Franchir les eaux noires

Je vous le disais, toutes les sciences fictions sont battues, c’est la Terre et la Vie qui sont en jeu. Quel est donc l’enjeu ? Nous ne sommes que des minuscules éléments au sein d’un corps, comme des globules examinées au microscope, surveillés, analysés, filtrés dans nos moindres mouvements et contacts, échanges d’informations, manigances et projets, tout cela générant du flux, des courants collectés allant dans un sens ou dans l’autre, vers la droite ou vers la gauche. Qui peut-il y avoir derrière cet appareil de surveillance globale si ce n’est des robots collector de données, écumant des intentions et des volontés, des idées et des pensées, de ce qui provient in fine de l’Esprit ? Tiens donc, nous revoilà. Sommes-nous rouges ou blancs, servons-nous ceux-ci ou ceux-là ? Au service de quelle puissance étrangère opérons-nous ? Voilà ce que les intelligences services veulent savoir. Parce que cela a toujours été la guerre, ou la lutte, et qu’il n’y a jamais eu de trêve, ou si peu. C’est la Loi. Il y a toujours des vainqueurs et des vaincus, des malheurs et des bonheurs.

Serons-nous capables de dépasser cet état de fait ?

On fait croire aux jeunes gens que les jeux sont innocents, et qu’ils peuvent en toute impunité détenir des appareils de géolocalisation, alors que désormais on sait très bien que tout ceci fait partie de la surveillance globale, comme ces flux d’avions ces tankers, ces camions, ces autos, toutes pucées et ces boites noires comme les ordiphones collées a notre peau. Poke ère.

j’imagine que selon notre couleur, ou camp, rouge ou blanc, base, identifiée et marquée comme telle, il est facile pour un Grand Œil de savoir qui parle avec qui. Qui communique avec qui.

Ainsi c’est un jeu de piste et de chasse qui s’instaure. Pour pouvoir entendre, poser des écouteurs, savoir qui dit pour et qui dit contre. Et le pense. Il se dessine une carte de données sur le territoire.

Les stratèges, les puissances, les empires qui se font la guerre à tous les niveaux, monnaies, innovations, matières premières, ressources, semblent avoir besoin de savoir à quels humains ils ont affaire dans le champ de bataille, dans ce moment précis, puisque pour l’heure l’humanité ne vit pas comme si elle était un Seul. Mais lutte pour un objet très étrange, qui serait la vérité absolue effaçant toutes les autres. Il s’agit donc d’un rapport de force installé dans le monde plus que d’un jeu anodin et plaisant, et que dans cet enjeu terrifiant, c’est le sacrifice qui est exigé, au prix du sang, dans cet objectif de laisser un vainqueur et des vaincus.

Sommes-nous prêts à perdre notre vie pour des idées, des croyances, de la foi ? Pour prouver ce que nous sommes ? Ou pour le trouver nous-mêmes dans ce jeu éprouvant ?

Entre parenthèses, regardez combien les hommes se battent pour affirmer leur identité, au sein d’un groupe, et d’un groupe face à un autre. Comme une nécessité d’affirmer cette première personne individuelle ou collective, ou chacun pense trouver la sienne dans un collectif qui le reconnaît.

Nous ne venons pas de nulle part, nous allons quelque part. Nous avons besoin les uns des autres pour reconstituer ce que nous sommes en Vérité, après avoir franchi les brouillards épais de notre ignorance, de nos errances et divers tâtonnements. C’est ça le Chemin. Il se forme au fur et à mesure. Mais il ne ne fait pas n’importe comment, sans savoir de quoi il s’agit. Il ne s’agit que de Nous, cet ensemble de tous les sujets conscients. Parce que nous nous connaissons.

La ruse du Monde est de nous égarer. Ruse ou plan diabolique ? Dans le noir tout peut paraître diabolique, sauf si nous avons une lumière intérieure qui nous éclaire. Celle-ci ne manque pas de nous réveiller et donc de nous effrayer grandement.

