce que peut-être « être un homme », à quoi ça rime. Mais je sais qu’on peut se trouver face à la lumière d’un plan et niveau d’être supérieur nous prouvant son existence.

Vois tout ce que cela implique, par delà tous les mots, ou les pensées, cette façon de vouloir cerner les concepts, cette image de la foudre.

Ça veut dire que celle-ci relève d’une pensée, non pas diffuse ou dispersée, mais bel et bien concentrée, en résonance, en réponse avec ce que nous sommes ou acceptons d’être et penser.