Passerons-nous, ne passerons-nous pas ? Tel est l’Enjeu.

Demandez donc à Charon. Si toutefois il est encore de l’autre côté. Et qu’il n’est pas tombé lui aussi dans les pommes.

Rassurez vous quand même…même s’il fait froid.

Où il s’agit de ne pas perdre la boule

Ceux, bien malins qui occupent les premières places ne voulant pas laisser les autres gouverner leurs vies, détournent leur attention vers des choses pénibles, nuisibles et contraignantes qui les polarisent et les obsèdent, de telle sorte qu’ils ne savent plus quoi faire ou penser, sont forcés de ronger cet os sinistre qu’on leur met dans la bouche, comme un bâillon ou un masque.

Finies ces questions de sens, de métaphysique, de réflexions sur le temps futur, ou le destin, finies ces interrogations éclairantes sur la mort, sur l’immortalité, sur l’amour éternel. Par ces poids posés sur notre esprit, sur la psyché et la mémoire, nous succombons dans l’oubli, ou le vide. Pendant ces temps perdus, les opérations continuent, la machine à fabriquer une terre artificielle se poursuivent, à notre insu.
Nous ne sommes plus rien dans le Jeu. Absolument plus rien. Nous sommes poussières.
Nous sommes jouets entre des mains qui font de nous ce qu’ils veulent. Ce n’est pas tout à fait « normal ».

Alors, de mon côté, pour ne pas perdre le fil, je divertis ce qui nous divertit et nous égare, avec cette pensée du Temps. Le futur est pour toujours futur, idem pour le passé. Seul le présent se modifie, varie en fonction du futur. Mais non en fonction du passé. Le présent dans le temps est pratiquement rien si nous ne sommes pas dans le Présent éternel, essentiel.
Comment faire pour rendre le présent éternel, ainsi se pose la question, au sujet de l’être, pour rendre l’Éternel présent ?
Voyez, tout est fait pour nous détourner de cette question là. Ou pour que nous en mesurions l’importance par nos seules ressources, que nous nous retrouvions sans qu’un étranger nous le révèle, ou nous le dicte. Et paradoxalement, tout est fait pour nous faire croire que la question est résolue, close, et que nous n’avons plus qu’à suivre et obéir à nos maîtres. Les malins… 

Pensez donc, si nous ne perdons pas la boule, qui donc pourra nous imposer ce que nous n’aurions pas choisi ?
Ce qui règne en ces moments pénibles tient des forces barbares et brutales, des impuissances de démons déchaînés. Et c’est de là que sortent les effrois nous paralysant. 

 

Sommairement dit

Ils sont en train de nous montrer que tout leur appartient, que ce sont eux les maîtres de la maison, que tout ce que nous avons est le produit de leurs efforts. Si nous avons du blé, du sucre, du café, du caoutchouc, des pétroles ou de l’électricité, des médicaments, des soins pour notre corps, tout est le résultat de leurs volontés et de leurs recherches, de leurs savoirs accumulés, de même que le capital. Ils nient l’idée du peuple souverain. Ils affirment celle de la domination de la tête sur le corps, qui lui doit obéissance absolue. Tout comme ils se pensent comme ayant fait l’histoire par la généalogie, ou l’héritage qu’ils ont conservé, valorisé, gardé avec leurs armes et par la contrainte des inférieurs. C’est pourquoi nous ne sommes « rien ». Nous n’aurions que des devoirs, et le droit leur appartient . Ils sont intouchables malgré tous les procès en cours. C’est leur terrain de jeu. Des yachts, des fusées, des avions, des paradis où ils se reposent, et préparent leurs stratégies. Des calculs et des prospectives, comme on tire des plans sur la comète. Leur jeu se passe dans la lutte entre les différentes « maisons » qui se pensent aristocratiques, au dessus de la mêlée humaine. Dans cet ordre d’idée, les contestataires, les opposants sont vite repérés et mis au pas, ils sont utilisés pour renforcer leurs puissance, au moment opportun.
Cependant, ils savent aussi qu’ils dépendent totalement des mains qui produisent tous les biens, qui prodiguent tous les soins, comme dans un navire, le capitaine connaît les hommes aux machines. Ce n’est pas lui qui fait avancer le navire.
C’est l’ordre qui le fait avancer, pour atteindre des objectifs. Dans le désordre, cela ne marche pas. Le désordre est obligatoire dès lors qu’on construit. Ce n’est pas du désordre, c’est de la destruction, comme sur des chantiers. Le désordre effectif alors serait de ne pas avoir d’objectif sensé, quand tout est chaotique et que le sens est perdu. Il ne se perd qu’à la tête dirigeante, devenue folle, effrayée par les désordres à la base, la désobéissance et les violences. De même le monde devient fou et violent à cause des souffrances produites par toutes ces contraintes sur le corps, rendu dans une pauvreté extrême, corps abandonné, prisonnier de son ignorance, ayant perdu tous ses instincts.
Mais les puissants non plus ne savent plus rien, et savent ou croient qu’ils ne sont « rien », ils sont humains malgré tout, malgré leur cynisme profond. Ils ont quelque chose de désespéré, comme si ils savaient qu’il n’y a rien à faire. Que de replâtrer, poser des prothèses, boucher des trous, détruire, construire et recommencer sans cesse jusqu’à épuisement, ou la fin. Ils trahissent leurs pensées, désarroi ou indifférence face aux maux, par des mots affreux si on y songe. Ils sont enfermés dans leur tête, et n’entendent que l’écho de leur voix. Le monde du silence les entoure.
Que penser ensuite des religieux, et de leurs lumières ? De cet autre Ordre de la puissance en principe dialoguant avec les dieux ? Cet autre État est supposé ne pas faire de discrimination entre les petits et les grands, faire en sorte que chacun d’entre nous ait droit à son accès au Ciel.
Bon, selon les faits d’histoire, on voit bien qu’il y eut une certaine confusion des genres. Et que le petit ne dîna pas à la table des puissants. Évêques et rois. Pour une très mauvaise scène, ou fin tragique.
Bref, ils ont les clefs. Mais ils ont perdu la Porte.

C’est donc un piège pour toute la terre. Reprenons nos Esprits.

Chaîne cruciale

Ben voyons, le couple, ce n’est pas gratuit, ça se paie. Cela demande du sacrifice. Ce n’est pas donné d’emblée puis gravé sur un parchemin, c’est un jeu de rôles respectifs, jeu d’épreuves face au monde. Ce qui se forge dans le couple relève de l’ange et du démon. Du vice et du désir. Du puits sans fond et des montagnes, des angoisses et des extases, du miroir et du rayon de soleil qui nous aveugle. La beauté donc diabolique, attirante, envoûtante qui nous conduit l’un vers l’autre dans une lumière, ou nous sépare dans ses ténèbres. Y a-t-il un gardien du but ? Chacun se méprenant tout à fait sur les fins, que l’on croit organiques. Squelettes animés des mêmes ossements, dans un corps à corps sourd, choc du minéral ou du métal, est-ce cela qui assemble l’Arbre ? La fleur dure si peu. Mais son nombre assure la survie des fruits. Vivre vraiment nous épuise. Il suffit de voir combien nos vieux finissent tous dans un état assez lamentable, de solitude, de silence et plus ou moins d’abandon, de misère et de dénuement, sans retour possible, ou toujours vers la défaite et la mort. Alors ce serait une existence sans issue où seule la jouissance du fruit serait porteuse de sens et de sang, flamboiement de la copulation, et des salives mélangées. Comme si tout était là. Serpent qui nous unit dans un même lit. Non, il n’y a personne d’autre que toi et moi pouvant aller au bout de cette traversée. Ce que nous devons accomplir, et qui semble vain, ou sans réalité. Mirage de nos existences et de notre passé évanoui. Non, voyez, rien ne s’oublie, personne ne peut s’oublier de façon définitive, sauf l’atrocité des maux dont nous serions la cause et la victime. Nous n’oublierons jamais nos amours uniques, ce sont des pierres imputrescibles, translucides comme l’eau.
Si ceci nous effraie, c’est comme si nous étions condamnés tel Sisyphe, à devoir sans cesse remonter cette pierre sur le sommet et de la voir retomber, désespérant face à la méchanceté des éléments. Alors que nous aspirons simplement à revenir sur notre île, d’où nous venons.
Cette île n’est pas de simple Esprit dénué de matière ou de corps, c’est un corps d’une autre matière animé d’un esprit autre que celui dont nous faisons usage, habitués que nous sommes à cet habit présent. Mais voyez combien cet esprit se matérialise, et que cette matière devient spirituelle, et que cela relève de notre volonté bien orientée, délivrée des vices laissés en retrait, et dont l’utilité n’est plus à démontrer. De même que ces poisons nous soignèrent, mais dont nous n’avons plus besoin.
Non la vie n’est pas un rêve. Nous aurions sans doute aimé que cela fût ainsi, pour nous faciliter la tâche ? Le sens du rêve, le rêve a le sens de nous conduire vers ce que nous sommes en vérité. Comme si l’accouchement était indolore.
Espérons que les enfants qui naissent aujourd’hui se souviennent mieux que nous d’où ils viennent, et de quels pouvoirs effectifs ils sont dotés, parce que la puissance des bas fonds est ici bas tellement ravageuse, qu’ils auront fort à faire pour inverser le flux sinistre. Mais là, j’entends bien que cela ne nous dispense de rien, et de devoir beaucoup pour eux. Juste une question de chaîne, cruciale.

Trash test

Se tenir au plus près de la vérité, sans se mentir, sans faire semblant, sans se penser détenteur mais simple ouvrier à l’heure imposée, agir en conscience, et constater à la fois le bien et le mal, le pire et le meilleur, la souffrance et la joie. C’est un grand jeu de cartes que nous avons entre les mains, où chacune porte la marque des plans divins, de ces énigmes que nous avons à résoudre, et qui nous édifient, non sans peine.
Prends une seule pièce de l’étoffe dont nous sommes tissés, une seule pierre de l’édifice, tu auras l’ensemble, de même quelques lignes dans un roman, ou quelques vers révèlent l’esprit du poème. Il fut une époque où je me levais très tôt pour écrire dans le silence du matin, et réfléchissant à toutes ces situations impossibles, je m’échinais à en percer le mystère, ou les secrets, partant donc d’ici, je me retrouvais à toujours retomber et buter sur la question et la raison d’ordre divin, comme la partie me questionnait sur le tout. Bien et mal sont de Dieu, comme l’être et le néant. Mais vois-tu si nous sommes en vie, non ce n’est pas pour la perdre, ou retourner dans un néant sans être. Peu importe la façon dont nous avons échoués sur terre dans cette condition très approximative et contingente, enserrés dans ce corps si minimal.
Il est porteur des choses les plus sublimes, comme il a pu être facteur d’atrocités. Il faudra bien que cela cesse, si nous voulons vivre et mourir en paix. Que cesse cette merde. Cette décomposition du monde qu’on bétonne et enferme. De même que les esprits qu’on emprisonne.
Qui donc est facteur actuel de ce merdier mondial ? Des anges révoltés contre leur condition ? Et qui s’amusent dans leurs expériences à jouer avec le feu. Pensées perverses d’hommes ou de femmes qui partent d’un principe simple : dans le néant, tout est égal. Il n’y a là plus aucun bien ni aucun mal. La souffrance s’achève avec l’inconscience. De même la mémoire.
Tout cela procède d’une erreur de logique et d’une ignorance. Nous croyons pouvoir nous anéantir ou sombrer dans l’oubli. Dans le noir le plus profond du non-être. Mais alors c’est là que la souffrance est totale, comme la source de l’angoisse. Pauvre dieu ayant perdu tous ses corps, absolument comme un fantôme réduit à l’impuissance. Dans une matrice ne pouvant plus rien pour nous.
C’est pour cela que nombre d’œuvres d’art disent des papillons, comme une résurrection de l’âme, délivrée du néant.
Bon, la vérité, vous me demanderez ce qu’elle peut bien être… ce à quoi je vous dirai qu’elle est selon notre vie. Notre reconnaissance. Et même dans mes erreurs.

Le prix de tous ces cris.

Saisis-tu ce que veut dire le moindre hasard, quand tu tombes sur une connaissance à des milliers de kilomètres ? Ce genre d’événements fortuits n’arrive pas pour rien. On en déduit souvent que le monde est petit. Mais ce n’est pas la seule conclusion possible.
Tout cela est trop bête, passer à côté de sa vie, passer sans se voir, et prendre la mesure de l’urgence de vivre, d’aimer, de partager le temps, au lieu de se déchirer et demeurer dans le trou affreux. La vie est un songe qui passe trop vite, il ne faut pas mourir, c’est à dire rester enfermé ou confiné dans ses maux. Il faut dire que tout pourrait nous pousser à ce retranchement intérieur tellement l’incompréhension est forte, mais il ne faudrait pas y céder. De quoi donc avons-nous peur ? Quoique que nous fassions nous sommes obligés de nous retrouver, ici ou ailleurs, nous ne pouvons sortir de ces univers, et devrons composer avec tous ses habitants, et nous soigner, et vivre ensemble, humains et non humains.
Ce qui est affreux, c’est le vide d’être, celui de toi et de moi, qui donne raison à la vie dès lors qu’on passe le seuil. Et qui vainc la mort, le doute et cet enfermement.
On va nous reprocher nos fautes, nos défauts et nous jeter la pierre, on a toujours besoin de se blanchir, et d’épurer ses propres fautes, sur le dos de l’autre, au lieu d’inverser les choses et de se repentir en soi-même de ces maux qui nous blessent.
Sans cette opération, nous faisons notre malheur, comme des maudits, âmes défuntes. Et fous. Alors qu’il est certain que tout ce que nous faisons ne vise en définitive qu’à cela. Mais nous nous y prenons mal. Nous nous trompons. Nous croyons nous en sortir dans la vengeance et l’hostilité, parce que nous nous croyons indemnes de maux, et donc nous ne percevons pas les biens de l’autre, nous ne percevons que ses tares. Et nous jugeons et effectuons cette séparation affreuse.
Ce n’est pas la théorie qui va pouvoir reconstituer le lien, il faut un passage effectif et certainement douloureux pour encaisser le poids de notre inconscience, allant vers la conscience de l’être. Celui-ci est tellement énorme, puissant, profond, silencieux, miraculeux, implacable dans ses plans conçus pour nous et pour tout.
C’est parce que nous y étions inclus que nous ne pourrons y échapper. Mais à quel prix ?

Il n’y a rien à dire

Il faut le dire. Pourquoi se bat-on ? Que défend-on ? Contre quelle mort nous acharnons-nous ? Si nous ne savons pas où trouver en nous ce qui est vivant et que nous n’arrivons pas à exprimer ou transmettre à nos congénères, avec ce que cela suppose de compréhension et de réciprocité ? Nous nous heurtons à un mur absurde.
Il ne s’agit dans tous les cas que de la mort effective, ou de son silence. Nous serions comme dans un tombe, sans écho venu d’ailleurs, sans personne à qui parler. Monde muet, monde mort. Alors les hommes empruntent la voie violente pour franchir la barrière de l’autre, comme s’il ne restait plus que cela quand toutes les voies de dialogue sont épuisées. Tout est divisé. Tout devient horriblement sourd. Comme si la guerre était la dernière solution pour résoudre le Mystère de l’être ou du néant, ou que sais-je ? cette volonté de s’affirmer supérieur ? de ne pas briller dans l’univers ? d’avoir ce sentiment de puissance au lieu de celui de se sentir humilié et rabaissé au dernier degré, celui de l’insignifiance, de n’être rien.
Toutes ces mises en scène ne seraient qu’un processus de se voir grandir et vainqueur des choses considérées comme basses et viles, du malheur qu’on accorde au vaincu. Cela fait une boucle de vengeance obligée. La mise en branle de toute une mécanique, de techniques, d’une ruse afin d’inverser le passé malheureux, auquel nul n’a jamais pu échapper. (fatalement si on y pense)
Tout cela au nom d’un Bien. Toujours en son Nom.
Hé, dis, qui voudrait se battre en pensant qu’il agit pour le « mal » ? qu’il est serviteur du mal ?

Mais voyez, le temps où nous sommes ne nous laisse plus aucun choix. C’est trop catastrophique partout, à quelque niveau de questions qui se posent et sont sans solutions évidentes. Il n’y plus qu’une défaite généralisée de tous les hommes face à leur mort programmée, dans l’hypothèse où nous tous continuons dans ces voies du passé. Nous passerions à côté de notre vie réelle, enfermés dans une tombe à jamais.
Mon Dieu, quelle angoisse sera-t-elle capable de nous faire réagir ? et poser nos armes et bagages sinistres ? Penser à un nouveau départ, à d’autres horizons.
Adam perdrait-il Eve à jamais ? je veux dire, les corps humains seraient-ils à jamais séparés de cette dimension spirituelle qui les inspire et leur donne sens ?
Voyez, la politique, et sa philosophie, seule est stupide, elle ignore combien la manipulation est diabolique.

Repos

À quoi bon enfoncer des portes ouvertes ? Les choses sont simples. Il n’y a que deux états. l’action ou le repos. Quand tu dors, tes cellules s’activent, et cela te repose. Quand tu t’actives, tes cellules se reposent-elles ? Ce n’est sans doute pas le cas, elles subissent une sorte d’épuisement selon tes activités, qu’elles vont essayer de réparer pendant ton sommeil, pendant que tu les laisses agit à leur guise parce qu’elle savent mieux que toi ce qu’elles ont à faire, pour leur existence propre et les relations qu’elles entretiennent entre elles. Mais elles forment un tout cohérent et vivant, obéissant à une harmonie quasiment absolue, et infaillible. C’est pour cela que le sommeil est absolument vital, et que la perte du sommeil est mortelle. Du moins, cette perte du repos profond, de la sérénité intérieure, psychique, ou de l’âme. Les tourments, les angoisses, les peurs, les chocs de toutes sortes, les mots violents, les désordres verbaux, les doutes, tout cela te mine, et affecte ton corps, cet ensemble ayant son autonomie et son signe unique. Sa vérité propre et sa raison d’être, de même que sa finalité ou son évolution, sa loi. À un autre niveau, nous serions comme les cellules d’un corps plus grand, un Nous qui fait société, et auquel nous donnons de l’existence par nos efforts. Existence n’est pas le mot juste. Serait-ce l’harmonie le mot ou la fonction ? Mais comment rendre cette « accord » au monde s’il n’existe pas en ce que chacun d’entre nous est censé posséder ? Si je suis chaotique, ou destructeur ? C’est là le point crucial de toute orientation négative ou positive du monde, l’importance du sujet en quête de lui-même, en ignorance du « je suis ». Autre question : quel serait ce « grand Sujet » qui mine les petits sujets et qui les oppresse ?

Si je dois ma vie à « nous », nous devons notre vie à un sujet plus grand qui se trouve en chacun d’entre nous, à condition de le trouver et de le servir, de le connaître donc, ce qui est impossible dans le coma de notre esprit. Ou dans la seule matérialité des choses. Dans le mensonge générant toutes sortes d’illusions et d’oublis. d’où l’importance de ne pas se tromper de Sujet dans nos propos. De quel sujet s’agit-il à ce sujet ?
Nous avons perdu beaucoup en nous encombrant d’objets inutiles et de concepts ou de mots, dans une confusion sans joie véritable. Tout cela a pour effet que le « nous » est oppresseur, et que nous courrons courant à notre perte.
Faire peuple ne suffit pas. Si le peuple ne sait pas Ce pourquoi chaque homme doit savoir de lui-même. Et qui se trouve dans le repos en phase avec le mouvement.

j’aimerais leur dire aux assassins

à ces assassins des arbres innocents
qui peuplent les plaines
et la demeure des oiseaux
qu’ils tuent le chant et le rêve
la musique divine du rossignol
et le croassement des corneilles
annonçant les eaux bonnes
pour les vignes et le blé
pour vos enfants même.
Il n’y a plus aucune raison
que le suicide qui vous guette.

Du bien et du mal, essai de décryptage

Quelle affliction. Quelle désolation. Savoir que les derniers géants sont tombés, sous les coups furieux de la hache. Et que les enfants ne le verront plus, ce vieil arbre sur l’île de Vancouver, et qu’il n’y aura plus qu’un sol désert, et malade. Il n’y a pas que cela comme signe de désolation, il y a aussi tous ces enfants livrés à la machine des jeux et des écrans, de cette boite où on enferme leur esprit ou leur cœur dans des batailles qui les intoxiquent d’adrénaline et d’endomorphines. Faut-il que des hommes inhumains agissent comme des salauds pour aggraver ce processus, des inconscients qui se vengent de quelque chose.
Je disais ceci : on dirait que Dieu se suicide par la main d’agents exterminateurs. Qui forcément se maudissent en commettant ces actes là. Et qui laissent les innocents stupéfaits et sans comprendre de quoi il s’agit en vérité.
Vois, le mal vient aussi de Dieu. Mais il ne nous oblige nullement à le faire. Il nous oblige à un choix crucial. Il n’a nul besoin de faire mal, pour que sa justice opère. Ce n’est pas lui qui tient la hache. Ni le démon. Cette sorte d’ange. Ce mal effectif n’est que de notre humanité en proie à ses aveuglements, ses envies, et ce vide. Vide existentiel, ou essentiel, comment savoir et comment inverser cela ?

La question, le problème du mal est indissociable de la question de dieu, de l’origine. Tout vient de dieu et ne peut provenir que de cela. Le mal n’est pas seulement un fait d’homme ou de nature. Dieu contient bien et mal, bon et mauvais, mais ces qualificatifs ne tiennent que selon notre jugement, ils n’ont aucune valeur en cette entité nommée Dieu. Mettons que dieu serait comme un feu solaire, à la fois donnant de la vie et brûlant la vie. Nous échappe cette idée d’un bien non séparée d’un mal, où dieu serait les deux, nous nous sentons pris en défaut. Nous ne pouvons faire qu’un seul constat, poser un jugement a priori d’un bien distinct d’un mal. Je m’exprime mal, je veux dire que dieu aussi peut faire mal, et le fait effectivement. Mais ne le fait plus de sa main, ne s’engage plus à le faire de lui-même sans savoir ce qu’il fait ni pourquoi. De même que le bien. On pourrait dire que dieu ne fait plus rien. Et vu d’où nous sommes, penser qu’il n’est rien par conséquent.
Tout ce qu’on peut se demander, c’est pourquoi le mal est si fort dans le monde. Pourquoi ces souffrances et ces destructions. Pourquoi aussi succombent autant d’innocents ? Et que demeurent en vie des gens très mauvais. Comme si il n’y avait rien de juste dans ce monde, ni ailleurs. Le réel serait foncièrement mauvais, injuste et mortel. Ce ne serait qu’un jeu terriblement destructeur.

Vois, par chance, la terre engendre des arbres de vie prodigieusement beaux et grands. Des gens comme des géants lumineux. Puis ceux là, sont fauchés par des méchants et des funestes inconscients, des avides et des affreux, qui exterminent et sacrifient la vie, faisant mal.

Pourquoi dieu laisse faire tout cela ? Soit il n’existe pas, soit il est indifférent à tout ce qui se passe autant du bien que du mal. Et pourtant on est tenté de penser que tout ce qui existe est de son fait et de sa nature. On est tenté de penser que tout ce qui Est (beau et grand) provient de lui, exclusivement, comme un don. Est lui. Ce qui est vrai. Mais pourquoi cette noirceur dans le monde, comme s’il s’était retiré du monde et nous laissait en prise avec son absence. En prise avec un mal profond et terrible. Ceci de son fait. De sa volonté. Ou bien de la notre ? Il n’y a plus de dieu, il n’y a dans le monde plus que le mal. Comment allons nous pouvoir lutter contre Cela ? Contre les profondeurs de la malédiction, et du malheur engendrant du malheur, contre les puissances atroces de l’anéantissement, et de l’absence de l’être vivant, de l’être qui s’est absenté de l’être et serait l’origine de tout. La racine et le fondement.
Nous laissant seuls face à nos responsabilités et choix. Devoir assumer la souffrance, et voir comment nous allons nous en sortir.
On peut accuser les hommes de faire mal s’ils le font effectivement, leur imputer leur responsabilité. Dans tous les cas, même dans celui d’être devenu fous ? D’avoir perdu l’esprit ? De ne plus avoir tous ses esprits ?
Eh bien voyez vous, il y a une chaîne, une continuité dans l’humanité, une sorte d’unité de tous les hommes. Et cette chaîne est brisée. Ce qui fait que le bien, le tien, n’arrive pas aux oreilles de l’autre, de celui qui fait du mal.

À supposer que tu fasses aussi bien que ce que tu prétends. Or, le bien, en tant que tel ne peut être qu’absolu. Inaltéré, sinon le mal l’emporte.
De tous ces mots très maladroits et approximatifs, il en ressort une chose : c’est que nous n’avons pas le choix. Pour voir tomber les maux atroces du monde, nous n’avons qu’une seule réponse à y opposer c’est de faire « bien ». Nul besoin de nous ériger en juge des autres. Faire « bien » suppose de le savoir. Le sachant nous pourrions espérer le rendre à ceux qui l’ignorent sans passer par une effroyable tyrannie du Bien.

La vérité a t-elle besoin de nous pour vivre ?

La nature est « parfaite ». Elle est vraie. Elle ne peut mentir, ni se tromper. Elle ne sait pas être autre que ce qu’elle est, elle n’est pas critiquable dans son essence. Malgré les poisons qu’elle contient. Ils remplissent leur office et leur fonction. Tout comme le venin et le baume. Où nous devons être critique c’est vis à vis de nos actes et de nos pensées, de nos mots également jetés dans le monde, ou de nos inconsciences, et de l’évolution de notre conscience plus que celles des autres si nous n’avons pas accompli en nous ce travail nécessaire, et la mise en lumière de notre part obscure.
Tout ceci, cette transformation n’est pas uniquement de notre fait. Je ne suis pas capable de révéler une vérité que j’ignore. Pour que cette vérité se révèle, il faut bien qu’il y eut un révélateur, amorçant le processus en mon esprit. De même dans le votre. Et dans celui de tous les hommes de proches en proches.
C’est par là que ça passe. La logique est insuffisante pour effectuer cette révélation de l’essence de la vérité. Elle ne dispose que d’outils contingents. Inclus dans les données du monde et non ces données externes, antérieures et originelles. Nous ne disposons pas de la vérité du bien ni du mal a priori. Nous constatons du bien et du mal après coup, ou après caresse.

Mais voyez vous, il se peut qu’en notre monde vienne parfois des signes d’un monde extérieur, pour nous éviter le pire et nous rappeler.

Ceci se passe de façon discrète et intime. Ceci ne peut se communiquer qu’avec des proches, dans l’amitié. Et ses effets dans le monde passent inaperçus mais cependant le transforment et le sauvent. Cela nous sauve. Cela cependant ne nous épargne pas du mal, auquel nous devons répondre sans le rendre.
Vous verrez bien.